Adieu u-blog je t’aimais bien, tu sais

Donc u-blog, c’est fini, et dire que c’était l’hébergeur de mon premier blog. Débrancher les fils trois ans après la mort clinique du patient, ça me semble finalement normal. Même si quelques personnes y restaient, par masochisme, par manque d’envie de tout transférer, ou par nostalgie de l’époque pré-loïquienne, de l’esprit bon enfant qui régnait en ces lieux, des bons conseils qu’on s’échangeait. Bon, j’avoue, le communautisme avait ses bons côtés. En cas de problème, pouvoir parler directement au créateur de la plateforme, qui bossait environ 28 heures par jour pour un truc qui ne lui rapportait rien, ça change de ce qui se passe un peu partout ailleurs. Beaucoup de gens passaient leur vie sur u-blog, oubliaient complètement d’aller lire ce qui se faisait de bien ailleurs. Mais d’un autre côté, on lisait toutes sortes de blog, de l’adolescente dépressive ou dépravée à l’avocat verbeux, alors qu’aujourd’hui, les communautismes se créent surtout par affinités. Et c’est là que j’ai commencé à lire Heidi, lalune, MKe qui sont devenus des amis-de-blog (jamais vus en vrai, bordel, faut faire quelque chose!)

J’avais été un des premiers à me barrer, avant que le navire ne prenne l’eau, un peu avant le mec qui se laissait appeler créateur d’ublog dans les médias, alors qu’il en a été le fossoyeur. Depuis 4 ans, des gens se sont installés ailleurs, certains ont déjà récupéré leurs notes (avec ou sans les commentaires), d’autres moins. D’autres ont suicidé leurs blogs.

Y a ceux qui sont là-bas et qui vont avoir du boulot pour récupérer toutes leurs images. Et puis, il y a tout ceux qui, un jour, ont arrêté, avec ou sans explication, ont disparu, sont devenus invisibles. Qui, peut-être, n’ont pas reçu le mail les informant de la prochaine disparition d’u-blog, ou qui n’ont aucune envie d’aller récupérer leurs archives. Donc, il reste un petit mois pour tenter de réussir un pari ou (re)découvrir les gens qui ont arrêté leur blog depuis, IroniePassagère, Tyshâ, Bernadette Frampaillon, marieisnotdead et ses conversations msn surréalistes, le truandeur et ses parodies plus fines qu’il n’y paraît, ou alors ce blog très très lucide.

peut-être une danseuse?

Il semblerait que le jeune Julien Doré n’ait aucun lien de parenté avec la sémillante Garance Doré, qui aurait pourtant des relations dans le showbiz, mais qu’il serait par contre l’arrière-petit-neveu de Gustave Doré et la fille d’Yves Montand.

Quant à la jeune Alizée, qui a une page wikipédia finalement pas si drôle que ça, elle n’aurait de lien de parenté ni avec Frédéric Mistral, ni avec Jean-Maurice Bise, ni avec Ken Tramontane et ne serait actuellement pas décédée.

Il semblerait également qu’il soit actuellement impossible techniquement de faire plus de 7 pas sans entendre Moi Lolita, chanson mystérieuse et troublante écrite par la mystérieuse et sulfureuse Mylène Farmer et musiquée par Laurent Boutonnat, le mec qui réalisait les clips que t’aimais bien à 15 ans parce que y avait toujours un moment où Mylène était à poil sur un cheval (tu aimais bien les chevaux à 15 ans)(enfin tu faisais semblant pour pouvoir chevaucher avec la voisine), mais là Julien il l’a réorchestrée alors on le voit pas à poil sur un cheval dans le clip, l’honneur est sauf (depuis, la voisine a 63 enfants et tu as bien compris que faire du cheval, c’était contrevenir au commandement divin « Tu ne joueras point avec ta nourriture »).

Or, cette chanson est mystérieuse et moyennement compréhensible, comme ça, du premier coup. Heureusement, j’ai arrêté le cheval.

Moi… Lolita
Paroles: Mylène Farmer. Musique: Laurent Boutonnat
© Requiem Publishing

Moi je m’appelle Lolita

Enchanté. Je me présente, je m’appelle Henri. ASV?
Non, on rigole, on rigole, mais se présenter au début d’une chanson, c’est bien. Très courtois.

Lo ou bien Lola
Du pareil au même

Ca va, elle est pas trop contrariante. C’est pratique en même temps. Des fois, tu rencontres une fille, elle s’appelle Lolita et toutes ses copines l’appellent Lo et toi tu comprends pas qu’il s’agit de la même et tu te poses plein de questions, par exemple pourquoi les dinosaures ils ont disparu? comment puis-je commander tempus fugit? à quelle heure on mange?, moi une fois ça m’avait fait ça avec une fille elle s’appelait Françoise mais toutes ses amies l’appelaient Machine, j’ai mis 60 ans à comprendre que c’était la même.

Moi je m’appelle Lolita

Là, elle répète, pour être sûr qu’on comprenne bien. A la fin de la chanson, elle fait une interro surprise et ceux qui arrivent pas à donner son prénom sont punis.

Quand je rêve aux loups
C’est Lola qui saigne

Donc là, c’est pour voir si tu suis toujours, paf! elle glisse un de ses surnoms dans une phrase pour semer le trouble, car c’est une troublante Lolita, mais en fait c’est d’elle qu’elle parle.
Et elle a des cauchemars plutôt pas drôles, avec des loups et du sang.

Quand fourche ma langue
J’ai là un fou rire

Heureusement, ça la traumatise pas plus que ça, elle est d’un naturel joyeux, un rien l’amuse, par exemple elle essaie de dire Moi je m’appelle Lolita (c’est les 9/10es de sa conversation, par contre) et à la place elle dit Moi j’ai ma pelle en titane et ça la fait marrer pendant des heures. C’est convivial, c’est gai.

Aussi fou qu’un phénomène

J’aurais plutôt dit convivial et gai que aussi fou qu’un phénomène, parce qu’un phénomène, c’est pas forcément fou, par exemple la pluie c’est un phénomène naturel, mais c’est pas fou, elle a eu de très bons résultats à son test psychologique, elle est juste un peu primesautière.

Je m’appelle Lolita

Je vais te dire, je m’en doutais.

Elle est un peu pénible, votre copine, là, à répéter son nom tout le temps.

Lo de vie, lo aux amours diluviennes

Des amours diluviennes, c’est une métaphore pour dire que après elle, le déluge. Lo de vie c’est une métaphore pour dire que non, elle est pas décédée, d’ailleurs elle s’appelle Lolita, et en plus c’est un super jeu de mots.

{Refrain:}
C’est pas ma faute

Tiens, on dirait une chanson de Raymond Domenech

Et quand je donne ma langue au chat
Je vois les autres
Tout prêts à se jeter sur moi

Pendant ses loisirs, Lolita fait de folles parties de Taboo avec ses amis, seulement elle est nulle. Ils lui disent « alors ça c’est un genre de fourchette mais pas vraiment et avec on peut… » et elle répond « Moi, je m’appelle Lolita…c’est pas ça? Non alors non, je vois pas », et ses potes ça les énerve.

C’est pas ma faute à moi
Si j’entends tout autour de moi
L.O.L.I.T.A.
Moi Lolita

Non, non, ne t’inquiète pas (elle est un peu parano, la fille, non?), c’est pas ta faute, c’est juste que tes parents t’ont donné un nom difficile à épeler au lieu de t’appeler Krysztof ou Hedwige comme vous et moi, alors les gens, comme ils savent que tu bloques un peu sur ton prénom, ils ont peur que ça te fâche si ils font une faute le jour où ils t’enverront une carte postale et ils s’entraînent à l’écrire. Ils savent que t’es un peu colérique, mais ça va, c’est pas ta faute, ça fait le sel du personnage, tu vois? Lâche cette enclume, maintenant.

Moi je m’appelle Lolita

Non mais si ça se trouve elle fait de l’alzheimer?

Collégienne aux bas
Bleus de méthylène

Je sais pas qui c’est, cette méthylène, mais faudra lui rendre ses bas bleus

Moi je m’appelle Lolita

Ou alors elle est d’obédience étrangère et elle sait dire que son prénom dans notre langue?

Coléreuse

D’ailleurs on dit pas colérienne, plutôt?

et pas
Mi-coton, mi-laine

Bon, à mon avis, cette phrase n’est pas là pour dire « en fait je suis acrylique », c’est juste que Mylène Farmer avait subtilement envie de rappeler qu’elle était l’auteuse de cette chanson tellement elle en était fière, elle avait fait le pari avec des amis qu’elle arrivait à placer 802 fois Lolita et une fois méthylène dans une chanson alors elle voulait souligner sa victoire, et du coup on se dit que cette chanson aurait été drôle si elle avait été écrite par Jean-Jacques Goldman comme tout le monde.

Motus

Mot mot mot mot motus

et bouche

cousue!

qui n’dit pas
A maman que je
Suis un phénomène

ah non, au temps pour moi, motus et bouche qui n’dit pas
définitivement, je pense qu’elle ne parle pas notre langue

Je m’appelle Lolita

Mais ça, on peut le dire à ta mère?

Lo de vie, lo aux amours diluviennes

luviennes

{Refrain, x2}

LO-LI-TA {x8}

{Refrain, x3}

Ca c’est au cas où t’aurais pas encore compris son prénom.

Cette chanson parle donc d’une jeune fille qui a des troubles de la personnalité au niveau de son prénom et ne fait donc pas, comme on l’a trop longtemps cru, référence à la Lolita de Nabucco.

Oops, i did it again

Cette vidéo fait le tour des blogs et est passée au petit journal.

Et c’est à la fois effrayant et drôle.

Sauf que, en fait, le monsieur en question est un contributeur régulier de youtube, il est même 30e au classement des gens qui ont le plus d’abonnés, et que sur sa page youtube y a cette inscription là: for business inquiries- contactchriscrocker@gmail.com, qui prouve qu’il est peut-être pas si cinglé que ça.

Ce qui est à la fois effrayant et décevant.

Ô temps, laisse pas traîner ton vol n’importe où, bon sang, les porte-manteaux c’est pour les poneys? Vas-y, suspends-le!

Cet été, sur la plage, tu as commencé à lire les grands classiques, Zola, Beigbeder, Houellebecq, Dan Brown et Télé 7 jeux. Tu as refait ton retard littéraire et maintenant, tu vas enfin pouvoir suivre la conversation. Sauf que tes potes ne parlent plus que rugby, ils t’ont expliqué que c’était un sport de brutes joué par des gentlemen et qu’il fallait aller de l’avant en passant en arrière. La 102e fois que tu as entendu ces deux phrases, tu t’es dit qu’en fait, c’était un peu comme la politique, le rugby, des tas de phrases que tout le monde répète à l’envi sans plus trop savoir qui c’est.

Mais dans un mois, tes amis cesseront de se passionner pour un sport de gens qui ne sont même pas capables de se faire fabriquer des ballons ronds, comme vous et moi, et recommenceront à s’enflammer pour les belles lettres comme au temps jadis, quand vous devisiez, la tête pleine de rêves et de fous espoirs, de littérature et de poisson pané jusqu’aux petites heures du matin.

Tu vas pouvoir profiter de Samoa-Japon pour dévorer l’ouvrage indispensable de la rentrée, le futur livre de référence de toute une génération. Tempus Fugit, un livre beau, un livre poignant, un livre avec plusieurs pages, composé de nouvelles belles comme le soleil qui se couche sur le sourire d’un enfant après la pluie au printemps, mais en plus on peut les lire alors que essaie un peu pour voir de lire le sourire d’un enfant, je te le demande. Pas moins de onze blogueurs triés sur le volley ont participé à cette belle aventure. Des blogueurs beaux comme des faons dans la fragile lueur de décembre, drôles comme un concert d’Oasis, sensibles comme la corde dont on fait les boyaux de chat, mais aussi fuligineux et géphyriens.

Combien de fois (à 247 près) avez-vous rêvé de lire, dans le même ouvrage, des oeuvres de chypor, agapi, nacha, sof, Daniel Rondeau, Fred Immixtion, Ataraxie, Marie, Louise Lazzy et mécolles illustrant les soyeuses photos de makuramis? Le 15 septembre, ce rêve fou, ce rêve insensé et insolent, ce rêve bleu deviendra enfin réalité.

Il suffira d’un signe, un matin, sur ce site. Et le dossier de presse complet est là, en pdf, comme quoi le monde est petit.

Et pour douze exemplaires achetés, un porte-clé qui clignote est offert.

Oui alors par contre, je tiens à préciser que mon texte est un peu plus sérieux que ce que tu as l’habitude de lire ici, y a même une métaphore.

La théorie du vilebrequin pané

Des fois, dans la vie, des gens déménagent. Des fois, c’est dieu, mais il a les moyens d’engager des pros. Des fois, c’est tes parents, et t’as beau les chambrer, tu te demandes un peu ce que tu vas garder de ta vieille chambre, les cd que t’assumes plus et les bd que tu liras plus jamais mais quand même, faut-il les garder ou les donner aux petits enfants aveugles? Et des fois, c’est des potes, trop proches pour que tu puisses dire « ouhlala j’ai justement la finale des championnats du monde de tchouckball ce jour-là » mais pas assez pour que tu dises « bon, prenez des déménageurs, c’est ma tournée ».

L’avantage, quand, pour une fois, c’est des potes qui déménagent et pas toi, c’est qu’il te reste que la partie technique. Tu peux assumer la part autiste de ta personnalité, porter des cartons, demander « je le mets où », le poser n’importe où parce qu’ils sont en train de s’engueuler pour savoir si faut directement les amener à la cave ou plutôt les mettre dans le séchoir et que mine de rien, ça pèse un âne mort et même faire la super blague « vous avez amené vos enclumes ou quoi? » cinq fois dans la journée.

Par contre, y a tous les inconvénients d’un déménagement. Y a toujours le moment où tu te rends compte que tous les gens qui avaient promis d’arriver à 9 heures 23 parlaient en fait en anciennes heures, mais c’est pas grave, viens nous aider à finir d’emballer les fourchettes précieuses en les attendant. Et le moment où tu constates amèrement que les gens qui déménagent ne vivent jamais dans des immeubles avec ascenseur. C’est une espèce de loi naturelle. Les appartements avec ascenseurs se meublent par génération spontanée. Jamais tu pourras tranquillement entasser des cartons dans la cabine et les envoyer au neuvième. Il faudra te taper les 423 marches en colimaçon avec le canapé huit places, le piano et la collection d’enclumes qu’ils pensent ne pas garder mais ils l’emmènent quand même en attendant, va donc les mettre au grenier, je te tiens l’échelle.

Y a toujours un type qui vient, mais qui doit se casser à midi, obligé. Y a aussi toujours un pote qui arrive quasi à l’heure mais qui a fait la fête jusqu’à six heures du matin, du coup il est serviable, il porte tous les cartons de moins de 500 grammes, mais bon, faut bien avouer qu’à force de s’arrêter pour vomir il ralentit un peu la manoeuvre. Mais comme il est super gentil, il comprend pas que « non mais tu devrais rentrer, on est assez », c’est un synonyme subtil de « bon, non mais là casse-toi ».

Mais ce n’est pas lui, le principal obstacle. Car il est des gens spécialement entraînés pour faire durer les déménagements. Des gens fourbes au service d’une association secrète, ou alors juste fourbes. Des gens qui connaissent la faiblesse de l’autiste moderne et qui finissent toujours par dire: « Vous voulez pas faire une pause? J’ai fait des tourtes! », ou « je vais conduire le camion, je te dis que ça passe ».

Tout ça pour te dire que ma conclusion est restée dans un carton.

Duo-pack au balcon, Noël en décembre

Le temps fuit comme le preux suricate devant un danger, mais en plus inexorable. Quand vient la fin de l’été, l’Homme pleure le temps jadis et tente de se remémorer les moments heureux du temps jadis, à jamais enfouis sous le terreau de la vie qui va (ce qui ne veut pas dire grand chose).

Ainsi, deux films à l’affiche sont consacrés à des icônes d’hier, aujourd’hui oubliées.

Tout d’abord La fille coupée en deux, tragique histoire dans laquelle Garcimore, alors qu’il s’entraînait pour le championnat du monde des magiciens, coupe malencontreusement en deux sa partenaire et se retrouve ainsi obligé de modifier un peu certains de ces tours, par exemple celui de la truite.


Et alors le vin il se change en eau, hihihi, extraordinaire


Et regardez bien le miroir, c’est Claude Chabrol qui apparaît, hihihi, extraordinaire

(Par contre, les dialogues sont un peu le point faible du film)


Par la force de la pensée, je vais deviner à qui tu téléphones, hihihi, extraordinaire


Fille coupée en deux, fille à moitié dans ton lit

Et puis, bientôt à l’affiche, le dernier volet des aventures de Jason Bourne: La musique dans la peau, tragique épopée au cours de laquelle le héros amnésique découvre qu’il a été longtemps un célèbre chanteur de zouk et que si de mystérieux ennemis ont tenté de le faire taire, ce n’est pas tellement parce qu’il cachait un terrible secret, mais surtout pour le faire taire.


Ka sa yé misyé bobo
Fo pa’w kon-prann bibi sé on kouyon… Que signifient ces paroles mystérieuses?


Toi? Un chanteur de zouk? Franchement, je pense qu’il y a maldonne!


Le moment-clé d’un film haletant: Jason Bourne rencontre un de ses admirateurs, qui entreprend de lui chanter Ba mwen en tibo tout en s’accompagnant d’une spectaculaire chorégraphie.