Je vous dirai les mots bleus

Vous n’êtes pas sans savoir que la Nouvelle Star version 2007 vient d’ouvrir ses feux. Peut-être êtes vous de ces gens qui aiment à se tenir au courant de l’actualité de cette émission mais qui, parfois, le mercredi, ont ping-pong ou un souper avec les Gomez. Passionné par la musique de qualité et le bon goût télévisuel, j’ai décidé de vous permettre d’avoir une vie sociale mercredicale sans trop verser de larmes et me propose de vous faire un résumé hebdomadaire de cette noble émission. Ca se passe ici.

C’est fou.

Back to the roots

Si tu lis un peu la presse, tu n’es pas sans savoir que les années 80 reviennent.

Enfin quand on dit les années 80 reviennent, ça veut pas dire que tu vas subitement te retrouver avec Balavoine dans ta télé, une coupe de cheveux aléatoire et un appareil dentaire. Et tu vas pas trouver que War Games est un film génial mais néanmoins un peu trop futuriste.

Non ça veut dire que y a un service marketing, quelque part, qui s’est dit qu’il allait te refourguer un vieux stock de compils avec du Desireless et du Philippe Lavil dessus. Or, la musique des années 80, parlons-en. Après la période punk, les gens ont besoin d’un retour à une musique plus soignée sur le plan de la musicalité, mais où l’on ressent optimisme et joie de vivre, non sans pourtant craindre d’aborder des sujets sensibles.

C’est dans ce contexte que le groupe Début de Soirée fera une carrière brève, mais à jamais marquante. On leur doit notamment un tube, merveilleux, intemporel, Nuit de folie, ode à la liberté et à la tolérance.

Nuit de folie

Y a pas de saison pour que vive la musique

L’été, elle souffre atrocement, à cause de la canicule et des tubes de l’été, mais quand même, on oublie trop souvent de le dire, la musique elle peut vivre toute l’année, prouvant ainsi sa supériorité sur les marmottes.

Au fond pas de saison pour que vive le son

Là, c’est un peu la même idée. C’est un concept fort, limite révolutionnaire, et les Début de Soirée jugent bon d’insister.

En marchant tu donnes une cadence à tes pas

C’est ce qu’on appelle avoir une démarche chaloupée. C’est très sexy.

Tu sens la musique au bout de tes doigts

C’était l’heure de gloire de l’orgue Bontempi, sentir la musique au bout de ses doigts c’est une métaphore pour dire sentir le contact doux et envoûtant des touches qui font pouet quand on appuie dessus, où s’arrêteront-ils dans cette escalade technologique?

Tu dis que la vie qu’on t’a donnée est faite pour ça

Pour écouter de la musique et marcher de manière chaloupée, donc (je résume un peu)

Tant de choses grace au son tu connaitras

Par exemple la surdité, si tu écoutes trop fort tes cassettes de Duran Duran dans ton walkman. Ou alors Scorpions, l’acid house, Kyo, la Starac, le retour de Michel Polnareff. Mais ce n’est pas une raison pour écouter ton walk-man si fort.

Ton c½ur est un saphir de pick up

Aujourd’hui, on dirait ton coeur est un laser de CD, ce qui ne veut pas dire grand chose non plus.

On a trouvé des decibels dans ton check up

Inquiet que son coeur ressemble à un 45 tours rayé, surtout si c’est pour passer des disques de Bananarama et des Communards, le type est allé chez le médecin qui lui a dit tu vas bien, ne t’en fais pas, tu as trop de la musique dans le coeur, la musique guérit de tout. C’est un magnifique message d’espoir. Par contre, médicalement parlant, c’est complètement con. Chez vous, à la maison, n’essayez pas de guérir votre cancer des genoux en chantant du Véronique Sanson: non seulement ça ne marchera pas, mais en plus vous perdrez vos derniers amis (et vos derniers cheveux, aussi).

{Refrain: x2}
Et tu chantes chantes chantes ce refrain qui te plait
Et tu tapes c’est ta façon d’aimer

C’est là que cette chanson devient soudainement engagée, véritable contre-pied aux discours officiels de l’époque affirmant que taper c’est pas bien. Il s’agit peut-être d’un subtil hommage au chanteur Khaled, ou alors d’une publicité pour un club échangiste sm qui passe de la disco. Le message, en tous les cas, c’est « bon ok, tu cognes ta femme. Mais au moins, tu as de la musique dans le coeur et ça, c’est important ».
C’est une position très courageuse (mais complètement conne, ce qui est loin d’être incompatible).

Ce rythme qui t’entraine jusqu’au bout de la nuit

Voilà. Donc le type, après avoir cogné sa femme, il danse toute la nuit, vraiment, la cocaïne, c’est dangereuxvraiment, la musique, c’est super.

Réveille en toi le tourbillon d’un vent de folie

Début de Soirée savait mieux que personne mettre un texte fort au service d’idées fortes: le tourbillon d’un vent, c’est une métaphore classieuse.

Tu danses le monde musique americaine

Tu danses le monde, ça veut dire maintenant ils passent un truc américain, vraiment que de dépaysement, si ça se trouve après ils vont passer Nena ou Kylie Minogue, que de voyage voyage.

La cadence du funk au plus haut t’emmène
Le tempo en délire si ce soir il fait chaud
C’est qu’on monte nos mains vers le point le plus haut

Au début des années 80, on pensait que le fait de lever les mains produisait de l’énergie. En effet, il n’est pas rare que dans gens transpirent, tant dans les discothèques que dans les cambriolages de banque et les matches de handball. Cette théorie est aujourd’hui fortement contestée et la construction de la première centrale énergétique à main levée a été suspendue.

{Refrain}

{Parlé:}

Car Début de Soirée, en génial précurseur, a presque inventé le rap.

Toi qui dessines au fond de ton ennui les notes d’une mélodie
Une musique sans accord majeur c’est une piste sans danseur
Mais si tu ranges dans ces moments là dans un placard tes idées noires
Les notes pourront se danser et nous reviendrons les chanter

Là, ils disent, en gros, je résume: tu t’emmerdes? Bah nous aussi, alors écris nous un truc funky, nous on veut bien le chanter, sur un malentendu ça peut faire un tube. Par exemple une histoire de jardins d’enfants, je sais pas.

Quand le sucre est tombé choqué le café renversé
Je sentais bien que la journée etait mal commencée
Plus tard la caisse était cassée avant que craquent les chromes
Mettant la gomme j’avais detalé

Là en gros, c’est un flash back, il a renversé son café parce que le sucre était choqué et il a roulé à 150 dans sa voiture cassée, ce qui est très dangereux.

La musique était mon sourire les vieux succès mes souvenirs

C’est une métaphore pour dire que même si la journée a mal commencé, les vieux succès sont plus anciens que les nouveaux.

On sent tous son dernier soupir lorsqu’on va mourir

Mourir parce qu’on a renversé son café: je crois qu’il dramatise un peu la situation

Mais un souffle j’avais gardé car on ne peut pas trépasser
Chacun le sait sans voir un disque jockey

Bon alors en fait, les Débuts de Soirée faisaient partie d’une secte qui pensaient que dieu est un DJ. Il paraît qu’il en existe encore des adeptes de nos jours. Et donc, dieu est un dj et si tu as vécu une existence pure et soyeuse sur terre, il te passe du Nirvana alors que si tu as péché, tu dois te taper le best-of des années 80 avec Lio et Bernard Menez. Et avant de mourir, on verrait, selon cette secte, un long tunnel avec un stroboscope au bout.

Et tu chantes danses jusqu’au bout de la nuit
Tes flashes en musique funky
Y a la basse qui frappe et la guitare qui choque
Et y a le batteur qui s’éclate et toi qui tient le choc

{Refrain}

Mais là, il est pas encore mort alors il écoute de la musique déstructurée.

Marius

Bon, inutile de se voiler la face, malgré une deuxième place au festival de Gromanche obtenue de haute (2 mètres 50) lutte, personne n’est venu me proposer de juteux contrat d’édition, ni même de tester des produits pour le bain au clou de girofle.

Je suis dépité.

J’ai donc décidé d’arrêter les concours de blogs et de me lancer dans les choses sérieuses: les César.

Pour remporter un César, le plus important, c’est le titre. Avec un titre à la con, tu mets toutes les chances de ton côté. « Je vais bien ne t’en fais pas« , « Ne le dis à personne » ont été primés cette année. C’est donc la porte ouverte à « Les clés sont sur la commode », « Pense à ramener du beurre », « N’oublie pas ton anorak », « Est-ce que tu as le numéro de Gérard? », « Je t’ai fait une tourte ».

Puis il faut des reconversions. Cette année, un ancien acteur devient meilleur réalisateur, un ancien champion de kamoulox meilleur acteur. Qui sait où cela s’arrêtera-t-il? Peut-être un ancien mécanicien sur locomotives remportera-t-il l’an prochain le César de la meilleure musique de film?
Là où ça se complique, c’est au niveau des entrées en salle. Il faut éviter que le film marche trop bien, sinon ça devient un film commercial et donc un mauvais film, mais il faut pas qu’il marche trop mal non plus, sinon ça devient un mauvais film tout court et ça passe sur RTL9 juste après « La revanche du fils de Beowulf ».

Et puis, il faut un scénario original avec une histoire d’amour sensible et cruelle et de l’émotion pure et melliflue. Bon. Par exemple, je t’explique: « Dans le château des Chatterley, Constance coule des jours monotones, enfermée dans son mariage et son sens du devoir. Au printemps, au coeur de la forêt de Wragby, elle fait la connaissance de Parkin, le garde-chasse du domaine. Ils baisent comme des castors », ça passe le samedi soir sur RTL9 juste après « Le neveu de Beowulf passe le bac », avec des acteurs qui ont encore moins de présence scénique que Christophe Lambert et une musique encore plus énervante que si c’était du Eric Serra. Et des longs moments sans dialogues, mais vu le niveau des dialogues c’est pas grave. Alors que « Dans le château des Chatterley, Constance coule des jours monotones, enfermée dans son mariage et son sens du devoir. Au printemps, au coeur de la forêt de Wragby, elle fait la connaissance de Parkin, le garde-chasse du domaine. Le film est leur histoire. Le récit d’une rencontre, d’un difficile apprivoisement, d’un lent éveil à la sensualité pour elle, d’un long retour à la vie pour lui. Ou comment l’amour ne fait qu’un avec l’expérience de la transformation. », c’est un César. Tu comprends bien la différence?

Donc, après m’être essayé sans succès au cinéma d’auteur (2 mètres 50), j’ai décidé de me lancer dans la comédie sentimentale d’action. Ca raconte l’histoire d’un homme à qui tout semble réussir, mais que la célébrité a rendu fragile. Il souffre, écartelé entre l’image polissée de l’homme public que renvoient de lui les médias, dans laquelle il ne se retrouve pas complètement, quand bien même il a contribué à la forger, et celle d’un homme, jeune père, en pleine crise de la quarante-douzaine, qui tente de se réaliser dans sa vie quotidienne de tous les jours. Puis, soudain, c’est le clash. Les passagers de l’avion (il est dans un avion)(c’est une comédie sentimentale d’action aérienne) parviendront-ils à le maîtriser avant qu’il ne les dévore tous?

Ca s’appellerait « Un Jean-Luc dans l’avion »


Sous des dehors taquins et innocents se cache en réalité un dangereux prédateur

à brûle pourpoint

Parfois, dans la vie, tu manques sauvagement d’inspiration. Si tu es comptable, personne n’en saura jamais rien, sauf éventuellement Gwenna, ta cinquième épouse, au moment où, l’oeil luisant de concupiscence, tu lui proposeras des spagghettis à l’arrabiata, il faut mettre du piment, dans un couple et qu’elle te rétorquera que c’est la 118e fois que tu lui fais la blague cette semaine et en plus je regarde Top Models, alors est-ce que tu pourrais aller sortir les poubelles et le chien, merci, mais cette fois ne te trompe pas, parce que la dernière fois, les poubelles sont venues dormir sur le lit après, franchement, c’est d’un négligé, c’est pas moi qui leur ai appris des comportements aussi délétères. Par contre, il est d’autres situations où cela risque de se voir, notamment, et c’est de cela que nous allons parler, jeune lecteur au regard si fou, si tu entretiens un blog.

Car, vois-tu, je ne vais pas te le cacher plus longtemps, j’ai une petite baisse d’inspiration. La grippe, la pression sociale, les 35 heures, le départ en campagne raté de Ségolène Royal (j’ai entendu ça à la télé et c’est vrai que pour aller à la campagne, si on rate son départ, après on attend parfois sa correspondance un peu longtemps, c’est embêtant)(mais je sais pas pourquoi on nous parle autant de ça)(si ça se trouve, il y a bientôt une élection quelconque en France et ils ont décidé de porter le débat sur la thématique des transports en commun à la campagne), que sais-je encore? Quoi qu’il en soit, je ne sais de quoi parler.

Alors, bien sûr, il existe des solutions de facilité sur les blogs. Je pourrais te parler de cette malheureuse Britney Spears qui peut pas se promener sans cheveux tranquille sans que tout le monde se demande ce qui lui arrive, alors que quand Zinedine Zidane s’est rasé le crâne, personne a moufté, et tu as vu où ça nous a mené? et signaler au passage que la facétieuse interprète de Oops i did it again a récemment viré sa Culotta.

Quand on sait pas quoi dire, le plus simple c’est le questionnaire. Ca tombe bien, on m’a passé deux fois et demi les 5 machins que vous savez pas, je l’ai déjà fait une fois là-bas mais je pourrais le faire ici de manière originale et décalée, je dirais personne ne sait que en fait, si je me moque tant des poneys dans mes posts, c’est juste pour me venger de Yuki, un sale fourbe, vicieux, au regard mauvais, qui préférait s’adonner à sa passion malsaine pour l’herbe plutôt que de me laisser rester sur son dos où j’avais même pas vraiment demandé à monter, là je ferais un jeu de mots désopilant genre on n’a vraiment pas fait la bombe ou vraiment il m’a mis le pied à l’étrier, ce serait glacé et sophisitiqué, que si je me moque tant d’Indochine dans mes posts, c’est juste parce que je ne suis pas sourd, et alors j’ajouterais ahlala mais que puis-je vous dire d’autre encore par exemple vous ignoriez que ah en fait non bon ben tant pis.

Ou alors je pourrais faire comment tout le monde et te parler de Second Life, ce nouveau monde passionnant où tu peux t’inventer un prénom, parler à des gens, acheter des objets et dépenser de l’argent, ce jeu moderne et novateur.

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Parce que ça a l’air super, Second Life. On peut même acheter des trucs. Et parler à des gens. Même les Sims avaient pas poussé la folie aussi loin.

Ou alors je pourrais, comme sur les blogs sérieux, faire mon coming-out politique. Je suis sûr que ça changerait ta vie, ou au moins celle de Léandre, ton chinchilla nain du Laos, de savoir que bon, je vais probablement voter oui et faut voir. Oui parce que je pense que c’est une bonne chose et faut voir parce que je suis pas encore sûr, j’ai pas encore vraiment réfléchi à la question. Mais je dirais plutôt oui. Ou alors non. Est-ce que je peux prendre un 50/50? Mais en tous cas, pour le premier, la caisse unique, c’est sûr, c’est oui. Moi je vois, pour mon chat, j’ai une seule caisse, c’est nettement plus pratique.

Finalement, je crois que je ne vais rien poster.

La vie en axel rose

Lectrice, lecteur, je suis un peu déçu. Personne n’a songé à me signaler que j’avais commis une légère erreur d’appréciation lors du post précédant qui vient avant celui-ci (c’est donc celui qui est juste après ci-dessous): La Môme ne parle pas du tout d’un poussin, mais d’une chanteuse, Edith Piaf.
Contrairement à ses consoeurs Edith de Nantes et Edith XXXIII, Edith Piaf a connu un destin fulgurant et parabolique trop vite brisé. Elle a ouvert la voie à toutes les chanteuses à voix. Mais c’est pas tellement de sa faute, alors faut pas lui en vouloir.

Sa chanson la plus célèbre est sans conteste les trois cloches, une chanson sur les cloches. Mais Edith Piaf a également su mieux que personne transcender l’amour et quand elle chante « je renierais mes amis si tu me le demandais »…
…bon ok, ça fout plus la trouille qu’autre chose…
..mais sinon, saviez-vous que, géniale précurseuse, elle avait chanté « Mon manège à moi », merveilleuse chanson d’amour et de manèges, bien avant Etienne Daho?

Mon manège à moi

Paroles: Jacques Constantin Musique: Norbert Glanzberg 1958

Tu me fais tourner la tête

C’est une chanson qui parle d’un couple de patineurs artistiques

Mon manège à moi, c’est toi

et là ils ont répété longtemps la combinaison lutz – vrille piquée – cheval de bois.

Je suis toujours à la fête
Quand tu me tiens dans tes bras

Bon c’est un couple de patineurs débutants, ils ont pas trop de sponsors, alors ils font des démonstrations dans les fêtes foraines pour payer leurs patins. L’avantage, c’est que ça leur permet de répéter leur chorégraphie. L’inconvénient, c’est qu’on les paie en gnôle.

Je ferais le tour du monde
Ça ne tournerait pas plus que ça

Dans les années 58, un savant a réussi à prouver que la terre mesurait 52 centimètres de diamètre et que si on faisait le tour du monde en courant très vite, ça donnait envie de vomir.
Les revues scientifiques refuseront de publier ses thèses. Dépité, le savant continuera pourtant de défendre sa découverte avec opiniâtreté et aura ce mot célèbre: « Et pourtant, elle est pitchoun »

La terre n’est pas assez ronde
Pour m’étourdir autant que toi…

C’est une métaphore pour dire « toi, par contre, tu es complètement rond, tu vas de nouveau te vautrer au milieu de ton salto arrière.

Ah! Ce qu’on est bien tous les deux
Quand on est ensemble nous deux
Quelle vie on a tous les deux
Quand on s’aime comme nous deux

Anecdote intéressante et méconnue, quand Jacques Constantin a écrit cette chanson pour Edith Piaf, il a eu cette phrase restée célèbre: « Je vais pisser, je reviens ». A son retour, quelle ne fut pas sa surprise de retrouver quatre vers griffonés par son fils Christian. Il a alors eu cette phrase demeurée célèbre « Ah ouais, c’est pas mal, ça! »

On pourrait changer de planète
Tant que j’ai mon c½ur près du tien

Ca c’est une métaphore pour dire ils s’aiment tellement que même ils pourraient aller passer leurs prochaines vacances au camping des flots violets sur Jupiter, elle serait contente, pourvu qu’ils y soient ensemble. C’est très romantique.

J’entends les flons-flons de la fête
Et la terre n’y est pour rien

Elle a raison de le signaler: On doit en effet les flons-flons à la fanfare municipale de Palézieux, que l’on remercie vivement.

Ah oui! Parlons-en de la terre
Pour qui elle se prend la terre?
Ma parole, y a qu’elle sur terre!!
Y a qu’elle pour faire tant de mystères!

Anecdote intéressante et méconnue, quand Jacques Constantin a écrit cette chanson pour Edith Piaf, il a eu cette phrase restée célèbre: « Je reboirais bien un petit coup, moi. Ensuite, j’en écris encore une strophe et après je vais me coucher. »
Oui alors je me rends compte que dans mes explications de texte, y a presque toujours un moment où j’ai recours à l’explication de l’alcoolisme, voire de la drogue. Mais comment tu veux expliquer « Pour qui elle se prend la terre? » autrement?
Ah si, à la rigueur, il avait peut-être fait un pari avec un copain…
Ou alors c’est une métaphore filée. Sa femme était en train de se changer, ils avaient cheval ce soir-là, elle lui a dit houlala je viens de filer mes bas et il lui a répondu houlala je viens de filer ma métaphore.

Mais pour nous y a pas d’problèmes
Car c’est pour la vie qu’on s’aime

Et aimer, c’est plus fort que tout. Toucher les ailes des oiseaux. Aimer, c’est c’qu’il y a de plus beau.

Et si y avait pas de vie, même,
Nous on s’aimerait quand même

Mais vous seriez des roches sédimentaires et il t’aurait séduite en disant « t’as de beaux quartz, tu sais? T’as vraiment de beaux quartz. » Et après il t’aurait invitée au restaurant et tu te serais dit « je n’ai rien à me mettre, il faut que je me trouve un nouveau tailleur ».

Car…
Tu me fais tourner la tête
Mon manège à moi, c’est toi
Je suis toujours à la fête
Quand tu me tiens dans tes bras

Je ferais le tour du monde
Ça ne tournerait pas plus que ça
La terre n’est pas assez ronde…
Mon manège à moi, c’est toi!

Anecdote amusante, cette magnifique chanson n’a pas été inspirée par l’émission Tournez Manège avec Charly Oleg.

Tant que les heures passent

La sortie ciné de la semaine, c’est évidemment le premier film de Vikash Dhorasoo, Taxi 4.

Taxi 4, c’est la suite de Taxi 3, Taxi 2 et Taxi, un film de Martin Scorcese avec Robert de Niro. C’est un drame social qui met en lumière cette dérive malsaine de notre société obsédée par la réussite, ce monde moderne où l’on n’a plus le temps de prendre son temps. Le réalisateur montre cette course effrénée vers la réussite à travers deux personnages que tout semble opposer: un chauffeur de taxi, frimeur, obsédé par la vitesse, qui cache pourtant au fond de lui la grande sensibilité de ceux qui trop tôt ont été confrontés à la cruauté de la vie et un jeune policier mal dans sa peau qui rêve de gloire et de femmes à poil.

Oeuvre majeure du cinéma moderne, Taxi n’est pas connu que pour la profondeur de son scénario, l’originalité de son propos. Les réalisateurs de cette poignante saga ont décidé de s’engager socialement en réinsérant dans la société des jeunes marginaux. Ainsi, dans ce quatrième volet, deux footballeurs sont à l’affiche: Samir Nasri et Djibril Cissé. Pour ceux d’entre vous qui seraient peu versés dans les choses du football, Samir Nasri est un tout jeune prodige, dont on dit souvent, avec toute la bonhommie qui caractérise les gens de Marseille, vé le pitchoun, il est tout pitchoun, peuchère. Djibril Cissé, lui, est un attaquant redouté des défenses adverses. Malheureusement, il a tellement d’activités annexes (musique, cinéma, opérations du tibia, et en plus il a plus de 3900 amis) que ses coéquipiers doivent fixer un rendez-vous une semaine à l’avance pour le démarquer en profondeur.

Vous l’aurez compris, l’action de Taxi 4 se passe à Marseille et, donc, parle de foot. (C’est bien connu, les Marseillais ne parlent que de foot)(et un peu de poisson, aussi)(heureusement, il fait beau). Le scénario a été écrit par Luc Besson, qui a dit l’autre jour dans ma télé avoir beaucoup ri en l’écrivant (les mauvaises langues prétendent qu’il a ri en pensant qu’il était en train de réécrire la même chose pour la quatrième fois et que ça allait marcher quand même, mais les mauvaises langues ne sont pas très sympa)

A noter que dans Taxi 4, on ne voit pas Marion Cotillard à poil, ni même habillée, puisqu’elle a préféré jouer dans la Môme, adaptation pour le grand écran de la célèbre série le Piaf.


Des fans très remontés contre Frédéric Diefenthal: ils viennent de voir un de ses films en entier


Aujourd’hui, l’OM affronte le PSG


La violence sur les terrains prend des proportions toujours plus inquiétantes


Les Marseillais optent finalement pour un 4-4-2 classique


Dans ce match tactique, il est très difficile d’échapper au marquage adverse


C’est le drame: Un défenseur coupe le hors-jeu, permettant à Paris d’ouvrir la marque


Scène de liesse après l’égalisation méritée


Le ton monte entre Marco Materazzi et Zinedine Zidane.


Les Marseillais estiment que l’arbitre aurait dû sortir son carton jaune


Finalement, le foot, c’est surfait. Les truites, c’est mieux.

L’ampoule du salon est arrêtée sur midi

Quelqu’un est arrivé ici en yahootisant « les mots pour appeler un chéri »

S’il s’agit vraiment de l’appeler pour lui susurrer à l’oreille des doux mots tel que « dis, faudrait changer l’ampoule du salon », le mieux c’est encore de crier « à table ». Mais je présume, jeune internaute, que tu es à la recherche de la quintessence en matière de surnom affectueux. Et tu fais bien de te renseigner, car c’est une question cruciale. Un surnommage mal négocié pourrait sonner le glas de tes amours naissantes et ça, c’est couillon. Un surnom trop froid pourrait lui faire perdre cette confiance en lui si durement gagnée à force de victoires probantes au flipper. Evite donc de l’appeler Machin, Jean-Pierre (surtout s’il s’appelle André) ou numéro 12. Ne tombe pas dans le piège de la bisounourserie, à la limite tolérable en privé, mais qui pourrait vous jouer des tours pendables le jour où tu laisseras échapper un roudoudou devant ses copains de rugby. A l’inverse, rappelle-toi qu’il pourrait un jour te présenter sa mère, sa grand-mère, le journal télévisé et son oncle si d’aventure tu envisages de le surnommer mon étalon italien, mon Rocco minute soupe ou mon lapin, comme dans le film avec le type qui répare une photocopieuse, mais à un moment il a un peu chaud et ensuite, à la fin du film, on ne sait pas si il a quand même réparé la photocopieuse ou pas, c’est très mal ficelé comme intrigue.

Il y a les surnoms classiques. Mon amour, sobre, de bon goût. De même, avec mon chéri, c’est toujours un succès. Mais voyons, Christine, tu sais bien que nos invités n’aiment pas les friandises, fais preuve d’un peu d’originalité. car tu risques, en surnommant ton chéri mon chéri, d’être confrontée à des situations périlleuses. Imagine un peu, il s’élance, fougueux et joyeux, dans l’atmosphère grisante d’un matin d’avril, à la conquête du monde, mais tu te rends compte qu’il est parti sans mettre sa parka, tu te penches à la fenêtre et le hêles d’une voix suave mais ferme et là, 112 porteurs du même surnom se retournent comme un seul homme. Et rentrent chercher leur parka, se rendent compte qu’ils n’en ont jamais eu, mais il est hélas trop tard, leur métro est parti pour toujours, ils arriveront en retard au boulot et se feront appeler Arthur par leur patron, heureusement c’est leur prénom, mais quand même, comment veux-tu que notre pays retrouve sa sérénité économique d’avant, quand nos parents se lançaient fièrement vers le monde qui leur tendait les bras, le coeur léger et l’esprit conquérant, avant de se rendre compte qu’ils avaient oublié leur parka?

Il y a aussi les animaliers, toujours bien vus, souvent efficaces, mais attention, renseigne-toi un peu, sinon gare à la déconvenue quand, un dimanche, enlacés, lassés et repus par seize ou dix-sept parties de scrabble en trente minutes, vous vous abandonnerez lascivement au zapping et qu’il se rendra compte, au hasard d’un documentaire animalier malvenu, que finalement, le coati, c’est pas sympa du tout. Dans cette catégorie, il y a quelques pièges basiques à éviter: mon bichon maltais, mon boeuf, mon huître, ma truite (et la plupart des noms de poissons, en général, sauf peut-être saumon)(ah non, même pas, tiens) sont fortement déconseillés sauf autorisation signée par une autorité compétente.

Sinon, il y a aussi mon salaud, mais c’est moins bien.

La musique adoucit le beurre

(ce titre vous est offert par la poule du fil)

Cette semaine, dans les salles obscures, deux films qui vont révolutionner l’histoire de le cinéma, Hannibal Lecter: les origines du mal et Massacre à la tronçonneuse, le commencement. Au niveau de la qualité du film, je peux pas tellement me prononcer (j’avais piscine). Par contre, l’idée de raconter le début de l’histoire, histoire qu’on comprenne mieux quels insignes tourments ont poussé les protagonistes des oeuvres majeures du septième art à devenir ce qu’ils sont aujourd’hui pourrait faire tache d’huile. Ou alors de beurre, mais moins.

Rocky 0
Le jeune Rocky Balboa, adolescent rebelle et torturé, en a marre qu’on le moque à cause de son nom ridicule. Sous le regard affligé de sa voisine de classe Adrienne, qui le trouve sympa mais un peu conno et qui est amoureuse de Framboisier, leur prof de cathéchisme, il sombre alors dans la boxe et affronte des mecs aux noms encore plus improbables.

Le petit chaperon rouge: the first wolf
Le passé aventureux et tumultueux de Bérénice Rouge, la grand-mère du chaperon rouge, alors qu’elle n’est encore qu’une adolescente rebelle et torturée. Eprise depuis belle burette du boulanger, avec lequel elle échaffaude divers projets d’avenir, notamment celui d’aller en vacances à La Bourboule, son coeur chavire lorsqu’elle rencontre le laitier. Dès lors, elle se prend de passion pour les pots de beurre autant que pour les galettes, dichotomie trouble et sensuelle qui jamais ne la quittera. Pour faire le point sur sa vie, elle part alors vivre dans un ashram dans la forêt, où elle tombe éperdument amoureuse d’un loup (elle est un peu volage)(elle est également championne de karaté, mais le film s’attarde très peu là-dessus). Mais leur amour est impossible, car elle est végétarienne, et elle décide de s’inscrire aux jeunesses communistes de son village.

Seven, zirka zwanzig Jahren vorher
Le jeune John Doe, adolescent rebelle et torturé, décide de devenir serial killer parce que la vie est une pute. Marqué par un film vu pendant son enfance, il décide de commettre sept meurtres, selon un scénario précis, froid et implacable qui devrait atteindre son paroxysme lors des deux derniers crimes. Il a même préparé une phrase appelée à devenir culte, « Apparemment, mon péché est atchoum, deviens simplet ». C’est en répétant qu’il se rend compte que ça le fait moyen, décide de renoncer à son projet et devient prof de macramé.

il dit qu’il a plus de genoux

Pendant la Préhistoire, on passait pas mal de temps assis en tailleur devant un feu de bois, le cul sur la pierre. Autant te dire que, comme le ukulélé avait pas encore été inventé, le contage était une activité importante.

Parmi les histoires populaires, il y avait celle de UhhGrruhr et de Uhgruuhrkaia, deux jeunes gens des cavernes qui s’aimaient d’un amour beau comme une sagaie dans l’omoplate d’un mammouth au petit matin, mais leur amour était impossible, elle vit dans la grotte d’à côté et ils s’entendent pas trop depuis une sombre histoire de mammouth poursuivi alors qu’il avait manifestement pénétré dans le territoire voisin, on voit bien que l’arbitre était suédois!, et donc leur amour est impossible et à un moment elle lui dit UhhGrruhr, UhhGruhr, pourquoi es-tu UhhGrruhr et il lui répond ahah non mais pas du tout, je suis HuGrrrrrrruhr, son cousin, alors ils se marient et ont beaucoup d’enfants.
Alors forcément, on se racontait ça, on modifiait un deux passages, parce que on avait pas le respect de l’oeuvre, tu vois?, on enlevait un bout, ce qui fait qu’au bout d’un moment, l’histoire devenait celle d’un chasseur de mammouth conplètement obsédé par Pigloo, le mammouth blanc géant.

Puis, un jour, le jeune UhhhGruhuhur le malicieux inventa un système basé sur l’utilisation de genre de signes et alors chaque signe ça voudrait dire un son, par exemple on dirait que § ce serait uhg et ¬ gruhr, ce à quoi son chef HuhHgrur le clairvoyant mais un peu grossier sur les bords quand même lui répondit « non mais t’es complètement con ou quoi? c’est complètement con ton truc ».

Il fallut attendre plusieurs siècles pour que l’invention de l’écriture, en Mésopotamie, bouleverse la société et le marché de l’édition. (C’est à peu près à la même époque qu’en Anatolie mineure, un type marcha malencontreusement sur un oursin qui passait par là et hasard, ce qui n’a rien à voir avec cette histoire (ce fut l’invention des cris turcs))

Au début, on se servit de l’écriture plus pour les comptes que pour les contes. Mais il ne fallut pas attendre longtemps pour que l’humain, toujours inventif, décide de mettre cette nouvelle technologie au service de son imagination débordante.


La blague du fou qui repeint son plafond, en mésopopotamien (à l’époque, ils montaient sur des sapins de Noël, les échelles n’étaient pas solides)

Malheureusement, il est toujours des esprits obtus pour entraver la marche de la créativité, et l’auteur de la première oeuvre fictionnelle se vit répondre « ah mais c’est pas de la littérature, ça! » par son chef, Jean-Uhgrur le un peu chauve.

Il faut dire que ce n’était pas de la littérature, mais une liste de courses.

La truite de Brian Joubert

tout ça, c’est de la faute à badibuh

Nous sommes au XIXe siècle, un mardi. Le jeune Maurice Berthier aimerait faire carrière dans la peinture et décide donc de s’inscrire au premier festival international de la création artistique, de la chaussure en bois massif et de la raviole. Il demande à sa cousine, Jacqueline Berthier, de poser pour lui.

Maurice Berthier décide d’intituler son drapeau « Jacqueline Berthier guidant un petit épagneul », ode à la pureté, à la nature et aux épagneuls. Mais, soudain, c’est le drame. Jacqueline décide, dans une soudaine impulsion, de se départir de son corsage, histoire de faire plus artistique. Mais à l’époque, la connexion adsl n’existait pas et tous les gars du village accourent. Quand Maurice Berthier finit enfin son tableau, il rajoute encore un drapeau français, car il peint super bien les drapeaux. En effet, plus jeune, à l’école primaire de Charenton-Saint-Maurice, il a pris un cours à option point de croix, macramé et drapeaux du monde.

Plus tard, il rencontrera un impresario, qui lui conseillera de prendre un pseudo. Maurice Berthier, qui est pour l’eugénisme (mais il croit que ça a un rapport avec ingénue, sinon il serait contre) décide de se faire appeler Eugène. Et c’est en souvenir de ses années scolaires qu’il prendra comme patronyme Dupointdecroix-et-delabannière (parce que le macramé j’aime moins), mais il sera régulièrement, et abusivement, appelé Delacroix.
L’impresario lui dira aussi que Jacqueline Berthier guidant l’épagneul, c’est complètement con, maintenant que la pauvre bête git sous les pieds velus de hordes de mâles concupiscents, mais on le soupçonne fortement de ne l’avoir dit que pour prouver qu’il savait l’orthographier correctement. Il convainc le jeune peintre de rebaptiser « La Liberté guidant le peuple ». (Eugène, lui, aurait préféré « les Gros nichons de ma cousine », mais avoue que ça aurait pas traversé les siècles)

Plus tard, il fera en sorte que l’on oublie l’histoire (en coulant son impresario dans du bronze liquide) et expliquera que ça parle de la liberté qui guide le peuple vers le supermarché du coin.