Bon pour ton poil - Der Blog, der lolt

Longue est la nuit

J’aimerais pour une fois aborder un th√®me de soci√©t√© sur ce blog :

Pour ou contre l’insomnie ?

A priori, poser la question, c’est y r√©pondre. En ce temps de crise et de morosit√©, dormir, c’est du temps perdu. L’insomnie, c’est des heures et des heures de gagn√©es, que l’on peut enfin consacrer √† des activit√©s d√©laiss√©es durant la journ√©e comme penser au temps qui passe ou √©couter le robinet goutter dans la cuisine. Elle peut √©galement √™tre le pr√©lude √† d’amusantes distractions : qui n’a jamais repeint son plafond sur le coup de 4 heures du matin ?

Il est de plus bien connu que l’insomnie aide √† la cr√©ation artistique. Avez-vous jamais lu un roman parlant de quelqu’un qui dort super bien ? Connaissez-vous un seul artiste expliquant qu’il cr√©e surtout au cours de ses nuits de sommeil profond ? Et ces fran√ßais romans au style enlev√©, ceux dont l’auteur n’a pas cette sotte vulgarit√© de s’int√©resser √† l’histoire alors qu’il pourrait rajouter un adjectif, leurs foisonnants oxymores, leurs amphigouriques catachr√®ses que louent les critiques subjugu√©s par cet imp√©tueux amas de s√©millants vocables, qui donc, dans un funeste monde d√©pourvu d’affables insomnies, les lirait ?

L’insomnie permet aussi de compter les moutons, ce qui nous rapproche de la nature dans un monde o√Ļ de plus en plus de bergers font appel √† des compte-moutons automatiques.

Et puis il faut bien que les fabricants d’anti-cernes gagnent leur vie, avec tout ce ch√īmage.

Non, vraiment, l’insomnie a tout pour elle. A condition de respecter quelques r√®gles simples qui permettent de la vivre pleinement. Ne faites pas comme ces insomniaques d√©butants et na√Įfs qui croient dur comme fer qu’ils vont se rendormir. Des heures perdues √† tenter de faire le vide dans son esprit, √† en chasser toutes pens√©es interlopes, alors qu’on pourrait tr√®s bien se lever, aller √† la cuisine et se pr√©parer une bonne interlope pan√©e, √ßa me chagrine. Et dans un souci de confort, il est pr√©f√©rable que le nombre d’insomniaques √† domicile soit sup√©rieur ou √©gal au nombre d’habitants.

Mais bon, ça fatigue un peu, à la fin.


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Pondu par raph le Tuesday 27 November 2012 oui je sais la date est en anglais, c'est parce que je suis trop hype dans ma tÍte.

Bigger, Faster, Dicker

– Tiens, Gunda, on te voit beaucoup en ce moment.
– Oui.
– Des soucis avec Ramuntcho, ton amant mexicain ?
– Arr√™te, on ne rigole pas avec ces choses-l√†. Le pauvre… Bref. Tu as lu le Dicker ?
– J’ai eu une Black & Decker, une fois, enfin, elle √©tait √† un copain, j’ai lu le manuel, apr√®s j’ai pas os√© m’en servir, c’est super dangereux.
– Mais arr√™te, tu embarrasses tout le monde. Bon alors le Dicker, c’est un livre qui a √©t√© √©crit par un Suisse et qui a presque eu le Goncourt.
– Ah oui, je connais √ßa, les presque. J’ai d’ailleurs presque eu une id√©e g√©niale aujourd’hui. Mais c’est bizarre, comme titre, pour un livre, “le Dicker”, non ?
– Non mais c’est comme √ßa qu’on dit, √† Paris, en fait √ßa s’appelle “La v√©rit√© sur l’affaire Harry Potter”, parce que c’est important, pour avoir le Goncourt, d’avoir un titre long, par exemple “La guerre selon Charlie Winston” ou “La v√©rit√© sur l’affaire Harry Potter”.
– Bon ben mon premier roman s’appellera “Les myst√©rieuses aventures du vieux qui ne voulait pas aller √† la piscine de Central Park √† cause des √©cureuils le mardi qui se cachent pour mourir dans les songes d’un froid d’√©t√©…”
– Ta gueule. Bon. tu as lu le Dicker ?
– Non. C’est bien ?
– A Paris, on ne lit jamais les livres dont on parle. C’est une r√®gle. Mais il se vend bien, donc √† Paris, on n’aime pas trop, mais…
– Excuse-moi mais tu es Parisienne ?
– Non mais j’√©tais en stage.
– Tu es imaginaire et tu vas tra√ģner √† Paris alors qu’il y a des tas d’endroits plus glamour comme La Membrolle-sur-Choisille ?
– Donc le Dicker, c’est un livre qui raconte l’histoire d’un √©crivain.
– Ah pas mal, √ßa, comme id√©e ! √áa n’a jamais √©t√© fait, si ?
– Non, c’est la premi√®re fois. Mais j’ai pens√© que toi, tu pourrais √©crire l’histoire d’un √©crivain qui √©crit l’histoire d’un √©crivain.
РAh oui, pas mal. Ça se passerait à Morges.
– Non, aux States. C’est important, quand on est un √©crivain suisse qui marque le renouveau de la litt√©rature romande de bien faire croire qu’on est am√©ricain, sinon apr√®s les gens trouvent √ßa mal √©crit, √† cause de l’accent.
– J’ai lu un Chessex, une fois. √áa se passait √† Payerne. C’√©tait bien. Tellement bien √©crit que j’ai fait six mois de d√©pression. Mais il n’y avait pas d’√©crivains, que des bouchers.
– Donc c’est l’histoire d’un √©crivain de San Francisco qui √©crit l’histoire d’un √©crivain de Los Angeles qui va √† Miami sur les traces d’un √©crivain pour s’inspirer… Je te le note ou tu vas retenir ?
– Non non… √áa a l’air bien pour le moment. Il peut rencontrer des aliens contamin√©s par des OGM en route ?
РNon. Que des écrivains. Tous très riches et très beaux.
РAh mais ça va être chiant, un peu. Il pourrait pas y avoir aussi un trentenaire un peu loser et des poulets ninja ?
– Le policier ?
– Non, l’animal.
– Non.
– Le policier alors ?
– Non.
– Et des ours ?
– √áa, √† la limite. Mais seulement s’il y a des √©crivains concupiscents dont la meilleure amie est une quadrag√©naire lesbienne qui √©crivent des romans √† succ√®s qui racontent l’histoire d’√©crivains √† succ√®s dont la meilleure amie est une quadrag√©naire lesbienne.
РÇa me rappelle un truc.
– Non.
– Bon ben je m’y mets.
– 600 pages minimum.
– 600 pages pour un post de blog ?
– Minimum.
– Ah parce que moi j’√©tais plut√īt parti sur 16 lignes.
РTu signeras jamais le renouveau de la littérature romande avec tes conneries.
– J’ai lu un Chessex une fois. Il faisait dans les 22 pages. J’ai vomi trois fois. C’√©tait super bien √©crit.
РEt puis pas de dialogues trop longs, hein ? Tu sais que tu dois arrêter, avec ça ?
Il ferma la porte dans un doux bruissement d’ailes. La sueur perlait sur son front √©vanescent.
– Merde, mais arr√™te avec tes adjectifs incongrus ¬Ľ, l√Ęcha Gunda dans un dernier soupir.
Il se remit √† la t√Ęche. Tout en saisissant d’une main Friedholm, sa fid√®le halt√®re, il entonna de l’autre le chapitre 650 de sa saga, un roman audacieux dans lequel le h√©ros, un √©crivain en mal d’inspiration apr√®s le succ√®s foudroyant de son roman “L’√©crivain qui recherchait l’inspiration apr√®s le succ√®s foudroyant de son roman sur un √©crivain”, partait sur les traces d’un c√©l√®bre √©crivain. Soudain, une sculpturale blonde entra dans la pi√®ce. Il la reconnut sans peine. C’√©tait Fiodor, son √©pouse, qui n’√©tait pas √©crivain.
– Merde, mais arr√™te, tu salis tout. ¬Ľ, constata Gunda dans un croassement fugace.


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Pondu par raph le Friday 9 November 2012 oui je sais la date est en anglais, c'est parce que je suis trop hype dans ma tÍte.
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