Archive for the ‘quand je serai grand je serai misanthrope’ Category

L’important, c’est le jambon

Wednesday, May 2nd, 2012

Il était une fois un pays très joli avec, pour compenser, un système politique qui ne l’était pas toujours : la faitdiversocratie.

La faitdiversocratie reposait sur un constat très simple. Il vaut mieux régler les situations après qu’elles sont arrivées plutôt qu’avant, sinon comment veux-tu qu’on voie qu’elles ont été réglées, hein ?

Tous les jours, le Conseil des Ministres lisait les journaux et créait des lois. Quand un homme assassina sa maîtresse à coups de hachoir à viande, ils interdirent la viande hachée. Quand un jeune fan de jeux vidéos violents et de musique du diable décida soudain d’abattre 33 personnes dans la rue avant de se donner la mort, ils interdirent le suicide (parce que c’est un peu trop facile, sinon). Quand un homme assassina son épouse à coups de poing, ils interdirent le mariage. Mais comme il n’y a pas que des faits divers sordides, dans la vie, et qu’on s’ennuie parfois entre deux meurtres sanglants, ils légiféraient aussi quand personne ne mourait à la fin. Quand le jeune Flouki, un berger allemand nain, parcourut 320 kilomètres pour retrouver ses maîtres qui l’avaient abandonné sur une aire d’autoroute, ils offrirent des sandales à tous les bergers allemands nains du pays. Quand le match nul 2-2 de Montpellier face au FC Evian-Thonon-Gaillard relança les chances du Paris Saint-Germain, ils décidèrent d’interdire les équipes de foot avec trois noms dedans. Quand on les accusa de ne légiférer que sur des faits divers, ils édictèrent la déclaration des droits du fait, qui commence (et se termine, il n’y a qu’un article) ainsi : “Tous les faits sont libres et égaux, et il est interdit d’en considérer certains comme divers, sauf s’ils se passent à l’étranger, là, ok, on s’en fout, LOL”

Il existait, dans ce pays, 942 310 lois différentes, dont certaines se contredisaient, mais ce n’était pas grave car tout le monde était heureux et dansait la ronde de l’amitié, vu qu’on avait interdit d’être malheureux suite aux derniers sondages.

Selon que vous serez puissant ou misérable

Tuesday, September 29th, 2009

Je sais pas si ça se sait, mais Roman Polanski a été arrêté. Alors sur le fond, je vais me contenter de linker Krazy Kitty, parce que sinon après je m’énerve et ça me donne mal à l’estomac.

Sur la forme, par contre. Arrêter un homme à l’occasion d’une remise de prix lors d’un festival, je trouve ça d’une classe folle.

Tu n’es pas sans savoir que pour le secret bancaire, là, en Suisse, on est mal. Ou alors, en dernier recours, de payer leurs impôts comme vous et moi… En plus, comme le forfait fiscal a mauvaise presse en ce moment, tous nos riches vont finir par se barrer à Monaco, on va se retrouver avec Alain Delon sur les bras et c’est tout, même les tennismen français vont se barrer (car oui, il y a des tennismen français en Suisse)(à mon avis, ils doivent aussi avoir fait un truc louche et craindre l’extradition, c’est pour ça que personne ne les voit jamais sur un court).

Mais il nous faut des sources de revenus. Parce que le chocolat et les montres, c’est plus ce que c’était. Et je me disais qu’on pouvait organiser des grands happenings, où on ferait semblant de remettre des prix à des fugitifs célèbres pour pouvoir les capturer, moyennant une petite aide financière des états-tiers.

Par exemple, je sais pas…
“Nous sommes réunis ce soir à Grosshochstetten pour la remise du prix de l’ennemi public numéro 1. Nous allons vous dévoiler le classement général en commençant par l’ennemi public numéro 50, Raymond Grouchard dit l’équarrisseur du Marais-Poitevin, dit le sadique à la houpette… Ah mesdames et messieurs, on me signale hélas que l’Ennemi Public numéro 1 ne pourra être présent ce soir, il vient d’être arrêté à l’aéroport en vue de son extradition. Mais accueillons maintenant notre invité spécial, à qui nous remettons un prix spécial pour l’ensemble de sa carrière, Slobodan Milosevic, merci de l’applaudir bien fort…. Ah non, lui non plus n’a pas pu venir ce soir, décidément, quel dommage, nous allons donc vous passer, pour la peine, une page de publicité.

Parisienne walks away

Friday, July 10th, 2009

Des fois, je me dis que quand même, un blog de racontage de vie, ce serait pas si mal : comme plus personne ne fait ça, de nos jours, ça aurait un côté délicieusement vintage. Bon et surtout, j’aurais pu me la péter grave avec mes cinq ans sans clope (il paraît que c’est super dur, d’arrêter de fumer, alors faut bien que je me vante un peu)(y a d’autres trucs que je trouve vachement plus compliqués, ne pas être sarcastique quand Gudule pleure après sa 89e rupture avec le même mec, manger cinq fruits et légumes par jour, faire son ménage, mais il ne sont pas reconnus comme tels par la société du coup si je m’en vantais personne ne comprendrait), même si j’ai complètement loupé la date.

J’ai bien songé à écrire une méthode sur comment arrêter de fumer, mais ça aurait tenu en 4 lignes : tout ce qu’il faut, c’est un collègue qui dit ahaha dans trois mois tu auras recommencé.

Mais le truc c’est qu’arrêter de fumer, c’est super frustrant. Bien sûr, tu retrouves ton souffle, c’est super. Même si souvent, je me dis heureusement que j’ai du souffle, si j’en avais moins j’en aurais pas beaucoup. Et encore, pour le souffle ça va, mais pour la thune… en cinq ans j’ai économisé près de 10’000 francs (oui je sais ahaha j’ai dit francs), soit près de plus de 6667 euros (oui je sais, j’ai dit euros, ahaha)(pardon, je suis un peu irritable, j’ai arrêté de fumer tu comprends…), aucune idée où ils sont. Faudrait que je mette la police sur le coup, ça me semble super louche, maintenant que tu m’en parles. J’ai bien fait quelques folies comme un abonnement de piscine pour reprendre cette silhouette d’athlète kenyan que le monde m’enviait, mais quand même, un abonnement de piscine à 10’000 balles, ça me semble un peu gros.

Bien sûr, tu retrouves le goût et l’odorat. Mais je vois pas ce que ça a de génial. Essaie un peu de te faire un McDo, avec du goût et de l’odorat ? De prendre le métro ? De lire 20 Minutes ?

Bien sûr, j’ai la satisfaction de ne plus empoisonner les gens qui ne m’avaient rien demandé. Encore que. J’ai une voiture et un déodorant. Il m’est même arrivé, j’avoue, alors que je sais pertinemment que le stress est un des facteurs de mortalité les plus importants dans nos pays occidentaux, de donner du travail à des gens, même si j’en ai un peu honte aujourd’hui.

Bien sûr, quand tu arrêtes de fumer, tu diminues tes risques de mourir d’un cancer de la gorge. Et d’une pneumonie, maintenant que la clope est bannie d’à peu près partout où y a des murs. Mais du coup, là, je me demande de quoi je vais bien pouvoir mourir. C’est un peu angoissant. Parce que c’est un problème dont on parle trop peu: les fumeurs meurent, ok, mais les non-fumeurs aussi. En plus, pendant dix ans, on m’a tellement culpabilisé, les fumeurs coûtent des milliards à la société, que je n’aimerais pas devenir un de ces irresponsables qui vivent sainement, résistent jusqu’à 112 ans, et tout ça aux frais des contribuables, bien sûr.

L’iPhone et la flore

Tuesday, April 28th, 2009

Tout le monde le sait, les ondes des téléphones portables, c’est très dangereux. Tellement que si j’ai bien suivi, les Français ont organisé une Grenadelle, un sommet où on débat des problèmes du monde en buvant du sirop grenadine, pour s’en protéger. C’est dire si c’est sérieux.

C’est un sujet trop grave pour en rire, permettez-moi donc de faire une légère entorse au ton légèrement désinvolte qui règne ici. Téléphoner tue, surtout si on appelle l’amant de sa femme pour lui demander, la prochaine fois, de ramener plutôt du chocolat. La nouvelle génération de portables, iPhone en tête, pourrait à court terme, entraîner la disparition d’une espèce qui, de longue date, peuple nos plaines et nos campagnes.

Je veux parler, vous l’aurez compris, du mec qui sait tout.

Jusque là, il proliférait gaiement et, sans que ce soit prouvé, les scientifiques imaginent qu’il était déjà là au cénozoïque inférieur, inférieur moins quart (ah vous faites le feu comme ça, vous ? Non, non, mais je critique pas mais ça me semble un peu bizarre, quoi…). Aujourd’hui, on le trouve partout. Il vient s’asseoir à côté de toi dans le train et affirme à son épouse sur un ton péremptoire que la grippe cochonne, ça s’attrape en mangeant du lard. Il s’installe à la table d’à côté de toi au bistrot et explique à ses amis que la règle du hors-jeu a été inventée par Jean-Pierre Horjeu. Mais sur un ton péremptoire. Toujours. Sans se laisser démonter si d’aventure quelqu’un lui dit ohlala mais non mais pas du tout.

Son truc, c’est ça. Dire n’importe quoi, mais en être tellement sûr qu’il va réussir à te convaincre ou, au moins, à te faire douter. Et, des années plus tard, alors que tu le recroiseras, l’oeil fier, la moustache frémissante, il te dira “Quoi ? Faire du feu avec des oies ? Non mais n’importe quoi, tu es naïf, ma pauvre Lucette.” Car il est tellement doué en volte-face qu’il est probablement PDC.

Oui, mais aujourd’hui, quand il t’affirme que le Tadjikistan n’existe pas, tu peux darder ton flamboyant iPhone, au prix où tu l’as payé, faut bien que ce machin serve à quelque chose. Partout, tu peux accéder à des sources de savoir incommensurables ou à wikipedia et rabattre enfin le caquet du fat, qui s’avouera alors vaincu et se consacrera désormais à sa deuxième passion, moins bruyante, l’élevage de choux-fleurs des Charentes.

Heureusement, selon les scientifiques, les mecs qui savent tout sont déjà en train de muter pour s’adapter à cet environnement hostile.

– Oui, oh tu sais, les internets, ils y mettent ce qu’ils veulent, tout ça c’est politique. Et ça, je suis bien placé pour le savoir. Bien sûr qu’il y a des choux-fleurs des Charentes, seulement, ils veulent pas que ça se sache.

Avec trois décis, vous nous remettrez une bouteille

Wednesday, February 11th, 2009

Bon. Prenons un exemple. Au hasard. Fortuit. Un jeune homme, soyeux et scintillant, oublie bêtement son porte-monnaie à la maison. L’angoisse l’étreint: si on le lui avait volé ? Après tout, maintenant, on a des hordes de Roumains et de Bulgares qui mugissent dans nos campagnes, donc on sait jamais. Mais en fait, non, il l’avait vraiment oublié.
Il raconte cette piquante anecdote à des connaissances et là, au lieu d’imaginer toutes les terribles épreuves par lesquelles il a dû passer, quelqu’un lui dit: “Tu pourrais faire un peu attention. Un beau jour, tu oublieras ta tête.”

J’ai toujours cherché à comprendre les gens qui disent ça. A la limite, le jour où on maîtrisera le voyage dans le temps… “Tu aurais quand même pu faire attention… Bon si tu retournes à 7 heures moins le quart le chercher, tu me prends mes clés en passant ?” Mais sinon, j’ai du mal à comprendre. En plus, oublier sa tête, c’est pas possible. Ses jambes, à la limite, mais sa tête, ça se voit tout de suite. Et les deux en même temps c’est pas possible, le gars du paragraphe d’avant te l’a d’ailleurs rappelé: “Quand on n’a pas de tête, on a des jambes.”

Ou alors, un plantureux jeune homme, pas forcément le même, est en train d’éplucher des pommes de terre, il se coupe malencontreusement une jambe ou la tête avec une scie à métaux et là, quelqu’un, pas forcément le même, vient lui dire “Tu aurais quand même pu faire attention.” C’est pourtant pas forcément une information de première nécessité. Mais tout de même. Vous remarquerez, chaque fois que vous êtes distrait, maladroit, malchanceux, y a un mec qui débarque pour venir dire que vous auriez pu faire autrement. Je n’ai rien contre le conditionnel imparfait, au contraire, je le trouve vachement plus classe que le futur antérieur, mais force est de constater que ce genre d’avis, “Si tu avais tondu le gazon le 8 juillet 1971, on n’en serait pas là”, n’est que très rarement pratique au quotidien contrairement, par exemple, au tournevis ou au tupperware.

Et pourtant, il y a toujours des gens qui le disent. Et on les laisse agir, impunément. Et bien, s’ils pensaient à ne pas se trouver à proximité d’une clé à molette quand ils viennent avec leurs bons conseils rétroactifs, on serait tous tranquillement à la maison en train de boire un bon thé glacé, monsieur le Juge.

gRrrRRrRRrRr (titre de travail)

Monday, October 27th, 2008

Parfois, il fait nuit, il fait moche, le brouillard ne s’est levé que pour laisser la place à cette pluie qui veut dire “tu devrais te dépêcher d’aller mettre tes pneus neige”, tu as passé l’heure gagnée grâce à un général à qui tu n’avais rien demandé à attendre qu’elle passe (de nos jours, ils fabriquent des téléphones portables qui se remettent à l’heure tout seuls, des autoradios qui se remettent à l’heure tout seuls, (même ton chat, ce matin, il était si ponctuel, ils doivent fabriquer des chats qui se remettent à l’heure tout seuls, de nos jours) mais toi t’es un vieux modèle, quand un général mort décide qu’il faut régler sa montre deux fois par année pour économiser 0,08% d’énergie environ, tu ne retrouves pas le gousset de ton horloge interne, tu insomnises et le lendemain tu te retrouves avec environ 72,17% d’énergie en moins), les gens sont des cons, je veux dire encore plus que d’habitude, les gens à qui tu ne demandes rien viennent râler que le sketch des valises, il est contre moi ? parce que moi des valises, je peux en avoir tant que je veux, alors ne parlons même pas de ceux à qui tu demandes quelque chose, ce ne serait pas très convivial, tes collègues sont chauves, les voitures bouchonnent, les feuilles mortes se ramassent à la pelle, bref, la vie est un peu une pute bon marché.

Bref, tu es d’humeur à dépecer la première truite venue: c’était ça ou déprimer, tu as essayé un peu, pour voir, c’était pas drôle. Tu as comme envie de sang sur les murs, mais ça salit, comme envie d’accident de voiture, mais ça pique. Du coup tu te dis que tu pourrais aller à la Migros faire des croche-pattes aux petites vieilles, tu sais, celles qui débarquent 11 minutes avant la fermeture et embarquent tous les articles à prix réduit ?, ou alors passer tes nerfs sur des bébés chats, mais tu n’en as pas sous la main, ou alors essayer de battre tes amis, parce que se battre avec des copains c’est très jus de raisin, surtout que là c’est à geo challenge sur facebook, un jeu super où tu dois reconnaître le drapeau de Nauru, vraiment bien, quand tu rencontreras des Nauruiens tu pourras les impressionner et après ils te présenteront à leur chef et t’offriront des fruits, mais comme tu es de mauvaise humeur, là, ce sera probablement des fruits à la con genre noix de coco. Et là du coup tu rentres chez toi et dans ta boîte aux lettres y a un flyer pour le professeur Bambo, un mec plutôt sympa qui résoud tous les problèmes et les traite une fois pour toutes, même les cas les plus désespérés, même les cas rares et inconnus, et une carte postale moche très bien, avec des mots touchants et graciles au dos, surtout un, et là tu te dis que tous ces gens qui essaient de te redonner le sourire pile au moment où tu te demandes comment conclure une note sur les gens qui sont des cons n’ont vraiment aucun respect.

UBS is now listed as in a complicated relationship

Monday, October 20th, 2008

Les commentaires du post précédent sont édifiants: même quand tu demandes gentiment, personne est foutu capable de t’expliquer ce que c’est le sentiment de fierté nationale. On en cause sans savoir ce que c’est et sans être sûr que ça serve vraiment à quelque chose ni même que ça existe toujours, un peu comme de dieu ou de “des chiffres et des lettres”.

Mais il ne faut pas se voiler la face ni raison garder. L’humain aime à appartenir à des communautés, cela lui permet de créer un tissu social d’un côté, et d’un autre, il faut bien qu’il y ait des étrangers sinon qui nous volerait notre pain ?

Or, permets-moi de te dire que c’est complètement con, comme concept. Se sentir fraterniser avec des gens juste pour une vague histoire de promiscuité géographique, c’est pas toujours évident. Les soirs de foot, tu fais un effort et tu es pour les rouges. Mais le reste du temps, tu as du mal (du coup, on te prend pour un rouge).

Je préconise donc de supprimer cette absurdité. Et de remplacer les pays par un truc beaucoup plus porteur d’avenir: les groupes facebook. Leur avantage principal, c’est de n’être peuplés que de gens qui pensent pareil. Imagine: tu ne vas pas rejoindre le groupe “Les chatons, c’est un peu moche” si tu ne le penses pas, de peur de donner une fausse image de toi à tes 842 friends. Le groupe facebook réunit donc des gens désireux de discuter de points sur lesquels ils sont tous d’accord. Ce qui, jusque là, ne sert pas à grand chose. Mais avoue que l’idée a du bon. Pour le sport, d’abord. Franchement, c’est beaucoup plus logique de crier “Allez les Je trouve Yann Barthès très beau” que “Allez les fuchsias”. Beaucoup plus simple de s’identifier avec quelqu’un parce qu’il est membre de “je mets deux sucres dans mon café” que parce qu’il est vaguement né à Echichens.

Et si ça simplifie les choses pour le sport, imagine un peu pour la guerre. Parce que oui, autant supprimer le concept de nation, ça me semble pas mal, autant celui de guerre, économiquement, ce serait une erreur. Mais bon, c’est bien plus réaliste de partir la fleur au fusil parce que les “10’000 personnes et je traverse La Bourboule nu” menacent l’intégrité de “Je ne dis jamais huit fois tractopelle le même jour”

Alors, tu vas me dire, des gens sont membres de plein de groupes.

C’est vrai.

Allons enfants de l’apathie, le jour de foire est arrivé

Friday, October 17th, 2008

Je vais t’avouer un truc, dans la vie, il y a des notions simples que je ne comprends pas. La bourse, la mode, le sentiment de fierté nationale. Des trucs que personne ne m’expliquera jamais tellement ils sont, apparemment, normaux.

Par exemple, en ce moment, tous les journalistes du monde ne parlent plus que de la crise, dans les quotidiens, les magazines, partout, bientôt ça va rejoindre même les magazines féminins (les 10 moyens de convaincre votre homme de vous acheter ces magnifiques bottines rouges en fourrure de casoar malgré la crise hihihihihihi) et masculins (Hans s’apprêtait à s’endormir sous un pont quand deux suédoises, qui avaient dû manger tous leur vêtements à cause de la crise, lui demandèrent si elle pouvaient partager son carton). Tous, sauf les journaux français. Parce que, vois-tu, des gens ont sifflé la Marseillaise (l’hymne national des français, pas une fille qui passe sa vie à jouer à la pétanque en buvant des apéros et en disant putain ou peuchère suivant la situation). Et que, pour une raison qui m’échappe, c’est tellement important que même des ministres réagissent.

Moi, donc, à la base, le principe de fierté nationale, ça me dépasse un peu. Je suis fier, par exemple, quand mes lacets restent attachés toute une journée: ça n’a l’air de rien mais, pour moi, c’est un énorme exploit. Par contre, être suisse, c’est un truc que je fais depuis tout petit et qui ne me demande pas plus d’efforts que ça. Je sais pas comment ça se passe, pour les autres: à 14 ans, ils s’enferment dans les toilettes du lycée et se montrent leurs cartes d’identité ? “Waaah t’es laotien ? Trop cool !” “Ohlala lui il est guatémaltèque, la honte!”

Cette suissitude forcée ne m’empêche pas outre mesure de trouver l’hymne national suisse un peu couillon. Bucolique, mais couillon. Si, si. Je l’ai jamais entendu chanté par Lââm, peut-être que ça changerait la donne, mais je ne crois pas. Et je t’avoue que je suis tout aussi gêné pour les gens qui applaudissent un carton rouge, ou une double faute en tennis, que pour les gens qui sifflent un hymne national.

Parce que ce truc de sentiment de fierté nationale, ça a l’air de vachement tourner autour de l’hymne. L’autre jour, j’étais au restaurant, pour l’anniversaire de ma grand-mère, quand soudain un membre de ma famille dont je préfère garder l’anonymat par peur des représailles a dit: “Non merci, pas de spätzlis, donnez-moi des nouilles”, bafouant sans vergogne un symbole national. Personne ne s’est indigné, personne n’en a parlé au JT, aucun membre du gouvernement n’a menacé de quitter le restaurant et de faire annuler le repas. Pareil quand je dis “Oh tu sais moi le ski”. Y a bien quelques réactions indignées, mais ça va, sans plus. Alors que chez nous aussi, quand notre hymne national est sifflé dans un match de foot, ça indigne plein de gens. Parce que si tu habites dans un pays, apparemment, tu dois l’aimer. Alors qu’aimer un pays, ça ne veut pas dire grand chose. Aimer la viande, oui, on peut, c’est même normal, mais aimer un pays, je vois pas comment.

A la limite, si je devenais français et que vraiment, on m’obligeait à être super fier d’un truc, ce serait probablement du fromage. C’est bon, le fromage. Mais l’hymne national ? C’est de la cruauté d’obliger tous ces gens, dont certains sont plutôt sympa, hein, à aimer ce truc. Déjà, il a été écrit par un poisson. J’aime bien les poissons, je dis pas, sympas, jamais un mot plus haut que l’autre, mais comme paroliers, ils valent pas un Furnon ou un Obispo. Parce que quand même, la Marseillaise, ça raconte l’histoire de gens qui s’énervent à cause d’une vache !
C’est une Marseillaise, elle a jamais vu de vaches de sa vie, dans les calanques y a que des dauphins, alors quand elle entend mugir dans ses campagnes, elle monte sur ses grands chevaux, même si y en a pas plus que de vaches chez elle, c’est pas ça qui va l’arrêter. Elle est persuadée que les vaches vont venir dans ses bras égorger ses fils et ses compagnes. Alors bon, je sais pas si tu t’y connais en vaches, mais si vraiment elle voulait égorger tes compagnes, la Marguerite avec ses grands yeux, elle viendrait pas te sauter dans les bras d’abord, elle est pas aussi bête. Mais bon la Marseillaise ne l’entend pas de cette oreille, elle se dit qu’elle va se venger avec son bras. Et elle voudrait qu’un sang impur abreuve ses sillons. On met des millions dans la lutte contre le dopage, et tout ça aux frais du contribuable, bien sûr !, et voilà que la première cagole venue veut égorger des vaches dopées à l’hormone de croissance juste parce qu’elle pense que ça va faire pousser l’anis plus vite, de qui se moque-t-on ?

Donc bon, si on pouvait m’expliquer…

Il n’y a que ceux qui n’ont jamais joué qui n’ont pas tenté leur chance

Friday, September 5th, 2008

Comme tout le monde, cette semaine, tu as joué à l’Euromillions. Tu l’as fait en rigolant, sans y croire, mais quand même, tu attends un peu de savoir si tu vas pouvoir signer ta lettre de démission et acheter cette bicoque d’à peine 13 pièces à Nassau.

Tu as commencé par jouer tes numéros fétiches, la date de l’anniversaire de ton chien, le nombre de tes gencives, le 42 et pour les étoiles le 3, à cause de ces vacances si romantiques que tu avais passées à Troyes.

Tu as pas pu t’empêcher de les dépenser dans ta tête, ces sous. Tu en as donné à la famille, aux amis, et même aux petits enfants aveugles. Tu t’es dit, en passant, qu’avec tout cet argent qu’on allait refiler comme ça à un mec juste parce que son chien était né le bon jour et qu’il avait jamais lu H2G2, on pourrait probablement résoudre deux ou trois fois la faim dans le monde, ça t’a inspiré un peu de misanthropie et, du coup, tu as racheté un deuxième billet parce que si ça se trouve, ce mec, là, avec son chien moche et ses goûts littéraires pourris, il les mérite pas vraiment, ces millions. Si ça se trouve, il va même pas t’en donner un peu.

Là, tu sais très bien qu’au tirage, tu vas perdre ton veau, ta vache, tes cochons. Ca va même pas t’empêcher de dormir. Perdre 100 balles, c’est terrible mais quelques centaines de millions, ça fait moins peur, tellement tu arrives même pas à imaginer combien de glaces cannelle basilic (vous, les riches, vous avez des goûts si excentriques) ça peut représenter. Tu stresses pas trop. En plus, à un moment, avec ton argent imaginaire, tu avais offert un pneu en or massif à ton oncle Wenceslas qui collectionne les pneus, ça avait fait des jaloux, tout le monde s’était disputé et tu avais fini par te dire que c’était mieux avant.

Et tu avais raison. Car l’argent, finalement, n’apporte que des joies matérielles futiles, les vrais bonheurs de la vie ne s’achètent pas. Et surtout, ces millions, c’est moi qui devrais les gagner, j’estime.

Jack Lang de putisme

Monday, June 23rd, 2008

Les restos indiens, c’est sympa, mais ça n’a qu’un maigre rapport avec la bouffe qui te ravit le palais et déchiquette l’oesophage à Bombay.

Du coup, en apprenant que ton village allait organiser pour la première fois la fête de la musique, avec l’ensemble municipal de fifre et la présence exceptionnelle de DJ Maurice, tu t’es peut-être dit tiens, si j’allais voir comment c’est, la vraie fête de la musique, à Paris.

Il ne faut pas. Je peux tout t’expliquer.

Le truc, c’est que quand nous, on imite sans connaître, on part naïvement du principe que la fête de la musique doit avoir un rapport avec la musique. Donc on organise des concerts un peu partout, c’est joli, y a la fanfare de l’école primaire, c’est festif, y a un groupe de ska mal accordé.

A Paris, ça se passe complètement différemment. Le principe est de boire de la bière jusqu’à environ le début de la nuit, de lancer les bouteilles par terre pour préparer la fête de la voirie qui a traditionnellement lieu le 22 juin et la fête des podologues qui aurait pu avoir lieu au moment où tu as posé le pied sur un tesson gros comme ça (voir figure 1), heureusement habilement stoppé par ta semelle orthophonique (voir figure 2), parce que comme tu n’es pas parisien, tu n’as pas développé les réflexes de fakirisme nécessaires pour bien appréhender cette fête.

Quand ils ont suffisamment bu, les gens chantent. Mais pas n’importe quoi. Ils se lancent dans une réinterprétation libre et audacieuse de Seven Nations Army. Pour exprimer leur anticonformisme, leur rejet d’une musique ancrée dans des considérations archaïques, ils rejettent toute notion de gamme ou d’harmonie. Pour signifier leur haine de la société consumériste, ils se passent délibérément d’instruments, marquant le rythme en tapant sur les vitres, les parois, les voisins. Une chanson popularisée par les supporters de foot, que le monde de la rue reprend et magnifie pour en faire un hymne à la joie moderne (ou alors c’est juste que les parisiens ils ont tellement pas l’habitude qu’ils savent pas que si y a pas de ballon ni de Jérome Rothen, c’est pas un match du PSG et que y a donc aucune raison de chanter Po Polopopopo Po, ta gueule, merci).

Bien sûr, à première écoute, ce n’est pas beau. Mais le Beau ne se définit-il pas en vertus de canons ancrés dans un présent toujours fugace, alors que l’Art est sempervirent, ou pas vraiment ?

La question est donc, pourquoi cette chanson plutôt que, par exemple, la petite Charlotte ?, mais ce post étant déjà long comme les sanglots du mec qui se rend compte que tiens, ce truc qu’on entend, c’est pas des hollandais déçus par l’élimination de leur équipe qui décident de manger un bébé pour se détendre, mais bien un groupe en train de reprendre le bonne du curé au violon à 21 centimètres de la table où il avait enfin réussi à s’attabler, je vais te faire le terrible affront d’un

A SUIVRE

(pour fofo: la version originale et la version Kop moyen)

Edit:
Non mais c’est de l’autofiction hein, y a eu de très bons moments


Moriarty – Jimmy – Fête de la Musique 2008
envoyé par kur0sagi

(je me souviens d’un temps où les gens auraient sorti leurs briquets, pas leurs portables)(mais ça brûle les doigts, après)