Bon pour ton poil - Der Blog, der lolt

Baby come back

La charte du parfait blogueur m’imposant de r√©guli√®rement m’exprimer sur des sujets que je ne ma√ģtrise pas compl√®tement, voici, pour toi, Zhom dans l’attente de bb1, une FAQ qui te permettra de tout savoir sur ton r√īle de futur papa.

Car c’est un fait av√©r√© : quand le futur petit bonheur √† venir arrondit d√©licatement le ventre de sa maman, cela cr√©e une r√©action hormonale subite qui pousse des gens √† venir lui toucher le ventre et lui prodiguer force conseils avis√©s : “Mais enfin, de l’alimentation ? Mais vous savez, madame, il ne faut pas prendre du poids !”. Il para√ģt que certaines personnes peuvent parcourir jusqu’√† 1400 kilom√®tres pour pouvoir toucher le ventre d’une femme enceinte et lui dire “√ßa alors, √† la fa√ßon dont il bouge, ce sera un gar√ßon, vous savez, il faut s’y prendre t√īt pour les inscrire dans une bonne √©cole militaire, vous devriez d√©j√† faire les d√©marches !” Alors que toi, pendant ce temps-l√†, tu te retrouves plant√© tout seul dans ton froc, et tu seras probablement condamn√© √† te toucher le ventre toi-m√™me. A peine Laurence Pernoud te jette-t-elle un regard discret. Pourtant, le r√īle de l’homme est toujours plus important : alors que, jadis, il fumait des cigarettes en faisant les cent pas dans les couloirs de la maternit√© puis avait beaucoup de travail pendant que ses chers petits, on ne les a pas vu grandir !, se droguaient et rateient leur contr√īle d’alg√®bre, aujourd’hui, la plupart des h√īpitaux sont non-fumeurs, ce qui nous oblige √† beaucoup plus nous investir dans le processus gestationnel.

Bref.

Une FAQ, on avait dit.

Vous savez ce que c’est, nous, les hommes enceintes, on s’√©gare.

Bref.

Je viens de parcourir Internet, j’ai biff√© de ma liste tous les pr√©noms dont des gens se moquent, car on ne voudrait pas qu’il soit la cible de quolibets, ce cher petit amour !!!, il ne me reste que Epic√®ne, Vladimir ou Fiat500 pour une fille et Athanagor ou Estragon pour un gar√ßon, en ai-je oubli√© ?
Les prénoms anciens reviennent à la mode : Kevin, Cynthia, Samantha, Kévin, par exemple.

Pourquoi est-ce que tout le monde me f√©licite ? Parce que pour le moment, tout ce que j’ai fait, c’est de mettre la petite graine dans le r√©ceptacle √† petites graines (voir figure 12) et franchement, ce n’est pas bien sorcier, m√™me Fran√ßois Hollande y arrive, lol, est-ce que les gens ne devraient pas attendre pour me f√©liciter que l’enfant atteigne la majorit√© sans passer par la case prison ?
Ah, toi aussi, √ßa te fait √ßa ? Ca me rassure, du coup, je me disais qu’on me f√©licitait, au vu de mon adolescence, d’avoir r√©ussi √† atteindre ladite (figure 12).

La sage-femme s’est exclam√©e : “C’est une fille !” Franchement, quand donc se sortira-t-on enfin de ces clich√©s genr√©s ?
On ne dit pas sage-femme, mais sage-personne.

Puis-je vous vendre de la publicit√© pour des langes recyclables en poil d’alpaga ?
Ah ben j’esp√®re bien ! Je vois pas vraiment l’int√©r√™t d’√™tre parent en 2014 si on ne peut m√™me pas en profiter pour faire des articles sponsoris√©s sur son blog.

Est-il vrai que poss√©der un b√©b√©, c’est un super moyen pour p√©cho ?
Partiellement. Evidemment, lorsque tu te rendras au parc avec ce cher petit bonheur !!!, nombre d’accortes jeunes personnes viendront te demander la permission de le prendre dans leurs bras fra√ģchement √©pil√©s. Mais tr√®s rapidement, au moment de leur compter les fleurettes, tu te souviendras d’un d√©tail important : tu poss√®des un b√©b√© en bas √Ęge.

Mon épouse vient de me demander : Peux-tu changer le bébé ? Pourtant, je trouve celui-ci très joli, comment le lui dire ?
Je crois que plus personne ne fait cette blague depuis 1839.

Cela fait maintenant seize heures cons√©cutives que l’enfant de mes voisins pleure. Le mien se laissera-t-il aller √† des comportements similaires ?
Bien s√Ľr ! Mais quand ce sera le tien, tu ne penseras pas “J’aimerais bien l’√©visc√©rer, qu’il sache pourquoi il pleure”, mais “Qu’il est mignon, le cher petit ange !!! et il le sera encore plus quand je l’aurai √©visc√©r√©, qu’il sache pourquoi il pleure”

Ah d’accord. Est-ce que vous pensez que je peux changer le b√©b√©, du coup ?
Contre un b√©b√© chat, oui. C’est autoris√©.

Connaissez-vous un excellent moyen de faire manger des légumes aux enfants ?
On a déjà eu cette conversation.

A l’heure du num√©rique, est-il bien normal qu’il faille plus de neuf mois pour la fabrication d’un enfant, ne faudrait-il pas songer √† optimiser les processus afin de cr√©er des synergies ?
Oui. Neuf mois, c’est le temps n√©cessaire pour annoncer le cher petit bonheur !!! √† ta famille, aller chez Ikea, te faire lentement √† l’id√©e et prendre vingt-cinq derni√®res cuites.

J’ai bien lu mon Laurence Pernod, surtout les images. Si j’ai bien tout compris, un enfant, √ßa pleure √©norm√©ment, sauf quand √ßa voit des seins. Quelle diff√©rence avec un utilisateur du r√©seau social Twitter ?
L’enfant, lui, rira √† tes blagues. Du moins pendant les six premi√®res ann√©es de sa vie.

Est-ce que je verrai, c’est que du bonheur ?
Oui. Et un peu de vomi.


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Pondu par raph le Monday 24 November 2014 oui je sais la date est en anglais, c'est parce que je suis trop hype dans ma tÍte.

WiFi génie

Jean-Olaf avait pris une d√©cision importante. Une d√©cision qui allait peut-√™tre bien changer sa vie. Il allait se passer d’internet. Pendant toute une semaine. “Ca peut para√ģtre fou, mais c’est comme √ßa”, l√Ęcha-t-il lors de la conf√©rence de presse qu’il avait organis√©e pour annoncer l’√©v√®nement, “le wifi de l’h√ītel ne marche pas tr√®s bien au cinqui√®me √©tage alors je me suis dit, pourquoi pas ? Ce sera l’occasion de questionner notre rapport √† la soci√©t√© de l’information dans un quotidien surconnect√©. Et puis les frais de roaming sont super √©lev√©s, en plus. Vous me direz si Federer gagne, hein, d√©connez pas ?”

Aussit√īt, les questions fus√®rent : “Mais comment allez-vous faire si par exemple Slate publie un article pour parler de l’article du Huffington Post France, qui est une traduction de l’article am√©ricain qui cite fortement une √©tude cit√©e par le Daily Mail online affirmant que les gens qui poss√®dent des chats sont plus dou√©s en hula hoop que les trompettistes ? Ou si, par exemple, le hashtag #remplaceletitredunfilmpardessaucissesap√©ritives devient tr√®s populaire ?”

Jean-Olaf tressaillit √† cette √©vocation. Il y a trois ans, lors du c√©l√®bre Robert Merlu gate, il s’√©tait fait l’auteur de plusieurs blagues d√©sopilantes, dont l’une avait √©t√© reprise dans l’article de 20 minutes “Robert Merlu – les internautes se d√©cha√ģnent”, ce qui lui avait valu sept nouveaux followers. Pouvait-il se permettre d’√™tre absent si un tel √©v√©nement se reproduisait ? Mais il devait √™tre fort. Il ne pouvait pas craquer. Pas maintenant.

Le temps passait. Lentement. Si lentement. Jean-Olaf s’ennuyait comme rarement il s’√©tait ennuy√©. Il avait du mal √† croire qu’au temps de sa folle jeunesse, lui et tant d’autres avaient r√©ussi √† surmonter des √©preuves telles que attendre que le feu passe au vert, attendre que le serveur passe prendre la commande, attendre que le serveur am√®ne l’addition, aller aux toilettes sans internet ou √©couter une phrase de plus de dix-sept syllabes sans t√©l√©phone portable connect√©. Que faisaient-ils de tout ce temps ? Rien. Pas √©tonnant qu’ils aient √©t√© si bizarres.

Mais Jean-Olaf essayait de faire contre mauvaise fortune bon coeur. Il doit bien y avoir des aspects positifs. Tout ce temps, je peux le passer √† m√©diter sur le sens de la vie, se disait-il. Tiens, cet oiseau √† la grise robe, son vol n’est-il pas majestueux ? Si seulement je pouvais aller sur wikipedia pour tout conna√ģtre de ses habitudes alimentaires et sociologiques !

D√©j√† vingt minutes. Cela commen√ßait √† devenir plus facile. Il n’avait plus cherch√© son t√©l√©phone dans sa poche depuis quatorze secondes. Il sentait qu’il commen√ßait √† se d√©tacher. Son esprit √©tait d√©j√† plus libre, plus serein, comme un oiseau √† la grise robe.

Il red√©couvrit le plaisir simple de lire le journal. C’√©tait √©tonnant. Ainsi, une personnalit√© √©tait d√©c√©d√©e la veille. Il ne la connaissait pas. Un acteur, semble-t-il, qui avait jou√© dans plusieurs films. H√© bien le journaliste ne disait pas “Incroyable, il va tellement nous manquer !!!” et ne faisait aucun jeu de mot. Quel manque de professionalisme. Il sauta les pages politique et √©conomie : personne ne s’insultait dans les commentaires, c’√©tait bien la preuve que le sujet n’√©tait pas si int√©ressant. Il posa sur une chaise le journal du matin et commanda un caf√© en riant. Toute cette histoire commen√ßait √† lui peser sur les nerfs.

Heureusement, il avait pr√©vu dans l’apr√®s-midi une visite guid√©e √† travers la ville, ses venelles √©troites et chamarr√©es, ses fa√ßades bucoliques, ses monuments fiers t√©moins d’un pass√© r√©volu, ses chats alanguis. Il se r√©jouissait de pouvoir enfin fl√Ęner, simplement, s’impr√©gner de cette culture mill√©naire. C’√©tait magnifique. Il prit 293 photos. Puis il h√©la des passants : “Regardez, madame, j’ai pris des photos !” “Oui, bon, moi j’ai mon bus √† prendre.” “Non, pardon, vous ne comprenez pas. J’ai pris des photos, #igersmaubeuge #ruelleporn #crustac√©s #nofilter #…” “Oui bon si vous continuez j’appelle la police.”
Neuf minutes plus tard, personne n’avait lik√© le moindre de ses clich√©s. Quand il y repensait, il avait fait une blague (est-ce que je pourrais avoir du sel… de cheval !!!) √† midi dans ce petit restaurant typique et personne ne l’avait retweet√©e. Et personne n’avait r√©pondu √† ses pokes. Il se sentait seul, si seul, abandonn√© de tous… Il s’assit sur le trottoir et pleura √† chaudes larmes.

Un quidam, voyant son d√©sarroi, entreprit de le r√©conforter. “H√© bien, monsieur, que vous arrive-t-il ?” “Je suis sans connexion fixe depuis… houla, plus de huit heures, je me sens vide, je me suis inexistant, je ne sais pas, je ne sais plus” “Ah, oui, je comprends, l’autre jour, le r√©seau est tomb√© en panne au bureau, j’ai √©t√© oblig√© de travailler plusieurs minutes d’affil√©e sans aucune distraction, √ßa a fait la une de tous les quotidiens, une horreur, je vais d√©poser plainte au conseil des droits de l’homme” “Fort bien mais d’ici l√†, peut-√™tre pouvez-vous m’aider, me dresser la liste des onze derniers motifs d’indignation, par exemple ? J’aimerais pas que les gens me pensent insensible parce que j’en ai rat√© un, voyez” “Je vois, je vois, mais h√©las, je les ai moi-m√™me rat√©s car cinq nouveaux niveaux de Candy Crush viennent d’√™tre d√©bloqu√©s.”

Pour se r√©conforter, Jean-Olaf tenta de penser que des tas de gens devaient √™tre dans la m√™me situation que lui, parce qu’ils √©taient trop vieux et n’y comprenaient rien √† tous ces internets, parce qu’ils vivaient dans des pays o√Ļ, h√©las, les infrastructures num√©riques laissent √† d√©sirer, ou alors parce qu’ils passaient le week-end au chalet. Des gens qui ignoraient tout du top 10 des chatons qui ressemblent √† des chevaux, qui n’avaient jamais lu le courrier du coeur de Slate et pensaient na√Įvement que cette rubrique existait depuis toujours dans des magazines pour adolescentes, voire qui, ignorant tout de la vraie et unique recette des p√Ętes √† la carbonara, les cuisinaient comme bon leur semblait sans se douter du drame terrible qui se tramait dans leurs assiettes en porcelaine v√©ritable. Il fondit en larmes.

Jean-Olaf avait pris une d√©cision importante. “Lol, vous y aviez cru ? Une semaine sans internet ? Lol c’√©tait trop un fake, les nuls”, l√Ęcha-t-il lors de la conf√©rence de presse qu’il avait organis√©e pour annoncer l’√©v√®nement.


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Pondu par raph le Monday 10 November 2014 oui je sais la date est en anglais, c'est parce que je suis trop hype dans ma tÍte.

Tonnerre de Brest

Vous le savez peut-√™tre : le batteur du groupe AC/DC Phil Rudd est accus√© d’avoir embauch√© un tueur √† gages. Pour le groupe, le coup est rude (lol)(√ßa fait un jeu de mots avec Rudd). Mais c’est aussi l’occasion de nous pencher, avant qu’il ne soit trop tard, sur la carri√®re du groupe australien. Vous √™tes-vous jamais demand√© : “ouais ok, sympa, ce petit solo de guitare plus long que trois albums de punk, mais pendant les moments o√Ļ Angus se repose les doigts, qu’est-ce qu’il miaule, au juste, le chanteur ?


Une vache de la marque Angus-Aberdeen, pour égayer un peu le propos

H√© bien, je ne vous cache pas que c’est tr√®s d√©cevant. Jadis, je croyais que les paroles des chansons d’AC/DC √©taient sulfureuses. En r√©alit√©, ils s’int√©ressent avant tout au d√©j√† vieux th√®me de l’√©lectricit√©.

AC/DC – Thunderstruck

I was caught
In the middle of a railroad track. (Thunder)

Je fus pris au milieu d’une voie ferr√©e (tonnerre)
Ne faites pas √ßa chez vous, les enfants, c’est dangereux. Tonnerre.

I looked round
And I knew there was no turning back (Thunder)

J’ai regard√© autour de moi, et j’ai su qu’il n’y avait pas de point de retour. Tonnerre.
Le narrateur se trouve donc sur une voie de chemin de fer, sous un orage. Ou √† Tonnerre, dans l’Yonne, ce qui est encore plus inqui√©tant.

My mind raced
And I thought what could I do (Thunder)

Mon esprit a couru et j’ai pens√© que faire ? (Tonnerre)
File vite te mettre √† l’abri, ou tu vas te faire rincer tr√®s fort !

And I knew
There was no help, no help from you (Thunder)

Et j’ai su que tu ne m’aiderais pas (Tonnerre)
Non mais c’est pas que je veux pas t’aider, hein, je veux bien te pr√™ter un petit coin de parapluie, c’est juste que tu en fais pas un peu trop ? C’est un orage, c’est tout, √ßa arrive.

Sound of the drums
Beatin’ in my heart
The thunder of guns
Tore me apart
You’ve been – thunderstruck

Le son des batteries, battant dans mon coeur. Le tonnerre des pistolets m’a an√©anti- Tu as √©t√© Coup de tonnerre.
Je sais pas si tu viens d’un de ces pays imb√©ciles o√Ļ jamais il ne pleut ou quoi, mais franchement, tu en fais un peu beaucoup.

Went down the highway
Broke the limit, we hit the town

Descendu l’autoroute, d√©pass√© la limite, nous nous sommes rendus en ville pour nous amuser
Effray√©, le narrateur se rend avec quelques amis en voiture et en ville : en effet, il ne faut pas se r√©fugier sous un arbre pendant un orage et o√Ļ trouve-t-on peu d’arbres ? En ville, bien entendu (les statistiques le prouvent). C’est une attitude prudente m√™me si, tout √† sa panique, il roule un peu vite alors que vitesse + pluie = danger, respectez la vie des hommes en jaune !

Went through to Texas, yeah Texas

Nous sommes passés par le Texas. Ouais ! Texas.
Les r√©gions arides sont en effet id√©ales pour s’abriter de l’orage.

And we had some fun

Et nous avons eu du plaisir
Ah ! C’est une bonne nouvelle.

We met some girls

Nous avons rencontré des filles
H√©h√©h√©. J’esp√®re que vous avez pris vos pr√©cautions et que vous ne leur avez pas parl√© de votre petite phobie, tout le monde sait que les filles n’aiment pas les gar√ßons qui ont peur de l’orage.

Some dancers who gave a good time

Des danseuses qui nous ont donné du bon temps
Ah, √ßa, rien de tel qu’une valse ou un Charleston pour se remettre de ses √©motions !

Broke all the rules, played all the fools

Violé toutes les règles, fait toutes sortes de sottises
Attention, tout de même, ces filles me semblent être de mauvaises fréquentations.

Yeah, yeah, they, they, they blew our minds

Ouais ouais ouais, elles elles nous ont fait perdre la tête !
Il faut bien que jeunesse se fasse !!!

I was shakin’ at the knees

Mes genoux s’entrechoquaient
Ce jeune homme me semble tout de même bien émotif.

Could I come again please?

Puis-je revenir, je vous prie ?
C’est important, la politesse.

Yeah the ladies were too kind

Ouais, les filles étaient trop gentilles
Important et souvent récompensé.

You’ve been – thunderstruck, thunderstruck
Yeah yeah yeah, thunderstruck

Oh, thunderstruck, yeah

Now we’re shaking at the knees
Could I come again please?

Thunderstruck, thunderstruck
Yeah yeah yeah, thunderstruck
Thunderstruck, yeah, yeah, yeah

Tu as été coup de tonnerre, coup de tonnerre
Ouais ouais ouais, coup de tonnerre
Oh, coup de tonnerre, ouais
Maintenant, nos genoux s’entrchoquent
Puis-je revenir, je vous prie ?
Coup de tonnerre, coup de tonnerre
Ouais ouais ouais, coup de tonnerre
Coup de tonnerre, ouais ouais ouais

Ouais

Said yeah, it’s alright
We’re doing fine
Yeah, it’s alright
We’re doing fine
(So fine)

Thunderstruck, yeah, yeah, yeah,
Thunderstruck, thunderstruck, thunderstruck
Whoa baby, baby, thunderstruck
You’ve been thunderstruck, thunderstruck
Thunderstruck, thunderstruck
You’ve been thunderstruck

J’ai dit ouais, tout va bien
Nous allons bien
Ouais, tout va bien
Nous allons bien
(Si bien)
Coup de tonnerre, ouais ouais ouais
Coup de tonnerre, coup de tonnerre, coup de tonnerre
Hou bébé, bébé, coup de tonnerre
Tu as été coup de tonnerre, coup de tonnerre,
Coup de tonnerre, coup de tonnerre
Tu as été coup de tonnerre

Inutile de vous dire que c’est une belle chanson porteuse d’espoir, et √† la fois tr√®s po√©tique, puisque un joli coup de foudre peut faire oublier un vilain coup de tonnerre !
Et aussi, c’est une belle chanson porteuse d’espoir : jadis, on imaginait que tous les hard rockeurs √©taient des gros durs qui maltraitaient des poussins innocents et louaient Satan (car ils n’avaient pas les moyens de l’acheter, lol) et on d√©couvre finalement qu’il s’agissait de gar√ßons craintifs et timides.


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Pondu par raph le Thursday 6 November 2014 oui je sais la date est en anglais, c'est parce que je suis trop hype dans ma tÍte.

#pornfood

En ce temps-là, il se produisit une curieuse inversion.

Pendant un temps, manger devint la principale pr√©occupation des gens, il fallait qu’ils prennent en photo leur kimchi de sucrine stroganoff, leurs r√∂stis dauphinois revisit√©s, leur variation sur le th√®me du jambon, il fallait qu’ils en parlent, tout le temps. Mais cela n’allait pas durer. Jaloux de leurs amis, ils commenc√®rent √† s’inventer des allergies de plus en plus sophistiqu√©es. Ils couplaient cela √† des r√©gimes de plus en plus drastiques : sans viande, sans lipides, sans aliments cuits, sans fa√Įence. Il devint de plus en plus complexe de cuisiner sans offenser l’un et mettre en danger l’autre, si bien que tous les plats cuisin√©s portaient d√©sormais la mention “attention, peut contenir des traces d’aliments”

Petit √† petit, manger cessa d’√™tre un plaisir pour devenir quelque chose d’honteux qu’on ne pratiquait que chez soi, √† la lueur d’une bougie, tous volets √©teints.

Dans le m√™me temps, la sexualit√© devint soudain quelque chose de parfaitement naturel. La premi√®re √©mission de t√©l√©-r√©alit√© ou l’on voyait des experts assister des couples en mal de libido avec force d√©monstration et moult explication fit bien un scandale le jour o√Ļ une participante hurla en prime time “Oh oui, chantourne-moi toute”, mais cela ne dura qu’un temps. Petit √† petit, cela se banalisa parfaitement.

Pour tous ceux qui v√©curent cette p√©riode, ce fut un peu d√©routant, au d√©but, mais on s’habitue √† tout. Les restaurants fermaient les uns apr√®s les autres pour √™tre remplac√©s par des bo√ģtes √©changistes – et les gens disaient “oh, √† midi, √ßa me g√™ne pas d’y aller seul mais le soir… √ßa fait un peu path√©tique, non ?” On disait “Tiens, √ßa fait longtemps qu’on a pas vu les M√ľller, on pourrait leur proposer une petite partouze samedi en 8 ? Mais apr√®s, on leur dit qu’on est fatigu√©s, hein ? Sinon ils vont encore vouloir faire des jeux de soci√©t√©…”
Dans le m√™me temps, des jeunes hommes ricanaient en disant “Il para√ģt qu’elle, l√†, elle va souvent au resto hinhinhin c’est Didier il m’a dit qu’il avait mang√© des sushis avec elle. Et m√™me qu’elle a fini toute sa soupe miso, hinhinhin”, alors que des jeunes filles s’offusquaient, “il a voulu me faire √† souper, le premier soir ! un risotto, en plus, genre je vais manger un risotto comme √ßa, tranquille. Il me prend pour qui, celui-l√† ? Je lui ai dit, non, on baise et apr√®s je pars, je ne suis pas celle que tu crois. Bon, n’emp√™che, il avait l’air pas mal, son risotto, mais je voudrais pas qu’il croie que…”, voire “je me suis endormi et quand je me suis r√©veill√©, elle √©tait en train de me pr√©parer des c√ītelettes, tu crois que je devrais appeler la police ?”

Des petits clubs glauques ouvraient √ßa et l√†, o√Ļ l’on pouvait sous le manteau manger un bortsch, une feijoada, un poulet yassa ou un tom kha ghai. Les gens disaient “non, non, jamais je mettrai les pieds dans ce genre d’endroit, payer pour de la nourriture, franchement, faut √™tre malade”, mais pourtant, ces clubs √©taient toujours plus nombreux. Malgr√© l’interdiction de la publicit√©, vot√©e pour prot√©ger l’innocence des enfants.

Mais tout passe, tout lasse et soudain, les jeunes de la g√©n√©ration f (on avait recommenc√© au d√©but car les gens des noms de g√©n√©ration n’avaient toujours pas trop d’imagination) dirent “oh, non, baiser, y en a marre, on fait toujours √ßa, c’est ringard, tiens, si on se faisait une bouffe, plut√īt ?”, si bien qu’il n’y eut pas de g√©n√©ration g et que le peuple furet put enfin prendre le contr√īle de la plan√®te terre.


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Pondu par raph le Tuesday 7 October 2014 oui je sais la date est en anglais, c'est parce que je suis trop hype dans ma tÍte.

Independenza

Cette ann√©e-l√†, l’Ecosse d√©cida de devenir ind√©pendante. Cela donna des id√©es √† la Catalogne, puis √† la V√©n√©tie, au Sud-Tyrol puis √† la Bretagne, √† l’Alsace, √† la Bavi√®re, √† la Moravie, √† la Transnistrie, au Texas, √† la Galice, au pays Basque, au Qu√©bec, au Valais, √† La Chaux-de-Fonds.
Les fabricants de drapeaux prosp√©raient comme jamais, les compositeurs d’hymnes nationaux faisaient des affaires juteuses, les douaniers revinrent en force, les cartographes avaient plus de travail que jamais. Mais √ßa ne leur servait pas √† grand chose, les batteurs de monnaie n’arrivaient pas √† suivre, et il √©tait bien difficile de r√©ussir √† √©changer ses batz pi√©montais contre des guin√©es carinthiennes. L’UEFA d√©cida de faire passer le nombre d’√©quipes qualifi√©es pour les championnats d’Europe de football √† 248, la pr√©sidence tournante de l’Europe des 943 revint √† la Laponie orientale et je repris deux fois des nouilles, mais √ßa n’a rien √† voir.

Et quand Jean-Pierre Bouchoires, de Melun, d√©cida de devenir ind√©pendant, l’Organisation des nations unies, qui √©tait en train de b√Ętir en urgence de nouvelles salles dans un ancien hangar √† bestiaux, d√©clara “Oui oh, bah, au point o√Ļ on en est…”, ce qu’il fallut ensuite traduire en 9132 langues nationales, dont certaines n’avaient pas encore √©t√© finies d’inventer. Il y aurait officiellement d√Ľ y avoir quatre habitants dans la R√©publique vaguement d√©mocratique populaire f√©d√©rale de Jean-Pierre Bouchoires mais, suite √† une terrible guerre de s√©cession qui avait fait de nombreuses victimes parmi la population d’assiettes, sa femme √©tait partie avec les gosses.

Jean-Pierre Bouchoires c√©l√©bra imm√©diatement cette grande victoire de la d√©mocratie par une grande f√™te nationale, au cours de laquelle il engloutit de grandes quantit√©s du plat national, des p√Ętes au gruy√®re, accompagn√© de la boisson nationale, sa bi√®re maison qu’il devait h√©las brasser √† l’√©tranger, √† la cave. H√©las, il tomba aussit√īt victime d’une intoxication alimentaire probablement ourdie par des agents anti-ind√©pendantistes des pays voisins, et d√Ľt bien constater que le syst√®me m√©dical local, un doliprane qui tra√ģnait dans son armoire √† pharmacie, √©tait quelque peu d√©faillant.

Mais il en fallait plus pour freiner l’enthousiasme nationaliste de Jean-Pierre Bouchoires. Il entreprit de s’attaquer au probl√®me politique num√©ro 1 qui rongait son jeune √©tat : 100% de la population locale partait quotidiennement travailler dans le pays voisin, l’empire g√Ętinois, et y payait ses imp√īts, les plaques de la voiture, le keno et l’ap√©ro aux copains. H√©las, il ne parvint pas √† trouver d’accord durable avec le ministre des finances, qui √©tait parti p√™cher. Alors Jean-Pierre Bouchoires d√©clara √† l’unanimit√© une semaine de cong√©s officiels pour f√™ter l’ind√©pendance encore un peu et se fit renvoyer. Comme le syst√®me social bochoirien √©tait encore un peu vacillant, il se trouve fort d√©pourvu. Il d√©cida alors de tenter de d√©velopper l’industrie nationale du collier de nouilles,mais il n’eut pas le temps car il devait disputer le championnat national de 100 m√®tres, qu’il remporta haut la main en 19 secondes 14, ce qui lui permit de se qualifier pour les Jeux olympiques de Montb√©liard.

Et c’est √† ce moment-l√† qu’il fut victime d’une terrible agression militaire de la Baronnie Libre D√©mocratique et F√©odale des Voisins de Jean-Pierre Bouchoires, qui avait des vis√©es sur ses importants gisements de chatons car Minouche, sa chatte, ministre d’√©tat des animaux mignons, du d√©veloppement touristique, de l’acc√®s √† la mer et de la d√©fense, venait de mettre bas.

Apr√®s 19 jours d’un si√®ge terrible que l’Histoire retiendra sous le nom de bataille du 4√®me √©tage √† gauche, il dut rendre les armes, qu’il avait emprunt√©es √† un ami.


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Pondu par raph le Tuesday 16 September 2014 oui je sais la date est en anglais, c'est parce que je suis trop hype dans ma tÍte.

Footoir

Vous le savez peut-√™tre, une importante comp√©tition de football, la Coupe du Monde, se d√©roule actuellement au Br√©sil (pour les plus connect√©s d’entre vous, ce pr√©ambule semble superflu, tant il est vrai que les m√©dias ont plusieurs fois comment√© l’√©v√®nement ces derniers temps. Mais on oublie trop vite que tout le monde n’est pas √©gal devant l’acc√®s aux m√©dias ! Ainsi, footballeurs et fans de l’√©quipe de Suisse de football ont cru jusqu’au bout qu’il s’agissait du tournoi d’√©t√© du FC Bottens (comp√©tition fun, sangria, animations avec DJ Didier)). Ce tournoi est organis√© par la FIFA, la F√©d√©ration internationale de football association.

Vous le savez peut-√™tre, la FIFA est une f√©d√©ration association qui brasse beaucoup d’argent, √† cause de toi, oui, toi, qui a regard√© Japon – C√īte d’Ivoire. Tellement d’argent qu’elle pourrait facilement racheter la France, la Gr√®ce et des bi√®res pour le match de ce soir.

Il est une question l√©gitime, que tu t’es sans doute souvent pos√©e :

Que se passerait-il si d’aventure, le monde devenait une fifocratie, si Sepp Blatter devenait Empereur en chef, Michel Platini Grand Commandeur et si les guerres de religion opposaient d√©sormais Neymaristes, Messianiques et CR7iens* ?

A quoi ressemblerait un monde tombé sous la terrible férule de la FIFA ?

La simulation : en s√©ance, Berthier pr√©sente soudain sa nouvelle id√©e, lancer une gamme de produits v√©g√©taliens sur le th√®me du steak tartare et de la fondue bourguignonne. Votre id√©e, donc. Celle dont vous lui avez parl√©, la veille, sur l’oreiller, au terme de votre entra√ģnement hebdomadaire de lancer d’oreiller. Outr√© par ce comportement, vous vous roulez par terre en vous tenant successivement le visage, puis la cheville. Cela ne change strictement rien √† la d√©cision finale du board, mais √ßa fait toujours plaisir.

La mauvaise foi : vous faites la queue au supermarch√©. Vous d√©passez all√®grement trois personnes puis, au moment o√Ļ on vous le signale, vous feignez l’innocence avec beaucoup, il faut le dire, de talent th√©√Ętral. Puis vous vous roulez par terre en vous tenant successivement la cheville, puis le visage. Des gens en profitent pour vous red√©passer, mais vous gagnez un engagement sur le prochain Tarantino.

La corruption, fl√©au du football moderne alors qu’elle n’existe pas dans la soci√©t√© non-fotbalistique, serait partout.

La joie : chacun de vos accomplissements importants, premier baiser, premi√®re cuite, premier boulot, premier divorce, premier enterrement, premier shampooing, est accompagn√© de d√©monstrations exub√©rantes de joie, voire de chor√©graphies plus ou moins improvis√©es, et vos amis, vos coll√®gues, en profitent pour vous sauter dessus et toucher vos parties g√©nitales. Puis une horde de fans se jettent sur la voiture la plus proche pour aller klaxonner. Cela occasionne d’importants bouchons et il faut construire de nouvelles rues. Les ouvriers du b√Ętiment, √† qui cela assure 103 ans de boulot, improvisent une chor√©graphie puis prennent leurs automobiles pour aller klaxonner.

En revanche, chacune de vos erreurs est aussit√īt analys√©e et comment√©e par des gens qui n’y connaissent pas grand chose, mais qui √† votre place auraient fait autrement.

Et bien s√Ľr, les coiffeurs seraient tous miliardaires, ou en d√©pression nerveuse.

*(Avis aux √Ęmes sensibles : il s’agit ici d’une ¬Ĺuvre de fiction, √©videmment, ne paniquez pas, dans la r√©alit√©, personne n’est vraiment fan de Cristiano Ronaldo)(√ßa se saurait)


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Pondu par raph le Wednesday 9 July 2014 oui je sais la date est en anglais, c'est parce que je suis trop hype dans ma tÍte.

Candides crushes

Il √©tait une fois, jadis, dans un lointain royaume, une princesse dont le p√®re s’inqui√©tait : elle avait d√©j√† 14 ans et demi et n’√©tait toujours pas mari√©e. Pour rem√©dier √† ce scandaleux √©tat de fait, il d√©cida d’agir selon la coutume : il avisa un dragon de ses amis, l’enjoignit d’enlever la donzelle, si possible sans trop faire de marques, histoire que les preux chevaliers puissent rivaliser d’audace pour sauver la damoiselle en d√©tresse et ainsi gagner le droit de lui demander sa main, si tant est que le stupide sauropode ne l’ait point encore boulott√©e.

РHé ouais mais moi je me fais buter à la fin ?, demanda le dragon.
– Ah ben c’est le risque. Mais on a toujours fait comme √ßa, dans la famille.
– Mais j’y gagne quoi, en √©change ?
– Ah mais marre de cette g√©n√©ration qui ne pense qu’en termes de gains. √ätre le vecteur d’une belle histoire d’amour, √ßa ne te suffit pas, comme r√©compense ?
– Non.
РOuais, je comprends. Ca se tient. Bon ben je vais me démerder autrement.
– Ok. Cool. T’as regard√© le match, hier soir ?
– Non.

Il se mit alors en qu√™te d’une nouvelle qu√™te √† proposer aux pr√©tendants. Mais ce n’√©tait pas facile, car les royaumes voisins avaient fait tr√®s fort, r√©cemment, au point de vue princesse √©plor√©e, il y avait eu cette sombre histoire de rapt par sept nains lubriques et trois ours machiav√©liques, le coup de la petite sieste de cent ans, spectaculaire, malgr√© quelques effets secondaires inattendus (en cent ans, on avait eu le temps d’inventer le d√©sherbant et c’√©tait le jardinier du ch√Ęteau qui avait preums√©, il avait subtilement fallu lui expliquer les protocoles royaux √† coup de massue). D√©sesp√©r√©, il demanda alors conseil √† son √©pouse.

– Ben, je sais pas, demande √† ta fille ce qu’elle en pense.
РAhaha excellent. Non mais arrête de déconner, je pose une vraie question, là.
– Ah je sais ! On pourrait lui faire porter une chaussure !
– C’est un peu nul, non ?
– Mais ce serait une chaussure de verre !
– De verre ou de vair ?
– De verre.
– Nul.
– De vair alors.
– Nul.
– Bon ben d√©merde toi, je sais pas, moi j’ai mes amants √† aller voir.
РMais on les avait pas tous fait ébouillanter ?
– Oui, et ?

Désespéré, le roi demanda conseil à son fidèle conseiller.
РVous avez pensé aux mariages arrangés ?
– C’est avec des √©pices et de la vanille ?
– Non, √ßa, c’est le rhum arrang√©. Le mariage arrang√© c’est, par exemple, on se dit ce serait super pratique de marier la petite avec le comte de Su√®de, comme √ßa on peut r√©cup√©rer Zlatan pour la prochaine coupe du monde.
– Zlatan ?
РUn Suédois connu.
РIl va épouser ma fille ?
– Non.
– Rien compris. Je crois que je vais devoir changer de conseiller.
– Vous allez me jeter au dragon ?
– C’est la tradition.
РVous ajouterez des épices et de la vanille ?

D√©sesp√©r√©, le roi demanda conseil au prince qu’on sort pour les grandes occasions, mais pas trop souvent sinon il s’enrhume.
РDis, ta frangine, là.
– J’ai √ßa, moi ?
– Oui. Tu sais. C’est une fille, elle vit au ch√Ęteau.
РAh oui, ça me dit quelque chose.
– Elle est en √Ęge de se marier.
– Ah, oui, je vois o√Ļ tu veux en venir. J’accepte.
РMais non. Pas du tout. Je voulais savoir comment lui trouver un prétendant digne de ce nom.
– Ah ouais, je vois le genre, mythique.
РOui, voilà, je comptais mettre sur pied une quête mythique.
– Non, Mythique, le site de rencontres pour le gotha et le gratin.
РAh, tu crois que ça pourrait marcher ?
– Non, c’est compl√®tement old, m√™me les cas d√©sesp√©r√©s n’y vont plus.
РÇa alors.
– Bon, alors, elle est o√Ļ cette fille que je dois √©pouser ?
– Mais non. Pas du tout.

Alors qu’il √©tait √† √ßa de sombrer dans le d√©sespoir le plus sombre, le roi croisa un marabout qui distribuait des papillons devant la station de chevaux. Ils promettaient chance au jeu, d√©senvo√Ľtement, retour de l’√™tre aim√©, r√©coltes abondantes et potage avant de s’envoler dans un ch√Ętoiement d’ailes.

– Bon, au point o√Ļ j’en suis…
– Oui, c’est ce qu’ils disent tous. Alors, que puis-je faire pour vous, mon brave ?
– J’ai une fille √† marier.
– Ah, je vois ce que c’est. Tr√®s bien, j’accepte.
– Ah mais non, pas du tout. Je voudrais lui trouver un mari, mais pas un… enfin pas comme vous, vous voyez ?
РVous dites ça parce que je suis Suisse allemand ?
РNon, parce que vous êtes marabout.
– L’animal ou la profession ?
– La profession. Ma fille est princesse, elle doit √©pouser un prince, c’est la tradition, sinon que vont penser les voisins ?
– Vous voudriez donc trouver un prince ?
– Oui mais en cette saison…
– Ecoutez, laissez moi seul avec elle une heure, et je la d√©senvo√Ľte selon une vieille recette que l’on ne se transmet que de marabout en marabout.
РCe serait pas une métaphore sexuelle ?
РVous dites ça parce que je suis Suisse allemand ?
– Bon, laissez-moi votre prospectus, je vous rappellerai.

Le roi, qui ne savait plus quoi faire, décida, en dernière extrêmité, de demander son avis à sa fille la princesse.
– Tu vois, ta m√®re et moi, on s’inqui√®te pour toi…
– Trop relou.
– Moi je comprends que tu ne sois pas press√©e, √† ton √Ęge, je pensais bien plus √† guerroyer contre les Suisses allemands qu’√† me marier, lol, mais que vont dire les voisins ?
– Je sais pas, on a des voisins ?
– Non mais enfin, c’est le principe.
– Bon, o√Ļ sont ces Suisses allemands que je dois guerroyer ?
РAh non, il y a là une méprise. Tu dois juste te marier.
– Ah ? Mais avec qui je veux ?
– Ah ben non, on n’est pas chez les sauvages ici !
– Parce qu’il y a un nouveau m√©nestrel, il est trop beau… Et il chante trop bien…
– Oh, la beaut√©, la chanson, √ßa ne dure qu’un temps.
– Bon mais je dois faire quoi ?
– Id√©alement, te faire enlever, comme √ßa celui qui te sauve…
– C’est pas un peu old, √ßa ?
– Ce sont dans les vieilles marmites qu’on fait les meilleures soupes.
– J’aime pas la soupe.
– C’est une m√©taphore.
РEn plus, les vieilles marmites, ça attache à mort.

Mais la princesse √©tait raisonnable. Elle orchestra son rapt de mani√®re √† √™tre s√©questr√©e dans une pi√®ce o√Ļ il y aurait la t√©l√© et une playstation, faut pas d√©conner. Puis elle s’arrangea pour que ceux qui de quatre coins du royaume viendraient la sauver doivent r√©pondre √† des √©nigmes trop dures, histoires de pas tomber sur un prince trop con, puis doivent affronter √† mains nues une licorne, parce que √ßa fait toujours prestigieux.

Seize ans plus tard, Akim, le fils du forgeron, arriva en t√™te avec plusieurs longueurs d’avance sur son premier poursuivant, le prince du Luxembourg et de la Chaux-de-Fonds, qui avait √©t√© ralenti sur crevaison.

– √áa y est, j’ai gagn√©, j’ai gagn√©, j’ai gagn√©, j’ai gagn√© !, dit-il, car il avait gagn√©.
Au loin, des hordes de forgerons montèrent sur leurs grands chevaux et se mirent à klaxonner dans leurs cornes de brume pour célébrer la victoire.
– Oui, tu as gagn√©, r√©pondit la princesse, car il avait gagn√©. En son fort, elle √©tait bien heureuse car cette splendide victoire, qui ne souffre d’aucune discussion tant il est vrai qu’Akim avait domin√© cette comp√©tition de la t√™te et des √©paules m√™me si un sauvetage de princesse n’est jamais gagn√© avant le coup de dragon final, allait bien ennuyer le roi son p√®re. Malgr√© ses trente ans, en effet, elle adoles√ßait toujours, mais bon, va rester enferm√©e dans une tour sans que √ßa ait de cons√©quences, aussi.
– Cool. Alors maintenant, je deviens une princesse ?
РQuoi ? Non. Tu montes sur le podium, je te fais un bisou sur la joue et après on se marie et je prends des amants, selon la tradition.
– Oh mais j’ai rien compris, lol.
– Tu voulais devenir une princesse ?
– Ben oui, sinon j’aurais pas coup√© la t√™te d’un dragon innocent.
– Bon ben du coup c’est moi qui te sauve ?
– Ouais, ok.
– Mais du coup, il faudrait que tu sois en danger.
– D’accord, je vais aller poster une photo du dragon sur un forum vegan.

Mais pendant ce temps, la royaut√© avait √©t√© abolie. La princesse, qui, malgr√© tout, s’√©tait habitu√©e √† √™tre trait√©e comme une princesse, tomba en d√©pression. Akim, le fils du forgeron, qui √©tait enfin devenu une princesse, tomba en d√©pression. Le roi, √† qui on avait coup√© la t√™te avant de la planter sur une pique, tomba en d√©pression. Le marabout, qui avait gagn√© gros au jeu, tomba en cheval.

Apr√®s divers traitements psychologiques, plusieurs chutes dans la drogue, un mariage avec un poissonnier, un disque de rock’n’roll et un record du monde de cracher de noyaux de cerises, la princesse qui n’√©tait plus une princesse mais quand m√™me un peu parce qu’il faut bien remplir les pages des magazines d√©cida de tout plaquer pour aller vivre dans une communaut√© dans le Vercors, elle v√©cut heureuse et eut beaucoup d’enfants, sans jamais toutefois savoir s’ils √©taient vraiment d’elle. C’est ballot.


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Pondu par raph le Tuesday 1 July 2014 oui je sais la date est en anglais, c'est parce que je suis trop hype dans ma tÍte.

J’ai compris tous les mots et la chair est triste h√©las

Les blogs nous permettent de nous poser en experts de sujets que nous ne ma√ģtrisons pas, et c’est fort de cette force que je m’en vais vous expliquer aujourd’hui :

Comment devenir un écrivain

D’abord, il faut une id√©e. √áa n’a pas l’air important, comme √ßa, mais mine de rien, √ßa a une certaine importance.
Si tu n’as pas d’id√©e, tu peux raconter une histoire d’amour contrari√©e, quelqu’un qui plaque tout pour partir √† l’aventure ou l’invasion de la Terre par des limaces de sept m√®tre de long, des classiques qui marchent toujours.
Si tu as trop d’id√©es et que √ßa fait onze ans que tu te demandes avec laquelle commencer au juste, je sais pas, prends la premi√®re √† gauche, ou tire au sort, je sais pas. Ou celle avec les limaces, tiens, je l’aimais bien.
Ensuite, il faut des rebondissements, sinon tu risques de te retrouver avec un roman de 0,7 Nothomb d’√©paisseur – ce qui montre toutefois une certaine compr√©hension des rythmes de lecture contemporaine. Exemple : ¬ę Soudain, des limaces de sept m√®tres de long envahirent la Terre. √áa alors, dit John, qu’allons nous faire. Puis il leur jeta du seul. ¬Ľ c’est trop court pour un roman.
Ensuite, quelques personnages auxquels on peut s’identifier : un h√©ros jeune et souriant, tr√®s riche, dont tous les personnages f√©minins tombent sauvagement amoureux, mais quand m√™me, il a des f√™lures √† cause de son enfance,
un ami du h√©ros un peu gros mais tr√®s dr√īle,
des personnages féminins intelligents et espiègles, on est en 2014, que diable,
des limaces géantes.
Mais ce sont des exemples, tu peux aussi opter pour un savant tr√®s intelligent mais avec le sens de l’humour et des f√™lures.

Ensuite, des adjectifs. Beaucoup. C’est tr√®s important. C’est m√™me plus important que l’histoire, en fait. Les bonnes histoires, laissons √ßa aux anglo-saxons, qui sont vulgaires. Ce qui fait la litt√©rature, c’est le style, et ce qui fait le style, ce sont les adjectifs. C’est connu. Je t’ai fait une liste d’adjectifs, mais tu peux aussi en prendre d’autres. Amphigourique, alambiqu√©, pestilentiel, dodelinant, atrabilaire, superf√©tatoire, astringent, elliptique, scrofuleux, √©pith√®te, cacochyme et g√©linatoire.

Ensuite, il faut √©crire. C’est la phase un peu chiante dans le processus d’√©criture.

Puis il faut te relire. C’est la phase du processus d’√©criture ou tu te dis que finalement, tu aurais mieux fait d’aller √† la p√™che. La phase o√Ļ, tous les seize adjectifs, tu as un petit rire nerveux, la phase o√Ļ phrase apr√®s phrase tu te dis mais qui a √©crit une merde pareille ? ah ben oui, c’est moi, lol.

Puis ensuite, il faut faire relire par d’autres. Puis les tuer dans leur sommeil avant qu’ils n’aient eu le temps de te dire ce qu’ils en pensaient.

Puis il faut tout effacer et recommencer autre chose.

J’esp√®re que √ßa t’a bien aid√© ! La semaine prochaine, nous apprendrons la tarte aux fraises.


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Pondu par raph le Friday 27 June 2014 oui je sais la date est en anglais, c'est parce que je suis trop hype dans ma tÍte.

Dans de beaux draps

Alors que le monde retient son souffle en attendant un funeste Suisse-France, tentons, d√©sesp√©r√©ment, de rapprocher les peuples. Car bien que voisines, France et Suisse ne se comprennent pas toujours, victimes qu’elles sont de l’incompr√©hension mutuelle.

C’est pourquoi j’ai d√©cid√© de vous expliquer l’une de nos coutumes locales traditionnelles, un √©l√©ment indispensable pour bien saisir l’essence de la suissitude : la buanderie.

La buanderie et son fidèle corollaire : le jour de lessive.

Car voyez-vous, les caves des immeubles helv√©tiques sont g√©n√©ralement √©quip√©es d’une machine √† laver destin√©e √† laver le linge sale de toutes les familles, m√™me les Gomez du 7e, qui sont un peu, comment dire, sp√©ciaux. La buanderie, terreau de multiples interactions sociales, lieu o√Ļ se nouent et se d√©nouent les passions, parce que le Schindelholz du 7b il a encore d√©pass√© son tour, moi je m’en fous, la prochaine fois, je sors tout comme √ßa, sans le plier, je laisse tout goger, tant pis pour lui, il me conna√ģt pas, je suis trop un fou, s√©rieux. La buanderie, lieu de tant d’√©changes sociaux, bonjour, dites, la prochaine fois, vous pourriez nettoyer le tumbler ?

A cause de cette tradition, le Suisse est condamn√© au jour de lessive, le mardi, pourquoi diable ils m’ont coll√© le mardi ? alors que le petit √† son entra√ģnement de poney artistique, mais √ßa ils s’en foutent, ils peuvent pas comprendre, eux. Condamn√© √† r√©pondre non, d√©sol√©, je ne pourrais pas passer ce soir, j’ai jour de lessive, tu sais ce que c’est, oui, je comprends, c’est ton mariage mais jour de lessive, t’inqui√®te, je viendrai au prochain. Pire encore. A cause de cette tradition, le Suisse est condamn√© √† cet acte d√©sesp√©r√©, qu’il redoute parmi toute chose, ce geste d’une violence extr√™me, cette incroyable audace : aller sonner chez son voisin. Pour lui demander si ce serait pas possible d’√©changer vu que l√†, mardi, on a pr√©vu de repeindre le chat, si en √©change on peut faire quelque chose pour vous… non pas sortir votre chien, il fait peur. Non, pas sortir vos gosses, non plus, ils mordent. Non… bon ok, du sel, on veut bien, mais vous nous l√©e rendez, d√©j√† la derni√®re fois il en manquait seize grammes. Au fait, on a retrouv√© cette culotte dans le tumbler, c’est √† vous ? parce que c’est pas √† nous. Sur moi, √ßa fait un peu vulgaire, √† cause des dentelles.

Voilà sans doute, pourquoi, ce soir même, sur le coup des 21 heures, les Suisses vont tellement hésiter à mouiller le maillot.


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Pondu par raph le Friday 20 June 2014 oui je sais la date est en anglais, c'est parce que je suis trop hype dans ma tÍte.

Hugo boloss

Nul n’est √† l’abri d’un bad buzz. Victor Hugo (l’√©crivain, pas le footballeur) l’a appris √† ses d√©pens hier. Son community manager n’a toujours pas r√©agi, preuve d’une incompr√©hension manifeste des moyens de communication moderne. La r√©action outr√©e des r√©seaux sociaux √©tait d’ailleurs pour le moins m√©rit√©e, puisque sous des dehors moir√©s, le fameux po√®me qui a fait couler tant d’ancres est tout de m√™me une incitation √† peine voil√©e √† aller se d√©voiler dans des cimeti√®res, elle est belle la France, bravo la politique laxiste de la gauche !!! et sous des verts coudriers, encore bien.

Mais qui, au juste, est ce Victor Hugo, dont on conna√ģt surtout les deux c√©l√®bres com√©dies musicales, Les Mis√©rables et Notre-Dame de Paris (Notre-Dame de Paris parle des touristes qui accroche des cadenas partout et Les Mis√©rables est une publicit√© pour le journal Causette) ?

Victor Hugo est n√© en 1802, alors que ce si√®cle avait deux ans, enfin, pas celui-ci, un autre, √† Besan√ßon, ce qui peut arriver √† des gens tr√®s bien. Dans la maison natale de Victor Hugo, pr√©cise Wikipedia. Au lieu d’embrasser la profession d’horloger ou de frontalier, il opte pour l’√©criture.

Victor Hugo √©crit neuf romans selon la police et plus de 14 250 selon les participants √† des jeux de culture g√©n√©rale en ligne, notamment 93, un roman sur la vie dans la t√©ci, √©crit non pas en pull, comme on l’a longtemps cru √† tort, mais √† Jersey. On lui doit √©galement de nombreuses pi√®ces de th√©√Ętre, une flopp√©e de po√®mes qu’on a d√Ľ apprendre √† l’√©cole et dont on ne se rappelle que la premi√®re strophe √† l’heure o√Ļ blanchit la campagne, “l’art d’√™tre grand-p√®re”, un ouvrage de coaching sur l’art d’√™tre grand-p√®re, une morne plaine et le retour de Karen Cheryl √† la t√©l√© au d√©but des ann√©es 90.

Il est √©galement le fondateur de l’ordre des gens qui ont deux pr√©noms, o√Ļ l’ont depuis rejoint Jacques Martin, Claude Fran√ßois, Fr√©d√©ric Fran√ßois, Jean-Pierre Fran√ßois et S√©gol√®ne Royal.

Puis il meurt et ses fun√©railles sont suivies par des millions de gens alors que la t√©l√© n’est m√™me pas encore invent√©e, ce qui est pas mal pour un √©crivain.


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Pondu par raph le Friday 20 June 2014 oui je sais la date est en anglais, c'est parce que je suis trop hype dans ma tÍte.
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