Bon pour ton poil - Der Blog, der lolt

Oh, Ă©pitaphe, Ă  la fin !

Faut-il bloguer en 2015 ?

Souviens-toi, c’Ă©tait aux alentours de jadis, un mardi. Quelques pionniers Ă©crivaient des articles sur les weblogs sur leurs weblogs quand soudain, l’un d’entre eux se dit “hĂ©, si on faisait un genre de plateforme facilement accessible Ă  tous histoire d’avoir de nouveaux copains avec qui parler de weblogs ?” et ce fut aussitĂ´t la gabegie, la porte ouverte, la boĂ®te de Pandore. Les nouveaux arrivĂ©s, au lieu de parler de weblogs, comme tout le monde, se mirent Ă  aborder toutes sortes de sujets, mais essentiellement Ă  parler d’eux, car c’Ă©tait marquĂ© dans le journal, le weblogue est un genre de journal intime sur internet.
C’Ă©tait une Ă©poque de franche camaraderie. Les gens parlaient d’eux, d’entre gens venaient dans leur commentaire leur dire lol trop vrai ma belle viens chez moi moi aussi je parle de moi regardez-moi regardez-moi regardez-moi et ceux qui parlaient le mieux d’eux Ă©taient trop des stars avec parfois jusqu’Ă  cent visiteurs uniques par jour, bien sĂ»r, ils ne passaient pas leur temps Ă  regarder leurs statistiques, c’Ă©tait plus par curiositĂ©.
Mais certains, car ils n’avaient pas assez de choses Ă  raconter sur leur vie, les nuls, se mirent Ă  parler cuisine, mode ou Ă  dessiner des petits mickeys sur leurs weblogs, qui entre-temps s’appelaient blogs. D’autres gens qui eux aussi cuisinaient, s’habillaient ou dessinaient, se mirent Ă  les imiter. De fil en aiguille, certains hĂ©rĂ©tiques se mirent Ă  commenter des blogs alors qu’eux-mĂŞme ne bloguaient pas, sans attendre de clic en retour, juste parce qu’ils avaient quelque chose Ă  dire. Il y en avait deux types : ceux qui laissaient des commentaires constructifs et utiles comme “lol trop vrai Ă©pouse moi !!!” et les mĂ©chants, destructeurs, aussi appelĂ©s sales trolls, qui ne pensaient qu’Ă  faire le mal en laissant des commentaires agressifs et rĂ©ducteur tels que “excuse-moi de te dĂ©ranger, mais tu as Ă©crit dĂ©barasser alors que ça prend deux r, enfin, tu fais comme tu veux, on est ici chez toi”. Heureusement, ils Ă©taient immĂ©diatement huĂ©s virtuellement par la vindicte populaire.

Mais le temps passe, et emporte avec lui les lols des preumseurs. Un jour, Jean-Gringoire, auteur du cĂ©lèbre blog “Blog… de glace !!!”, sur lequel il analysait avec finesse la politique, les sĂ©ries, la musique et la palĂ©ontologie sans oublier de rĂ©gulièrement donner son opinion sur le dernier post de “ça dĂ©blogue !!!” qui Ă©voquait la rĂ©action de “ras le blog” sur la rĂ©cente prise de position de “another wordpress blog” quant Ă  la dernière Ă©dition de “A la recherche de la nouvelle star” (qui n’Ă©tait pas un blog mais une Ă©mission tĂ©lĂ©), s’Ă©tonna d’avoir reçu la bagatelle de zĂ©ro commentaires alors qu’il avait publiĂ© son article depuis dĂ©jĂ  huit minutes. Il s’en fut chez un rĂ©parateur pour faire analyser la situation mais las, rien n’y fit, les commentaires Ă©taient dĂ©cĂ©dĂ©s, partis sous d’autres cieux liker des retweets.

Jean-Gringoire laissa peu Ă  peu son blog prendre la poussière. Il ouvrit un tumblr, c’Ă©tait quand mĂŞme vachement mieux, oĂą il commentait l’actualitĂ© avec des gifs animĂ©s. Il Ă©tait rĂ©gulièrement publiĂ© dans Slate, oĂą il rĂ©agissait avec virulence aux dernières dĂ©clarations politiques, s’indignait contre un article de 2008 d’un fanzine nĂ©o-zĂ©landais dans lequel il Ă©tait Ă©crit “certaines femmes portent des robes” et “le ragoĂ»t de boeuf se cuisine Ă  partir de viande de boeuf”, ce qui heurtait ses sensibilitĂ©s fĂ©ministes et vĂ©ganes. Parfois, il avait un peu la nostalgie, cette Ă©poque de libertĂ© et d’audaces, qu’en restait-il aujourd’hui ?, tout en prĂ©parant son top 10 des acteurs qui ont des jambes qu’il espĂ©rait revendre Ă  prix d’or Ă  Topito.

Mais pendant ce temps-lĂ , d’autres continuaient, contre vents et marĂ©es, Ă  bloguer, car ils avaient Ă  coeur de partager leur passion pour la mode et les articles sponsorisĂ©s.

Et d’autres parce qu’ils avaient refusĂ© de suivre la voie de la modernitĂ© et que Slate ne les avait toujours pas contactĂ©s. Et ceux-lĂ  se demandaient parfois : “faut-il bloguer en 2015 ?”

Et se répondaient bah ouais, pourquoi pas ? Après tout, y a bien des gens qui font du scrapbooking ou du trampoline.

***

Quant Ă  moi, je me disais tout de mĂŞme que douze ans de blogging, c’Ă©tait beaucoup et qu’il serait peut-ĂŞtre temps de passer Ă  autre chose, non ? On se croise au dĂ©tour d’un vent contraire, d’une bière ou d’un de ces nombreux rĂ©seaux sociaux dont les jeunes raffolent et on se dit merci, bisous, salut ?


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Pondu par raph le Thursday 7 May 2015 oui je sais la date est en anglais, c'est parce que je suis trop hype dans ma tęte.

Utopie pour toi

New Morges – mai 2057, un mardi. Reportage exclusif (sponsorisĂ© par les bonbons Ă  la saucisse FlĂĽgor, par les tondeuses Bonvin et par l’union suisse contre les arbres).

Nous avons retrouvé dans cette grotte des environs de New Morges une communauté étrange, qui vit recluse. Il nous a été difficile de les approcher, tant ses membres semblent méfiants. Mais comme ils semblent plus affamés que méfiants, nous avons pu les soudoyer facilement grâce aux bonbons à la saucisse Flügor, les bonbons qui rendront tous vos amis jaloux grâce à leur goût chaloupé.

C’est en effet ici que se rĂ©fugient, loin de toute civilisation, les exclus de Facegle. Chaque annĂ©e, en effet, des centaines de personnes sont bannies de Facegle pour avoir contrevenu aux règles d’utilisation – des règles qu’ils ont pourtant signĂ©es lors de leur inscription, le lendemain de leur naissance. Ne faites pas ça chez vous, les enfants, ne contrevenez pas aux règles, sinon vous vous ferez pincer les doigts très fort.

Attention, les images qui suivent peuvent choquer. En effet, ces gens n’ont pas Ă©tĂ© bannis pour des broutilles ou des billevesĂ©es. En effet, ils ont commis des actes graves, des actes rĂ©prĂ©hensibles, si tout le monde faisait comme eux ce serait l’anarchie, est-ce bien ça que vous voulez ?

Je vous propose de les huer pendant une minute.

Si le temps vous semble long, pourquoi ne pas utiliser une tondeuse Bonvin pour tondre votre jardin ?

VoilĂ . Nous avons donc rencontrĂ© Jaynyfayr DĂ©vanthĂ©ry, exclue de Facegle en avril 2056 pour avoir orthographiĂ© son nom Jennifer parce que, je cite, “ça faisait un peu stylĂ©”.
Oxmo Legendre, coupable d’avoir dĂ©tournĂ© le regard pendant une publicitĂ©. Alors qu’elle Ă©tait en plus très drĂ´le.
Fiodorina Grörh, bannie pour harcèlement sexuel après avoir demandĂ© “Salut sa vas” Ă  un jeune homme sur le rĂ©seau social Facegle, le rĂ©seau social de toutes vos envies, sans en avoir prĂ©alablement sollicitĂ© la permission.
Et enfin Suharto Bollomey, spĂ©ciste rĂ©cidiviste, qui poste rĂ©gulièrement des photos de chatons sous prĂ©texte qu’ils sont trop mignons, cruelle objectification de l’animal que nous ne saurions tolĂ©rer.

Alors bien sûr, ces gens ont bien mérité ce qui leur arrive.

Mais tout de mĂŞme. Bannis de Facegle, ils ne peuvent plus avoir accès aux offres d’emplois, ils ne savent plus quand un appartement est Ă  remettre, ils ne peuvent plus placer d’enchères pour acheter des lĂ©gumes de synthèse ou de la viande recomposĂ©e et sont obligĂ©s de manger le fruit de la terre, comme des animaux, sans offense envers nos amis les animaux toutefois, mais tout de mĂŞme. Ils ne peuvent plus savoir ni les rĂ©sultats des compĂ©titions de beach tchoukball, ni le temps qu’il fait.

Alors ne devrait-on pas leur pardonner ? Faut-il vraiment que ces gens paient toute leur vie pour une petite erreur ?

Moi je trouve que oui. Enfin, surtout à la deuxième question.

Huons les.

Ce reportage exclusif vous a Ă©tĂ© offert par les bonbons Ă  la saucisse FlĂĽgor, par les tondeuses Bonvin et par l’union suisse contre les arbres.

Edern-Boutros Baumgartner, radio suisse romande, New Morges.


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Pondu par raph le Tuesday 5 May 2015 oui je sais la date est en anglais, c'est parce que je suis trop hype dans ma tęte.

Croire

– Je sais ! J’ai trouvĂ© ! Yves Duteil, m’exclamai-je avec excitation.
– Hrm, rĂ©pondit Gunda, ma community manager imaginaire, avec flegme.
– C’est un chanteur mort, les gens l’aiment bien, la profession va probablement lui rendre hommage prochainement, ce n’est qu’une question de secondes. Quand elle le fera, je pourrai m’exclamer VOUS L’AVEZ LU ICI EN PREMIER, et tout le monde dansera la ronde de l’amitiĂ©, poursuivis-je avec parcimonie.
– Vas-y, fais-ce que tu veux, moi je m’en fous, sourit Gunda, avec saucisson Ă  l’ail.
– Ma chanson prĂ©fĂ©rĂ©e d’Yves Duteil : Antisocial, assĂ©nĂ©-je avec lien YouTube.
– Hein ? Oh et puis après tout, fais ce que tu veux, moi je m’en fous, tintinnabula Gunda avec le temps va tout s’en va.

**

Tu bosses toute ta vie pour payer ta pierre tombale,

Oui, mais c’est parce que j’en voudrais une vachement bien, avec des genre de statues et des trucs qui clignotent, enfin, un truc un peu prestigieux, au cas oĂą je deviendrais hyper connu après ma mort comme Van Gogh et l’autre. Mais du coup, comme je bosse, je n’ai pas le temps de me consacrer Ă  la peinture et au dĂ©soreillage, alors je ne vois pas trop pour quoi je deviendrai hyper connu, peut-ĂŞtre pour une recette de pâtes ?, je ne sais pas.

Tu masques ton visage en lisant ton journal,

J’Ă©tais en train de lire les cours de la bourse, Ă  cause de cette histoire de richesse, je voudrais pas trop que ça s’Ă©bruite.

Tu marches tel un robot dans les couloirs du metro,

Oui ben je voudrais t’y voir, aussi, le visage masquĂ©, en train de lire le journal, dans le mĂ©tro, c’est pas comme ça qu’on a une dĂ©marche chaloupĂ©e non plus.
En plus, je me disais, faire le robot dans les couloirs du mĂ©tro, ce serait pas un super moyen d’arrondir mes fins de pierre tombale ?
Je vais y penser.

Les gens ne te touchent pas faut faire le premier pas,

Dans le métro, masqué, je lis le journal et je fais le con avec ma démarche de robot et personne ne me touche ?
On parle bien du métro, le moyen de transport, pas du Métro, le bar à Moudon ?

Tu voudrais dialoguer sans renvoyer la balle,

Oui, tant qu’Ă  faire. J’ai jamais Ă©tĂ© très douĂ© pour les jeu de raquettes, alors si on pouvait causer autour d’une bière plutĂ´t que d’une table de ping-pong…

Impossible d’avancer sans ton gilet pare-balle.

Bravo pour cette rime, il fallait la trouver !
Mais je digresse.
Oui, donc je suis mauvais au ping-pong, mais pas Ă  ce point, non plus.

Tu voudrais donner des yeux a la justice
Impossible de violer cette femme pleine de vices.

Ah ben oui, vas-y, maintenant, pour dire un truc drĂ´le et pertinent alors que tu parles de viol, “c’est pas ma faute, monsieur le juge, elle avait des yeux, elle l’a quand mĂŞme bien cherchĂ© !”. C’est malin.

Antisocial, tu perds ton sang froid.

Non, je suis parfaitement calme, c’est juste que c’est difficile d’enchaĂ®ner.

Repense a toutes ces annees de service.

Ah oui, un bon souvenir d’armĂ©e, ça dĂ©tend toujours l’atmosphère, pas bĂŞte !

Antisocial, bientôt des annees de sévices,

Oui, c’est vrai, ce sont pas des souvenirs, parlons d’autre chose.

Enfin le temps perdu qu’on ne rattrape plus.

C’est bien vrai, le temps file, ma bonne dame. Mais c’est pas une raison pour faire des phrases oĂą il manque des.

Ecraser des gens est devenu ton passe-temps.

Oui, mais bon, je fais pas mal de kilomètres, parce que j’en avais marre du mĂ©tro. Alors au bout d’un moment, ça dĂ©tend. Et puis je crois que s’ils n’ont pas d’yeux, ça compte pas.

En les Ă©claboussant, tu deviens gĂŞnant.

Ah, non ! Ecraser les gens bon, ok, de temps en temps, pour déconner, je veux bien. Mais les asperger, non. Un peu de respect.

Dans ton dĂ©sespoir, il reste un peu d’espoir

Pardon, je sais bien que le temps perdu qu’on ne rattrape plus, mais tu serais pas en train de bâcler un peu tes paroles, lĂ  ?

Celui de voir les gens sans fard et moins batards.

Ah, oui, d’accord, j’avais compris phares ! Je trouvais ça logique.

Mais cesse de faire le point, serre plutot les poings,

HĂ©hĂ© pas mal la blague ! Elle tombe… Ă  point !

Bouge de ta retraite, ta conduite est trop parfaite

Je te rappelle que j’Ă©crase des gens. En les Ă©claboussant, en plus. Sans phares. Pardon, mais s’il y avait un permis Ă  point pour les couloirs du mĂ©tro, je n’aurais dĂ©jĂ  plus de points.

Relève la gueule, je suis lĂ , t’es pas seul

Ah oui tiens, salut, je t’avais pas vu ! Ca va ?

Ceux qui hier t’enviaient, aujourd’hui te jugeraient.

Bah, tu m’Ă©tonnes, je suis lĂ  Ă  errer dans le mĂ©tro et Ă  faire n’importe quoi, les gens ne comprennent pas ça.

Antisocial, tu perds ton sang froid.
Repense a toutes ces annees de service.
Antisocial, bientot des annees de sevices,
Enfin le temps perdu qu’on ne rattrape plus. Qu’on ne ratrappe plus.
Tu bosses toute ta vie pour payer ta pierre tombale,
Tu masques ton visage en lisant ton journal,
Tu marches tel un robot dans les couloirs du metro,
Les gens ne te touchent pas,
Tu voudrais dialoguer sans renvoyer la balle,
Impossible d’avancer sans ton gilet pare-balle.
Tu voudrais donner des yeux a la justice
Impossible de violer cette femme pleine de vices.
Antisocial, tu perds ton sang froid.
Repense a toutes ces annees de service.
Antisocial, bientot des annees de sevices,
Enfin le temps perdu qu’on ne rattrape plus,
qu’on ne rattrape plus, qu’on ne rattrape plus, qu’on ne rattrape plus.

Non mais ok, ça m’agace un peu, ils pourraient faire un effort, quand mĂŞme.

Antisocial, antisocial, antisocial, antisocial, antisocial, antisocial, antisocial, antisocial, antisocial, antisocial, antisocial, antisocial!!!

Tu te répètes pas un peu, quand même ?
Non mais ok, tu vas me dire que je suis un peu normalisant mais quand même, tu te répètes pas un peu ? Tu te répètes pas un peu ? Tu te répètes pas un peu ?
Ah ben tu vois, toi aussi, au bout d’un moment, tu perds ton sang froid.

Au final, c’est une très belle chanson, porteuse d’espoir, l’espoir de ne pas avoir de dĂ©sespoir : il paraĂ®trait qu’Ă  certaines heures, il y a suffisamment de place dans le mĂ©tro pour faire le robot avec un masque en journal.


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Pondu par raph le Wednesday 22 April 2015 oui je sais la date est en anglais, c'est parce que je suis trop hype dans ma tęte.

Les neiges du Kilimandjaro

– Salut, c’est Gunda, ta community manager imaginaire !
– Tiens, mais je te croyais dĂ©cĂ©dĂ©e ?
– Non. Bon, dis, tu sais, lĂ , ton truc avec les paroles de chansons ?
– Ah ouais, ouais.
– C’Ă©tait nul.
– Sympa l’ambiance.
– Mais bon, les gens aimaient ça, enfin, certains. Je me disais que tu devrais t’y remettre.
– Ouais mais moi, la musique de jeunes, j’y connais rien. A part Sofiane Stiven, j’adore, son projet de faire un album par Ă©tat des Etats-Unis, surtout Pizza HawaĂŻ et son album de reprises de classiques nord africains en ska, Allah Ska, et aussi Pizza Oregon et…
– Chut.
– Sinon, l’autre jour, pour savoir un peu ce qui Ă©tait Ă  la mode, je suis allĂ© dans un magasin de CDs et…
– #facepalm
– PlaĂ®t-il ? C’Ă©tait pas une sĂ©rie dans les annĂ©es 80, ça ?
– Hein ? Non, je disais que plus personne n’avait mis les pieds dans un magasin de CDs depuis au moins huit ans.
– Ah ? Bon, en tout cas, j’ai vu un peu les dernières sorties. La bande Ă  Renaud, Joyeux anniversaire m’sieur Dutronc, Aznvour sa jeunesse, Ferrat airs de libertĂ©. Je crois que les jeunes Ă©coutent des reprises de chanteurs morts par Zaz et Louane. Du coup, je me suis dit qu’il fallait devancer la mode plutĂ´t que la suivre.
– Je crains le pire.
– Je me suis dit que j’allais anticiper les prochaines sorties, Buddy Holly chante Richard Anthony, souviens-toi Barbara, Johnny dans l’idĂ©e, Quand Lama fâchĂ©, les choses Ă  Clerc, les brĂŞles chantent Brel…
– Ah tiens, non, je ne craignais pas le pire.
– Au bistro d’Obispo, Barbelivien nous barbe…
– Puisque c’est comme ça, je m’en vais faire community manager imaginaire d’un blog fĂ©ministe vegan.
– Polnareff, tu l’aimes ou CĂ©tĂ©lem. Oasis chante Carlos.
– D’accord, mais qu’est-ce que tu vas nous chanter ?
– Capri, c’est fini.
– Mais enfin, HervĂ© Vilard n’est pas mort.
– Alors c’est une très belle chanson, porteuse d’espoir, qui parle de quelqu’un qui va finalement aller en vacances ailleurs parce qu’il n’a rien trouvĂ© de bien sur AirBnB. Mais qui dramatise un peu.


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Pondu par raph le Monday 20 April 2015 oui je sais la date est en anglais, c'est parce que je suis trop hype dans ma tęte.

Dors mon fils

Tu viens de te porter acquĂ©reur d’un charmant nouveau-nĂ©. Depuis, le bonheur inonde ton c½ur comme un frais torrent au petit matin.

La première fois que tu as pris ce petit ĂŞtre fragile et dĂ©semparĂ© dans tes bras et qu’en quelques secondes Ă  peine, ses pleurs ont cessĂ©, tu t’es senti aussitĂ´t envahi d’une infinie Ă©motion. C’Ă©tait il y a quelques semaines Ă  peine. C’Ă©tait il y a 6700 kilomètres environ.

Car ce petit ĂŞtre fragile et dĂ©semparĂ© ne cesse de pleurer que si tu le prends dans tes bras et que tu fais les cent pas dans le couloir avec lui. A chaque fois se mĂŞlent la fiertĂ© de savoir le rassurer, la tendresse, le bonheur. Mais surtout l’ennui. Quarante aller retour au milieu de la nuit dans un appartement, certes dĂ©corĂ© avec style et chamarrage, mais enfin, ça reste un peu toujours le mĂŞme, Ă  force, ça saoule. L’ennui, donc, et les ampoules, aussi.

Comment utiliser intelligemment ce temps mis à ta disposition, en général entre 3 heures 30 et 5 heures 20 du matin ?

– Les cent pas dans l’appartement, ce n’est pas vraiment du sport. Mais installe un parcours d’obstacles et très vite, ce petit rituel remplacera avantageusement l’abonnement au fitness oĂą tu n’as plus mis les pieds depuis six mois, ce qui est tout Ă  ton honneur. BientĂ´t, tout le monde se pâmera sur ton corps d’athlète, ce n’est pas parce que la gaudriole, c’est fini pour au moins quinze ans qu’il faut se laisser aller.

– Equipe-toi d’un compte-pas. Calcule la distance parcourue. DĂ©termine oĂą tu serais si, au lieu d’allers et retours, tu t’Ă©tais contentĂ© d’allers. Puis, Ă  l’aide d’un internet portatif, plonge toi dans des photos de cet endroit. Quel beau voyage !

– Tu peux Ă©galement prendre de l’avance sur ton mĂ©nage : Ă  chaque aller, tu fais un bout de vitre, Ă  chaque retour, un peu de rangement et que de temps gagnĂ© pour demain, avec un peu de chance tu pourras mĂŞme inscrire une sieste de sept minutes au programme. Deux serpillères habilement glissĂ©es sous tes pieds, une Ă©ponge sur la mignonne petite tĂŞte de bĂ©bĂ© et tout cela n’en sera que plus ludique.

– Connais-tu l’expression “C’est une histoire Ă  dormir debout !!!” ? C’est l’occasion de vĂ©rifier si on peut.

– C’est le moment ou jamais d’apprendre les claquettes !

– En revanche, il faudra peut-ĂŞtre abandonner cette idĂ©e d’essayer de marcher sur les mains pour changer un peu.

– Pourquoi ne pas Ă©quiper ton enfant d’un petit enregistreur, ce qui te permettra ensuite de retranscrire au calme les douces berceuses que tu improvises pour lui, les charmantes histoires que tu inventes nuit après nuit. Qui sait, parmi les prochains grands succès en librairie, on pourrait retrouver Eduardo le renardeau qui ne voulait pas faire dodo, Roro le lapereau qui va rĂ©veiller tout l’immeuble, Alfonso le souriceau qui a avalĂ© du sĂ©datif par erreur, Pascal le chacal abandonnĂ© par ses parents dans la forĂŞt.

– Et tant qu’on y est, pourquoi ne pas profiter de l’aubaine pour devenir le gĂ©nial inventeur du bonnet pour bĂ©bĂ©s Ă  Ă©cran tactile ? Ensuite, tu pourras, tout en caressant dĂ©licatement la douce chevelure naissante de ce charmant enfant, enfin passer le niveau 648 de Candy Crush.

– Et carrĂ©ment, le premier rĂ©seau social pour jeunes papas, oĂą vous pourrez discuter et Ă©changer.
Echanger de l’expĂ©rience, donc. Des bĂ©bĂ©s, c’est interdit.

– Interdit, donc sĂ»rement lucratif. Y as-tu songĂ© ?


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Pondu par raph le Wednesday 8 April 2015 oui je sais la date est en anglais, c'est parce que je suis trop hype dans ma tęte.

Imagine tous les gens

Aujourd’hui, posons-nous cette question bien lĂ©gitime, surtout en cette saison :

Faut-il avoir de l’imagination ?

Comme ça, Ă  brĂ»le pourpoint, vous allez me rĂ©pondre “ben ouais, carrĂ©ment, c’est trop bien l’imagination, par exemple… bon lĂ  j’ai pas d’exemple qui me vient en tĂŞte, mais, bon, je sais pas, par exemple… il y a un type, il te demande, bon, et lĂ … enfin, bon, ouais, c’est super, l’imagination.”

C’est une rĂ©ponse un peu facile.

L’imagination est en effet quelque chose de complètement surestimĂ©, au mĂŞme titre que la folk ou le Nutella (mais pour des raisons diffĂ©rentes). Grâce, probablement, Ă  un excellent Community Manager, l’imagination a très bonne presse, alors qu’elle n’est pas toujours bonne conseillère.

Prenez, par exemple, ce charbonnier italien du XIXe siècle. Lui et ses collègues de charbonnage ont faim. Mais ils sont bien embĂŞtĂ©s : ils ne possèdent ni lardons, ni crème fraĂ®che, ni ail. MĂŞme pas de minuteur pour vĂ©rifier le temps de cuisson des pâtes. Juste un oeuf, un peu de pancetta et du pecorino. Soudain pris d’une impulsion subite, il s’exclame : oh tiens, si je mĂ©lange ça comme ça et après comme ça, ça donne un truc pas dĂ©gueu, je vais appeler ça pasta alla carbonara en hommage Ă  Claude Chabrol. Alors d’accord, il a fait preuve d’imagination. Mais est-ce vraiment grâce Ă  lui qu’aujourd’hui tu peux te repaĂ®tre de ce succulent plat roboratif, ou est-ce plutĂ´t grâce aux gĂ©nĂ©rations qui, depuis, te surveillent du coin de l’oeil, prĂŞts Ă  s’exclamer : “Han, c’est pas le bon fromage ! C’est pas le bon fromage ! SĂ©rieux, mec, je te dĂ©nonce, tu vas faire quoi ?, j’appelle la pasta police de ce pas, on va te retirer ton permis de spaghetti illico presto, sĂ©rieux” ?

Alors vous me direz ouais mais bon mais ok, mais quand mĂŞme, mais l’art, la littĂ©rature, le cinĂ©ma, la sculpture sur bois, la religion, il faut de l’imagination pour inventer toutes ces merveilles qui nous Ă©merveillent. Mais pour un auteur qui rĂ©volutionne le genre – et meurt seul dans son bain en mangeant des raviolis, combien de groupes de rock qui dĂ©cident de se lancer dans une fanfic de Led Zep, mais en remplaçant les synthĂ©s par du didgeridoo, les enfants ont adorĂ©, et connaissent succès, prospĂ©ritĂ© et inrockuptibles ?

Une seule personne suffit pour dire “En fait, tout ça a Ă©tĂ© crĂ©Ă© par un chien qui rĂŞve” ou “Le monde est portĂ© par quatre Ă©lĂ©phants posĂ©s sur le dos d’une tortue”, mais ça ne sert Ă  rien si, derrière, il n’y en a pas quelques millions pour dire “wowowo, tu as dit cinq Ă©lĂ©phants ? cinq ? non mais ok, je suis pour la libertĂ© d’expression et tout, mais on va ĂŞtre obligĂ© de te trancher le cou, lĂ , sinon c’est la porte ouverte”.

Et pour qu’un type qui se dit “non en fait la barbe et les lunettes, ça pique, je vais plutĂ´t porter un caraco fuchsia et un suivez-moi-jeune-homme en fourrure” passe de dangereux asocial Ă  gĂ©nial prĂ©curseur, cela ne dĂ©pend pas de son imagination, mais de celle de tous ceux qui auront ensuite l’idĂ©e de faire exactement comme lui.

Pensez Ă  tous ces gens, qui rĂŞvent de lendemains meilleurs, qui rĂŞvent d’un monde oĂą nous serions tous frères, main dans la main, unis et fiers, heureux et libres. Et pensez maintenant Ă  tous ceux qui disent “bah, ça a toujours Ă©tĂ© comme ça, alors bon, je vois pas pourquoi ça changerait”. Lesquels feront la gueule, demain matin, en voyant que nous ne sommes pas tous frères, ça a bien failli, mais ça a dĂ©gĂ©nĂ©rĂ© en baston gĂ©nĂ©ral Ă  cause d’un hĂ©rĂ©tique qui mettait du chorizo et des supions dans sa carbo ?

Et lĂ , vous me voyez venir. “Il va ENCORE nous faire le coup du billet sans chute, je parie, il va dire un truc du genre il faut de l’imagination pour une bonne chute”. Et c’est prĂ©cisĂ©ment lĂ  que je voulais en venir, alors c’est bien la preuve.


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Pondu par raph le Thursday 12 March 2015 oui je sais la date est en anglais, c'est parce que je suis trop hype dans ma tęte.

Jambon

La semaine dernière, tout le monde parlait de “50 Shades of Grey”, le film adaptĂ© du roman “50 Shades of Grey”. Et tu Ă©tais bien embĂŞtĂ©, puisque tu n’as ni lu l’un, ni vu l’autre. Tu sais tout au plus que c’Ă©tait, Ă  la base, une fanfiction basĂ©e sur les personnages de Twilight et que ça Ă©voque les pratiques sado-masochistes. Mais lĂ  encore, ces sujets sont hors de ta juridiction : le dernier roman avec des vampires que tu aies lu, c’Ă©tait Le Petit Vampire, avec RĂĽdiger, Anton et Johann Sfar. Quant au reste, il y avait bien cette fille qui te donnait des coups mais soyons francs, il s’agissait bien plus de maladresse que de sm.

Ainsi, lorsque ce sujet était évoqué autour de toi, au lieu de prendre position avec ta verve caractéristique, tu préférais détourner la conversation vers des terres plus connues, comme par exemple cette fascinante étude scientifique sur les vampires.

Mais tout a changĂ© ce matin : c’est des Oscars que parlent tes collègues. Ils trouvent ça quand mĂŞme Ă©trange que Birdman ait raflĂ© autant de rĂ©compenses alors que Foxcatcher n’Ă©tait mĂŞme pas nominĂ©. Toi, tu ne les as pas vu, tu as prĂ©fĂ©rĂ© l’excellent Inbetweeners 2, mais tu trouves quand mĂŞme que les renards sont plus malins que les oiseaux, sinon ce sont les oiseaux qui mangeraient des renards, alors tout ça, ça doit ĂŞtre un peu politique. Mais comme tu ne sais pas trop de quoi parlent ces films, tu n’oses pas trop t’avancer. Tu trouves juste un peu Ă©tonnant que Boyhood ait Ă©tĂ© nominĂ© alors que c’est un film de 1991, mais comme tu aimes bien Cuba Gooding Jr, surtout dans la sĂ©rie avec Michael J. Fox, tu es bien content.

Et c’est ainsi que tu en es venu Ă  te poser cette question, ma foi bien lĂ©gitime :

Faut-il parler de ce qu’on ne connaĂ®t pas ?

Un sujet que je maîtrise drôlement bien : la preuve, je suis journaliste.

Parce que bon, encore, le cinĂ©ma, c’est tout du cinĂ©ma. Mais il y a bien d’autres sujets. L’Ukraine, par exemple. Moi ça va : j’avais eu une bonne note sur la guerre de CrimĂ©e. En plus, j’ai lu plusieurs Kourkov. Et j’ai Ă©coutĂ© plusieurs morceaux des Slaves sur youtube. Je connais donc bien le sujet. Je connais mĂŞme quelqu’un qui habite pas trop loin du mĂ©tro SĂ©bastopol, c’est dire. Mais toi ? Toi qui n’as mĂŞme pas assistĂ© au match AC Bellinzone – Dnipro Dnipropetovsk lors de la coupe UEFA 2008/09 ? Toi qui crois que le Dombass est un genre musical des annĂ©es 90 un peu pĂ©nible ? Comment vas-tu faire quand ton voisin, celui du bas, te dira “Ca prĂ©sage rien de bon, cette histoire de Mario PĂ´le, je crois bien que c’est la guerre mondiale !” ?

Car la liste est longue des sujets que l’on se doit de connaĂ®tre afin de pouvoir tenir une conversation : le conflit au Moyen-Orient, la biologie, la spatialologie, les programmes tĂ©lĂ© de la veille, le football, la vulcanisation, les ratons-laveurs, le pluriel des noms composĂ©s,…

La solution, bien sĂ»r, c’est de parler des sujets que tu connais. Inspirez-vous de ces gens qui, par modestie, pour ne pas se lancer dans des sujets qu’ils ne maĂ®trisent que peu, parlent d’eux en permanence. Un sujet que, normalement, vous devriez connaĂ®tre, car comme le disait souvent Socrate en finale de la coupe du monde 54, “connais-toi toi-mĂŞme”.
Ou tentez d’Ă©voquer des sujets que tout le monde connaĂ®t : la situation mĂ©tĂ©orologique actuelle, les choses qui Ă©taient mieux avant, les diffĂ©rences principales entre un castor et un accordĂ©on. Vous contribuerez ainsi Ă  rendre le monde meilleur.


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Pondu par raph le Monday 23 February 2015 oui je sais la date est en anglais, c'est parce que je suis trop hype dans ma tęte.

Götterdämmerung

Jadis, longtemps avant l’invention de wikipĂ©dia, l’humanitĂ© tentait de comprendre les mystères qui l’entouraient. Mais c’Ă©tait un peu compliquĂ©. Et souvent effrayant. Mais il fallait bien que les aĂ®nĂ©s rassurent les plus jeunes, quand ils en causaient, le soir au coin du feu dont ils avaient moins peur depuis qu’ils l’avaient inventĂ©.

Alors ils inventaient de belles histoires. Ils leur racontaient les histoires des dieux anciens qui avaient crĂ©Ă© la terre et le ciel, la terre et les mammouths laineux, avant de partir prendre l’apĂ©ro. “Et quand ils abusent du jus de fruits fermentĂ©, ça fait des Ă©clairs”, disaient-ils. Puis les plus jeunes, parfois, devenaient Ă  leurs tours des aĂ®nĂ©s. Ils rajoutaient un ou deux chapitres Ă  la lĂ©gende, en enlevaient d’autres, modifiaient ça et lĂ  certains passages.

Puis un jour, un dĂ©nommĂ© UhhhhhhGruhhhhr revint d’une chasse Ă  la belette ensanglantĂ© mais exaltĂ©.
– Dites, vous avez bien dit que c’Ă©tait Agrhaahrk qui avait crĂ©Ă© la terre, le ciel, et que les Ă©clairs c’Ă©tait un truc qu’elle faisait pour retrouver les clĂ©s de sa grotte quand elle rentrait tard le soir ?
– Euh, oui, c’est ça.
– Jamais bien compris cette histoire. Mais bon. La grotte d’Ă  cĂ´tĂ©, ils disent que c’est Uglhor et que les Ă©clairs sont la manifestation de sa colère.
– Oui, bon. Il y a peut-ĂŞtre des interprĂ©tions diffĂ©rentes.
– Ah non, c’Ă©tait dĂ©jĂ  assez compliquĂ© comme ça. Du coup, on leur a dit qu’ils se trompaient, on les a massacrĂ©s et une chose en entraĂ®nant une autre, on a ramenĂ© toutes leurs provisions.
– Une demi-belette ?
– Ils Ă©taient pauvres, preuve que leur Uglhor ne doit pas les aimer tant que ça.
– Oui, bon. Pas sĂ»re sĂ»re que ce soit ça que veuille Agrhaahrk.
– Mais si. Il n’y a pas eu d’Ă©clairs depuis, c’est bien la preuve.
– Mouais mais non. Franchement, je crois pas.
– Ils ont une super grande grotte, douze pièces, lagon, gibier Ă  profusion.
– Douze ? C’est vrai qu’on songeait Ă  agrandir…
– Sinon, on a repĂ©rĂ© des adorateurs de Grouhr, pas loin.
– Lagon, gibier ?
– A foison.
– Sus Ă  l’hĂ©rĂ©tique.

Fort heureusement, depuis, on comprend (plus ou moins) comment sont faits les Ă©clairs et qui accroche les Ă©toiles dans le ciel. Et ce genre de choses n’arrivent plus.


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Pondu par raph le Thursday 8 January 2015 oui je sais la date est en anglais, c'est parce que je suis trop hype dans ma tęte.

Le courrier picard du c½ur international

« C’est pas facile » est une sorte de courrier du c½ur moderne, dans lequel vous posez des questions et oĂą un chroniqueur vous rĂ©pond. Ce chroniqueur, c’est moi, tu croyais pas que bptp avait le moyen de grassement payer des pigistes ? Je ne suis ni mĂ©decin, ni proctologue, ni trapĂ©ziste, j’avais simplement envie de vous raconter n’importe quoi.
Si vous voulez m’envoyer vos histoires, n’hĂ©sitez pas Ă  m’Ă©crire Ă  courrierduceur@bonpourtonpoil.ch

Mon Ă©poux et moi-mĂŞme nous connaissons depuis maintenant huit ans. Tout se passe Ă  merveille : il est attentionnĂ©, tendre et rĂ©ussit Ă  merveille la quiche aux lardons. Toutefois, quelque chose me chiffonne. En effet, il est adepte d’une sexualitĂ© pour le moins dĂ©pravĂ©e. Il refuse systĂ©matiquement que nous convions des amis, ne se sert pas d’accessoires et ne m’insulte jamais durant nos Ă©bats. Je ne sais que penser. Comment cela se peut-il. Peut-ĂŞtre ne m’aime-t-il plus ? Peut-ĂŞtre est-il membre d’une secte ? Peut-ĂŞtre est-il vieux ? Que faire ? Je ne sais pas.
Anonyme, Bougoin-Jallieu.

Chère Anonyme,
Je lis dans vos Ă©crits une grande souffrance, que je comprends mieux que je l’ai moi-mĂŞme vĂ©cue. La situation Ă©tait certes un peu diffĂ©rente : j’Ă©tais en vacances en Espagne, j’ai commandĂ© du poulpe et on m’a amenĂ© de la seiche, alors que tout le monde sait que je dĂ©teste ça. Plusieurs annĂ©es de thĂ©rapie m’ont permis de me sortir de ce pas difficile.
Cependant, votre situation me semble bien insoluble. Vous dites attentionnĂ© et tendre, mais pourtant, cet homme est extrĂŞmement Ă©goĂŻste. Je ne vois qu’une solution : quittez-le, mettez le feu Ă  sa penderie, changez d’avis puis requittez-le (pour dĂ©conner), car de tels comportements ne sauraient.
Par ailleurs, pourriez-vous être plus précise quant à la recette de la quiche ?

Je suis Ă©pris d’une jeune demoiselle. HĂ©las, nos parents se dĂ©testent, Ă  cause d’une sombre histoire de haine. Que faire ? Je ne sais pas.
Roméo C., Vérone

Cher Roméo,
Je comprends d’autant mieux votre situation que je l’ai moi-mĂŞme vĂ©cue : je voulais un vĂ©lo rouge et mes parents ont prĂ©fĂ©rĂ© m’offrir un trampoline. Quelle dĂ©ception n’ai-je alors pas ressentie. Votre rĂ©cit me rappelle un peu un film que j’avais alors vu, seul avec mon dĂ©sespoir : il s’agissait de la Guerre des Etoiles, dans lequel on trouve Ă©galement des membres de plusieurs familles diffĂ©rentes et des parents au comportement inadĂ©quat. Je peux donc vous donner cet excellent conseil : c’est en vous que vous devez trouver les rĂ©ponses, car le bonheur se cache bien souvent Ă  l’intĂ©rieur de nous.

J’ai un souci. Mes gardĂ©nias refusent de fleurir. Or, je les arrose avec conviction et douceur, comme indiquĂ© sur la notice d’emballage. Je ne comprends pas. Je suis Ă  bout. Je songe mĂŞme Ă  faire une bĂŞtise. Je n’en peux plus. Que faire ? Je ne sais pas.
Fulgencio, Douai

Cher Fulgencio,
Permettez-moi de vous retourner la question. Au fond, si ces gardĂ©nias meurent, n’est-ce pas le signe qu’au fond de vous, vous ne les aimez plus ? Et si vous ne les aimez plus, n’est-ce pas le signe qu’au fond, vous ne vous aimez plus vous-mĂŞme ? Je comprends d’autant mieux votre situation que je l’ai moi-mĂŞme vĂ©cue. Je cuisinais une quiche aux lardons et j’ai oubliĂ© de mettre la crème. Je m’en suis voulu pendant plusieurs minutes. Mais après tout, la vie continue. Essayez d’en prendre de la graine !

Je me demandais, pourquoi les gens qui s’aiment sont-ils toujours un peu les mĂŞmes ? Non, parce que moi, je voudrais ĂŞtre un homme heureux, c’est pour ça.
William S., Genève

Cher William,
Je comprends très très bien votre problème. Je l’ai moi-mĂŞme vĂ©cu, c’est dire ! Je m’en rappelle comme si c’Ă©tait hier. J’ai des amis, quand je dis amis, en fait, je les connais un peu mais pas très bien, mais je ne suis pas lĂ  pour parler de moi, qui sont jumeaux, et figurez-vous qu’ils sont en couple avec des jumelles, alors des fois on les confond. C’est fou. J’en ris encore. Pour rĂ©pondre Ă  votre question, j’aimerais vous dire ceci : le bonheur est dans le c½ur de celui qui veut le voir. Ne cours pas Ă  sa porte ! car l’hiver est Ă  la fenĂŞtre.

Mon Ă©pouse est dĂ©cĂ©dĂ©e il y a huit ans des suites d’une longue maladie. Depuis, je suis prostrĂ© chez moi. RĂ©cemment, un ami m’a dit “Ă©coute, Henri, il faudrait que tu voies du monde, tu sais, que tu fasses des rencontres, tu sais, peut-ĂŞtre mĂŞme que tu vois ce que je veux dire, hein ? haha, sacrĂ© Henri.” Je n’ai pas compris ce qu’il voulait dire, d’autant plus que je ne m’appelle pas Henri, mais je crois qu’il a raison : il est temps pour moi de me remettre en selle, comme aiment Ă  le dire les cavaliers. Cependant, je ne sais comment m’y prendre. On ne danse plus de slows dans les boĂ®tes de nuit, et mon Minitel refuse obstinĂ©ment de s’allumer. Que faire ? Je ne sais pas.
Henri, Budapest

Cher Henri,
Votre question est mal posĂ©e. Vous dites mon Ă©pouse, comme s’il devait aller de soi que de nos jours, une relation soit forcĂ©ment hĂ©tĂ©rosexuĂ©e. Et les droits des minoritĂ©s, qu’en faites vous ? Rarement, je n’ai lu autant d’Ă©gocentrisme que dans votre question. Je ne vous fĂ©licite pas. Franchement. Dans quel monde on vit. Des choses pareilles. Et pourtant, croyez-moi, j’ai d’autant plus de comprĂ©hension pour votre situation que je l’ai moi-mĂŞme vĂ©cue. A peu de choses près. Mon Ă©pouse n’Ă©tait pas dĂ©cĂ©dĂ©e, mais sortie acheter du pain, et ce n’Ă©tait pas mon Ă©pouse, mais une vague connaissance, mais je sentais que quelque chose nous rapprochait irrĂ©mĂ©diablement. Comme je suis bon prince, je vais rĂ©pondre Ă  votre question, mais c’est bien la dernière fois : Caramail, c’est pas mal, pour rencontrer.


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Pondu par raph le Monday 5 January 2015 oui je sais la date est en anglais, c'est parce que je suis trop hype dans ma tęte.

Il ne savait pas en ouvrant la porte qu’il allait dĂ©couvrir le secret du bonheur. La huitième va vous Ă©tonner !

– Bonjour, vous vous souvenez de ce que je vous avais dit, l’an dernier Ă  pareille Ă©poque ?
– Pas très bien, je dois dire…
– Bonne annĂ©e. Je vous avais dit bonne annĂ©e. Et je vous avais souhaitĂ© joie, amour et bonheur.
– Ah, oui, ça me revient. Vous aviez ajoutĂ© “Et la santĂ© ! Parce que c’est important, la santĂ© !”
– Oui. C’est important. Et vous, qu’avez-vous fait ?
– Ben…
– Vous ĂŞtes tombĂ© gravement malade !
– C’est vrai, oui, mais les docteurs disent que je vivrai !
– Oui, oh, les docteurs, ils disent ça comme ils diraient autre chose, vous savez.
– C’est vrai qu’ils disaient la mĂŞme chose Ă  ma femme…
– Vous voyez ! Très bel enterrement, d’ailleurs.
– Vous n’y Ă©tiez pas.
– Non, non, avec le yacht Ă  essayer, vous savez ce que c’est…
– Non.
– Mais je suis sĂ»r que c’Ă©tait un très bel enterrement. Vous connaissant. Vous ĂŞtes douĂ©, pour ces choses lĂ .
– Oh, oui, au bout du septième en un an, forcĂ©ment.
– Oui. Quelle chance d’avoir une si grande famille, tout de mĂŞme ! Mais vous parvenez quand mĂŞme Ă  vous plaindre.
– Ben lĂ , il ne me reste plus grand monde.
– Oui, surtout que vos enfants refusent dĂ©sormais de vous parler !
– Ils ne refusent pas, ils sont tombĂ©s en catatonie.
– Ah, oui, la Catatonie, très belle rĂ©gion, j’y suis allĂ© avec ma maĂ®tresse et mon Ă©pouse l’Ă©tĂ© dernier.
– La Cappadoce. Je sais. C’est lĂ  qu’elle a attrapĂ© cette maladie.
– Ma femme ? Mais non. Elle va bien.
– Votre maĂ®tresse. Mon Ă©pouse. Ma veuve.
– On ne dit pas ma veuve, ce n’est pas vous qui ĂŞtes mort. Soyez prĂ©cis, que diable.
– Bon, bon. Et quel bon vent vous amène ?
– Bien je vous l’ai dit. L’an dernier, je vous avais souhaitĂ© santĂ©, bonheur et rĂ©ussite… Vous voilĂ  veuf, malade et chĂ´meur. Parce que vous vous ĂŞtes fait virer de votre travail.
– Non. Ma boĂ®te a fait faillite. Suite aux problèmes de santĂ© de mon Ă©pouse.
– Bon, bon, ne jouez pas sur les mots. C’est pareil.
– Techniquement, non. Je n’ai pas droit au chĂ´mage, du coup. Mais je fais contre mauvaise fortune bon coeur ! J’ai appris Ă  cuisiner la terre. C’est pour ça que je suis tombĂ© malade, d’ailleurs.
– Bon, bon, Ă©pargnez-moi ces dĂ©tails malsains. Je suis venu vous annoncer que je vous assignais en justice.
– Pardon ?
– Mauvais usage de voeux.
– Ca n’existe pas.
– Si, la loi est passĂ©e l’Ă©tĂ© dernier.
– Je l’ignorais.
– Vous pourriez faire un effort. D’ailleurs, je vais vous dire. Le bonheur est en chacun de nous, mais pour l’avoir, il faut le vouloir.
– Paulo Coelho ? C’est vous ? Puis-je avoir un autographe ?
– Non.
– Bon. Tant pis. Bonne annĂ©e !
– Et surtout, la santĂ©.


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Pondu par raph le Friday 2 January 2015 oui je sais la date est en anglais, c'est parce que je suis trop hype dans ma tęte.
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