Bon pour ton poil - Der Blog, der lolt

Imagine tous les gens

Aujourd’hui, posons-nous cette question bien légitime, surtout en cette saison :

Faut-il avoir de l’imagination ?

Comme ça, à brûle pourpoint, vous allez me répondre “ben ouais, carrément, c’est trop bien l’imagination, par exemple… bon là j’ai pas d’exemple qui me vient en tête, mais, bon, je sais pas, par exemple… il y a un type, il te demande, bon, et là… enfin, bon, ouais, c’est super, l’imagination.”

C’est une réponse un peu facile.

L’imagination est en effet quelque chose de complètement surestimé, au même titre que la folk ou le Nutella (mais pour des raisons différentes). Grâce, probablement, à un excellent Community Manager, l’imagination a très bonne presse, alors qu’elle n’est pas toujours bonne conseillère.

Prenez, par exemple, ce charbonnier italien du XIXe siècle. Lui et ses collègues de charbonnage ont faim. Mais ils sont bien embêtés : ils ne possèdent ni lardons, ni crème fraîche, ni ail. Même pas de minuteur pour vérifier le temps de cuisson des pâtes. Juste un oeuf, un peu de pancetta et du pecorino. Soudain pris d’une impulsion subite, il s’exclame : oh tiens, si je mélange ça comme ça et après comme ça, ça donne un truc pas dégueu, je vais appeler ça pasta alla carbonara en hommage à Claude Chabrol. Alors d’accord, il a fait preuve d’imagination. Mais est-ce vraiment grâce à lui qu’aujourd’hui tu peux te repaître de ce succulent plat roboratif, ou est-ce plutôt grâce aux générations qui, depuis, te surveillent du coin de l’oeil, prêts à s’exclamer : “Han, c’est pas le bon fromage ! C’est pas le bon fromage ! Sérieux, mec, je te dénonce, tu vas faire quoi ?, j’appelle la pasta police de ce pas, on va te retirer ton permis de spaghetti illico presto, sérieux” ?

Alors vous me direz ouais mais bon mais ok, mais quand même, mais l’art, la littérature, le cinéma, la sculpture sur bois, la religion, il faut de l’imagination pour inventer toutes ces merveilles qui nous émerveillent. Mais pour un auteur qui révolutionne le genre – et meurt seul dans son bain en mangeant des raviolis, combien de groupes de rock qui décident de se lancer dans une fanfic de Led Zep, mais en remplaçant les synthés par du didgeridoo, les enfants ont adoré, et connaissent succès, prospérité et inrockuptibles ?

Une seule personne suffit pour dire “En fait, tout ça a été créé par un chien qui rêve” ou “Le monde est porté par quatre éléphants posés sur le dos d’une tortue”, mais ça ne sert à rien si, derrière, il n’y en a pas quelques millions pour dire “wowowo, tu as dit cinq éléphants ? cinq ? non mais ok, je suis pour la liberté d’expression et tout, mais on va être obligé de te trancher le cou, là, sinon c’est la porte ouverte”.

Et pour qu’un type qui se dit “non en fait la barbe et les lunettes, ça pique, je vais plutôt porter un caraco fuchsia et un suivez-moi-jeune-homme en fourrure” passe de dangereux asocial à génial précurseur, cela ne dépend pas de son imagination, mais de celle de tous ceux qui auront ensuite l’idée de faire exactement comme lui.

Pensez à tous ces gens, qui rêvent de lendemains meilleurs, qui rêvent d’un monde où nous serions tous frères, main dans la main, unis et fiers, heureux et libres. Et pensez maintenant à tous ceux qui disent “bah, ça a toujours été comme ça, alors bon, je vois pas pourquoi ça changerait”. Lesquels feront la gueule, demain matin, en voyant que nous ne sommes pas tous frères, ça a bien failli, mais ça a dégénéré en baston général à cause d’un hérétique qui mettait du chorizo et des supions dans sa carbo ?

Et là, vous me voyez venir. “Il va ENCORE nous faire le coup du billet sans chute, je parie, il va dire un truc du genre il faut de l’imagination pour une bonne chute”. Et c’est précisément là que je voulais en venir, alors c’est bien la preuve.


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Pondu par raph le Thursday 12 March 2015 oui je sais la date est en anglais, c'est parce que je suis trop hype dans ma tête.

Jambon

La semaine dernière, tout le monde parlait de “50 Shades of Grey”, le film adapté du roman “50 Shades of Grey”. Et tu étais bien embêté, puisque tu n’as ni lu l’un, ni vu l’autre. Tu sais tout au plus que c’était, à la base, une fanfiction basée sur les personnages de Twilight et que ça évoque les pratiques sado-masochistes. Mais là encore, ces sujets sont hors de ta juridiction : le dernier roman avec des vampires que tu aies lu, c’était Le Petit Vampire, avec Rüdiger, Anton et Johann Sfar. Quant au reste, il y avait bien cette fille qui te donnait des coups mais soyons francs, il s’agissait bien plus de maladresse que de sm.

Ainsi, lorsque ce sujet était évoqué autour de toi, au lieu de prendre position avec ta verve caractéristique, tu préférais détourner la conversation vers des terres plus connues, comme par exemple cette fascinante étude scientifique sur les vampires.

Mais tout a changé ce matin : c’est des Oscars que parlent tes collègues. Ils trouvent ça quand même étrange que Birdman ait raflé autant de récompenses alors que Foxcatcher n’était même pas nominé. Toi, tu ne les as pas vu, tu as préféré l’excellent Inbetweeners 2, mais tu trouves quand même que les renards sont plus malins que les oiseaux, sinon ce sont les oiseaux qui mangeraient des renards, alors tout ça, ça doit être un peu politique. Mais comme tu ne sais pas trop de quoi parlent ces films, tu n’oses pas trop t’avancer. Tu trouves juste un peu étonnant que Boyhood ait été nominé alors que c’est un film de 1991, mais comme tu aimes bien Cuba Gooding Jr, surtout dans la série avec Michael J. Fox, tu es bien content.

Et c’est ainsi que tu en es venu à te poser cette question, ma foi bien légitime :

Faut-il parler de ce qu’on ne connaît pas ?

Un sujet que je maîtrise drôlement bien : la preuve, je suis journaliste.

Parce que bon, encore, le cinéma, c’est tout du cinéma. Mais il y a bien d’autres sujets. L’Ukraine, par exemple. Moi ça va : j’avais eu une bonne note sur la guerre de Crimée. En plus, j’ai lu plusieurs Kourkov. Et j’ai écouté plusieurs morceaux des Slaves sur youtube. Je connais donc bien le sujet. Je connais même quelqu’un qui habite pas trop loin du métro Sébastopol, c’est dire. Mais toi ? Toi qui n’as même pas assisté au match AC Bellinzone – Dnipro Dnipropetovsk lors de la coupe UEFA 2008/09 ? Toi qui crois que le Dombass est un genre musical des années 90 un peu pénible ? Comment vas-tu faire quand ton voisin, celui du bas, te dira “Ca présage rien de bon, cette histoire de Mario Pôle, je crois bien que c’est la guerre mondiale !” ?

Car la liste est longue des sujets que l’on se doit de connaître afin de pouvoir tenir une conversation : le conflit au Moyen-Orient, la biologie, la spatialologie, les programmes télé de la veille, le football, la vulcanisation, les ratons-laveurs, le pluriel des noms composés,…

La solution, bien sûr, c’est de parler des sujets que tu connais. Inspirez-vous de ces gens qui, par modestie, pour ne pas se lancer dans des sujets qu’ils ne maîtrisent que peu, parlent d’eux en permanence. Un sujet que, normalement, vous devriez connaître, car comme le disait souvent Socrate en finale de la coupe du monde 54, “connais-toi toi-même”.
Ou tentez d’évoquer des sujets que tout le monde connaît : la situation météorologique actuelle, les choses qui étaient mieux avant, les différences principales entre un castor et un accordéon. Vous contribuerez ainsi à rendre le monde meilleur.


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Pondu par raph le Monday 23 February 2015 oui je sais la date est en anglais, c'est parce que je suis trop hype dans ma tête.

Götterdämmerung

Jadis, longtemps avant l’invention de wikipédia, l’humanité tentait de comprendre les mystères qui l’entouraient. Mais c’était un peu compliqué. Et souvent effrayant. Mais il fallait bien que les aînés rassurent les plus jeunes, quand ils en causaient, le soir au coin du feu dont ils avaient moins peur depuis qu’ils l’avaient inventé.

Alors ils inventaient de belles histoires. Ils leur racontaient les histoires des dieux anciens qui avaient créé la terre et le ciel, la terre et les mammouths laineux, avant de partir prendre l’apéro. “Et quand ils abusent du jus de fruits fermenté, ça fait des éclairs”, disaient-ils. Puis les plus jeunes, parfois, devenaient à leurs tours des aînés. Ils rajoutaient un ou deux chapitres à la légende, en enlevaient d’autres, modifiaient ça et là certains passages.

Puis un jour, un dénommé UhhhhhhGruhhhhr revint d’une chasse à la belette ensanglanté mais exalté.
– Dites, vous avez bien dit que c’était Agrhaahrk qui avait créé la terre, le ciel, et que les éclairs c’était un truc qu’elle faisait pour retrouver les clés de sa grotte quand elle rentrait tard le soir ?
– Euh, oui, c’est ça.
– Jamais bien compris cette histoire. Mais bon. La grotte d’à côté, ils disent que c’est Uglhor et que les éclairs sont la manifestation de sa colère.
– Oui, bon. Il y a peut-être des interprétions différentes.
– Ah non, c’était déjà assez compliqué comme ça. Du coup, on leur a dit qu’ils se trompaient, on les a massacrés et une chose en entraînant une autre, on a ramené toutes leurs provisions.
– Une demi-belette ?
– Ils étaient pauvres, preuve que leur Uglhor ne doit pas les aimer tant que ça.
– Oui, bon. Pas sûre sûre que ce soit ça que veuille Agrhaahrk.
– Mais si. Il n’y a pas eu d’éclairs depuis, c’est bien la preuve.
– Mouais mais non. Franchement, je crois pas.
– Ils ont une super grande grotte, douze pièces, lagon, gibier à profusion.
– Douze ? C’est vrai qu’on songeait à agrandir…
– Sinon, on a repéré des adorateurs de Grouhr, pas loin.
– Lagon, gibier ?
– A foison.
– Sus à l’hérétique.

Fort heureusement, depuis, on comprend (plus ou moins) comment sont faits les éclairs et qui accroche les étoiles dans le ciel. Et ce genre de choses n’arrivent plus.


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Pondu par raph le Thursday 8 January 2015 oui je sais la date est en anglais, c'est parce que je suis trop hype dans ma tête.

Le courrier picard du c½ur international

« C’est pas facile » est une sorte de courrier du c½ur moderne, dans lequel vous posez des questions et où un chroniqueur vous répond. Ce chroniqueur, c’est moi, tu croyais pas que bptp avait le moyen de grassement payer des pigistes ? Je ne suis ni médecin, ni proctologue, ni trapéziste, j’avais simplement envie de vous raconter n’importe quoi.
Si vous voulez m’envoyer vos histoires, n’hésitez pas à m’écrire à courrierduceur@bonpourtonpoil.ch

Mon époux et moi-même nous connaissons depuis maintenant huit ans. Tout se passe à merveille : il est attentionné, tendre et réussit à merveille la quiche aux lardons. Toutefois, quelque chose me chiffonne. En effet, il est adepte d’une sexualité pour le moins dépravée. Il refuse systématiquement que nous convions des amis, ne se sert pas d’accessoires et ne m’insulte jamais durant nos ébats. Je ne sais que penser. Comment cela se peut-il. Peut-être ne m’aime-t-il plus ? Peut-être est-il membre d’une secte ? Peut-être est-il vieux ? Que faire ? Je ne sais pas.
Anonyme, Bougoin-Jallieu.

Chère Anonyme,
Je lis dans vos écrits une grande souffrance, que je comprends mieux que je l’ai moi-même vécue. La situation était certes un peu différente : j’étais en vacances en Espagne, j’ai commandé du poulpe et on m’a amené de la seiche, alors que tout le monde sait que je déteste ça. Plusieurs années de thérapie m’ont permis de me sortir de ce pas difficile.
Cependant, votre situation me semble bien insoluble. Vous dites attentionné et tendre, mais pourtant, cet homme est extrêmement égoïste. Je ne vois qu’une solution : quittez-le, mettez le feu à sa penderie, changez d’avis puis requittez-le (pour déconner), car de tels comportements ne sauraient.
Par ailleurs, pourriez-vous être plus précise quant à la recette de la quiche ?

Je suis épris d’une jeune demoiselle. Hélas, nos parents se détestent, à cause d’une sombre histoire de haine. Que faire ? Je ne sais pas.
Roméo C., Vérone

Cher Roméo,
Je comprends d’autant mieux votre situation que je l’ai moi-même vécue : je voulais un vélo rouge et mes parents ont préféré m’offrir un trampoline. Quelle déception n’ai-je alors pas ressentie. Votre récit me rappelle un peu un film que j’avais alors vu, seul avec mon désespoir : il s’agissait de la Guerre des Etoiles, dans lequel on trouve également des membres de plusieurs familles différentes et des parents au comportement inadéquat. Je peux donc vous donner cet excellent conseil : c’est en vous que vous devez trouver les réponses, car le bonheur se cache bien souvent à l’intérieur de nous.

J’ai un souci. Mes gardénias refusent de fleurir. Or, je les arrose avec conviction et douceur, comme indiqué sur la notice d’emballage. Je ne comprends pas. Je suis à bout. Je songe même à faire une bêtise. Je n’en peux plus. Que faire ? Je ne sais pas.
Fulgencio, Douai

Cher Fulgencio,
Permettez-moi de vous retourner la question. Au fond, si ces gardénias meurent, n’est-ce pas le signe qu’au fond de vous, vous ne les aimez plus ? Et si vous ne les aimez plus, n’est-ce pas le signe qu’au fond, vous ne vous aimez plus vous-même ? Je comprends d’autant mieux votre situation que je l’ai moi-même vécue. Je cuisinais une quiche aux lardons et j’ai oublié de mettre la crème. Je m’en suis voulu pendant plusieurs minutes. Mais après tout, la vie continue. Essayez d’en prendre de la graine !

Je me demandais, pourquoi les gens qui s’aiment sont-ils toujours un peu les mêmes ? Non, parce que moi, je voudrais être un homme heureux, c’est pour ça.
William S., Genève

Cher William,
Je comprends très très bien votre problème. Je l’ai moi-même vécu, c’est dire ! Je m’en rappelle comme si c’était hier. J’ai des amis, quand je dis amis, en fait, je les connais un peu mais pas très bien, mais je ne suis pas là pour parler de moi, qui sont jumeaux, et figurez-vous qu’ils sont en couple avec des jumelles, alors des fois on les confond. C’est fou. J’en ris encore. Pour répondre à votre question, j’aimerais vous dire ceci : le bonheur est dans le c½ur de celui qui veut le voir. Ne cours pas à sa porte ! car l’hiver est à la fenêtre.

Mon épouse est décédée il y a huit ans des suites d’une longue maladie. Depuis, je suis prostré chez moi. Récemment, un ami m’a dit “écoute, Henri, il faudrait que tu voies du monde, tu sais, que tu fasses des rencontres, tu sais, peut-être même que tu vois ce que je veux dire, hein ? haha, sacré Henri.” Je n’ai pas compris ce qu’il voulait dire, d’autant plus que je ne m’appelle pas Henri, mais je crois qu’il a raison : il est temps pour moi de me remettre en selle, comme aiment à le dire les cavaliers. Cependant, je ne sais comment m’y prendre. On ne danse plus de slows dans les boîtes de nuit, et mon Minitel refuse obstinément de s’allumer. Que faire ? Je ne sais pas.
Henri, Budapest

Cher Henri,
Votre question est mal posée. Vous dites mon épouse, comme s’il devait aller de soi que de nos jours, une relation soit forcément hétérosexuée. Et les droits des minorités, qu’en faites vous ? Rarement, je n’ai lu autant d’égocentrisme que dans votre question. Je ne vous félicite pas. Franchement. Dans quel monde on vit. Des choses pareilles. Et pourtant, croyez-moi, j’ai d’autant plus de compréhension pour votre situation que je l’ai moi-même vécue. A peu de choses près. Mon épouse n’était pas décédée, mais sortie acheter du pain, et ce n’était pas mon épouse, mais une vague connaissance, mais je sentais que quelque chose nous rapprochait irrémédiablement. Comme je suis bon prince, je vais répondre à votre question, mais c’est bien la dernière fois : Caramail, c’est pas mal, pour rencontrer.


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Pondu par raph le Monday 5 January 2015 oui je sais la date est en anglais, c'est parce que je suis trop hype dans ma tête.

Il ne savait pas en ouvrant la porte qu’il allait découvrir le secret du bonheur. La huitième va vous étonner !

- Bonjour, vous vous souvenez de ce que je vous avais dit, l’an dernier à pareille époque ?
– Pas très bien, je dois dire…
– Bonne année. Je vous avais dit bonne année. Et je vous avais souhaité joie, amour et bonheur.
– Ah, oui, ça me revient. Vous aviez ajouté “Et la santé ! Parce que c’est important, la santé !”
– Oui. C’est important. Et vous, qu’avez-vous fait ?
– Ben…
– Vous êtes tombé gravement malade !
– C’est vrai, oui, mais les docteurs disent que je vivrai !
– Oui, oh, les docteurs, ils disent ça comme ils diraient autre chose, vous savez.
– C’est vrai qu’ils disaient la même chose à ma femme…
– Vous voyez ! Très bel enterrement, d’ailleurs.
– Vous n’y étiez pas.
– Non, non, avec le yacht à essayer, vous savez ce que c’est…
– Non.
– Mais je suis sûr que c’était un très bel enterrement. Vous connaissant. Vous êtes doué, pour ces choses là.
– Oh, oui, au bout du septième en un an, forcément.
– Oui. Quelle chance d’avoir une si grande famille, tout de même ! Mais vous parvenez quand même à vous plaindre.
– Ben là, il ne me reste plus grand monde.
– Oui, surtout que vos enfants refusent désormais de vous parler !
– Ils ne refusent pas, ils sont tombés en catatonie.
– Ah, oui, la Catatonie, très belle région, j’y suis allé avec ma maîtresse et mon épouse l’été dernier.
– La Cappadoce. Je sais. C’est là qu’elle a attrapé cette maladie.
– Ma femme ? Mais non. Elle va bien.
– Votre maîtresse. Mon épouse. Ma veuve.
– On ne dit pas ma veuve, ce n’est pas vous qui êtes mort. Soyez précis, que diable.
– Bon, bon. Et quel bon vent vous amène ?
– Bien je vous l’ai dit. L’an dernier, je vous avais souhaité santé, bonheur et réussite… Vous voilà veuf, malade et chômeur. Parce que vous vous êtes fait virer de votre travail.
– Non. Ma boîte a fait faillite. Suite aux problèmes de santé de mon épouse.
– Bon, bon, ne jouez pas sur les mots. C’est pareil.
– Techniquement, non. Je n’ai pas droit au chômage, du coup. Mais je fais contre mauvaise fortune bon coeur ! J’ai appris à cuisiner la terre. C’est pour ça que je suis tombé malade, d’ailleurs.
– Bon, bon, épargnez-moi ces détails malsains. Je suis venu vous annoncer que je vous assignais en justice.
– Pardon ?
– Mauvais usage de voeux.
– Ca n’existe pas.
– Si, la loi est passée l’été dernier.
– Je l’ignorais.
– Vous pourriez faire un effort. D’ailleurs, je vais vous dire. Le bonheur est en chacun de nous, mais pour l’avoir, il faut le vouloir.
– Paulo Coelho ? C’est vous ? Puis-je avoir un autographe ?
– Non.
– Bon. Tant pis. Bonne année !
– Et surtout, la santé.


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Pondu par raph le Friday 2 January 2015 oui je sais la date est en anglais, c'est parce que je suis trop hype dans ma tête.

Baby come back

La charte du parfait blogueur m’imposant de régulièrement m’exprimer sur des sujets que je ne maîtrise pas complètement, voici, pour toi, Zhom dans l’attente de bb1, une FAQ qui te permettra de tout savoir sur ton rôle de futur papa.

Car c’est un fait avéré : quand le futur petit bonheur à venir arrondit délicatement le ventre de sa maman, cela crée une réaction hormonale subite qui pousse des gens à venir lui toucher le ventre et lui prodiguer force conseils avisés : “Mais enfin, de l’alimentation ? Mais vous savez, madame, il ne faut pas prendre du poids !”. Il paraît que certaines personnes peuvent parcourir jusqu’à 1400 kilomètres pour pouvoir toucher le ventre d’une femme enceinte et lui dire “ça alors, à la façon dont il bouge, ce sera un garçon, vous savez, il faut s’y prendre tôt pour les inscrire dans une bonne école militaire, vous devriez déjà faire les démarches !” Alors que toi, pendant ce temps-là, tu te retrouves planté tout seul dans ton froc, et tu seras probablement condamné à te toucher le ventre toi-même. A peine Laurence Pernoud te jette-t-elle un regard discret. Pourtant, le rôle de l’homme est toujours plus important : alors que, jadis, il fumait des cigarettes en faisant les cent pas dans les couloirs de la maternité puis avait beaucoup de travail pendant que ses chers petits, on ne les a pas vu grandir !, se droguaient et rateient leur contrôle d’algèbre, aujourd’hui, la plupart des hôpitaux sont non-fumeurs, ce qui nous oblige à beaucoup plus nous investir dans le processus gestationnel.

Bref.

Une FAQ, on avait dit.

Vous savez ce que c’est, nous, les hommes enceintes, on s’égare.

Bref.

Je viens de parcourir Internet, j’ai biffé de ma liste tous les prénoms dont des gens se moquent, car on ne voudrait pas qu’il soit la cible de quolibets, ce cher petit amour !!!, il ne me reste que Epicène, Vladimir ou Fiat500 pour une fille et Athanagor ou Estragon pour un garçon, en ai-je oublié ?
Les prénoms anciens reviennent à la mode : Kevin, Cynthia, Samantha, Kévin, par exemple.

Pourquoi est-ce que tout le monde me félicite ? Parce que pour le moment, tout ce que j’ai fait, c’est de mettre la petite graine dans le réceptacle à petites graines (voir figure 12) et franchement, ce n’est pas bien sorcier, même François Hollande y arrive, lol, est-ce que les gens ne devraient pas attendre pour me féliciter que l’enfant atteigne la majorité sans passer par la case prison ?
Ah, toi aussi, ça te fait ça ? Ca me rassure, du coup, je me disais qu’on me félicitait, au vu de mon adolescence, d’avoir réussi à atteindre ladite (figure 12).

La sage-femme s’est exclamée : “C’est une fille !” Franchement, quand donc se sortira-t-on enfin de ces clichés genrés ?
On ne dit pas sage-femme, mais sage-personne.

Puis-je vous vendre de la publicité pour des langes recyclables en poil d’alpaga ?
Ah ben j’espère bien ! Je vois pas vraiment l’intérêt d’être parent en 2014 si on ne peut même pas en profiter pour faire des articles sponsorisés sur son blog.

Est-il vrai que posséder un bébé, c’est un super moyen pour pécho ?
Partiellement. Evidemment, lorsque tu te rendras au parc avec ce cher petit bonheur !!!, nombre d’accortes jeunes personnes viendront te demander la permission de le prendre dans leurs bras fraîchement épilés. Mais très rapidement, au moment de leur compter les fleurettes, tu te souviendras d’un détail important : tu possèdes un bébé en bas âge.

Mon épouse vient de me demander : Peux-tu changer le bébé ? Pourtant, je trouve celui-ci très joli, comment le lui dire ?
Je crois que plus personne ne fait cette blague depuis 1839.

Cela fait maintenant seize heures consécutives que l’enfant de mes voisins pleure. Le mien se laissera-t-il aller à des comportements similaires ?
Bien sûr ! Mais quand ce sera le tien, tu ne penseras pas “J’aimerais bien l’éviscérer, qu’il sache pourquoi il pleure”, mais “Qu’il est mignon, le cher petit ange !!! et il le sera encore plus quand je l’aurai éviscéré, qu’il sache pourquoi il pleure”

Ah d’accord. Est-ce que vous pensez que je peux changer le bébé, du coup ?
Contre un bébé chat, oui. C’est autorisé.

Connaissez-vous un excellent moyen de faire manger des légumes aux enfants ?
On a déjà eu cette conversation.

A l’heure du numérique, est-il bien normal qu’il faille plus de neuf mois pour la fabrication d’un enfant, ne faudrait-il pas songer à optimiser les processus afin de créer des synergies ?
Oui. Neuf mois, c’est le temps nécessaire pour annoncer le cher petit bonheur !!! à ta famille, aller chez Ikea, te faire lentement à l’idée et prendre vingt-cinq dernières cuites.

J’ai bien lu mon Laurence Pernod, surtout les images. Si j’ai bien tout compris, un enfant, ça pleure énormément, sauf quand ça voit des seins. Quelle différence avec un utilisateur du réseau social Twitter ?
L’enfant, lui, rira à tes blagues. Du moins pendant les six premières années de sa vie.

Est-ce que je verrai, c’est que du bonheur ?
Oui. Et un peu de vomi.


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Pondu par raph le Monday 24 November 2014 oui je sais la date est en anglais, c'est parce que je suis trop hype dans ma tête.

WiFi génie

Jean-Olaf avait pris une décision importante. Une décision qui allait peut-être bien changer sa vie. Il allait se passer d’internet. Pendant toute une semaine. “Ca peut paraître fou, mais c’est comme ça”, lâcha-t-il lors de la conférence de presse qu’il avait organisée pour annoncer l’évènement, “le wifi de l’hôtel ne marche pas très bien au cinquième étage alors je me suis dit, pourquoi pas ? Ce sera l’occasion de questionner notre rapport à la société de l’information dans un quotidien surconnecté. Et puis les frais de roaming sont super élevés, en plus. Vous me direz si Federer gagne, hein, déconnez pas ?”

Aussitôt, les questions fusèrent : “Mais comment allez-vous faire si par exemple Slate publie un article pour parler de l’article du Huffington Post France, qui est une traduction de l’article américain qui cite fortement une étude citée par le Daily Mail online affirmant que les gens qui possèdent des chats sont plus doués en hula hoop que les trompettistes ? Ou si, par exemple, le hashtag #remplaceletitredunfilmpardessaucissesapéritives devient très populaire ?”

Jean-Olaf tressaillit à cette évocation. Il y a trois ans, lors du célèbre Robert Merlu gate, il s’était fait l’auteur de plusieurs blagues désopilantes, dont l’une avait été reprise dans l’article de 20 minutes “Robert Merlu – les internautes se déchaînent”, ce qui lui avait valu sept nouveaux followers. Pouvait-il se permettre d’être absent si un tel événement se reproduisait ? Mais il devait être fort. Il ne pouvait pas craquer. Pas maintenant.

Le temps passait. Lentement. Si lentement. Jean-Olaf s’ennuyait comme rarement il s’était ennuyé. Il avait du mal à croire qu’au temps de sa folle jeunesse, lui et tant d’autres avaient réussi à surmonter des épreuves telles que attendre que le feu passe au vert, attendre que le serveur passe prendre la commande, attendre que le serveur amène l’addition, aller aux toilettes sans internet ou écouter une phrase de plus de dix-sept syllabes sans téléphone portable connecté. Que faisaient-ils de tout ce temps ? Rien. Pas étonnant qu’ils aient été si bizarres.

Mais Jean-Olaf essayait de faire contre mauvaise fortune bon coeur. Il doit bien y avoir des aspects positifs. Tout ce temps, je peux le passer à méditer sur le sens de la vie, se disait-il. Tiens, cet oiseau à la grise robe, son vol n’est-il pas majestueux ? Si seulement je pouvais aller sur wikipedia pour tout connaître de ses habitudes alimentaires et sociologiques !

Déjà vingt minutes. Cela commençait à devenir plus facile. Il n’avait plus cherché son téléphone dans sa poche depuis quatorze secondes. Il sentait qu’il commençait à se détacher. Son esprit était déjà plus libre, plus serein, comme un oiseau à la grise robe.

Il redécouvrit le plaisir simple de lire le journal. C’était étonnant. Ainsi, une personnalité était décédée la veille. Il ne la connaissait pas. Un acteur, semble-t-il, qui avait joué dans plusieurs films. Hé bien le journaliste ne disait pas “Incroyable, il va tellement nous manquer !!!” et ne faisait aucun jeu de mot. Quel manque de professionalisme. Il sauta les pages politique et économie : personne ne s’insultait dans les commentaires, c’était bien la preuve que le sujet n’était pas si intéressant. Il posa sur une chaise le journal du matin et commanda un café en riant. Toute cette histoire commençait à lui peser sur les nerfs.

Heureusement, il avait prévu dans l’après-midi une visite guidée à travers la ville, ses venelles étroites et chamarrées, ses façades bucoliques, ses monuments fiers témoins d’un passé révolu, ses chats alanguis. Il se réjouissait de pouvoir enfin flâner, simplement, s’imprégner de cette culture millénaire. C’était magnifique. Il prit 293 photos. Puis il héla des passants : “Regardez, madame, j’ai pris des photos !” “Oui, bon, moi j’ai mon bus à prendre.” “Non, pardon, vous ne comprenez pas. J’ai pris des photos, #igersmaubeuge #ruelleporn #crustacés #nofilter #…” “Oui bon si vous continuez j’appelle la police.”
Neuf minutes plus tard, personne n’avait liké le moindre de ses clichés. Quand il y repensait, il avait fait une blague (est-ce que je pourrais avoir du sel… de cheval !!!) à midi dans ce petit restaurant typique et personne ne l’avait retweetée. Et personne n’avait répondu à ses pokes. Il se sentait seul, si seul, abandonné de tous… Il s’assit sur le trottoir et pleura à chaudes larmes.

Un quidam, voyant son désarroi, entreprit de le réconforter. “Hé bien, monsieur, que vous arrive-t-il ?” “Je suis sans connexion fixe depuis… houla, plus de huit heures, je me sens vide, je me suis inexistant, je ne sais pas, je ne sais plus” “Ah, oui, je comprends, l’autre jour, le réseau est tombé en panne au bureau, j’ai été obligé de travailler plusieurs minutes d’affilée sans aucune distraction, ça a fait la une de tous les quotidiens, une horreur, je vais déposer plainte au conseil des droits de l’homme” “Fort bien mais d’ici là, peut-être pouvez-vous m’aider, me dresser la liste des onze derniers motifs d’indignation, par exemple ? J’aimerais pas que les gens me pensent insensible parce que j’en ai raté un, voyez” “Je vois, je vois, mais hélas, je les ai moi-même ratés car cinq nouveaux niveaux de Candy Crush viennent d’être débloqués.”

Pour se réconforter, Jean-Olaf tenta de penser que des tas de gens devaient être dans la même situation que lui, parce qu’ils étaient trop vieux et n’y comprenaient rien à tous ces internets, parce qu’ils vivaient dans des pays où, hélas, les infrastructures numériques laissent à désirer, ou alors parce qu’ils passaient le week-end au chalet. Des gens qui ignoraient tout du top 10 des chatons qui ressemblent à des chevaux, qui n’avaient jamais lu le courrier du coeur de Slate et pensaient naïvement que cette rubrique existait depuis toujours dans des magazines pour adolescentes, voire qui, ignorant tout de la vraie et unique recette des pâtes à la carbonara, les cuisinaient comme bon leur semblait sans se douter du drame terrible qui se tramait dans leurs assiettes en porcelaine véritable. Il fondit en larmes.

Jean-Olaf avait pris une décision importante. “Lol, vous y aviez cru ? Une semaine sans internet ? Lol c’était trop un fake, les nuls”, lâcha-t-il lors de la conférence de presse qu’il avait organisée pour annoncer l’évènement.


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Pondu par raph le Monday 10 November 2014 oui je sais la date est en anglais, c'est parce que je suis trop hype dans ma tête.

Tonnerre de Brest

Vous le savez peut-être : le batteur du groupe AC/DC Phil Rudd est accusé d’avoir embauché un tueur à gages. Pour le groupe, le coup est rude (lol)(ça fait un jeu de mots avec Rudd). Mais c’est aussi l’occasion de nous pencher, avant qu’il ne soit trop tard, sur la carrière du groupe australien. Vous êtes-vous jamais demandé : “ouais ok, sympa, ce petit solo de guitare plus long que trois albums de punk, mais pendant les moments où Angus se repose les doigts, qu’est-ce qu’il miaule, au juste, le chanteur ?


Une vache de la marque Angus-Aberdeen, pour égayer un peu le propos

Hé bien, je ne vous cache pas que c’est très décevant. Jadis, je croyais que les paroles des chansons d’AC/DC étaient sulfureuses. En réalité, ils s’intéressent avant tout au déjà vieux thème de l’électricité.

AC/DC – Thunderstruck

I was caught
In the middle of a railroad track. (Thunder)

Je fus pris au milieu d’une voie ferrée (tonnerre)
Ne faites pas ça chez vous, les enfants, c’est dangereux. Tonnerre.

I looked round
And I knew there was no turning back (Thunder)

J’ai regardé autour de moi, et j’ai su qu’il n’y avait pas de point de retour. Tonnerre.
Le narrateur se trouve donc sur une voie de chemin de fer, sous un orage. Ou à Tonnerre, dans l’Yonne, ce qui est encore plus inquiétant.

My mind raced
And I thought what could I do (Thunder)

Mon esprit a couru et j’ai pensé que faire ? (Tonnerre)
File vite te mettre à l’abri, ou tu vas te faire rincer très fort !

And I knew
There was no help, no help from you (Thunder)

Et j’ai su que tu ne m’aiderais pas (Tonnerre)
Non mais c’est pas que je veux pas t’aider, hein, je veux bien te prêter un petit coin de parapluie, c’est juste que tu en fais pas un peu trop ? C’est un orage, c’est tout, ça arrive.

Sound of the drums
Beatin’ in my heart
The thunder of guns
Tore me apart
You’ve been – thunderstruck

Le son des batteries, battant dans mon coeur. Le tonnerre des pistolets m’a anéanti- Tu as été Coup de tonnerre.
Je sais pas si tu viens d’un de ces pays imbéciles où jamais il ne pleut ou quoi, mais franchement, tu en fais un peu beaucoup.

Went down the highway
Broke the limit, we hit the town

Descendu l’autoroute, dépassé la limite, nous nous sommes rendus en ville pour nous amuser
Effrayé, le narrateur se rend avec quelques amis en voiture et en ville : en effet, il ne faut pas se réfugier sous un arbre pendant un orage et où trouve-t-on peu d’arbres ? En ville, bien entendu (les statistiques le prouvent). C’est une attitude prudente même si, tout à sa panique, il roule un peu vite alors que vitesse + pluie = danger, respectez la vie des hommes en jaune !

Went through to Texas, yeah Texas

Nous sommes passés par le Texas. Ouais ! Texas.
Les régions arides sont en effet idéales pour s’abriter de l’orage.

And we had some fun

Et nous avons eu du plaisir
Ah ! C’est une bonne nouvelle.

We met some girls

Nous avons rencontré des filles
Héhéhé. J’espère que vous avez pris vos précautions et que vous ne leur avez pas parlé de votre petite phobie, tout le monde sait que les filles n’aiment pas les garçons qui ont peur de l’orage.

Some dancers who gave a good time

Des danseuses qui nous ont donné du bon temps
Ah, ça, rien de tel qu’une valse ou un Charleston pour se remettre de ses émotions !

Broke all the rules, played all the fools

Violé toutes les règles, fait toutes sortes de sottises
Attention, tout de même, ces filles me semblent être de mauvaises fréquentations.

Yeah, yeah, they, they, they blew our minds

Ouais ouais ouais, elles elles nous ont fait perdre la tête !
Il faut bien que jeunesse se fasse !!!

I was shakin’ at the knees

Mes genoux s’entrechoquaient
Ce jeune homme me semble tout de même bien émotif.

Could I come again please?

Puis-je revenir, je vous prie ?
C’est important, la politesse.

Yeah the ladies were too kind

Ouais, les filles étaient trop gentilles
Important et souvent récompensé.

You’ve been – thunderstruck, thunderstruck
Yeah yeah yeah, thunderstruck

Oh, thunderstruck, yeah

Now we’re shaking at the knees
Could I come again please?

Thunderstruck, thunderstruck
Yeah yeah yeah, thunderstruck
Thunderstruck, yeah, yeah, yeah

Tu as été coup de tonnerre, coup de tonnerre
Ouais ouais ouais, coup de tonnerre
Oh, coup de tonnerre, ouais
Maintenant, nos genoux s’entrchoquent
Puis-je revenir, je vous prie ?
Coup de tonnerre, coup de tonnerre
Ouais ouais ouais, coup de tonnerre
Coup de tonnerre, ouais ouais ouais

Ouais

Said yeah, it’s alright
We’re doing fine
Yeah, it’s alright
We’re doing fine
(So fine)

Thunderstruck, yeah, yeah, yeah,
Thunderstruck, thunderstruck, thunderstruck
Whoa baby, baby, thunderstruck
You’ve been thunderstruck, thunderstruck
Thunderstruck, thunderstruck
You’ve been thunderstruck

J’ai dit ouais, tout va bien
Nous allons bien
Ouais, tout va bien
Nous allons bien
(Si bien)
Coup de tonnerre, ouais ouais ouais
Coup de tonnerre, coup de tonnerre, coup de tonnerre
Hou bébé, bébé, coup de tonnerre
Tu as été coup de tonnerre, coup de tonnerre,
Coup de tonnerre, coup de tonnerre
Tu as été coup de tonnerre

Inutile de vous dire que c’est une belle chanson porteuse d’espoir, et à la fois très poétique, puisque un joli coup de foudre peut faire oublier un vilain coup de tonnerre !
Et aussi, c’est une belle chanson porteuse d’espoir : jadis, on imaginait que tous les hard rockeurs étaient des gros durs qui maltraitaient des poussins innocents et louaient Satan (car ils n’avaient pas les moyens de l’acheter, lol) et on découvre finalement qu’il s’agissait de garçons craintifs et timides.


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Pondu par raph le Thursday 6 November 2014 oui je sais la date est en anglais, c'est parce que je suis trop hype dans ma tête.

#pornfood

En ce temps-là, il se produisit une curieuse inversion.

Pendant un temps, manger devint la principale préoccupation des gens, il fallait qu’ils prennent en photo leur kimchi de sucrine stroganoff, leurs röstis dauphinois revisités, leur variation sur le thème du jambon, il fallait qu’ils en parlent, tout le temps. Mais cela n’allait pas durer. Jaloux de leurs amis, ils commencèrent à s’inventer des allergies de plus en plus sophistiquées. Ils couplaient cela à des régimes de plus en plus drastiques : sans viande, sans lipides, sans aliments cuits, sans faïence. Il devint de plus en plus complexe de cuisiner sans offenser l’un et mettre en danger l’autre, si bien que tous les plats cuisinés portaient désormais la mention “attention, peut contenir des traces d’aliments”

Petit à petit, manger cessa d’être un plaisir pour devenir quelque chose d’honteux qu’on ne pratiquait que chez soi, à la lueur d’une bougie, tous volets éteints.

Dans le même temps, la sexualité devint soudain quelque chose de parfaitement naturel. La première émission de télé-réalité ou l’on voyait des experts assister des couples en mal de libido avec force démonstration et moult explication fit bien un scandale le jour où une participante hurla en prime time “Oh oui, chantourne-moi toute”, mais cela ne dura qu’un temps. Petit à petit, cela se banalisa parfaitement.

Pour tous ceux qui vécurent cette période, ce fut un peu déroutant, au début, mais on s’habitue à tout. Les restaurants fermaient les uns après les autres pour être remplacés par des boîtes échangistes – et les gens disaient “oh, à midi, ça me gêne pas d’y aller seul mais le soir… ça fait un peu pathétique, non ?” On disait “Tiens, ça fait longtemps qu’on a pas vu les Müller, on pourrait leur proposer une petite partouze samedi en 8 ? Mais après, on leur dit qu’on est fatigués, hein ? Sinon ils vont encore vouloir faire des jeux de société…”
Dans le même temps, des jeunes hommes ricanaient en disant “Il paraît qu’elle, là, elle va souvent au resto hinhinhin c’est Didier il m’a dit qu’il avait mangé des sushis avec elle. Et même qu’elle a fini toute sa soupe miso, hinhinhin”, alors que des jeunes filles s’offusquaient, “il a voulu me faire à souper, le premier soir ! un risotto, en plus, genre je vais manger un risotto comme ça, tranquille. Il me prend pour qui, celui-là ? Je lui ai dit, non, on baise et après je pars, je ne suis pas celle que tu crois. Bon, n’empêche, il avait l’air pas mal, son risotto, mais je voudrais pas qu’il croie que…”, voire “je me suis endormi et quand je me suis réveillé, elle était en train de me préparer des côtelettes, tu crois que je devrais appeler la police ?”

Des petits clubs glauques ouvraient ça et là, où l’on pouvait sous le manteau manger un bortsch, une feijoada, un poulet yassa ou un tom kha ghai. Les gens disaient “non, non, jamais je mettrai les pieds dans ce genre d’endroit, payer pour de la nourriture, franchement, faut être malade”, mais pourtant, ces clubs étaient toujours plus nombreux. Malgré l’interdiction de la publicité, votée pour protéger l’innocence des enfants.

Mais tout passe, tout lasse et soudain, les jeunes de la génération f (on avait recommencé au début car les gens des noms de génération n’avaient toujours pas trop d’imagination) dirent “oh, non, baiser, y en a marre, on fait toujours ça, c’est ringard, tiens, si on se faisait une bouffe, plutôt ?”, si bien qu’il n’y eut pas de génération g et que le peuple furet put enfin prendre le contrôle de la planète terre.


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Pondu par raph le Tuesday 7 October 2014 oui je sais la date est en anglais, c'est parce que je suis trop hype dans ma tête.

Independenza

Cette année-là, l’Ecosse décida de devenir indépendante. Cela donna des idées à la Catalogne, puis à la Vénétie, au Sud-Tyrol puis à la Bretagne, à l’Alsace, à la Bavière, à la Moravie, à la Transnistrie, au Texas, à la Galice, au pays Basque, au Québec, au Valais, à La Chaux-de-Fonds.
Les fabricants de drapeaux prospéraient comme jamais, les compositeurs d’hymnes nationaux faisaient des affaires juteuses, les douaniers revinrent en force, les cartographes avaient plus de travail que jamais. Mais ça ne leur servait pas à grand chose, les batteurs de monnaie n’arrivaient pas à suivre, et il était bien difficile de réussir à échanger ses batz piémontais contre des guinées carinthiennes. L’UEFA décida de faire passer le nombre d’équipes qualifiées pour les championnats d’Europe de football à 248, la présidence tournante de l’Europe des 943 revint à la Laponie orientale et je repris deux fois des nouilles, mais ça n’a rien à voir.

Et quand Jean-Pierre Bouchoires, de Melun, décida de devenir indépendant, l’Organisation des nations unies, qui était en train de bâtir en urgence de nouvelles salles dans un ancien hangar à bestiaux, déclara “Oui oh, bah, au point où on en est…”, ce qu’il fallut ensuite traduire en 9132 langues nationales, dont certaines n’avaient pas encore été finies d’inventer. Il y aurait officiellement dû y avoir quatre habitants dans la République vaguement démocratique populaire fédérale de Jean-Pierre Bouchoires mais, suite à une terrible guerre de sécession qui avait fait de nombreuses victimes parmi la population d’assiettes, sa femme était partie avec les gosses.

Jean-Pierre Bouchoires célébra immédiatement cette grande victoire de la démocratie par une grande fête nationale, au cours de laquelle il engloutit de grandes quantités du plat national, des pâtes au gruyère, accompagné de la boisson nationale, sa bière maison qu’il devait hélas brasser à l’étranger, à la cave. Hélas, il tomba aussitôt victime d’une intoxication alimentaire probablement ourdie par des agents anti-indépendantistes des pays voisins, et dût bien constater que le système médical local, un doliprane qui traînait dans son armoire à pharmacie, était quelque peu défaillant.

Mais il en fallait plus pour freiner l’enthousiasme nationaliste de Jean-Pierre Bouchoires. Il entreprit de s’attaquer au problème politique numéro 1 qui rongait son jeune état : 100% de la population locale partait quotidiennement travailler dans le pays voisin, l’empire gâtinois, et y payait ses impôts, les plaques de la voiture, le keno et l’apéro aux copains. Hélas, il ne parvint pas à trouver d’accord durable avec le ministre des finances, qui était parti pêcher. Alors Jean-Pierre Bouchoires déclara à l’unanimité une semaine de congés officiels pour fêter l’indépendance encore un peu et se fit renvoyer. Comme le système social bochoirien était encore un peu vacillant, il se trouve fort dépourvu. Il décida alors de tenter de développer l’industrie nationale du collier de nouilles,mais il n’eut pas le temps car il devait disputer le championnat national de 100 mètres, qu’il remporta haut la main en 19 secondes 14, ce qui lui permit de se qualifier pour les Jeux olympiques de Montbéliard.

Et c’est à ce moment-là qu’il fut victime d’une terrible agression militaire de la Baronnie Libre Démocratique et Féodale des Voisins de Jean-Pierre Bouchoires, qui avait des visées sur ses importants gisements de chatons car Minouche, sa chatte, ministre d’état des animaux mignons, du développement touristique, de l’accès à la mer et de la défense, venait de mettre bas.

Après 19 jours d’un siège terrible que l’Histoire retiendra sous le nom de bataille du 4ème étage à gauche, il dut rendre les armes, qu’il avait empruntées à un ami.


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Pondu par raph le Tuesday 16 September 2014 oui je sais la date est en anglais, c'est parce que je suis trop hype dans ma tête.
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