Bon pour ton poil - Der Blog, der lolt

Je veux du silence

Et si je ne crois plus en la technologie c’est parce que Juliette, mon GPS, a dĂ©libĂ©rĂ©ment essayĂ© de me perdre en rase campagne française, quelque part entre une centrale nuclĂ©aire, des zones inondables et une inquiĂ©tante ferme oĂč on Ă©lĂšve des crocodiles. Des contrĂ©es hostiles, oĂč les rares habitants lancent des ceps de vigne Ă  l’Ă©tranger de passage et oĂč, surtout, on ne capte pas des millions de chaĂźnes de radio. Autant te dire qu’entre RCF, Autoroutes FM, Chemins Vicinaux FM et Radio Virage (sic), j’ai pas mal entendu ceci :

ZAZ – Je Veux

Zaz, au dĂ©but, je pensais que c’Ă©tait la moitiĂ© de Zazie.

Donnez moi une suite au Ritz, je n’en veux pas !

Les plus attentifs d’entre vous auront notĂ© la tournure de la phrase : la jeune Zaz n’aime pas le Ritz, mais ne refuse pas qu’on lui y donne une suite, bien au contraire. Peut-ĂȘtre pour se convaincre qu’elle n’aime pas ça, c’est une attitude noble, il ne faut pas cracher sur ce qu’on n’a jamais goutĂ©, comme je le disais encore rĂ©cemment Ă  cette sĂ©millante Ă©tudiante norvĂ©gienne alors qu’elle refusait de venir dans ma tente de camping avec vue sur le Ritz dans laquelle je venais de lui dire que je ne voulais pas l’inviter.

Des bijoux de chez Chanel, je n’en veux pas !

Par contre un parfum, ou un tailleur, mais c’est vraiment pour dĂ©panner, hein…

Donnez moi une limousine, j’en ferais quoi ?

C’est sĂ»r que pour peu qu’on habite en ville, une limousine, c’est vite contraignant.

Offrez moi du personnel, j’en ferais quoi ?

La jeune Zaz, tout Ă  son souci de refuser bruyamment la sociĂ©tĂ© consumĂ©riste, ne devrait pas ainsi vouer au chĂŽmage ce majordome guindĂ© (j’ai aussi un peu lu de Agatha Christie, dans les bouchons, pendant les vacances) que de mystĂ©rieux donateurs voulaient lui offrir car peut-ĂȘtre James aimerait-il s’offrir, de temps Ă  autres, une suite au Formule 1 et une Smart sans forcĂ©ment en faire tout un foin.

Un manoir a NeuchĂątel, ce n’est pas pour moi.

Pourtant c’est joli, NeuchĂątel. Mais c’est sĂ»r que sans personnel, un manoir, ça fait vite pas mal de boulot pour le mĂ©nage.

Offrez moi la Tour Eiffel, j’en ferais quoi ?

De toutes façons, sans personnel pour le transport ni manoir pour l’entreposer (dans le jardin), la tour Eiffel, Ă  mon avis, c’est mĂȘme pas la peine d’y penser. Ou alors Ă  la rigueur dans une jolie boule Ă  neige.

Refrain:

Je veux d’l’amour, d’la joie, de la bonne humeur,

A mon avis, on peut trĂšs bien avoir ça dans une limousine, surtout si le bar est bien achalandĂ©, mais bon, je veux pas contrarier, c’est pas mon genre.

c’n’est pas votre argent qui f’ra mon bonheur,

Le mien, non, ça c’est sĂ»r

moi j’veux crever la main sur le cÂœur

Je trouve que quand on aime la joie et la bonne humeur, c’est pas trĂšs sain de vouloir crever, la main sur le cÂœur, au panier ou n’importe oĂč.

allons ensemble, découvrir ma liberté,

On est obligés de tous venir ? Parce que moi je préférerais la regarder de loin.

oubliez donc tous vos clichés,

Puisque Zaz n’aime pas trop les dĂ©penses inutiles, je peux me permettre de critiquer gratuitement : je me demande tout Ă  coup si elle s’y est bien prise pour venir parler de clichĂ©s

Bienvenue dans ma réalité.

Merci. Mais j’aimais bien la mienne, je peux la garder un peu ? (Les gens y Ă©coutent essentiellement du rock anglais)(et y passent leurs journĂ©es Ă  cuisiner nus, mais on s’Ă©loigne du sujet principal)

J’en ai marre d’vos bonnes maniĂšres, c’est trop pour moi !

A tous les coups, quelqu’un lui a dit “on ne dit pas je veux mais j’aimerais s’il vous plaĂźt” et nous l’a Ă©nervĂ©e !

Moi je mange avec les mains et j’suis comme ça !

J’Ă©tais sur le site du Ritz (tu crois quoi, je me documente, c’est du travail, blogueur)(d’ailleurs, je trouve que votre argent ferait bien mon bonheur parce que merde, quoi, parfois je passe plus de dix minutes sur le mĂȘme post !)(je vais passer parmi vous avec un chapeau dĂšs la fin de la lecture, merci), j’ai regardĂ© le menu du brunch du dimanche, y a de la salade de maĂŻs, du hommos et du filet de veau, elle fait bien de pas vouloir y aller. Tout ça avec les doigts, c’est embĂȘtant. Par contre, y a un service, ils te proposent de te tĂ©lĂ©phoner gratuitement ! VoilĂ  qui procure de la joie et de la bonne humeur !

J’parle fort et je suis franche, excusez moi !

Ah mais on n’a aucun souci avec ça ! le seul problĂšme, c’est que tu chantes aussi un peu fort…

Finie l’hypocrisie moi, j’me casse de lĂ  !

Je trouve que c’est peut-ĂȘtre un peu excessif, comme rĂ©action. Je sais pas, on m’offre rarement des suites et des bijoux, mais je pense que ça part d’une bonne intention, Ă  la base.

J’en ai marre des langues de bois !

Ah, ça, les langues de bois, c’est un coup Ă  se coller des Ă©chardes.

Regardez moi, toute maniĂšre j’vous en veux pas

Tu m’Ă©tonnes ! On t’a quand mĂȘme offert toutes nos limousines, on va devoir rentrer Ă  pieds, on se fait engueuler, manquerait plus qu’en plus tu fasses la gueule.

et j’suis comme ça (j’suis comme ça)

et c’est tout Ă  ton honneur, les gens sont de moins en moins comme ça dans le monde d’aujourd’hui.

Refrain x4

Je propose donc que, chacun, chez vous, vous rendiez ce petit service Ă  cette brave Zaz, si gĂ©nĂ©reuse mais un peu vive : au lieu de lui donner votre argent, ce qu’elle dĂ©teste au plus haut point, achetez plutĂŽt de la bonne musique.


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Pondu par raph le Thursday 26 August 2010 oui je sais la date est en anglais, c'est parce que je suis trop hype dans ma tête.

I want to believe

Ce soir, Zilina reçoit le Sparta Prague. Je peux concevoir que tu n’en aies rien Ă  foutre. Moi mĂȘme, encore rĂ©cemment, peu m’en aurait challu. Mais depuis cet Ă©tĂ©, j’ai rejoint les rangs obscurs des mecs qui parient sur les matches, facilement reconnaissables au fait que, justement, ils se passionnent pour les tours prĂ©liminaires de la Ligue des Champions, pour la 2e division estonienne voire, dans les cas les plus graves, pour les rĂ©sultats des joueurs de tennis.

Tout ça Ă  cause d’un poulpe. A la base, je ne voulais parier que pendant la coupe du monde. Mais, pour ne pas avoir voulu suivre Paul, j’ai perdu presque toutes les pĂ©pettes que j’avais initialement placĂ©es. Et lĂ , donc, je compte sur la vigueur slave des attaquants Zilinois et Pragoulottes pour me refaire un brin. J’y peux rien, les cĂ©phalopodes, y a guĂšre qu’Ă  la plancha que je leur fais confiance. Un poulpe devin, et pourquoi pas une taupe en tĂȘte des ventes de musique, aussi ?

Et sérieusement, comment veux-tu croire un poulpe quand tu ne crois plus en rien ?

C’est un truc gĂ©nĂ©rationnel, ça, de ne croire en rien : quand tu as vu tes parents, de retour du camping des possibles, oĂč ils couraient pieds et je ne veux pas savoir quoi d’autre nus en rĂ©citant des mantras, remettre leur cravate et filer comme si de rien n’Ă©tait apprendre les ordinateurs pour pouvoir faire toujours plus de prĂ©sentations powerpoint, ça calme un peu les utopies. Mais bon, les suivants ne sont pas mieux lotis : les mecs de la gĂ©nĂ©ration Y, ou numĂ©rique, ont dĂ» perdre une bonne partie de leurs illusions quelque part entre le premier exposĂ© repompĂ© sur un mauvais article wikipedia et l’Ă©mission spĂ©ciale “artistes connus grĂące aux internets” avec Lorie, Kamini et GrĂ©goire. Ceux d’aprĂšs, ceux de la Z (je viens de perdre la foi dans les mecs qui nomment les gĂ©nĂ©rations) ou kikoolol, sont dĂ©semparĂ©s depuis que bestah et sistah sont devenues bff sur facebook avec l’autre biatch qui a osĂ© envoyer des dauphins Ă  chiwi.

Bon, quand je dis en rien, j’exagĂšre un peu. Je ne crois plus ni en dieu, ni en Steve Jobs (pour les mĂȘmes raisons, plus ou moins, des mises Ă  jour douteuses), ni que l’internationale sera le genre humain, ni au rĂ©gime Dukan, ni aux promesses Ă©lectorales, ni au point G, ni au complot mondial visant Ă  nier que JĂ©sus serait en fait devenu chanteur de bal dans le Morbihan, ni Ă  la reprise, ni Ă  la crise, ni que je peux voler, que je peux toucher le ciel, mais il y a des trucs dignes de foi. La souris des dents, par exemple. Attends, dans notre monde ultra-matĂ©rialiste, tu crois vraiment que les parents se livreraient Ă  mille simagrĂ©es pour pouvoir coller de l’argent sous les oreillers Ă  chaque chute de dent ? Ça ne tient pas la route cinq minutes.

Y a des cĂŽtĂ©s sympa Ă  ne plus croire en rien : par exemple quand le mĂȘme jour tu reçois l’enveloppe des impĂŽts, une mauvaise nouvelle et un coup de genou par inadvertance, ce n’est pas ton karma qui est mauvais, ce n’est pas ta divinitĂ© prĂ©fĂ©rĂ©e qui tente de te faire passer un message, ce n’est pas le Destin, parce que s’ils existaient, les divinitĂ©s, le Destin, le karma, ils auraient autre chose Ă  foutre qu’Ă  te harceler, et donc tu peux partir du principe que le reste de la journĂ©e ne va pas ĂȘtre du mĂȘme acabit (et lĂ , si en plus le menu de midi Ă  la cantine c’est blanquette, tu hĂ©sites Ă  reprendre une petite croyance comme ça, sur le pouce, pour quelques heures). Mais y a aussi pas mal d’inconvĂ©nients. Par exemple, tu ne regardes plus jamais une Ă©quipe suisse jouer en Champion’s League, et tu es obligĂ© de parier pour t’intĂ©resser un peu.


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Pondu par raph le Wednesday 25 August 2010 oui je sais la date est en anglais, c'est parce que je suis trop hype dans ma tête.

Perception

Don Codd Ă©tait le plus douĂ© des Terminceptors, des gens chargĂ©s de remonter dans le temps, s’infiltrer dans le subconscient des gens pour les empĂȘcher de faire des rĂȘves Ă  la con dont ils s’inspireront pour en tirer des romans ou des films pourris. Bien sĂ»r, c’Ă©tait facile pour lui d’ĂȘtre le plus douĂ©, car il Ă©tait le seul Ă  pratiquer ce mĂ©tier rare et dangereux.

Don avait toujours Ă©tĂ© ce qu’il est convenu d’appeler un gros nolife. Sa seule ambition, lorsqu’il Ă©tait entrĂ© dans la profession, avait Ă©tĂ© de pouvoir gagner sa vie en pionçant. Il avait Ă©tĂ© deux ans testeur de qualitĂ© chez Bicoflex, trois ans commentateur de l’Eurovision Ă  la tĂ©lĂ© suisse romande, cinq ans fonctionnaire et cent ans doublure clavicules de la Belle au bois dormant avant de passer le brevet de Terminceptor. Mais il avait un talent certain pour faire de rĂȘves fantasmagoriques avec moult licornes fluorescentes des terres brĂ»lĂ©es plus arides que les steppes par un jour de finale de coupe du monde. Il se souvenait avec une fiertĂ© peut-ĂȘtre mĂȘlĂ©e d’une once de regrets d’un rĂȘve Ă©rotique particuliĂšrement dĂ©bridĂ© lors duquel il avait rĂ©ussi Ă  faire s’endormir et le rĂȘveur et les dĂ©licieuses crĂ©atures ĂŽ combien mamelues que l’esprit mameliphile du susdit avait convoquĂ© pour diverses rĂ©jouissances sur lesquelles nous ne nous Ă©talerons pas ici, mais lors desquelles il Ă©tait notamment question de s’Ă©taler et d’Ă©taler de la pĂąte Ă  crĂȘpes.

LĂ  oĂč Don Codd passait, les idĂ©es ne repassaient jamais. Dans les meilleurs des cas, ses victimes abandonnaient toute envie de faire subir au monde les fruits de leur imagination et se lançaient dans l’agriculture biologique, dans la politique ou dans le vide. Dans le pire des cas, ils faisaient quand mĂȘme leur film, leur roman, leur disque, mais il Ă©tait si ennuyeux qu’il passait totalement inaperçu, et Don aimait Ă  souligner qu’il Ă©tait Ă  l’origine des flops de “Inception” et de “The Suburbs”

Don se rĂ©veilla. Ouf, tout ceci n’avait Ă©tĂ© qu’un rĂȘve.
Don se rĂ©veilla. Ouf, tout ceci n’avait Ă©tĂ© qu’un rĂȘve. Mais imbriquĂ© dans un autre rĂȘve. Quelle idĂ©e gĂ©niale !
Don se rĂ©veilla. Ouf, tout ceci n’avait Ă©tĂ© qu’un rĂȘve.
Don se rĂ©veilla. Ouf, tout ceci n’avait Ă©tĂ© qu’un rĂȘve.
Don se rĂ©veilla. Ouf, tout ceci n’avait Ă©tĂ© qu’un rĂȘve.
Don se rĂ©veilla. Ouf, tout ceci n’avait Ă©tĂ© qu’un rĂȘve.
Don se rĂ©veilla, poursuivi par Walburge, sa chauve-souris gĂ©ante adoptive qu’il avait oubliĂ© de nourrir.
Don se rĂ©veilla. Ouf, tout ceci n’avait Ă©tĂ© qu’un rĂȘve.
Don se rĂ©veilla. Ouf, tout ceci n’avait Ă©tĂ© qu’un rĂȘve.


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Pondu par raph le Thursday 5 August 2010 oui je sais la date est en anglais, c'est parce que je suis trop hype dans ma tête.
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