Bon pour ton poil - Der Blog, der lolt

Götterdämmerung

Jadis, longtemps avant l’invention de wikip√©dia, l’humanit√© tentait de comprendre les myst√®res qui l’entouraient. Mais c’√©tait un peu compliqu√©. Et souvent effrayant. Mais il fallait bien que les a√ģn√©s rassurent les plus jeunes, quand ils en causaient, le soir au coin du feu dont ils avaient moins peur depuis qu’ils l’avaient invent√©.

Alors ils inventaient de belles histoires. Ils leur racontaient les histoires des dieux anciens qui avaient cr√©√© la terre et le ciel, la terre et les mammouths laineux, avant de partir prendre l’ap√©ro. “Et quand ils abusent du jus de fruits ferment√©, √ßa fait des √©clairs”, disaient-ils. Puis les plus jeunes, parfois, devenaient √† leurs tours des a√ģn√©s. Ils rajoutaient un ou deux chapitres √† la l√©gende, en enlevaient d’autres, modifiaient √ßa et l√† certains passages.

Puis un jour, un d√©nomm√© UhhhhhhGruhhhhr revint d’une chasse √† la belette ensanglant√© mais exalt√©.
– Dites, vous avez bien dit que c’√©tait Agrhaahrk qui avait cr√©√© la terre, le ciel, et que les √©clairs c’√©tait un truc qu’elle faisait pour retrouver les cl√©s de sa grotte quand elle rentrait tard le soir ?
– Euh, oui, c’est √ßa.
– Jamais bien compris cette histoire. Mais bon. La grotte d’√† c√īt√©, ils disent que c’est Uglhor et que les √©clairs sont la manifestation de sa col√®re.
РOui, bon. Il y a peut-être des interprétions différentes.
– Ah non, c’√©tait d√©j√† assez compliqu√© comme √ßa. Du coup, on leur a dit qu’ils se trompaient, on les a massacr√©s et une chose en entra√ģnant une autre, on a ramen√© toutes leurs provisions.
– Une demi-belette ?
РIls étaient pauvres, preuve que leur Uglhor ne doit pas les aimer tant que ça.
– Oui, bon. Pas s√Ľre s√Ľre que ce soit √ßa que veuille Agrhaahrk.
– Mais si. Il n’y a pas eu d’√©clairs depuis, c’est bien la preuve.
– Mouais mais non. Franchement, je crois pas.
РIls ont une super grande grotte, douze pièces, lagon, gibier à profusion.
– Douze ? C’est vrai qu’on songeait √† agrandir…
РSinon, on a repéré des adorateurs de Grouhr, pas loin.
– Lagon, gibier ?
– A foison.
– Sus √† l’h√©r√©tique.

Fort heureusement, depuis, on comprend (plus ou moins) comment sont faits les √©clairs et qui accroche les √©toiles dans le ciel. Et ce genre de choses n’arrivent plus.


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Pondu par raph le Thursday 8 January 2015 oui je sais la date est en anglais, c'est parce que je suis trop hype dans ma tÍte.

Le courrier picard du c¬Ĺur international

¬ę C’est pas facile ¬Ľ est une sorte de courrier du c¬Ĺur moderne, dans lequel vous posez des questions et o√Ļ un chroniqueur vous r√©pond. Ce chroniqueur, c’est moi, tu croyais pas que bptp avait le moyen de grassement payer des pigistes ? Je ne suis ni m√©decin, ni proctologue, ni trap√©ziste, j’avais simplement envie de vous raconter n’importe quoi.
Si vous voulez m’envoyer vos histoires, n’h√©sitez pas √† m’√©crire √† courrierduceur@bonpourtonpoil.ch

Mon √©poux et moi-m√™me nous connaissons depuis maintenant huit ans. Tout se passe √† merveille : il est attentionn√©, tendre et r√©ussit √† merveille la quiche aux lardons. Toutefois, quelque chose me chiffonne. En effet, il est adepte d’une sexualit√© pour le moins d√©prav√©e. Il refuse syst√©matiquement que nous convions des amis, ne se sert pas d’accessoires et ne m’insulte jamais durant nos √©bats. Je ne sais que penser. Comment cela se peut-il. Peut-√™tre ne m’aime-t-il plus ? Peut-√™tre est-il membre d’une secte ? Peut-√™tre est-il vieux ? Que faire ? Je ne sais pas.
Anonyme, Bougoin-Jallieu.

Chère Anonyme,
Je lis dans vos √©crits une grande souffrance, que je comprends mieux que je l’ai moi-m√™me v√©cue. La situation √©tait certes un peu diff√©rente : j’√©tais en vacances en Espagne, j’ai command√© du poulpe et on m’a amen√© de la seiche, alors que tout le monde sait que je d√©teste √ßa. Plusieurs ann√©es de th√©rapie m’ont permis de me sortir de ce pas difficile.
Cependant, votre situation me semble bien insoluble. Vous dites attentionn√© et tendre, mais pourtant, cet homme est extr√™mement √©go√Įste. Je ne vois qu’une solution : quittez-le, mettez le feu √† sa penderie, changez d’avis puis requittez-le (pour d√©conner), car de tels comportements ne sauraient.
Par ailleurs, pourriez-vous être plus précise quant à la recette de la quiche ?

Je suis √©pris d’une jeune demoiselle. H√©las, nos parents se d√©testent, √† cause d’une sombre histoire de haine. Que faire ? Je ne sais pas.
Roméo C., Vérone

Cher Roméo,
Je comprends d’autant mieux votre situation que je l’ai moi-m√™me v√©cue : je voulais un v√©lo rouge et mes parents ont pr√©f√©r√© m’offrir un trampoline. Quelle d√©ception n’ai-je alors pas ressentie. Votre r√©cit me rappelle un peu un film que j’avais alors vu, seul avec mon d√©sespoir : il s’agissait de la Guerre des Etoiles, dans lequel on trouve √©galement des membres de plusieurs familles diff√©rentes et des parents au comportement inad√©quat. Je peux donc vous donner cet excellent conseil : c’est en vous que vous devez trouver les r√©ponses, car le bonheur se cache bien souvent √† l’int√©rieur de nous.

J’ai un souci. Mes gard√©nias refusent de fleurir. Or, je les arrose avec conviction et douceur, comme indiqu√© sur la notice d’emballage. Je ne comprends pas. Je suis √† bout. Je songe m√™me √† faire une b√™tise. Je n’en peux plus. Que faire ? Je ne sais pas.
Fulgencio, Douai

Cher Fulgencio,
Permettez-moi de vous retourner la question. Au fond, si ces gard√©nias meurent, n’est-ce pas le signe qu’au fond de vous, vous ne les aimez plus ? Et si vous ne les aimez plus, n’est-ce pas le signe qu’au fond, vous ne vous aimez plus vous-m√™me ? Je comprends d’autant mieux votre situation que je l’ai moi-m√™me v√©cue. Je cuisinais une quiche aux lardons et j’ai oubli√© de mettre la cr√®me. Je m’en suis voulu pendant plusieurs minutes. Mais apr√®s tout, la vie continue. Essayez d’en prendre de la graine !

Je me demandais, pourquoi les gens qui s’aiment sont-ils toujours un peu les m√™mes ? Non, parce que moi, je voudrais √™tre un homme heureux, c’est pour √ßa.
William S., Genève

Cher William,
Je comprends tr√®s tr√®s bien votre probl√®me. Je l’ai moi-m√™me v√©cu, c’est dire ! Je m’en rappelle comme si c’√©tait hier. J’ai des amis, quand je dis amis, en fait, je les connais un peu mais pas tr√®s bien, mais je ne suis pas l√† pour parler de moi, qui sont jumeaux, et figurez-vous qu’ils sont en couple avec des jumelles, alors des fois on les confond. C’est fou. J’en ris encore. Pour r√©pondre √† votre question, j’aimerais vous dire ceci : le bonheur est dans le c¬Ĺur de celui qui veut le voir. Ne cours pas √† sa porte ! car l’hiver est √† la fen√™tre.

Mon √©pouse est d√©c√©d√©e il y a huit ans des suites d’une longue maladie. Depuis, je suis prostr√© chez moi. R√©cemment, un ami m’a dit “√©coute, Henri, il faudrait que tu voies du monde, tu sais, que tu fasses des rencontres, tu sais, peut-√™tre m√™me que tu vois ce que je veux dire, hein ? haha, sacr√© Henri.” Je n’ai pas compris ce qu’il voulait dire, d’autant plus que je ne m’appelle pas Henri, mais je crois qu’il a raison : il est temps pour moi de me remettre en selle, comme aiment √† le dire les cavaliers. Cependant, je ne sais comment m’y prendre. On ne danse plus de slows dans les bo√ģtes de nuit, et mon Minitel refuse obstin√©ment de s’allumer. Que faire ? Je ne sais pas.
Henri, Budapest

Cher Henri,
Votre question est mal pos√©e. Vous dites mon √©pouse, comme s’il devait aller de soi que de nos jours, une relation soit forc√©ment h√©t√©rosexu√©e. Et les droits des minorit√©s, qu’en faites vous ? Rarement, je n’ai lu autant d’√©gocentrisme que dans votre question. Je ne vous f√©licite pas. Franchement. Dans quel monde on vit. Des choses pareilles. Et pourtant, croyez-moi, j’ai d’autant plus de compr√©hension pour votre situation que je l’ai moi-m√™me v√©cue. A peu de choses pr√®s. Mon √©pouse n’√©tait pas d√©c√©d√©e, mais sortie acheter du pain, et ce n’√©tait pas mon √©pouse, mais une vague connaissance, mais je sentais que quelque chose nous rapprochait irr√©m√©diablement. Comme je suis bon prince, je vais r√©pondre √† votre question, mais c’est bien la derni√®re fois : Caramail, c’est pas mal, pour rencontrer.


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Pondu par raph le Monday 5 January 2015 oui je sais la date est en anglais, c'est parce que je suis trop hype dans ma tÍte.

Il ne savait pas en ouvrant la porte qu’il allait d√©couvrir le secret du bonheur. La huiti√®me va vous √©tonner !

– Bonjour, vous vous souvenez de ce que je vous avais dit, l’an dernier √† pareille √©poque ?
– Pas tr√®s bien, je dois dire…
РBonne année. Je vous avais dit bonne année. Et je vous avais souhaité joie, amour et bonheur.
– Ah, oui, √ßa me revient. Vous aviez ajout√© “Et la sant√© ! Parce que c’est important, la sant√© !”
– Oui. C’est important. Et vous, qu’avez-vous fait ?
– Ben…
РVous êtes tombé gravement malade !
– C’est vrai, oui, mais les docteurs disent que je vivrai !
РOui, oh, les docteurs, ils disent ça comme ils diraient autre chose, vous savez.
– C’est vrai qu’ils disaient la m√™me chose √† ma femme…
– Vous voyez ! Tr√®s bel enterrement, d’ailleurs.
– Vous n’y √©tiez pas.
– Non, non, avec le yacht √† essayer, vous savez ce que c’est…
– Non.
– Mais je suis s√Ľr que c’√©tait un tr√®s bel enterrement. Vous connaissant. Vous √™tes dou√©, pour ces choses l√†.
РOh, oui, au bout du septième en un an, forcément.
– Oui. Quelle chance d’avoir une si grande famille, tout de m√™me ! Mais vous parvenez quand m√™me √† vous plaindre.
РBen là, il ne me reste plus grand monde.
РOui, surtout que vos enfants refusent désormais de vous parler !
РIls ne refusent pas, ils sont tombés en catatonie.
– Ah, oui, la Catatonie, tr√®s belle r√©gion, j’y suis all√© avec ma ma√ģtresse et mon √©pouse l’√©t√© dernier.
– La Cappadoce. Je sais. C’est l√† qu’elle a attrap√© cette maladie.
– Ma femme ? Mais non. Elle va bien.
– Votre ma√ģtresse. Mon √©pouse. Ma veuve.
– On ne dit pas ma veuve, ce n’est pas vous qui √™tes mort. Soyez pr√©cis, que diable.
РBon, bon. Et quel bon vent vous amène ?
– Bien je vous l’ai dit. L’an dernier, je vous avais souhait√© sant√©, bonheur et r√©ussite… Vous voil√† veuf, malade et ch√īmeur. Parce que vous vous √™tes fait virer de votre travail.
– Non. Ma bo√ģte a fait faillite. Suite aux probl√®mes de sant√© de mon √©pouse.
– Bon, bon, ne jouez pas sur les mots. C’est pareil.
– Techniquement, non. Je n’ai pas droit au ch√īmage, du coup. Mais je fais contre mauvaise fortune bon coeur ! J’ai appris √† cuisiner la terre. C’est pour √ßa que je suis tomb√© malade, d’ailleurs.
РBon, bon, épargnez-moi ces détails malsains. Je suis venu vous annoncer que je vous assignais en justice.
– Pardon ?
– Mauvais usage de voeux.
– Ca n’existe pas.
– Si, la loi est pass√©e l’√©t√© dernier.
– Je l’ignorais.
– Vous pourriez faire un effort. D’ailleurs, je vais vous dire. Le bonheur est en chacun de nous, mais pour l’avoir, il faut le vouloir.
– Paulo Coelho ? C’est vous ? Puis-je avoir un autographe ?
– Non.
РBon. Tant pis. Bonne année !
РEt surtout, la santé.


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Pondu par raph le Friday 2 January 2015 oui je sais la date est en anglais, c'est parce que je suis trop hype dans ma tÍte.
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