Bon pour ton poil - Der Blog, der lolt

Heimweh to hell

Dans le cadre des nouvelles mesures de sĂ©curitĂ© helvètes, je suis dans l’obligation de vous faire passer ce petit test d’intĂ©gration afin de dĂ©terminer si vous reprĂ©sentez un danger envers notre beau rĂ©duit national.

Un bon Ă©tranger est un Ă©tranger
en étrangéristan
riche
chauve
Suisse allemand

Pour faire une bonne fondue, il faut
du Gruyère pas trop salĂ©, du Vacherin, un bon vin blanc, du kirsch, de la maĂŻzena et beaucoup d’ail
du Schabziger
beaucoup de chance
avoir perdu l’odorat dans un accident de cache-nez

Les quatre langues nationales sont
Le chtobirne, le français et puis… ah oui, l’italien et, ahem…
Le zĂĽridĂĽtsch, le bärndĂĽtsch, le baslerdĂĽtsch et l’anglais
Quatre langues ? Ça me paraît économiquement irresponsable
La langue de bois, la langue de boeuf, le langue de chat et l’Alinghi

Connaissez-vous l’hymne national ?
Non
Attends je crois que… non, en fait, non
C’est pas un truc avec des montagnes ?
Quoi, on a ça en Suisse ?

Citez un grand artiste suisse
Roger Federer
Henri Dès
L’architecte, lĂ … Corbier ?
Oskar Freysinger

Tiens, puisqu’on parle de Federer, il devrait
être sanctifié
changer de métier
changer de coiffeur
changer de femme

Delon, Schumacher, Polanski et consort sont en Suisse pour
la vue
le calme
le joddle
les Lausannoises

Faut-il faire pique atout avec deux au nell ?
Ça dépend si tu peux repartir derrière avec des bocks
Pas si tu as chantournĂ© un chasuble dans l’escabèche
Oh kottftammi vous les Welsches vous faites n’importe quoi
Ça dépend

Il paraît que dans les dossiers de Wikileaks y a des trucs qui concernent la Suisse
Probablement la recette de la fondue
Tu m’Ă©tonnes, le monde est tellement jaloux de la Suisse que les diplomates ont dĂ» s’en donner Ă  coeur joie
Wikileaks, ça a un rapport avec l’agriculture ?
Oh quelqu’un parle de nous ? Ils ont pas confondu avec la Suède ? Judihu !

L’armĂ©e suisse est
la plus efficace du monde
décorative
une sorte de grande 7e compagnie
quand mĂŞme le meilleur moyen d’apprendre des gros mots en Suisse allemand

La devise nationale est
Si on fait une exception pour un, on doit en faire pour tous
So geil !
Dedieu ste cramine
Le franc suisse

Il n’y a pas plus de questions parce que
ça coûte cher
il est interdit de poster après 22 heures
ig ha mini Ovo no nid gha
c’est la crise

Maintenant, comptabilise tes rĂ©ponses. Si tu as aimĂ© comptabiliser, tu es probablement suisse. Si tu t’es trompĂ© dans le dĂ©compte, tu es sĂ»rement un welsche. Imprime tes rĂ©ponses en huit exemplaires et envoie les par fax au Conseil fĂ©dĂ©ral. D’ici huit ans, tu devrais avoir les rĂ©sultats.


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Pondu par raph le Tuesday 30 November 2010 oui je sais la date est en anglais, c'est parce que je suis trop hype dans ma tęte.

Avec ma gueule de patrimoine

Un samedi, la famille Chouffron, de Frambouhans (25), reçut Ă  dĂ®ner des amis, les Planchaud. Catachrèse Chouffron, (qui avait grandi en CĂ´te d’Or) prĂ©para son fameux boeuf bourguignon, avec en entrĂ©e une terrine au poivre. Paul-François Chouffron s’Ă©tait chargĂ© du dessert, une tourte dont il disait dĂ©tenir la recette d’une vieille tradition familiale, mais qu’il avait en rĂ©alitĂ© dĂ©couverte sur marmiton, alors que les Planchaud avaient amenĂ© un petit vin d’Arbois et les fromages. Et c’est justement au moment du morbier que dĂ©barqua un car entier de touristes japonais venus immortaliser le repas gastronomique Ă  la française, rĂ©cemment inscrit au patrimoine mondial de l’humanitĂ© de l’UNESCO.

Pendant ce temps-lĂ , des gens essayaient de faire inscrire Le Corbusier au mĂŞme patrimoine mondial. Pas juste une de ses constructions les moins laides, non, tout son patrimoine architectural.
Puis ce fut la folle cavalcade. Tout le monde voulait voir ses spĂ©cificitĂ©s culturelles reconnues. Les Italiens firent inscrire le farniente au patrimoine mondial de l’humanitĂ©, les Suisses les bacs de gĂ©raniums devant les fenĂŞtres des chalets au gazon soigneusement tondu et ornĂ© de nains, les Espagnols tentèrent d’y faire inscrire le fait de gagner toutes les compĂ©titions sportives, les Russes le petit verre de vodka d’avant 9 heures du matin et les Bretons leurs chapeaux ronds. Partout, dans le monde, il se formait des comitĂ©s de soutien pour tout et n’importe quoi, le quadrille, la country, le ukulele, l’alpinisme, la viande en sauce.

Un village fit inscrire son architecture particulièrement banale, un autre ses toits particulièrement rouge, un troisième son bar PMU particulièrement fermĂ© le lundi, un dernier son allĂ©e de platanes, une des seules au monde Ă  compter 17 platanes. Les demandes ne cessaient d’arriver et cette annĂ©e-lĂ , l’UNESCO embaucha des centaines de nouveaux spĂ©cialistes en inscriptions.

C’est Ă  ce moment-lĂ  que quelqu’un demanda “mais Ă  quoi ça sert, au juste, un patrimoine ?”, mais il se fit très vite rappeler Ă  l’ordre.

Une twitteuse jusque lĂ  mĂ©connue demanda officiellement Ă  l’UNESCO d’inscrire ses seins au patrimoine mondial de l’humanitĂ©. L’idĂ©e fit dĂ©bat: de notes de blogs en vidĂ©os youtube et en groupes de soutien sur Facebook, le buzz fut Ă©norme. Les journaux s’emparèrent de son histoire, dĂ©clenchant des centaines de commentaires (tout ça, c’est pour dĂ©tourner l’attention des vrais problèmes de la sociĂ©tĂ© que sont l’islamisation rampante et la construction europĂ©enne (Le Figaro) / tout ça, c’est de la faute Ă  Sarkozy (LibĂ©ration)). Puis, au bout de six mois, quelqu’un demanda “au fait, on les a vus, les nichons de la meuf” et comme tel n’Ă©tait pas le cas, on passa Ă  autre chose.

Puis un groupe de militants postnĂ©oalterhippies proposèrent d’inscrire l’humanitĂ© au patrimoine mondial de l’humanitĂ©. Ce fut acceptĂ©, ce qui provoqua immĂ©diatement une fissure dans l’espace-temps et, Ă  terme, l’invasion du monde par des crĂ©atures ressemblant un peu Ă  des kangourous mais pas trop.

Quant à Paul-François Chouffron, il aurait bien repris un peu de salade.


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Pondu par raph le Friday 26 November 2010 oui je sais la date est en anglais, c'est parce que je suis trop hype dans ma tęte.

Est-ce PQR ?

Des nuages noirs s’amoncelaient. Le vent se faisait plus mordant, tout droit venu des rĂ©gions arctiques. Le premier flocon n’allait plus tarder Ă  tomber.

Pierre-Pascal sortit de son bureau et demanda au premier quidam venu ce qu’il pensait de la neige. RĂ©flexe pavlovien. Cela faisait pourtant des annĂ©es qu’il avait arrĂŞtĂ© le journalisme, sa famille le pressant de se consacrer Ă  une activitĂ© sĂ©rieuse. Mais, chaque hiver, c’Ă©tait la mĂŞme chose : le jour des premières chutes de neige de l’annĂ©e, il ressortait sa vieille camĂ©ra et s’en allait interviewer Olaf, automobiliste en train de changer ses pneus, Hojt, employĂ© communal très affairĂ© Ă  dĂ©neiger les rues, et la cĂ©lèbre mĂ©tĂ©orologue Maria Mettral qui lui disait que il n’y a plus de saisons, mon bon monsieur, ces enfants heureux de jouer dans la neige mais bien conscients que leur bonhomme ne tiendrait pas la nuit, mince de mine, ça vaut bien la peine, on perd une carotte Ă  chaque fois.

De tous les marronniers, la première neige avait toujours Ă©tĂ© son prĂ©fĂ©rĂ©. La journĂ©e mondiale de l’alcoolisme, la journĂ©e mondiale de la salpingite, la journĂ©e mondiale de la jupe, il s’en passait volontiers. La baisse des rĂ©servations de vacances, la hausse du prix de l’essence, la rentrĂ©e scolaire, l’anniversaire du siège de SĂ©bastopol et l’Ă©mergence des blogs de mode, il n’y avait jamais plus repensĂ©.

En revanche, il se souvenait avec effroi d’un hiver terrible. Le premier flocon, timide, avait attendu janvier pour se montrer. Quand, enfin, il avait touchĂ© terre, Pierre-Pascal avait brandi sa camĂ©ra pour s’en aller glaner de prĂ©cieux tĂ©moignages glacĂ©s. Las. Ce jour-lĂ , un cruel destin avait fait coĂŻncider le fait d’hiver avec tant d’Ă©vĂ©nements si importants que l’agression d’un rottweiler par une vieille et un nouveau rebondissement dans l’affaire du type qui faisait la grève de la faim depuis six mois que le reportage sur les premières chutes de neige avait Ă©tĂ© rĂ©duit au minimum, 15 secondes d’images en musique en fin de journal.

Mais oĂą sont les neiges d’antan ?, se demandait Pierre-Pascal, qui officiait aujourd’hui comme Community Manager pour une grande entreprises de saucisses.

Mais soudain, il vit foncer sur lui Plectruda, la jeune stagiaire qui l’avait remplacĂ© lorsqu’il avait quittĂ© Goumoens-TĂ©lĂ©. « Monsieur, je vous prie, pourriez-vous me dire ce que vous pensez de la neige ? » « Mais, ma pauvre enfant », rĂ©pondit-il avec ce souci de didactisme qui l’avait toujours caractĂ©risĂ©, « c’est complètement con, comme question. »


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Pondu par raph le Thursday 25 November 2010 oui je sais la date est en anglais, c'est parce que je suis trop hype dans ma tęte.

XY

Aujourd’hui, nimbĂ© de mystère, un anonyme m’a demandĂ© sans brĂ»ler son pourpoint d’analyser GĂ©nĂ©ration TEXTO, l’hymne gĂ©nĂ©rationnel des Be Wiz’U.

J’ai commencĂ© par dĂ©cliner poliment, car Ă  trop tirer sur les ambulances, on finit par faire pin-pon sur le chihuahua. Puis l’esprit de Mylène Farmer m’est apparu en songe et m’a dit qu’il fallait voir le deuxième sens qui se cachait derrière le premier sens qui apparaĂ®t en premier (c’Ă©tait peut-ĂŞtre l’esprit de Nicola Sirkis, finalement). Et c’est lĂ  que j’ai compris que cette chanson Ă©tait bien plus subtile qu’on ne le croit de prime abord.

(Je te signale au passage, jeune googlisateur Ă©garĂ©, que ce site est le premier de tous les internets Ă  proposer les paroles de cette chanson, moins une strophe, dans une orthographe approchant plus ou moins celle prĂ©conisĂ©e par la gĂ©nĂ©ration Larousse)(merci Ă  balbinus de m’avoir aidĂ© Ă  reconstituer les paroles)

TEXTO GĂ©neration texto

Il y a un terrible malentendu quant Ă  cette chanson : comme elle est chantĂ©e par des enfants, on s’imagine qu’elle parle d’enfants. Comme si, en raison de leur jeune âge, ils ne pouvaient se mettre dans la peau d’un autre, tenter de comprendre les attentes et les espĂ©rances des gĂ©nĂ©rations qui les ont prĂ©cĂ©dĂ©s et, de ce fait, crĂ©er un pont intergĂ©nĂ©rationnel entre nous et le ciel.
Or, qui est la gĂ©nĂ©ration Texto ? Et bien, c’est nous, bien sĂ»r ! Nous, les presque digital native, qui avons appris les balbutiements de la rĂ©volution informatique avec Donkey Kong, qui avons Ă©tĂ© les tout derniers Ă  dire “moi en tout cas, j’aurai jamais de tĂ©lĂ©phone portable” et les tout premiers Ă  en acheter, vingt minutes après les premières offres “si tu t’engages Ă  t’abonner pour les quatre prochaines annĂ©es et Ă  nous donner ton fils aĂ®nĂ©, on t’offre un rabais substantiel de 2 francs 50 sur l’achat de ton superbe Nokia 4210 (avec le compositeur et le jeu du serpent pour t’amuser pendant des heures)”. Nous qui avons inventĂ© le langage sms et qui, aujourd’hui, refusant de reconnaĂ®tre le monstre que nous avons crĂ©Ă©, nous en moquons.
Il ne s’agit donc pas d’une chanson sur les dĂ©rives d’une jeunesse perdue, mais au contraire, et c’est un thème original et jamais traitĂ© jusque lĂ , du moins pas avec une telle acuitĂ©, d’une oeuvre Ă©voquant la nostalgie des trentenaires.

Nous on s’aime et on s’le dit sur msn

Une gĂ©nĂ©ration, donc, qui est arrivĂ©e sur le marchĂ© du travail plus ou moins en mĂŞme temps que l’internet et qui, pendant que Madame Gomez de la compta n’y comprenait rien Ă  tous ces e-mails, installait en douce msn pour pouvoir wizzer des meufs discretos pendant ses heures de boulot.

TEXTO Génération texto
Et on soigne notre look en photo sur facebook

Et qui, aujourd’hui, Ă  l’heure du premier cheveu blanc, retrouve Gisela, son amour de primaire, sur Facebook et remplace donc sa photo de profil en slip Ă  Eurodisney par une autre, en noir et blanc avec le regard perdu dans l’infini.

Communiquer est maintenant si facile

Dame, oui. Avant, il fallait faire des simagrĂ©es pour faire comprendre Ă  Gisela qu’elle nous plaisait, maintenant, un poke et c’est rĂ©glĂ©.

On se passe des appels utiles ou futiles.

Alors que du temps de notre enfance dorĂ©e, impossible de se passer des appels futiles, on n’avait pas le temps pour le badinage, il fallait d’abord aller travailler Ă  la mine et combattre les rhinocĂ©ros laineux. (En plus, quand on appelait Gisela, c’est sa maman qui rĂ©pondait et elle faisait un peu peur)

On s’envoie des photo c’est instantanĂ©

Et, miracle de la technologie, on peut même lui demander une photo de ses seins sans que les développateurs ne nous regardent avec leur air égrillard.

En prenant soin de ne pas Ă©clater son forfait

Car la gĂ©nĂ©ration TEXTO sait mieux que quiconque l’importance d’Ă©conomiser, ça fait trente ans qu’on lui fout savamment la trouille Ă  grands coups de crises et de chĂ´mage.

Quel est ton pseudo et ton numéro ?

Alors c’est le 079 473
non pardon, je suis con
lol
mdr
Oui donc ce passage illustre brillamment la schizophrĂ©nie croissante dont sont victimes les utilisateurs des nouveaux vecteurs de communication, obligĂ©s de constamment jongler entre sms, tweet, statut facebook, billet de blog sur son blog perso, sur son blog corporate, sur le blog de son club de frisbee, de jongler entre toutes ces identitĂ©s numĂ©riques sans s’y perdre, de se rappeler que bogoss du 2740 sur msn, Jean-Pierre Frouchard sur Facebook et “le mec chelou qui me stalke, je sais plus d’oĂą je le connais” dans le rĂ©pertoire tĂ©lĂ©phonique de Gisela ne font qu’un.

Je t’envoie des fichiers pièce jointes en dossier

Et c’est lĂ  qu’on comprend, soudain, que la chanson ne parle pas des jeunes, qui ne se laisseraient jamais aller Ă  dire des choses pareilles. Elle Ă©voque le drame de ces gens, qui restent nos amis mĂŞme s’ils n’ont jamais tellement Ă©tĂ© fans de tous ces ordinateurs, et nous disent tu pourrais pas venir regarder, toi qui es trop un djik, pourquoi quand j’envoie des pièces jointes en dossier ça passe pas est-ce que c’est Ă  cause de mon firework ou bien parce que j’ai pas mis Ă  jour l’antivirus d’internet explorer ?

Je t’envoie un sms, tu le reçois express
Tu me réponds par courriel sur mon adresse mail.

On retrouve l’idĂ©e forte du jonglage entre les mĂ©dias.

Refrain

on aimerait tous un phone customisé en logo

On retrouve l’idĂ©e de la personne qui aimerait utiliser les mots juste mais a visiblement de la peine. Et qui aimerait apporter un peu d’humanitĂ© Ă  ce monde technologique en personnalisant le logo de son tĂ©lĂ©phone.

blindé en unités,

Une petite mĂ©taphore guerrière assez saugrenue, peut-ĂŞtre pour rappeler que nos premiers tĂ©lĂ©phones ressemblaient Ă  des chars d’assauts.

non-stop en réseau

et qu’aujourd’hui, on peut ĂŞtre connectĂ©s en permanence

Avoir un abonnement tout illimité
Bien plus pratique pour ne pas Ă©clater ton forfait

Ça c’est vrai, on ne le dit pas assez souvent, mais ne pas avoir de forfait est un assez bon moyen de ne pas l’Ă©clater. Pensez-y, chez vous.

Attrape mon pseudo
prends mon numéro
J’ai des trucs Ă  t’envoyer on va bien se marrer

Loin d’isoler, ce dont on l’accuse souvent, cette prolifĂ©ration de mĂ©dias permet de partager ses plus belles crĂ©ations de pps de chats.

Je suis en forme de lol
DJ Ă  la mode

(je ne suis pas sĂ»r d’avoir retranscrit ce passage correctement… c’est gentil de faire chanter les jeunes porteurs d’appareils, minoritĂ© visible opprimĂ©e certes, mais enfin, j’ai rien compris et je n’ose plus redemander Ă  mes facebook friends de peur de ne plus me faire poker aussi souvent)(enfin, il s’agit d’exemples de trucs qu’on peut s’envoyer, probablement, donc remplacez ça dans votre tĂŞte par “pps de chats” et ça passera)

Trop fort je l’ai Ă©coutĂ©
et téléchargé

On sent dans cette dernière phrase un plaidoyer, vibrant et courageux, en faveur le tĂ©lĂ©chargement, ce qui est assez rare de la part d’artistes francophones.


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Pondu par raph le Tuesday 23 November 2010 oui je sais la date est en anglais, c'est parce que je suis trop hype dans ma tęte.

France Moisir

Il y a eu ce moment fatidique oĂą les mots qui sortaient de ta bouche t’ont estomaquĂ© toi-mĂŞme. Dans une BD franco-belge, il y aurait eu une scène avec ta bonne et ta mauvaise conscience en train de se battre. Sauf que celle qui a gagnĂ© Ă  la fin, ce n’est pas ta bonne conscience et pas plus ta mauvaise, c’est ta conscience employĂ©e d’Ă©tat. Celle qui, pour qu’on lui foute la paix, finit par accepter n’importe quoi.
C’est ta faute, en plus. Quand tu l’as vue approcher, tu aurais dĂ» baisser la tĂŞte, regarder ailleurs, passer ton chemin. Mais non, jovial et naĂŻf, tu l’as laissĂ©e te baratiner jusqu’au bout. Elle Ă©tait jolie, bien sĂ»r, mais quand mĂŞme, tu aurais pu lui dire que tu avais un truc sur le feu (oui, ça se passait au salon du livre, et alors ?), un rendez-vous garĂ© en double-file, je ne sais pas, fais travailler ton imagination ! Tu t’es doutĂ© que quelque chose clochait quand elle t’a conseillĂ©, sans sourciller, un bouquin qui te plairait probablement. Elle t’a demandĂ© ce que tu lisais en ce moment, tu lui as rĂ©pondu « J’adore Pratchett… ah vous connaissez pas ? c’est de la fantasy parodique, disons » et elle t’a conseillĂ© « Je l’aimais pourtant parce que c’Ă©tait vrai, vous verrez, c’est plein de fantaisie. »

Et depuis, tu dois commander un livre. Tous les trois mois. Depuis trente ans. Au dĂ©but, naĂŻvement, tu t’es dit que ce n’Ă©tait pas si grave de commander un livre, c’est bien, les livres. Puis tu as Ă©tĂ© sur leur site. Rayon littĂ©rature, y avait le dernier Musso et le nouveau Placid et Muzo. Tu t’es dit que tu allais y rĂ©flĂ©chir encore un peu. Quand tu as reçu un sms, un mail, un coup de fil, un coup de fax et un message Ă©crit au canif sur le cartable de ton aĂ®nĂ© Benjamin, te prĂ©venant que « attention, si vous ne commandez pas dans les 5 minutes, un châtiment terrible vous attend : notre sĂ©lection du mois », tu t’es dit que bon, ok, faudrait quand mĂŞme voir pour commander un truc. Tu t’es rabattu sur « la cuisine ayurvĂ©dique expliquĂ©e Ă  mon chien », un best-seller très bien. Il est toujours dans son emballage.

Trois mois plus tard, tu as opté pour un roman historique qui te plonge dans une fabuleuse histoire au coeur des sentiments humains. Il est très pratique pour caler ta cheminée.

Trois mois plus tard, tu as pas fait gaffe et paf, tu as reçu la grande sĂ©lection du mois. Dans un moment de dĂ©sespoir, tu l’as lue. Depuis, tu ne vois plus le monde de la mĂŞme manière. Tu as de la peine Ă  t’endormir le soir, il paraĂ®t que tu hurles souvent « non, pas la sĂ©lection, pas la sĂ©lection », ce qui a grandement nui Ă  ta carrière footballistique. Tu as dĂ©cidĂ© de te lancer dans un grand roman sur les retrouvailles d’un boucher-charpentier avec son amour de jeunesse qu’il croyait dĂ©cĂ©dĂ©, tu as ajoutĂ© des mĂ©taphores filasses et des descriptions Ă  l’Ă©rotisme si intense que mĂŞme ton Ă©pouse, mère de tes huit enfants, t’a cru vierge en les relisant. Juste pour te venger. Juste pour que ça devienne un jour la sĂ©lection du mois et que des gens souffrent comme tu as souffert.

Et ce n’est pas le pire. Dans un instant de faiblesse, tu leur as donnĂ© ton numĂ©ro de portable. Ils t’appellent tout le temps. Pour t’offrir des trucs. Tu ne peux quand mĂŞme pas insulter des gens qui t’appellent pour t’offrir des trucs, si ? Si. Après 17 appels anonymes en absence, tu te sentais important : « J’ai un stalker, les mecs, j’ai un stalker ! » Tu as quand mĂŞme fini par dĂ©crocher, de guerre lasse. Ton stalker t’a parlĂ© d’une grande promo sur les DVD de Michel Boujenah. Très vite, sans respirer. Le fait que tu lui dises que ça ne t’intĂ©resse pas l’a Ă  peine Ă©branlĂ©. Le fait que tu lui dises « partez oĂą j’appelle la police » guère plus. A qui tu vas les refourguer, ces DVD, maintenant ?

Puis ils ont recommencĂ©, 32 appels en absence, des fax, des signaux de fumĂ©e puis, finalement, un message attachĂ© Ă  la patte d’un corbeau mort retrouvĂ© devant la porte de ta rĂ©sidence secondaire dans l’Oberland sarthois : « Prends garde, car un grand danger te menace. -50% sur tous les ouvrages de Marc LĂ©vy. Bisous. »


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Pondu par raph le Wednesday 17 November 2010 oui je sais la date est en anglais, c'est parce que je suis trop hype dans ma tęte.

Beurre remanié

Ce dimanche, nos amis français, en plus de la Formule 1, du rôti et de Drucker, ils ont eu droit à un remaniement ministériel.

C’est une spĂ©cialitĂ© locale. Chez nous, on laisse les ministres prendre la poussière pendant seize ans aux transports, pour pas gâcher. Probablement un hĂ©ritage calviniste. Chez eux, la durĂ©e de vie est de six mois, probablement pour bien montrer que les ministres, ça sert pas Ă  grand chose. Ici, tout le monde s’Ă©nerve quand les dĂ©partements sont tous dĂ©tenus par des jeunots qui ont moins de cinq ans de fonction, en France, on commence Ă  s’agiter quand il y a pas eu de rumeurs de remaniement depuis plus de six semaines. Ici, quand on vire un ministre, on en parle encore dix ans plus tard, outre-Doubs, quand on vire un ministre, on en profite pour faire un paquet de douze. Ici, pour ĂŞtre ministre si t’es socialiste, faut plaire Ă  la droite et donc ĂŞtre un socialiste pas trop marquĂ© Ă  gauche et… ah non, ça c’est pareil, tiens. Et chez nous, pour crĂ©er un nouveau sous-dĂ©partement, ça prend environ 120 ans de discussions alors qu’en Sarkozye, Ă  chaque remaniement, y a douze nouveautĂ©s. Ce coup-ci, c’est les ministères auprès des ministères, qui servent avant tout Ă  dire, si j’ai bien compris, “ah mais si, regardez, on a des femmes dans notre gouvernement, la ministre auprès du ministre en charge de la campagne et des oiseaux, c’est pas une femme, peut-ĂŞtre ? En plus elle est noire, arabe, rousse, gauchère, extrĂŞme-centriste et fan du FC Arles-Avignon, toutes les minoritĂ©s sont reprĂ©sentĂ©es au sein de ce gouvernement !”

Et de temps en temps, on trace un ancien ministère, et c’est de ça que je voulais te parler : la France n’a dĂ©jĂ  plus de ministère de l’identitĂ© nationale. Comment vont-ils vivre sans ? Vont-ils finir comme nous, malheureux hĂ©rĂ©tiques qui, dès que Federer est Ă©liminĂ© et les Ă©trangers criminels expulsĂ©s, oublions fissa toute notion d’identitĂ© nationale et nous laissons aller sans vergogne aux blagues sur les Valaisans ?

Je te laisse y rĂ©flĂ©chir, tu viendras me dire. Parce que de toutes façons je n’ai jamais tellement compris l’utilitĂ© de l’identitĂ© nationale pour des pays qui existent dĂ©jĂ . Ça te force Ă  te passionner pour le ski de fond ou l’escrime en fauteuil roulant, c’est une vraie saloperie.

Par contre, si tu veux dĂ©clarer indĂ©pendant ton quartier, ton immeuble, ta rĂ©gion ou ton groupe facebook, ça devient très utile. Mais il te faudra la fabriquer. Et c’est comme la mayonnaise, la recette a l’air simple mais si tu fais pas un tantinet gaffe, ça prend pas.

Pour fabriquer toi mĂŞme ta propre identitĂ© nationale, il te faudra d’abord une peuplade, si possible prĂ©-romaine ou Ă  la rigueur mĂ©diĂ©vale, qui a vĂ©cu plus ou moins dans le coin. Avec un hĂ©ros. Genre un mec qui, deux semaines avant que la peuplade ne se soit fait rĂ©tamer la gueule par CĂ©sar comme vous et moi, aurait dĂ©clarĂ© « Moi les Romains, tu sais ce que je leur dis ? De toutes façons c’est des truites ». Tant pis si, en fait, ladite tribu a passĂ© Ă  peine deux semaines dans le coin et pratiquait le sacrifice fĂ©lin, le but c’est que tu aies des mythes fondateurs. Après tu te dĂ©merdes pour mĂ©taphorer tout ça, montrer Ă  quel point ça illustre le combat actuel contre l’oppresseur. Parce que forcĂ©ment, il te faudra un oppresseur, sinon ça risque de moins marcher.
Mais pour ça, c’est facile, tu trouves un vieux qui parle un peu patois, ou alors qui radote et qui a perdu son dentier, et tu expliques que c’est Ă  cause de l’oppresseur qu’on a perdu notre langue et si on n’y prend pas garde, demain, ils nous empĂŞcheront de danser nos danses traditionnelles (il te faudra une danse traditionnelle, du coup. Essaie de demander au mĂŞme vieux, ça peut marcher). Après tu trouves un graphiste au chĂ´mage pour te faire un beau drapeau avec du rouge pour la rĂ©sistance contre l’oppresseur, du fuchsia pour le poids des traditions et une licorne parce que c’est classe, et un chanteur au chĂ´mage pour composer l’hymne national et, grâce Ă  la danse traditionnelle, remporter le prochain Eurovision et le tour est jouĂ©, tu as ton identitĂ© nationale et tu pourras occuper tes ministres au chĂ´mage. Il te faut aussi une devise nationale, que tu trouveras facilement sur evene.fr, et une Ă©quipe de foot. Ensuite, tu fais comme tu veux mais le mieux c’est encore de lancer une guerre.

Ensuite, tu te souviens que c’est un peu comme la mayonnaise et que ça va pas ĂŞtre possible, tu es au rĂ©gime, et tu jettes.


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Pondu par raph le Monday 15 November 2010 oui je sais la date est en anglais, c'est parce que je suis trop hype dans ma tęte.

Ă©quivalent, paraphrase, pareil, semblable

Parmi les objets super dangereux et pourtant en vente libre, que fait le gouvernement ?, il y a le dictionnaire des synonymes.

Prends un exemple. Au hasard. Si tu dis “les expatriĂ©s ont su conserver leur identitĂ©” ou “les immigrĂ©s refusent de s’intĂ©grer”, tu dĂ©cris exactement la mĂŞme situation, tu changes juste les mots. Et pourtant. Dans un cas, tu vois tout de suite le danger, tout le monde sait bien qu’une intĂ©gration ratĂ©e augmente l’insĂ©curitĂ©. Alors que dans l’autre cas, le seul danger que tu redoutes, c’est une indigestion après une fĂŞte traditionnelle au centre culturel.

InsĂ©curitĂ©, tiens, c’est bien, aussi, comme exemple. C’est synonyme d’apprĂ©hension, crainte, inquiĂ©tude. Par exemple, des enfants pourraient dire : “Je ne puis me joindre Ă  ce camp de poney, en raison de la terrible insĂ©curitĂ© que provoquent en moi ces crĂ©atures dĂ©moniaques.” Ou alors leurs parents, au contraire, pourraient affirmer : “Nous avons dĂ©cidĂ© d’installer une veilleuse dans la chambre de Toni, il souffrait d’un sentiment d’insĂ©curitĂ© face aux monstres clandestins cachĂ©s sous son lit pour profiter de notre système”. Attention aux faux amis, “combattre le sentiment d’insĂ©curitĂ©” n’est absolument pas synonyme de “coller tous les mĂ©chants du monde au trou une bonne fois pour toute qu’on n’en parle plus” mais juste de “mettre des veilleuses Ă  tous les coins de rue pour que les gens aient l’impression d’avoir un peu moins peur (mais pas trop, quand mĂŞme, ils seraient encore foutus de ne plus voter pour nous après, ces cons)”

Mais il y a d’autres synonymes nettement plus sympathiques. Par exemple, au lieu de “on m’a invitĂ© Ă  un apĂ©ro, je vais aller boire des coups et raconter des conneries aux potes”, tu peux très bien dire “on m’a invitĂ© Ă  une verrĂ©e, je dois y aller pour faire du rĂ©seautage”. Ou pour “j’ai encore passĂ© l’après-midi Ă  glander sur Facebook (j’ai vu une super vidĂ©o de chat)”, “mon expertise en networking ferait de moi un redoutable community manager (ou alors, un expert ès fĂ©lidĂ©s)”
Et plutĂ´t que “je ne sais pas du tout quelle chute apporter Ă  ce post”, on prĂ©fĂ©rera “j’aime laisser le lecteur sur une fin ouverte”


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Pondu par raph le Thursday 11 November 2010 oui je sais la date est en anglais, c'est parce que je suis trop hype dans ma tęte.

Paint it black

Aujourd’hui, rĂ©pondons Ă  cette question existentielle et capitale:

Peut-on se plaindre des gens qui se plaignent tout le temps ?

PopularisĂ©s par les rĂ©seaux sociaux, un terrain qu’ils affectionnent et oĂą ils se reproduisent comme des grille-pains, les gens qui se plaignent tout le temps ont pourtant toujours existĂ©. Des archĂ©ologues ont rĂ©cemment dĂ©couvert le crâne d’un homme abattu Ă  grands coups d’os de tigre Ă  dents de sabre il y a plus de 18 212 ans, très probablement parce qu’il se plaignait encore que mais c’est pas vrai, y a encore du mammouth Ă  la cantine ?

Ils sont lĂ , partout (mais surtout Ă  la buanderie et Ă  la poste), prĂŞts Ă  maculer de noir les murs de la vie. Ils trouvent que rien n’est comme avant, les jeunes, les vieux, la nouvelle version de Facebook, ils ont cette particularitĂ© magique qui les rend si unique de ne jamais voir le verre Ă  moitiĂ© plein. Et si le verre est plein, ils se disent qu’ils n’ont pas soif et qu’ils auront la gueule de bois demain et qui c’est qui va devoir le laver, ce verre ?

Pour les reconnaĂ®tre, c’est facile, il suffit de leur tendre des pièges en leur annonçant des bonnes nouvelles.
« Tu vas être augmenté. »
« Pfff, je vais devoir payer plus d’impĂ´ts. »
« En plus ils annoncent du beau demain. »
« Aïe, je vais encore prendre des coups de soleil. »
« C’est demain que Scarlett Johansson vient te cuisiner une fondue nue, non ? »
« Pff, m’en parle pas, je digère jamais la fondue, et puis c’est pas un temps Ă  fondue, et en plus je sais jamais Ă©crire son nom… »
« Non mais demain ils annoncent du moche ! »
« Ça m’Ă©tonne pas ! Y a plus de saisons ! Ça pouvait pas durer, ce beau ! »

Une fois reconnus, n’essayez pas de les convaincre que la vie est belle (« Clair… ça va pas durer longtemps ») que les oiseaux chantent (« ça m’empĂŞche de dormir ») et qu’ils avaient Ă©crit Scarlett Johansson juste (« de toutes façons, je n’aime qu’HĂ©lène Segara »). Parce qu’au mieux, c’est eux qui finiront par vous convaincre que la vie n’est qu’une truite (« Pfff… comment tu veux que je continue Ă  utiliser cette expression maintenant que Cali me l’a piquĂ©e »).

Et donc, excĂ©dĂ©, vous n’aurez plus qu’une solution : trouver quelqu’un d’autre Ă  qui vous plaindre de l’autre qui se plaint. Oui parce que bon : si cette personne vous a choisi vous comme rĂ©ceptacle de ces pleurs, c’est pour une bonne raison. Comme par hasard, c’est toujours sur vous que ça tombe. Parce que vous ĂŞtes trop bonne poire. On vous y reprendra, tiens, Ă  vouloir rendre service. Et pourquoi ils passent leur temps Ă  se plaindre, d’abord ? Probablement pour vous faire chier, non (tu vois, ça commence Ă  prendre, lĂ ) ?
Et de fil en aiguille, vous entraĂ®nerez le monde entier dans une grande ronde macabre de l’amitiĂ© venimeuse, alors que si vous vous Ă©tiez contentĂ© d’un coup de maillet dès le dĂ©but (« Oh mais t’es chiant, tu sais bien que je prĂ©fère les battes ! »)


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Pondu par raph le Thursday 4 November 2010 oui je sais la date est en anglais, c'est parce que je suis trop hype dans ma tęte.

Je crois que c’est Clerc

La sĂ©millante LeĂŻleĂŻ m’a un jour demandĂ© de lui expliquer le coup des coquilles de noix dans la chanson « ce n’est rien » de Julien Clerc. Depuis, le temps a passĂ© et j’ai eu tout loisir de bien rĂ©flĂ©chir au sens cachĂ© de cette chanson. Si toi aussi, tu aimerais passer commande, choisis une chanson qui ne reste pas autant dans la tĂŞte, merci.

Si tu veux rĂ©Ă©couter la chanson en lisant ce post, je te laisse le choix entre cette vidĂ©o Ă  la chorĂ©graphie Ă©bouriffante et ce splendide montage rĂ©alisĂ© par un internaute (un jour, il faudra m’expliquer calmement pourquoi les gens font ça).

Ce n’est rien, Etienne Roda-Gil, Julien Clerc

Ce n’est rien

Du coup, on aurait pu s’arrĂŞter lĂ .

Tu le sais bien
Le temps passe
Ce n’est rien

C’est vrai. Le temps qui passe, c’est parfois un peu embĂŞtant, genre quand tu as oubliĂ© un truc en 2006 tu peux difficilement aller le rĂ©cupĂ©rer, mais si tu commences Ă  le prendre trop personnellement, Ă  t’attacher tellement Ă  chaque seconde qu’il te faut une semaine de deuil pour te remettre de sa mort, c’est vite gĂŞnant.

Tu sais bien

TMTC. Bestah. Pardon. Je reprends.

Elles s’en vont comme les bateaux

Un bateau ça s’en va assez lentement, en dĂ©rivant, après qu’on a dĂ©nouĂ© la corde qui le retenait Ă  la rive. Je sais pas qui est le elles de la mĂ©taphore mais Julien Clerc a l’air de pas les aimer

Et soudain
Ça revient

C’est plutĂ´t un bateau de ligne, donc, pas un paquebot, qui revient après avoir emmenĂ© des vieux en croisière au large des Ă®les, animation avec Roger et son accordĂ©on. Peut-ĂŞtre le MS Siesta ou le Ville de Morges qui revient les bras chargĂ©s de pendulaires frontaliers. Ou alors une barque de pĂŞcheurs, ou un pĂ©dalo.

Pour un bateau qui s’en va
Et revient

On comprend bien l’idĂ©e: c’est une chanson de marins.

II y a mille coquilles de noix
Sur ton chemin
Qui coulent et c’est très bien

Des marins qui, Ă  chaque fois qu’un bateau s’en va, sont très nerveux et mangent des noix toute la journĂ©e pour se dĂ©tendre un peu. Il faut pas, ça file des aphtes. Ils mangent des noix, ils balancent les coquilles Ă  la flotte, du coup, Ă  la fin de la journĂ©e, ils se disent “Ouh fan de chichoune, on y a Ă©tĂ© un peu fort sur les noix, ça m’escagasse, le patron va encore faire tout un pastis, comme le jour oĂą on en avait mangĂ© tellement que le Vieux Port Ă©tait bloquĂ©” mais heureusement, certaines coquilles finissent par couler et c’est très bien.

Et c’est comme une tourterelle
Qui s’Ă©loigne Ă  tire d’aile
En emportant le duvet
Qu’Ă©tait ton lit
Un beau matin

Je vois pas bien ce que ça vient faire lĂ , on parlait bateaux, laissons les oiseaux en dehors de tout ça, sauf Ă©ventuellement les mouettes qui suivent un chalutier. Toutefois, Julien Clerc fait bien de mettre en garde contre les dangers des tourterelles. On les nourrit et, paf !, un beau matin, ces saletĂ©s, non contentes de faire leurs besoins sur ta voiture pile au moment oĂą tu viens de la laver, elles te piquent ton duvet (ça ne m’est jamais arrivĂ©, probablement parce qu’on a plus de moineaux, de pigeons, dans mon coin, mais ça fout la trouille).

Et ce n’est qu’une fleur nouvelle

C’est Ă  la fois un bateau, une tourterelle et une fleur, donc. Je ne comprends plus du tout de quoi on parle, mais je refuse de monter dedans.

Et qui s’en va vers la grĂŞle

Une fleur qui s’en va ? Probablement un hommage Ă  PokĂ©mon, Chetiflor prĂ©fère fuir face Ă  l’attaque grĂŞle de son adversaire. Et c’est très bien.

Comme un petit radeau frĂŞle
Sur l’ocĂ©an

Alors pardon, je ne suis pas spĂ©cialiste en navigation, mais s’en aller vers la grĂŞle en radeau, c’est pas un peu con ?

Ce n’est rien

Je commence Ă  me le dire, oui.

Tu le sais bien
Le temps passe
Ce n’est rien
Tu sais bien
Elles s’en vont comme les bateaux
Et soudain
Ça prévient

Quand elles se barrent, c’est elles, mais quand elles reviennent c’est ça. Pas très classe.

Comme un bateau qui revient

Ok en mĂŞme temps, je comprends, on a pas envie d’ĂŞtre poli avec des gens qui balancent un coup de corne de brume en revenant.

Et soudain
Il y a mille sirènes de joie

Eh beh, ça doit en faire, un boucan.

Sur ton chemin
Qui rĂ©sonnent et c’est très bien

Très bien, faut le dire vite, si Ă  chaque fois qu’un bateau revient dans ton port y a autant de bruit, attends-toi Ă  pas mal de rĂ©clamations, tu sais comment sont les gens.

Et ce n’est qu’une tourterelle
Qui revient Ă  tire d’aile
En rapportant le duvet
Qu’Ă©tait ton lit
Un beau matin

Ouais, elle a eu des remords, c’est bien, mais elle aurait pu nettoyer un peu parce qu’il est tout salopĂ©, lĂ , mon duvet qui Ă©tait mon lit parce qu’Ă  cause de la crise j’ai mĂŞme plus les moyens de m’acheter un matelas.

Et ce n’est qu’une fleur nouvelle
Et qui s’en va vers la grĂŞle
Comme un petit radeau frĂŞle
Sur l’ocĂ©an

Ça prévient
Comme un bateau qui revient
Et soudain
Il y a mille sirènes de joie
Sur ton chemin
Qui rĂ©sonnent et c’est très bien

Et ce n’est qu’une tourterelle
Qui r’viendra Ă  tire d’aile
En rapportant le duvet
Qu’Ă©tait son nid
Un beau matin

Et ce n’est qu’une fleur nouvelle
Et qui s’en va vers la grĂŞle
Comme un petit radeau frĂŞle
Sur l’ocĂ©an

Ah, ça y est, je sais. J’ai compris le “elles” du dĂ©but. Elles s’en vont comme des bateaux, elles reviennent comme des radeaux, ce sont, les mĂ©taphores, c’est Ă©vident. Les mĂ©taphores qui peuvent ĂŞtre Ă  la fois des bateaux, des tourtes et des fleurs, mĂŞme si Ă  force de trop emmĂŞler leurs fils on se prend les pieds dans le tapis.
C’est une très belle chanson porteuse d’espoir, surtout pour les vendeurs de noix et de sirènes.


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Pondu par raph le Monday 1 November 2010 oui je sais la date est en anglais, c'est parce que je suis trop hype dans ma tęte.
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