Article numéro 767

Toujours soucieux d�élever le débat citoyen, le blog bon pour ton poil vous propose aujourd�hui des éléments de réponse à une vraie question trop souvent éludée:

Quelle est la différence entre service public et par exemple service à fondue, service compris, le cerf vit souvent dans les bois, au service monsieur Sampras, trampoline, cercle vicieux ?

Le service public, c’est, en gros, un truc qui est payé avec tes impôts mais en échange, comme il t’est reconnaissant, il te rend des services. Par exemple la Poste qui te vend des timbres pour les coller sur tes e-mails, Ouzbékistan-Telecom qui te permet d’appeler ta vieille tante à Noel ou encore France télévisions et tsr2.
Si tu es habile de la zapette, tu auras en effet saisi facilement la différence entre service public et service pas public. Sur tf1, quand ils te passent des grands événements sportifs, c’est avant tout pour mettre de la pub au milieu, alors que sur France2, c’est aussi pour t’instruire. Regarde la coupe du monde, jamais tu entendras personne dire « alors que nous passons actuellement à proximité du stade de Berlin, Berlin, cité natale de Helmut Gunsterflöh, champion de Rhénanie-Palatinat de cyclimse sur roulettes en 1842 ».
En plus, sur France télévisions, comme c’est du service public, ils pensent aux minorités: regarde Fort Boyard, ils font bosser un vieux, des nains, une décérebrée, un belge et même des tigres. Regarde Qui veut gagner des millions ou même Vis ma vie, jamais tu verras un tigre alors que merde, faut bien qu’ils puissent manger, eux aussi.

Et ben un service à fondue, ca n’a rien à voir. C’est pour ca, d’ailleurs, que personne n’a jamais essayé de privatiser un service à fondue.

Ta gueule le chat

La Suisse est un pays riche en traditions: le jodle, le hornuss, le Paléo.

Le paléo est un festival musical ainsi nommé parce que chaque année, les programmateurs invitent quelques vieux dinosaures. Ils invitent aussi quelques jeunes groupes qui marchent. Du coup, traditionnellement, l’équivalent suisse du lecteur des Inrocks trouve que « le Paléo, j’y vais plus, c’est bien trop commercial », et se concentre sur les festivals moins commerciaux (c’est-à-dire par exemple le festival de Goumois-dessous, dont le programmateur affirme « nous n’avons pas voulu jouer dans la surrenchère commerciale, comme certains que nous ne citerons pas » juste après avoir dévoilé sa programmation devant trois journalistes – un régional qui est très enthousiaste, mais faut dire qu’il est membre du comité d’organisation et un musical, qui se demande comment il va se démerder pour éviter de chroniquer le grand retour de Rika Zaraï).

La première difficulté, c’est d’acheter les billets. Chaque année, c’est sold out un peu plus tôt. Paléo sera bientôt le premier festival dont tous les spectateurs ont l’adsl. Mais bon, vu que c’est commercial, heureusement, c’est le soir avec Diam’s qui se vend le plus vite.

Une fois cela fait, place au grand jour. Il fait chaud, le groupe qui ouvre les feux est bon, en plus c’est Miossec qui lui écrit ses textes, c’est bien, c’est joyeux, le public enthousiaste, mais nous interrompons cette retransmission quelques instants pour une information routière, le trafic est actuellement fortement ralenti entre Lausanne et Morges. La seconde difficulté, c’est d’aller au Paléo. Les organisateurs recommandent les transports publics, ce qui prouve qu’ils habitent dans la région. Pour ce qui est de l’accès en voiture, les avis divergent, mais sortir à Gland peut s’avérer efficace. Du coup, tu arrives à péniblement t’extirper du parking juste avant le rappel et tu pars en courant vers l’entrée. Fatale erreur.

Une fois que t’es enfin à l’intérieur, place aux concerts. Y en a plein.

Y a par exemple la jeune chanteuse pas très connue que du coup ils l’ont programmée sur la petite scène. Manque de bol, depuis ce jour là, la télé a eu la bête idée de parler un tout petit peu de elle. Du coup, tu arrives vaguement à deviner la moitié du poignet gauche de son bassiste avant de mourir étouffé. Le public en rajoute une couche en prenant apparemment son pied – et d’ailleurs, un public de concert, c’est un peu comme le prenage de pied, autant quand tu es directement impliqué, c’est en général plutôt agréable, autant à regarder, c’est vite lassant.

Du coup, tu hésites un peu entre le vieux chanteur qui reprend des chansons d’un chanteur mort (mais pas n’importe lequel, heureusement) et le groupe folklorique roumain, avant de finalement opter pour deux bières.

Y a aussi le concert du groupe complètement fou sur scène – par 63 degrés, tu admires l’exploit. Même si, bon, tu savais un peu comment ça allait finir vu qu’ils finissent un peu tous leurs concerts comme ça. En plus, comme il fait 72 degrés, tu as pas voulu aller trop devant. A ta gauche, y a donc un type qui est en train de hurler dans son téléphone portable qu’il est devant la grande scène à la hauteur du troisième arbre un peu sur la gauche et en face du stand de bretzels, plus ou moins, est-ce que Momo est arrivé et oui, hier on a été à la nouvelle piscine de Romainmôtier c’est pas mal mais le petit nous a fait une bronchite, alors que sur ta droite, y a un autre type qui raconte que ouais, moi je les ai vus quand ils étaient encore pas trop connus, c’était vachement plus authentique, quoi. Mais bon. Comme tu sais comment ça va finir, tu en profites pour faire une super photo très originale, comme les 923 autres gens qui ont eu la même idée.

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Y a aussi le concert du groupe mythique. Pas mythique parce qu’il est légendaire et que personne ne sait si il existe vraiment, hein. Mythique parce qu’ils se sont rencontrés par petite annonce. C’est un groupe tellement mythique que les gens qui trouvent Paléo trop commercial, ça leur fait vachement mal de devoir en dire du mal. Du coup, toi, tu frimes un peu en disant que tu vas les voir, mais tu connais environ une chanson. A la fin du concert, tu te rends compte que tu connaissais vraiment une seule chanson. Mais tu te sens nettement moins seul dans ce cas. En plus, tu pourras quand même dire à tes amis qui n’étaient pas là que le concert était vraiment historique – ce qui n’est pas complètement faux, puisque pour la première fois en 31 Paléo, tu as bouffé tibétain.

Et pour finir, y a le concert pour lequel les gens étaient venus. Il adore ce festival, même que c’est lui qui a demandé à venir, il a pour cela dû refuser une invitation de sa grand-mère qui avait pourtant fait du stroganoff. Seulement, c’est pour finir. Du coup, tu as beau reconnaître que musicalement, c’est insère ici le superlatif de ton choix, tu dois aussi reconnaître dans la foulée que c’est pas vraiment du hard-trash-punk. C’est au moment du concert, au milieu d’un solo de glockenspiel de 7 minutes, où un grand poney blanc vient te demander le chemin de la rôtisserie que tu te demandes si cette musique là adoucirait pas un peu trop les moeurs.
Heureusement, à ce moment-là, le insère ici le superlatif de ton choix te réveille d’un seul coup avec un morceau nettement plus énergique, enlevé, insère ici le superlatif de ton choix. Au moment où tu as complètement émergé, il se casse.

Mais les festivals, c’est aussi des découvertes, et tu assistes à quelques minutes du concert d’un groupe dont tu n’avais jamais entendu parler.
Et tu comprends bien pourquoi.

Et c’est là que tu te rends compte que tu as complètement oublié de regarder où tu étais garé.

[Edit]

Le coup du lapin sauvage

Soudain, la nuit tomba. Seul et désemparé, Esteban errait au hasard des rues humides et goudronnées comme le lama erre dans la lande andine quand il croit qu’on va lui jeter des pastèques.
Ses retrouvailles avec Zia l’avaient chamboulé bien plus qu’il ne l’aurait cru. Pourtant, à l’époque, elle avait le don de l’agacer, avec sa voix haut perchée et sa constante perfection. Zia était parfaite. Elle ne jurait pas, ne rotait pas, n’était jamais injuste, ne fumait pas, ne traversait jamais la route en dehors des clous, ne mangeait pas avec ses doigts, ne pratiquait ni le sado-masochisme ni le cor des Alpes. C’est même pour ça qu’un matin, sous un futile prétexte, il avait fui sans se retourner, comme le couguar fuit souvent dans les Abruzzes quand il pense qu’on va lui faire écouter le dernier tube d’Hélène Segara. « Paraît qu’ils auraient retrouvé les cités d’Or », lui avait-il dit, « je vais aller jeter un oeil ». « Très bien », avait répondu la frêle jeune fille au regard sibyllin, « n’oublie pas ta crème solaire et préviens-moi si tu rentres tard, j’ai invité les Gomez, je leur préparerai du rôti à la vinaigrette. »
Vingt-trois longues années et une moyennement courte s’étaient écoulées depuis ce soir funeste. Esteban n’était plus le jeune godelureau insouciant de jadis et, souvent, lorsqu’il repensait aux jours heureux d’autrefois, il se prenait à regretter sa décision, surtout que ça faisait dix-huit ans, depuis son accident de pont et ses terribles conséquences, qu’il n’avait, comme il le disait parfois avec l’insidieuse nonchalance qui le caractérisait et en espagnol, plus niqué.
Las, elle avait probablement refait sa vie, peut-être bien avec Tao, qui lui avait toujours tourné autour, sauf une fois.

Ou alors avec Patou, son condor.

Le jour où il l’avait croisée, au hasard d’une rue, elle portait, il s’en souvenait très bien, une robe orange, un bandeau, un collier moche et des genoux. A sa vue, il s’était senti défaillir. Il n’avait pas songé, quand il avait pris la décision de revenir à Barcelone pour un symposium sur la dendrochronologie artistique appliquée à l’élevage du chinchilla en milieu urbain, qu’une rencontre lui ferait un tel effet. A vrai dire, il n’y avait pas vraiment songé, les chances de tomber subrepticement sur elle au hasard d’une rue étant, disons, à peu près égales à celles de Raymond Domenech de devenir un jour entraîneur de l’équipe de France de football sur gazon.

Esteban était perplexe. Foutrebleu, se disait-il, et si je lui disais que je m’étais perdu en allant lui chercher des croissants, y a une chance que ça marche?

Le retour de supermanivelle

Je vais pas te mentir plus longtemps: Superman revient.

Il y a longtemps, très longtemps, Clark Kent, tout frais et moulu de l’école des journalistes de Metropolis, avait réalisé son rêve de toujours: se taper la fringante Lois Lane. Il avait dû pour cela avoir recours à un processus de drague un peu bateau mais efficace au demeurant: sauver le monde, affublé d’un collant ridicule et d’un surnom du même accabit: Superman. (Pour plus de détails sur cette merveilleuse aventure, je ne puis que te renvoyer à ce post daté de l’époque où tu ne lisais pas encore ce blog, préférant t’adonner à des plaisirs simples comme le tricot ou la lecture des pages ping-pong de l’Equipe).

Mais les années ont passé. Clark a pris de la superbrioche, ses cheveux ont blanchi et son collant est un peu bleu pâle. Le monde se porte bien, merci. Clark, lui, un peu moins. Lois Lane est partie, sous prétexte que son super-aimé a un peu profité de ses superpouvoirs pour culbuter sa secrétaire en secret. Elle vit désormais avec sa fille dans une sordide petite banlieue friquée, où elle côtoie quelques rombières nevrosées avec lesquelles elle vit des tas de magnifiques aventures stéréotypées et refait sa vie avec un plombier, mais en fait c’est pas un vrai plombier, il enquête sur un truc.

Clark se dit que tiens, si je reconquiérissais un peu Lois, elle avait des tas de qualités, surtout pour ce qui est des cookies. Pour ce faire, il va se lancer dans le seul truc qu’il sache vraiment faire: sauver le monde. Il démantèle un dangereux trafic de dvd orchestré par le président mondial de l’association des chauves, qui veut détruire le monde par rendage de temps de cerveau disponible, en s’arrangeant subtilement pour que des séries somme toute assez banales deviennent culte avant même leur diffusion.

Mais à la fin, Lois Lane avoue qu’en fait, elle est tombée amoureuse de Spiderman et par dépit, Clark devient footballeur professionnel.


Grâce à ses superpouvoirs, Clark Kent est supercostaud


Clark demande à Lois de lui attacher les chaussures, comme au bon vieux temps de leur folle jeunesse


Quand il se déguise en Superman, Clark Kent enlève ses lunettes. Il a donc plus de mal à lire les résultats du FC Smallville II dans la gazette locale



Si Superman n’arrête pas de se trimballer des plafonds, c’est avant tout à cause de ses problèmes psychologiques.


Le chef des chauves s’entraîne en vue de son bras de fer contre Superman


Clark Kent s’entraîne à faire des feintes comme Ronaldinho, mais il a oublié de se munir d’un ballon

Attention, ce post ne parle pas de Zinedine Zidane (ni de son frère)

L’expression faire long feu est à ne pas mettre entre les doigts du premier journaliste sportif venu, ni même de grand monde. En effet, faire long feu signifie qu’on a brûlé toutes ses cartouches, et non le contraire, à l’inverse de ne pas faire long feu qui signifie qu’on a été flamboyant. Ou le contraire. A tel point que d’éminents spécialistes déconseillent tout bonnement son utilisation.

Mais où le français, cette langue simple et belle comme un coup de boule dans le thorax, s’en est-il allé chercher cette expression si tortueuse?

Nous sommes au Moyen-Âge, un mardi. A l’époque, les croisades battent son plein et le vicomte Jean-Ranulphe de Frambouhans décide, pour ne pas être en reste, de mener sa propre croisade. Seulement, comme il est un peu mauvais en géographie, il se plante et se retrouve à guerroyer de par l’Extrême-Orient.

Une débâcle. Il n’y trouve aucun lieu saint, aucune relique, très peu de villages à violer et de jeunes vierges à dévaster. Par contre, il découvre une spécialité locale, le Phö, un plat à base de soupe et de tas de cochonneries. Il décide alors d’en importer la recette en France et d’ouvrir des tas d’hostelleries estrangères un peu partout dans le XXIIIe arrondissement. Malheureusement, ce sera un fiasco: le jour où la fédération de protection des consommateurs découvrira qu’il allonge sa soupe avec de l’eau, il se fera écarteler sur la place publique, car à l’époque on ne rigolait pas avec ces choses là. D’où l’expression faire long Phö. Les tribulations du malheureux seront vite oubliées, mais il en résultera de nombreuses expressions comme « faire phö de tout bois », « avoir le phö occulte » ou « tant va la cruche à l’eau qu’à la fin elle se casse ».

Hors-jeu

Toujours soucieux d’élever le débat citoyen, le blog bon pour ton poil vous propose aujourd’hui des éléments de réponse a une vraie question trop souvent éludée:

Est-ce que c’est plutôt mieux de regarder la finale du football ou du tennis?

Le tennis et le football sont deux sports très similaires, puisque dans l’un comme dans l’autre, les gens qui partent à la retraite finissent par revenir après avoir fait deux trois pubs assez pathétiques.

Il convient de noter que le supporter de football a nettement plus le sens de la fête et de la plaisanterie que son homologue du tennis. Autant le footballiste descend contrôler si son klaxon marche à la moindre victoire des siens contre le Kazakhstan ou le Brésil, autant Almagro a beau battre Tursunov en trois sets, pas le moindre pouet ne vient troubler la quiétude automnale d’un petit soir d’été dans le souk de Villefranche-sur-Saône. Alors que pourtant, l’exploit est de taille.
De plus, pendant la coupe du monde, bien des restaurateurs offrent une consommation gratuite à chaque réussite des leurs. Alors que jamais tu verras la même chose pendant la coupe du monde de tennis.
Le supporter de tennis est nettement moins bruyant que celui de foot, surtout à cause de l’arbitre qui dit que s’il vous plaît, les joueurs sont prêts alors qu’en foot il se contente de siffler. Jamais tu entendras, par exemple, le public du central à Wimbledon gueuler allez les bleus alors que, pourtant, comme les bleus, les gens jouent en blanc.
Jamais non plus tu n’entends un fan de tennis remettre en cause les choix de l’entraîneur: même quand Udumchoke affronte Novak, jamais personne se permettra de dire que moi, à sa place, j’aurais plutôt fait jouer Hewitt, il a une meilleure récupération et il est bon sur balles arrêtées.

Par contre, force est de constater que le tennis, ca bouge un peu plus que le foot. Jamais tu verras un match se terminer sur un 0-0. Au contraire, même un Heuberger-Grosjean, au bout d’environ peu de temps, y a déjà un 15-0, alors que tu m’excuseras, mais des 15-0 en football, c’est pas tous les jours demain la veille. Pourtant, au tennis le but est d’éviter les filets alors qu’au football le filet est au fond des buts.

Mais le gros avantage du tennis, c’est que des tournois y en a tout le temps. Du coup, plus personne ne sait qui a gagné Roland Garros en 98. De temps en temps, on te rappelle que c’est la première fois depuis Lendl qu’un joueur remporte vingt-trois rencontres de suite sans que sa grand-mère ne cuisine des pâtes au pistou (les fans de tennis adorent faire des tas de décomptes pour des tas de records plus ou moins inintéressants, alors que les fans de foot préfèrent prétendre qu’il y avait hors-jeu sur le 3-1).

En tennis, en général, la finale c’est Federer-Nadal alors qu’en foot, finalement, il paraît que des fois c’est pas Brésil-Allemagne.

Finalement, le mieux, c’est peut-être de regarder la finale du football-tennis. Ou du polo-velo.

Edit Cresson: Cela dit, en général, quand on perd la finale du tennis, on est rarement reçu à l’Elysée.

Chirac et Zazie
Après la finale, Jacques Chirac a tenu à informer Zazie qu’il avait entendu dire que Nicolas Sarkozy l’avait traité sa mère

Ils sont très bien, mes titres, bon

Toujours soucieux d’élever le débat citoyen, le blog bon pour ton poil vous propose aujourd’hui des éléments de réponse a une vraie question trop souvent éludée:

Est-ce qu’il vaut-il mieux par exemple faire des enfants ou adopter un chaton?

Premièrement, il convient de se demander si vous êtes un jeune couple de nature plutôt hétérosexuelle ou plutôt pas. Dans le premier cas, l’enfant a un avantage indéniable: vous pourrez le fabriquer vous même, de vos propres mains. Pour le chaton, il faudra vous rendre chez quelqu’un qui vous dira « ah non le joli noir un peu espiègle, on l’a déjà promis. Oui le roux qui ronronne aussi. Par contre, le petit moche qui griffe tout le monde, là, il est libre, vous verrez, il est très affectueux, bon il pisse un peu partout mais ça part d’un bon sentiment ». A noter qu’à l’aide de persuasion et de croquettes, on peut persuader un chat de changer de maître comme le premier footballeur venu, alors que si on fait la même chose pour un bébé, c’est une combine à emmerdes.

L’enfant vous apportera joie et satisfaction en faisant des progrès: il prononcera ses premiers mots, agu et blug, fera des phrases toujours plus construites jusqu’au jour où il vous dira « zyva quoi t’es trop relou tchulé ». Le chat, lui, se bornera toute sa vie à dire mi, miou, voire miaou, ce qui est tout de même nettement plus agréable le jour où il décide de vous dire « zyva quoi t’es trop relou tchulé ». A noter que les motifs de mécontentement sont au nombre de deux chez le chaton: il a faim / sa caisse est sale. Chez l’enfant, ils sont de l’ordre de 6234 environ.

Vers dix mois, votre chat se mettra à hurler comme un débile et, s’il s’agit d’un mâle, à pisser partout. Cela prouve qu’il est parvenu à sa maturité sexuelle. Chez l’enfant, les symptômes sont tout autres. Le jeune mâle se mettra à aller très souvent sur internet pour faire des exposés, la jeune femelle se maquillera comme un camion de pompiers volés pour aller à la boum de Kevin. Toutefois, vous ne pourrez pas les emmener chez le vétérinaire pour couper court au problème. D’ailleurs, quand votre chat arrivera à l’âge de 14 ans, il commencera à être mort, alors que si vous avez opté pour un enfant, il commencera juste à être un peu chiant.

Sinon, vous pouvez aussi prendre un python.

Les concours et la caravane passe

L’été. Les grillons stridulent, la crème solaire ondule, les vacanciers dansent lascivement au son du tube de l’été, il y a moins de monde dans le train mais en revanche ils sentent un peu plus mauvais.

Et pendant ce temps là, les agrégateurs se dessèchent comme vieux en maison de retraite, ce qui est terriblement injuste pour les non-vacanciers. Pour occuper leurs journées, certains envisagent même des solutions extrêmes, par exemple bosser.

Pour t’éviter quelque peu d’en arriver là, je te propose un grand concours de l’été, dans la joie et dans la bonne humeur.
Je te propose de te rendre sur ce merveilleux site (découvert grâce à Dew), et d’y remplacer les ¤ ¤ ¤ ¤ ¤ ¤ ¤ ¤ ¤ ¤ ¤ par des mots de ton cru, puis d’afficher le résultat de ta création dans les commentaires ci-dessous, ou ailleurs.

Un jury indépendant choisira peut-être le meilleur, qui gagnera peut-être un truc, mais pas une carte postale moche vu qu’elles sont désormais destinées à un autre usage, mais un truc. Ou pas. Le délai limite d’envoi est fixé à ultérieurement.

Mexico, Mexico

Je te le cache pas, l’heure est grave: faut bien dire ce qui est tout en ne se voilant ni la pile ni la face, la France est quand même bien partie pour devenir championne du monde. La seule petite lueur d’espoir, c’est qu’ils commencent gentiment à en être conscients et que les francais ne jouent jamais aussi mal que quand ils savent qu’ils jouent bien.

Bon, vous allez m’accuser d’anti-gauloisime primaire. Mais si les français floquent une deuxième étoile sous leur coq, pendant que les supporters déambulent sur les Champs-Elysées padadada (un peu comme des moutons, si tu veux, mais en même temps, c’est bon, le coq ovin), ce sera terrible.

Pas à cause des spots publicitaires sur toutes les chaînes. On a survécu à ceux de 98. Difficilement, certes, mais on survivra, on survivra. Une pub avec Ribéry et Sagnol, ça peut même être drôle. On survivra aussi aux commentaires dithyrambiques de chez Stade 2, peut-être même aux émissions spéciales de chez Drucker – même si tout le monde n’a pas survécu aux multiples passages télévisuels des Bleus de 98: Renaud a par exemple arrêté définitivement sa carrière après avoir chanté la Marseillaise même pas en reggae avec les bleus un soir aux Enfoirés.

Mais le truc auquel ça va être dur de survivre un troisième été, c’est I will survive, chanson de Gloria Gaynor dont la reprise par Larusso aurait dû passer inapercue. A noter que autant We are the Champions, tu comprends bien que les gens qui ont gagné chantent ca, autant là, le rapport est un peu plus obscur.

At first I was afraid
I was petrified

Au début j’avais peur, j’étais petrifiée
Un sentiment bien connu par tous les gens qui ont entendu chanter Larusso. Par contre, c’est bien connu, les footballeurs n’ont, à l’instar de Starsky et Hutch, jamais peur de rien.

Kept thinking I could never live
without you by my side

Je pensais que je ne pourrais jamais vivre sans toi à mes côtés
Et ils ont l’habitude de changer de partenaire chaque année, alors ils nous font pas une crise de larmes à chaque séparation, quand même. Je tiens à préciser que cette chanson a été composée il y a plusieurs années, et ne parle donc pas des retraites de Zidane.

But then I spent so many nights
thinking how you did me wrong

Mais j’ai passé tant de nuits à penser au tort que tu m’avais fait
Je tiens également à préciser que cette chanson a été composée il y a de nombreuses années et ne parle donc pas d’une éventuelle disgrâce de Raymond Domenech dans une vie antérieure.

And I grew strong
And I learned how to get along
and so you’re back
from outer space

Et j’ai grandi, j’ai appris à vivre avec ca et tu reviens de nulle part
C’est donc une histoire de rupture. Il est parti, elle est abattue au début, ensuite elle se dit que bon, finalement, il était pas si bien que ca, il savait même pas faire le clafoutis alors franchement, je vous demande un peu. Mais un jour, suite à un mystérieux appel anonyme de son frère en pleine nuit, il décide de revenir.

I just walked in to find you here
with that sad look upon your face

Je rentre juste pour te trouver avec ce regard triste sur ton visage
Ca se passe de commentaires: il s’est mis lui même hors-jeu. Et il a le même regard triste que Thierry Henry quand lui aussi est hors-jeu.

I should have changed that stupid lock
I should have made you leave your key
If I had known for just one second
you’d be back to bother me

J’aurais dû changer cette stupide serrure, j’aurais dû te faire rendre ta clé, si j’avais su une seule seconde que tu allais revenir m’importuner
Elle se reproche immédiatement de n’avoir pas joué suffisamment défensif.

Go on now go walk out the door
just turn around now

Va-t-en maintenant, marche dehors de la porteprends la porte, casse-toi tu pues et marche à l’ombre
La sanction tombe immédiatement, c’est l’expulsion.

’cause you’re not welcome anymore

car tu n’es plus le bienvenu
Assortie d’une lourde suspension.

weren’t you the one who tried to hurt me with goodbye

N’étais-tu pas celui qui a essayé de me blesser avec au revoir?
Me blesser avec au revoir, il faut voir ca de facon imagée, hein, il lui a pas lancé un au revoir en bronze dessus.

Did you think I’d crumble

Pensais-tu que j’allais gâteau recouvert de sablage fait de farine, de beurre et de sucre
Il aime vachement le crumble alors quand il est parti, il a pensé qu’elle allait lui faire un crumble d’adieu. Il est un peu niais.

Did you think I’d lay down and die

Pensais-tu que j’allais me coucher et mourir?
Bon, il faut dire que le crumble, si on en mange trop, c’est un petit peu étouffe chrétien. Mais à faible dose, ça ne tue pas (donc ça rend plus fort)

Oh no, not I

Oh non, pas je
Elle pourrait quand même le laisser répondre. Enfin bon, s’il est venu là dans l’espoir de remanger du crumble comme au bon vieux temps, il doit être un peu trop décontenancé pour répondre, actuellement.

I will survive

Je vais survivre
C’est d’ailleurs le titre de la chanson

Oh as long as i know how to love
I know I will stay alive

Oh, aussi longtemps que je sais comment aimer, je sais que je vais rester en vie
Petite précision médicale qui peut avoir son importance, c’est tant qu’on sait comment respirer qu’on reste en vie, en fait. Dans l’état d’esprit où elle se trouve, on peut lui pardonner cette légère erreur, mais il est très important de remettre les choses à leur place et l’église au milieu du village, sinon comment voulez-vous que les vaches soient bien gardées?

I’ve got all my life to live
I’ve got all my love to give
and I’ll survive
I will survive (hey-hey)

J’ai toute ma vie à vivre, j’ai tout mon amour à donner et je vais survivre, je vais survivre, ouais ouais
Malgré la présence de cette phrase, j’ai ma vie à vivre et je vais survivre, je tiens à préciser que Pascal Obispo n’a jamais été consulté lors de l’écriture de cette chanson.

It took all the strength I had
not to fall apart

Ca m’a pris toute la force que j’avais pour ne pas tomber en morceaux
Là non plus, il ne faut pas prendre ca au pied de la lettre: elle n’allait pas perdre une jambe ou un bras. Une fois de plus, aucun rapport avec le football, donc, puisque Ronaldinho a perdu l’usage de ses jambes juste avant le début de la coupe du monde.

kept trying hard to mend
the pieces of my broken heart

J’ai essayé de réparer les pièces de mon coeur brisé
Le plus dur, ça a été pour le ventricule gauche

and I spent oh so many nights
just feeling sorry for myself
I used to cry
But now I hold my head up high

et j’ai passé oh tant de nuits à me sentir désolée pour moi-même, j’avais l’habitude de pleurer mais maintenant je redresse la tête
Et je centre au deuxième poteau.
Oops, au temps pour moi.
Revenons à nos poneys.

and you see me
somebody new
I’m not that chained up little person
still in love with you

Et tu me vois, quelqu’un de neuf, je ne suis plus cette petite personne enchaînée encore amoureuse de toi
Maintenant, elle est déchaînée.
Ou alors, elle n’est plus petite, elle a pris des hormones de croissance, come Lionel Messi. Qui est d’ailleurs lui aussi resté sur la touche.

and so you felt like dropping in

Et comme ca, tu as juste eu envie d’entrer
Et ben non, tu rentres pas. Comme Trézéguet.

and just expect me to be free
and now I’m saving all my loving
for someone who’s loving me

Et tu t’attendais à ce que je sois démarquée libre, et maintenant, j’économise tout mon amour pour quelqu’un qui m’aime
On peut économiser ça? La banque du sperme, je connaissais, mais la banque de l’amour jamais entendu parler.

Go on now go walk out the door
just turn around now
’cause you’re not welcome anymore
weren’t you the one who tried to break me with goodbye
Did you think I’d crumble
Did you think I’d lay down and die
Oh no, not I
I will survive
Oh as long as i know how to love
I know I will stay alive
I’ve got all my life to live
I’ve got all my love to give
and I’ll survive

Casse-toi, je te ferai pas de gâteau
Voilà. Comme ca, c’est dit. On peut passer à autre chose, maintenant.

I will survive
[x2]

Je vais survive (x2)
Ben fois 2, ca irait, mais fois 17324, ca va pas être possible…
Et si cette chanson est devenue l’hymne de l’équipe de France en 98, je pense que c’est parce qu’ils avaient mangé un crumble porte-bonheur avant le match contre le Brésil.

(les paroles viennent de azlyrics)