Bon pour ton poil - Der Blog, der lolt

Grimm de sang, part II

Le type qui se baladait avec une corbeille de chatons sur la tĂŞte Il Ă©tait une fois un mec outrĂ© par le sort rĂ©servĂ© aux chatons par la follasse du conte de hier. Il dĂ©cida donc d’adopter tous ceux qu’il croisait pour les protĂ©ger de leur funeste destin. Rapidement encombrĂ©, il acheta un superbe panier en rotin Ă  Fayl-Billot, se le posa sur la tĂŞte et y plaça les chatons.
Un jour qu’il se reposait Ă  l’ombre d’un sycomore, il constata que la populace aimait Ă  s’arrĂŞter pour se rire des incessants jeux des fĂ©lins. Dès lors, il interrompit son activitĂ© professionnelle, courtier en assurances, de toutes façons fortement compromise par la prĂ©sence d’une petite centaine de matous sur son crâne, et passa de ville en ville pour montrer ses chatons Ă  tout le monde.
– Oh, regarde, celui-lĂ , il joue avec une pelote, c’est trop mignon et oh, lĂ , deux qui se battent, trop chou et un autre qui fait pipi, trop kawai », s’exclamaient en choeur les spectateurs de ce spectacle au succès jamais dĂ©menti, que l’heureux inventeur avait baptisĂ© du nom de sa huitième Ă©pouse, Hioutubbe.

Le mec qui se baladait avec une corbeille de bébés moches furieux sur la tête
Il était une fois un homme fort jaloux du succès du Hioutubbe. Il se dit « si ça marche avec des chatons, ça va marcher avec des bébés » et se mit à parcourir les routes du royaume à la recherche de nourrissons à placer dans son joli panier.
HĂ©las, en cette Ă©poque reculĂ©e et barbare, il Ă©tait plus facile d’Ă©mouvoir les foules Ă  l’aide de petits animaux mignons qu’Ă  l’aide d’enfants incapables de courir après une pelote ou de faire de petits bonds maladroits. AffamĂ©, l’homme fut contraint de dĂ©vorer les bĂ©bĂ©s. Il constata qu’ils Ă©taient ma foi fort goĂ»teux et ouvrit au restaurant, « A l’ogre joyeux », dont le succès ne se fit pas attendre.

Blanche-NeigeIl Ă©tait une fois une jeune fille bonne comme la plus bonne de tes copines. Cela agaçait particulièrement sa belle-mère, pas mal non plus mais juste un peu moins. Jalouse, elle ourdit un plan machiavĂ©lique : donner des tas de pommes Ă  sa bru. « Bru, deux pommes ? », demandait-elle. « Soif de mordre », rĂ©pondait l’ingĂ©nue, pas toujours hyper claire dans ses raisonnements.
Or, comme chacun le sait, manger des pommes donne un bon teint et des joues rouges peu compatibles avec la blancheur post-gothique de celle que l’on surnommait fort Ă  propos Blanche-Neige. En plus, c’est plein de pectines (Plus tard, la marâtre affirmera Ă  la presse avoir donnĂ© des pommes parce que c’est très sain, un argument un peu lĂ©ger).
OutrĂ©e par ce comportement dĂ©lĂ©tère, Blanche-Neige s’en fut dans la forĂŞt en criant que « personne ne m’aime et de toutes façons vous n’ĂŞtes pas mes vrais parents », ce en quoi sa belle-mère ne pouvait pas lui donner complètement tort.
Mais, comble de l’ironie, alors qu’elle fuyait pour se sortir de la pomme, elle y retomba. Des nains qui passaient par lĂ  en revenant d’une mine oĂą ils travaillaient (on n’engageait plus que des nains dans les mines, suite Ă  un rĂ©cent drame chilien)(33 mineurs s’Ă©taient mis en tĂŞte de faire une tournĂ©e dans tout le pays en chantant “au nord c’Ă©tait les corons” accompagnĂ©s par l’ex-prĂ©sidente Michelle Bachelet, une catastrophe)(heureusement, la configuration gĂ©ographique du Chili empĂŞche les tournĂ©es, puisque ce pays ne permet d’aller que dans un sens) la trouvèrent et dĂ©cidèrent de la ramener chez eux pour en faire leur esclave sexuelle mais, comme ils s’y prenaient relativement mal, rapidement, ce furent eux qui se retrouvèrent Ă  faire le mĂ©nage et la bouffe pendant que B-N surfait sur adopteunprincecharmant.com.
Le jour oĂą un bellâtre se ramena et lui dit « Kikoo, jsui tro love de toi lol, on va fer un tour dant la forĂ© », elle s’en fut sur son grand cheval blanc et les nains se dirent qu’ils avaient super mal gĂ©rĂ©.

Le mec qui avait ratĂ© sa carrièreIl Ă©tait une fois un nain qui, suite Ă  une dĂ©convenue amoureuse, ne croyait plus en rien. Il dĂ©cida alors de s’engager dans une carrière cinĂ©matographique. « Bonjour, c’est ici le bureau de placement pour acteurs pornos », demanda-t-il au guichet de PĂ´pĂ´le emploi. « Ouais, lui rĂ©pondit la responsable, mais ça va pas le faire, mec, t’as pas le physique qu’il faut pour ça. » (En effet, en cliquant sur la photo ci-contre pour l’agrandir, vous pourrez constater que le nain ne portait pas de barbe, pourtant très demandĂ©e dans les films Ă©rotiques cette annĂ©e lĂ ) Meurtri et contrit, il se tourna alors vers le cinĂ©ma d’auteur et dĂ©crocha un rĂ´le dans « L’Histoire sans fin : 30 ans après. »

Inutile de vous prĂ©ciser que tous les protagonistes de ces belles histoires vĂ©curent heureux et eurent beaucoup d’enfants.


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Pondu par raph le Friday 29 October 2010 oui je sais la date est en anglais, c'est parce que je suis trop hype dans ma tęte.

Grimm de sang

Si tu vas Ă  Berlin, n’oublie pas d’aller visiter la Märchenbrunnen. Ça veut dire fontaine des contes et, comme les Allemands sont des gens très carrĂ©s, c’est une fontaine illustrĂ©e par des personnages de contes. Des frères Grimm, mĂŞme.
Seulement, si tu n’es familier qu’avec les contes des frères Disney, tu ne les reconnaĂ®tras peut-ĂŞtre pas tous, la fontaine n’Ă©tant mĂŞme pas dĂ»ment lĂ©gendĂ©e. Heureusement, je suis lĂ  pour pallier Ă  ça.

Le petit garçon dont l’Ă©pagneul breton avait une drĂ´le de tĂŞte
Il Ă©tait une fois un petit garçon qui voulait absolument un chien pour NoĂ«l. Ses parents, qui voulaient lui faire plaisir mais n’avaient pas les moyens, Ă  cause de la crise mondiale, du taux de chĂ´mage et des grĂ©vistes qui prenaient en otage les clients des animaleries, dĂ©cidèrent de miser sur son inculture, car Ă  l’Ă©poque les enfants n’avaient ni l’Ă©cole, ni wikipedia pour s’instruire, et lui offrirent un cochon. « Ça nous fait le rĂ´ti pour NoĂ«l prochain, quand le mĂ´me en aura marre et voudra plutĂ´t un goujon », se disaient-ils, car ils avaient l’esprit pratique des gens pratiques.
Mais leur fils, qui avait pris des cours de cynologie en cachette, se douta de quelque chose assez rapidement. En effet, son jeune cochon, Grouik, passait, comme tous ceux de la gent cochonne, le plus clair de ses journĂ©es sur des sites internet cochons, oĂą il s’abrutissait en visionnant Ă  longueur de journĂ©e des recettes Ă  base de truffe.
Puis un jour, survint le drame : Grouik rĂ©pondit Ă  l’appel de la nature et Ă  un sms de son jeune frère pour aller dans la forĂŞt se lancer dans la construction de maisons Ă©cologiques entièrement en bois et en paille. Dès lors, le jeune garçon perdit irrĂ©mĂ©diablement toute foi en la fidĂ©litĂ© animale, et ses parents commandèrent des pizzas pour NoĂ«l.

L’enfant qui mangeait des goujonsIl Ă©tait une fois un jeune enfant qui, au lieu d’apprendre ses leçons bien sagement, passait ses journĂ©es Ă  la pĂŞche. Un jour, il ferra un goujon d’au moins 120 kilos. AffamĂ©, il dĂ©cida de croquer immĂ©diatement dans la pauvre bĂŞte.
– Ohla, camarade, pas si vite, je suis un goujon magique ! Si tu me laisses la vie sauve, j’exaucerai pour toi 41 voeux. »
– Ça alors, c’est pas banal ! Allez, soit, tu ne seras point mangĂ©. »
– Mais tout d’abord, il te faudra signer cette dĂ©charge qui dit que tu me cèdes tous les droits de cette histoire en cas d’adaptation ultĂ©rieure par un studio de dessin animĂ©, et qui stipule que je ne peux pas ĂŞtre tenu pour responsable, lĂ©galement, en cas d’accident subsĂ©quent Ă  l’un ou l’autre de tes voeux. »
– Boarf. Bon, j’aimerais ĂŞtre immensĂ©ment riche. »
– Je ne puis hĂ©las crĂ©er artificiellement de biens monĂ©taires car cela tendrait Ă  dĂ©sĂ©quilibrer les marchĂ©s mondiaux. »
– C’est nul ton truc. Je pourrais au moins ĂŞtre cĂ©lèbre et me taper plein de meufs ? »
– Tu dois chercher la solution dans ton coeur, moi, je peux rien faire. En plus, t’es mĂŞme pas majeur, on va avoir des problèmes avec les droits du conte. »
A ces mots, l’enfant ne se sentit plus de joie et croqua dans le goujon encore cru. Il se rendit compte que c’Ă©tait pas si mauvais et devint riche et cĂ©lèbre car il venait d’inventer le sushi.

La meuf qui avait des corbeaux agrippés à ses nichonsIl était une fois une jeune fille simple et très sage qui trouva un malheureux chaton affamé en faisant son jogging matinal.
Emue par le sort de la pauvre bĂŞte (qui, en rĂ©alitĂ©, grâce Ă  une habile stratĂ©gie de personal branding basĂ©e avant tout sur l’air mignon et le miaulement chou, se faisait dans les 7 kilocroquettes/mois), elle dĂ©cida de le nourrir en dĂ©grafant tout simplement son corsage. Ne comprenant pas oĂą l’on voulait exactement en venir, le chaton rĂ©agit comme un instinct sĂ©culaire l’y poussait et, d’un coup de griffe rapide et prĂ©cis, lacĂ©ra le divin nichon.
La jeune fille, furieuse, ne fit pas un geste quand un corbeau, par l’odeur allĂ©chĂ©, emporta le chaton pour s’en aller ripailler.
Elle dĂ©cida alors de se lancer dans l’Ă©levage intensif de chatons pour en nourrir les corbeaux alentours et fut connue dans la rĂ©gion comme la meuf qui avait des corbeaux agrippĂ©s Ă  ses nichons, ce qui est exactement le titre de ce conte, comme quoi c’est assez bien foutu, finalement.

La petite ceinture rougeIl était une fois une fille qui était ceinture rouge de karaté.
– Maman, maman, tu m’as lavĂ© mon kimono ? J’ai une compète dans une heure », s’exclama-t-elle un jour qu’elle avait une compète dans une heure et qu’elle ne trouvait plus son kimono.
– Ah ben justement, sur la route du dojo, tu pourrais pas passer chez ta grand-mère lui ramener un peu de beurre ? »
– Encore ? mais elle fout quoi avec tout ce beurre ? »
– C’est parce qu’elle fait le rĂ©gime Dukan. Bon par contre tu te gafferas, il paraĂ®t que la forĂŞt est infestĂ©e de loups qui parlent, il paraĂ®t que c’est une consĂ©quence de la politique laxiste de la gauche. »
Mais la petite ceinture rouge n’avait pas peur car elle Ă©tait ceinture rouge de karatĂ© alors si le loup approche, double Mawashi Geri dans ta face et Ă  la niche le caniche.
Mais le loup, qui avait suivi une initiation accĂ©lĂ©rĂ©e aux arts martiaux sur DVD, avait plus d’un tour dans sa besace et, quand il vit arriver la joufflue jeune fille dont il aurait bien fait son quatre heures, il lui lĂ©cha doucement le coude, un coup formellement interdit tant en kata qu’en kumite, ce qui dĂ©stabilisa la petite ceinture rouge, qui rata sa compĂ©tition.

to be continued


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Pondu par raph le Thursday 28 October 2010 oui je sais la date est en anglais, c'est parce que je suis trop hype dans ma tęte.

Selon la police

Parmi les phrases qui reviennent souvent dans les conversations politiques, aux cĂ´tĂ©s de “de toutes façons ils sont tous Ă  la solde” et “passe-moi le sel”, il en est une sur laquelle j’aimerais me pencher un peu, une phrase que vous avez souvent entendue et peut-ĂŞtre mĂŞme, un jour de grand vent, prononcĂ© vous mĂŞme : “Oui, oh, de toutes façons, les chiffres, on leur fait dire ce qu’on veut.”

C’est bien Ă©videmment totalement faux. Prenons un chiffre au hasard : 4. Essayons de lui faire dire ceci : “Je sais bien que je suis un tournevis cruciforme. Et alors ? J’adore la salade Ă  tondre, c’est tout !” C’est tout bonnement impossible (je pourrais vous le prouver scientifiquement, mais on n’est pas lĂ  pour ça).

Cependant, il est vrai qu’il est facile de profiter que les gens, Ă  82,13%, sont plutĂ´t nuls en maths pour faire dire absolument n’importe quoi aux statistiques. Par pure malice, pour les besoins du Complot Mondial ou alors juste pour dĂ©tourner l’attention des vrais problèmes de la sociĂ©tĂ© (“qu’est-ce qu’on mange ce soir”, Ă  47,32% et “mais si je t’avais dit que j’Ă©tais mariĂ©!” Ă  12,16%). Et, surtout, parce que quand tu es statisticien, c’est pas tous les jours que tu rigoles, parole, alors faut bien relever un peu un quotidien morne en faisant croire n’importe quoi aux gens.

Une Ă©tude amĂ©ricaine dĂ©montre ainsi que les personnes qui passent plus de 17 heures par jour Ă  regarder des vidĂ©os de chats sur internet sont plus souvent sujettes Ă  la dĂ©pression que celles qui prĂ©fèrent organiser des parties de belote avec leurs amis. LĂ  oĂą un oeil averti se dirait que oui, bon, le mec, il doit pas forcĂ©ment transpirer la joie de vivre pour prĂ©fĂ©rer passer tout son temps Ă  regarder des chats sur internet alors qu’il pourrait très bien faire de temps en temps une pause pour filmer Gribouille qui est en train de dormir d’une façon trop chou, l’expert en sondage, lui, y verra une preuve que c’est bien la preuve qu’internet est satanique.

De même, une étude britannique prouve que les personnes les moins fortunées ont tendance à consommer moins fréquemment des mets carnés. On peut donc, en toute logique, en déduire que les légumes rendent pauvre.

Cette mĂ©thode, assortie Ă  des techniques plus classiques comme comparer n’importe quoi pourvu que ce soit pas comparable (les choux poussent 23% plus vite dans les pays oĂą la population Ă©trangère est infĂ©rieure Ă  11%) ou mettre en avant les valeurs qui vous arrangent (InquiĂ©tante augmentation de la criminalitĂ©. Le rapport annuel de la police cantonale de Buchillens indique que les vols d’objets en bois sont en augmentation de 100%. Seule note rĂ©jouissante dans ce constat accablant, les homicides et les trucs du genre ont en revanche baissĂ© d’autant)

Mais le plus inquiĂ©tant, lĂ -dedans: quand votre journal prĂ©fĂ©rĂ© cite une rĂ©cente Ă©tude, il parle dans environ 0% de cas de votre rapport au fromage frais. Alors que quand des sondeurs vous appellent Ă  22 heures 30 Ă  la maison, y en a pour 5 minutes, jurĂ©, dans 0% des cas, ils vous posent des questions telles que ĂŞtes-vous une gameuse et si oui est-ce que tu baises ? On peut en dĂ©duire, Ă  14,8%, que le gouvernement nous ment, Ă  39,2% que c’est toujours les autres qui ont de la chance, et Ă  0,78% que ok, je vais encore rĂ©pondre Ă  ce sondage, des fois qu’on me pose enfin des questions intĂ©ressantes, mais c’est le dernier.

Tout cela prouve Ă  67,34% que les mecs qui font les sondages sont des complices actifs du complot mondial (et que les journalistes se contentent de recopier leurs rĂ©sultats sans les vĂ©rifier, parce qu’ils sont des rouages du Complot mondial, mais surtout afin d’avoir plus de temps pour regarder des vidĂ©os de chats).
Et que si on peut difficilement faire dire n’importe quoi aux chiffres, il suffit d’en coller deux après la virgule pour que tout change.


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Pondu par raph le Friday 22 October 2010 oui je sais la date est en anglais, c'est parce que je suis trop hype dans ma tęte.

Tout le monde s’attache, on trace la route

« je comprends pas j’veux dire LE SENS des paroles de la chanson ‘Belle demoiselle’ de Christophe MaĂ© » clamait rĂ©cemment sur Facebook une amie de Facebook. Toujours serviable avec ceux qui connaissent personnellement MaĂŻtena Biraben, je dĂ©cidai d’empoigner le taureau par les cornes et le MaĂ© par les cordes.

Christophe MaĂ© – Belle demoiselle

Du fond de ma rue une silhouette comme un bruit aigu

Une silhouette comme un bruit aigu, de prime abord, on ne comprend pas, il faut connaître un peu le monde de la poésie pour pouvoir analyser ça correctement. Et celui de la bande dessinée franco-belge. Un bruit aigu, tous les lecteurs de Tintin vous le diront, ça peut casser du verre. Cette silhouette est en train de casser du verre.

Se rapproche Ă  hauteur de mes yeux nus

MĂŞme celui des lunettes de Christophe MaĂ©, dis donc ! Ou alors il les a simplement oubliĂ©es Ă  la maison. Ou alors il n’en porte pas, mais il avait besoin d’une rime en u (il y avait aussi tordu et seppuku, mais on y aurait perdu en intensitĂ© poĂ©tique).

La silhouette c’est une fille jour de fĂŞte nationale

Ça explique bien des choses. DĂ©jĂ , la raison d’ĂŞtre de la chanson. Depuis que j’ai inaugurĂ© cette rubrique, je me suis penchĂ© sur les textes d’environ plusieurs chansons et j’ai remarquĂ© une chose : personne n’Ă©crit jamais de ballade dĂ©chirante quand il aperçoit, au loin, la silhouette d’un dugong ou des Ă©boueurs municipaux. A la limite, un mec qui croise des loups ou Marine Le Pen dans Paris, il peut essayer d’en faire quelque chose mais la plupart du temps, les silhouettes, c’est des filles. Comme dans cette magnifique histoire, souviens-toi.
Et le fait que ça se passe un 14 juillet explique pourquoi elle est en train de pĂ©ter des bouteilles, c’est probablement une jeune issue des quartiers qui exprime sa colère et son dĂ©sarroi face Ă  une sociĂ©tĂ© dont elle s’estime exclue. Ou alors elle est juste bourrĂ©e.

Ronflante comme une escadrille qui domine mon moral

Christophe MaĂ© dĂ©teste le dĂ©filĂ©, ce qui explique qu’il ne soit pas lĂ  pour le voir mais se trouve dans une ruelle Ă  mater des silhouettes, surtout les parades aĂ©riennes, trop bruyantes. Bien que sĂ©millante et accorte, la jeune fille est Ă©galement très bruyante, on peut imaginer qu’elle chante des chansons paillardes, ce qui tend Ă  accrĂ©diter la thèse de l’alcool.

Je la regarde
me sourire
Je baisse la garde

J’aime pas critiquer, vraiment, mais jusque lĂ , je la trouvais dĂ©jĂ  pas très très haute, ta garde. Je veux dire, t’as commencĂ© Ă  t’affoler, on savait mĂŞme pas encore si c’Ă©tait une ivrogne ou l’ombre de ton chien qui allait dĂ©barquer.

et les yeux pour me dire…

Les amateurs de zeugma sauront apprécier.

[Refrain] :
Belle demoiselle,
qui se presse dans l’allĂ©e
sa démarche lui donne des ailes
mais j’ose pas m’emballer, yeahĂ©hĂ©
Si jamais je m’approche d’elle
Aucun doute elle s’envole comme une hirondelle

Alors que la jeune fille a une dĂ©marche bien altière malgrĂ© son Ă©tat d’Ă©briĂ©tĂ©, Christophe MaĂ© fait son timide.

Du milieu de ma rue la silhouette comme un nuage
S’Ă©loigne sans un bruit alors c’est grave

Terrible retournement de situation : jusque lĂ , on pensait que Christophe MaĂ© et la silhouette Ă©taient chacun Ă  un bout diffĂ©rent de la mĂŞme rue, celle du chanteur (celle oĂą il habite, (un village, dans le Sud de la France, d’après ce site spĂ©cialisĂ©) je suppose, il n’y a probablement nulle part de rue Christophe MaĂ©). LĂ , on apprend que quand elle atteint le milieu, elle s’Ă©loigne. Donc qu’ils Ă©taient les deux au fond de la rue. Quelqu’un a une plage pour que je dessine un schĂ©ma sur le sable ?

Ça s’bouscule dans ma tĂŞte
DopĂ© Ă  l’effet de plaire

Les amateurs de jeux de mots apprĂ©cieront. Je pense qu’il essaie de dire que plus elle est loin, moins le bruit est aigu, mais je suis nul en physique.

C’est pas vraiment la fĂŞte
Pourtant j’ai l’air de lui plaire

Elle te sourit mais quand mĂŞme, elle file Ă  l’autre bout de la rue : J’aime pas trop casser les illusions des amoureux transis, mais oĂą tu vois que tu lui plais ?

Qu’ai-je fait
au bon dieu
pour être fidèle
Ă  cet aveu

Christophe MaĂ© est en fait prĂŞtre. Il a fait aveu de chastetĂ©. D’oĂą, probablement, sa timiditĂ©.

[Refrain]
La belle demoiselle qui se presse dans l’allĂ©e
Sa démarche lui donne des ailes
mais j’ose pas m’emballer, yeahĂ©hĂ©
Si jamais je m’approche d’elle
Aucun doute elle s’envole comme une hirondelle

Qui s’envole Ă  tire d’aile et c’est très bien, avec ses coquilles de noix et tout, mais on y reviendra un autre jour.

inaccessible comme une hirondelle

Inaccessible comme une hirondelle, c’est une expression peu courante. Je connaissais dĂ©suet comme un buffle et intransigeant comme une crevette, mais pas inaccessible comme une hirondelle.

Je calcule dans ma tĂŞte

L’air de rien, Christophe MaĂ© glisse qu’il est fort en calcul mental, on sait jamais, y a des filles que ça impressionne.

dopĂ© Ă  l’effet de plaire

Il relance discrètement le jeu de mots histoire d’ĂŞtre sĂ»r que tout le monde l’a bien compris.

C’est quand mĂŞme la fĂŞte
Le fantasme qui peut distraire
Je n’suis pas parfait (je n’suis pas parfait)
Merci mon dieu
Mais je tire un trait
Sur cet aveu

LĂ , Christophe MaĂ© se dit “oh et puis allez, qu’Ă  cela ne tienne, c’est la fĂŞte” et tombe la soutane.

[Refrain]
La belle demoiselle disparaĂ®t dans l’allĂ©e
Sa démarche lui donne des ailes
mais j’ose pas m’emballer, yeahĂ©
Si jamais je m’approche d’elle
Aucun doute elle s’envole (elle s’envole !!!)

Mais trop tard, la meuf s’est cassĂ©e. Toi aussi, si tu croises une bombasse dans la rue, au lieu de passer une petite annonce dans “Transports amoureux”, Ă©cris une chanson, tes chances de la toucher sont plus grandes. Inutile, donc, de prĂ©ciser que c’est une très belle chanson porteuse d’espoir.


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Pondu par raph le Wednesday 20 October 2010 oui je sais la date est en anglais, c'est parce que je suis trop hype dans ma tęte.

A l’arrière de Berlin

Charmante bourgade de 3,5 millions et quelques sangliers sise au confluent de la Spree et de la Havel, Berlin est Ă©galement la capitale du Land de Berlin.

Origines

En 1191, un mardi, le duc de Zähringen fonde une nouvelle ville, Ă  laquelle il donne le nom du premier animal abattu dans la forĂŞt du coin : Berne, de Bär, l’ours, future capitale suisse. Jaloux, les Allemands dĂ©cident de eux aussi buter un animal et donner son nom Ă  une ville qui deviendra leur future capitale. Cependant, ils ne tueront qu’un ourson mignon, en allemand ancien “Lug da, ds Bärli, so sĂĽss !”, qui deviendra Berlin.

Histoire
Comme il est interdit, sur Internet, d’utiliser les mots “nazis”, “communistes” et “Hohenzollern”, le chapitre Histoire sera exceptionnellement remplacĂ© par une photo de poney prise Ă  la Hauptbahnhof

Climat
Voir gastronomie.

Gastronomie

Berlin n’est pas seulement la ville des boules de Berlin, hommages permanents au cholestĂ©rol, boules de pâte farcies de confiture et dĂ©licatement recouvertes d’une petite soixantaine de kilos de sucre. Non. Berlin la multiculturelle est Ă©galement la ville d’origine d’un plat emblĂ©matique de la fusion food, cette cuisine qui marie savamment les traditions culinaires de diffĂ©rentes provenances pour se les rĂ©approprier. Ainsi, le savoir-faire charcutier germanique, les audaces culinaires outre-atlantiques et les saveurs Ă©picĂ©es orientales ont donnĂ© naissance Ă  ce plat si unique, la Currywurst. AccompagnĂ© Ă©videmment de pommes frites, ce plat savoureux couvre Ă  lui seul les besoins annuels en gras d’un mĂ©nage moyen.
Le dimanche, Ă  Berlin, c’est le jour de l’empiffrage. Lors de vos brunches, plutĂ´t que d’aller vous resservir toutes les 5 minutes, remplissez vos assiettes sur une douzaine de couches. Non seulement vous Ă©viterez de perdre quelques unes des prĂ©cieuses calories emmagasinĂ©es, mais, grâce aux glissements, vous pourrez donner naissance Ă  de nouveaux mĂ©langes de saveurs originaux, ainsi de ce mĂ©lange oeuf – confiture de cerises qui a eu son heure de gloire Ă  la fin des annĂ©es 90 : le Spiegelei Cherry.

Tourisme
Longtemps, on a visitĂ© Berlin pour son cĂ©lèbre mur. Jaloux que les maçons soient toujours au centre de l’attention, d’autres corps de mĂ©tier ont vivement rĂ©agi et Berlin est aujourd’hui une capitale de l’electro.

De nombreux parcs immenses sont situĂ©s en plein coeur de Berlin. Mais que les amateurs d’urbanisme sombre et humide ne renoncent pas pour autant au dĂ©placement : ils pourront en effet rencontrer de vĂ©ritables punks dans leur milieu naturel, de splendides squats oĂą de magnifiques objets d’art anticonsumĂ©riste traditionnel, Ă  faire pâlir de jalousie tous vos amis, sont en vente.

Quelques Berlinois célèbres
John Fitzgerald Kennedy
Knut
le Spandau Ballet
Le FC Hertha Berlin, seul club de football au monde dont les joueurs sont des jambons.

Culture
Il paraĂ®t qu’il y a pas mal de musĂ©es et de monuments Ă  Berlin, mais bon, pourquoi visiter des musĂ©es et des monuments quand on est dans une ville oĂą le demi-litre de bière coĂ»te le prix d’un demi-centilitre d’eau Ă  Paris et d’une photo de chope en Suisse ?


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Pondu par raph le Tuesday 19 October 2010 oui je sais la date est en anglais, c'est parce que je suis trop hype dans ma tęte.

Comme un oiseau sur le fil du rasoir

– Alors, il paraĂ®t que tu as un blog ? »
– C’est vrai, il est bleu. »
– Et ça parle de quoi ? »

Cette question me fit blêmir comme la rosée du matin.

– Euh, bah… des fois, y a des blagues sur les poneys et puis sinon… il est bleu. »
Gunda, ma community manager imaginaire, me convoqua immédiatement dans son bureau, une pièce exiguë et sombre décorée avec goût et des objets en inox.

– Putain, merde », me dit-elle dans son français des quartiers (car elle Ă©tait originaire de la Vignettaz, qui est un quartier), « il faut que tu trouves un fil rouge Ă  ton blog sinon, on court tout droit Ă  la dĂ©bandade. »

Je tentai vaguement de glisser une blague sur le fait que c’Ă©tait en avril qu’il fallait dĂ©couvrir son fil rouge, et puis que je prĂ©fĂ©rais quand mĂŞme le bleu, mais seule une pointe de consternation vint faire soubresauter l’impassibilitĂ© scandinave de son visage elliptique.

– Tu as dĂ©jĂ  pensĂ© au sexe ? »
– Ecoute, Gunda, tu es imaginaire, je prĂ©fère qu’on reste amis. »
– Tu as dĂ©jĂ  pensĂ© au sexe ? », derechefa-t-elle.
– Ben… j’ai Ă©tĂ© nerd dans les annĂ©es 90 alors… »
– Non mais sur ton blog ! »
– Non mais arrĂŞte de dire n’importe quoi, Gunda. Je veux dire, ok, c’est un sujet intĂ©ressant, mais de lĂ  Ă  en parler sur un blog ? Pour y dire quoi ? Premier billet : ” le sexe, c’est super. Et vous ? ” Deuxième billet : ” Si je me mets comme ça (voir figure b) et que je mets mon doigt lĂ  et mon pied lĂ , ça reste super. Et vous ? “. Non, Ă  mon avis, un blog qui ne parle que de sexe, ça ne se fera jamais ! »

Je vis une veine tressauter dans son visage lusophone.
– Bon alors un sujet pas super Ă  faire mais dont on peut parler pendant des heures… l’Ă©quipe suisse de foot, la politique ? »
– Mouais… »
– T’es chiant, un peu. Les tutos maquillage, ça plaĂ®t toujours mais je sais pas pourquoi, je te vois pas bien lĂ  dedans… »
– Hmpf !»
– C’est pas une raison. Bon, la cuisine, tu aimes la cuisine ? »
– J’adore. Tu reprendras un peu de pâtes au Gruyère ? »
– Bon en mĂŞme temps, le marchĂ© est un peu saturĂ©. Tu aimes les bĂ©bĂ©s animaux ? »
– J’adore, mais l’humour de leurs amis est un peu trop glacĂ© et sophistiquĂ© pour que je m’y risque… »
– Et tu as dĂ©jĂ  pensĂ© Ă  raconter ta vie sur un ton dĂ©calĂ© et dĂ©sabusĂ© ? Ça marche bien, ça ! »
– Ouais, j’y ai pensĂ©. »
– Et alors ? »
– Bah vendredi dernier, j’ai Ă©tĂ© Ă  la poste. Et ce matin, j’ai achetĂ© du pain. »
– Ouais, ok, je vois. Trouvons autre chose. ».
– Non mais attends, on peut essayer », insistĂ©-je. « Tu me connais, j’adore le pain. Alors ce matin, j’Ă©tais Ă  la boulangerie et j’ai dit, bonjour, donnez-moi une belle baguette… »
– Et un blog sur les chaussures Ă  velcro, tu y as pensĂ© ? »

La discussion se poursuivit pendant de longues heures, au cours desquelles nous Ă©voquâmes moult sujets porteurs, le macramĂ©, l’herpĂ©tologie, l’influence de la politique sur la cuisine, les tutos couture, les dindons, les tests comparatifs d’enclumes, les endives, Nicola Sirkis, l’histoire suisse, le pâtĂ©, les nouvelles technologies, les anciennes technologies, la danse, la mĂ©tĂ©o, l’astrologie, les mots croisĂ©s…

– Bon, y en a marre », souffla l’impĂ©tueuse Gunda, « je dĂ©missionne. »
– Attends, et si le fil rouge c’Ă©tait : les billets sans chute ? »
– Ah, oui, ça c’est pas mal ! »
– HĂ©, au fait, tu as remarquĂ© qu’on Ă©tait le 11/10 et qu’il Ă©tait 14 heures 12 ? »
– C’est fou ! Le monde est petit ! »


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Pondu par raph le Monday 11 October 2010 oui je sais la date est en anglais, c'est parce que je suis trop hype dans ma tęte.

Thumbs Up

Il y a des inventions qui ont durablement marquĂ© leur Ă©poque et changĂ© le cours de l’Histoire : le feu, l’agriculture, l’imprimerie, la tĂ©lĂ©vision, la politique, les filets de maquereau surgelĂ©s et le like sur facebook.

D’un seul clic, on pouvait dĂ©sormais dire “Je suis bien d’accord avec toi”, “Quel comique tu fais”, “J’aime tout ce que tu dis mais c’est juste parce que j’aimerais coucher avec toi” ou encore “Il se passe quoi si j’appuie-lĂ  ?” Vos amis pouvaient enfin claironner leur passion pour des centaines de trucs dont “les chatons”, “avoir des relations sexuelles avec une personne majeure et consentante” et “Incroyable, il mange un kougloff en faisant du monocycle, vous n’allez pas en croire vos yeux (vidĂ©o qui spamme ton mur en te faisant des bisous, clique, vite)”.

Sur plein de sites sans rapport avec facebook, l’homo internetis pouvait dĂ©sormais liker comme un fou et s’unir avec le monde entier dans une grande ronde virtuelle d’amour, ce qui aurait dĂ» attirer son attention sur la volontĂ© de Mark Zuckerberg (en français: Marc Montagne de sucre) de faire du monde une dictature bisounours. Sur le forum des amis de la charcuterie, plus besoin de dire “ahlala ce Paulo du 59 nous aura encore tant fait rire avec ses traits d’esprits !”. Un like, et tout facebook Ă©tait au courant. Pareil sur tuning-passion, un simple clic permettait d’afficher son amour pour la VW Polo modifiĂ©e de Plectrude du 59. Ou encore sur Banque DĂ©partementale du 59 online, oĂą l’on pouvait, toujours le pouce lever, clamer haut sa joie d’ĂŞtre enfin dans les chiffres noirs (cette utilisation a toutefois assez vite Ă©tĂ© retirĂ©e du marchĂ©).

Ainsi, quand le facebook phone apparut sur le marchĂ©, l’engouement fut immĂ©diat. La fonction like Ă©tait enfin utilisable dans tous les domaines de la vie. Plus d’achat de cĂ©rĂ©ales ou de croquettes pour chat sans vĂ©rifier que 42 friends and 173 917 people like this.
Plus d’erreur de jugement possible: quand vous vous demandiez “c’est moi, ou il est nul ce film ?”, vous pouviez instantanĂ©ment rĂ©aliser que 93% de la salle l’aimait, qu’il devait donc ĂŞtre super et qu’en ne partageant pas cet avis, vous prouviez ĂŞtre un dangereux ennemi de la dĂ©mocratie. Pareil pour les concerts, les jeux vidĂ©os, les puzzles 500 pièces, pour tout. Seules quelques applications ne rencontrèrent pas le succès escomptĂ© (“92 personnes, dont 23 amis, ont aimĂ© Kimberley DĂ©vanthĂ©ry. J’aime / Je n’aime plus / Je m’en fous”)

Puis Google installa la fonction “J’aime, mais je prĂ©fĂ©rerais quand mĂŞme une saucisse de veau” sur son Google phone, et c’en fut fini du like.


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Pondu par raph le Wednesday 6 October 2010 oui je sais la date est en anglais, c'est parce que je suis trop hype dans ma tęte.
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