Bon pour ton poil - Der Blog, der lolt

Tourner l’Ă©talon

Ceux qui me connaissent vous le diront : je suis tout sauf raciste.
Et pourtant, je ne peux pas m’empĂŞcher de me mĂ©fier des chevaux.

Trop longtemps, l’attention s’est focalisĂ©e sur le cousin du cheval, le poney, et je meaculpe volontiers, ayant moi-mĂŞme participĂ© Ă  cette campagne de dĂ©nigrement. On se mĂ©fie plus facilement du poney, en raison de sa taille : tout le monde sait que les petits sont fourbes. Mais le cheval, lui, qui a rĂ©ussi, grâce Ă  des complicitĂ©s haut placĂ©es, Ă  faire passer dans l’opinion publique cette idĂ©e saugrenue selon laquelle il serait la “plus belle conquĂŞte de l’homme”, inspire confiance. Mais le cheval n’est pas notre ami ! Essayez de le rĂ©veiller, en pleurs, Ă  quatre heures du matin pour lui confier vos problèmes : il se contentera de vous hennir au nez. CarrĂ©ment snob, il ne peut ĂŞtre rouge, vert ou bleu comme vous et moi : il faut qu’il soit alezan, pie voire isabelle.

Le cheval est malin et patient. Il a su, en se laissant grimper sur le dos par le premier venu, s’immiscer jusque dans les hautes sphères. Regardez autour de vous : les statues Ă©questres sont partout, alors que les autres animaux sont gĂ©nĂ©ralement exclus de l’espace artistique urbain. Jamais on n’a entendu parler d’une personne victime d’un malencontreux coup de sabot de la part d’un canard col-vert. Rares sont les accidents dus Ă  une chute d’ornithorynque. Voit-on des statues de col-vert ou d’ornithorynque ? Non. Jamais. Alors que les chevaux, eux, sont partout. Cela contribue Ă  donner d’eux une image sympathique, et je ne serais pas Ă©tonnĂ© d’apprendre qu’ils jouissent de solides complicitĂ©s au sein de milieux sculpturaux. Et ne dit-on pas “tenir les rĂŞnes du pouvoir” ? Preuve que mĂŞme les mecs du dictionnaire sont complices, innocents ou non, de la volontĂ© hĂ©gĂ©monique de la gent Ă©questre. De nombreuses autres expressions prouvent la main-mise du mouvement hippique dans notre vocabulaire quotidien : “avoir le mors aux dents”, “se remettre en selle”, “cheval dire Ă  ta mère”, “une haridelle ne fait pas le printemps”, “bourrin peu ça va passer”.

De mĂŞme, et on ne m’Ă´tera pas de l’idĂ©e que c’est profondĂ©ment injuste, le cheval est le seul animal autorisĂ© Ă  participer aux Jeux Olympiques. Alors que le pigeon, oiseau Ă  la grise robe, est contraint de rester d’argile durant les joutes, le cheval, lui, galope Ă  sa guise sous les feux des projecteurs. Une manigance de plus pour tirer la couverture Ă  lui.

Autrefois, bien entendu, le cheval contribuait Ă  la bonne marche de la sociĂ©tĂ© en la trimballant sur son dos ou en participant aux travaux des champs. Aujourd’hui devenu oisif, il a tout loisir de fomenter. Or, de type herbivore comme ses congĂ©nères bovins, il vit en permanence dans son manger. Un exemple lamentable pour notre jeunesse, et un facteur Ă©vident de troubles moraux. La vache, au moins, se fait pardonner en contribuant Ă  l’effort fromager national. Mais le cheval, lui, est au-dessus de ce type de prĂ©occupations.

Enfin, last but not least, comme disent les anglo-saxons : Comme le regrettĂ© Charly Oleg, le cheval vit dans des manèges. Or, qui frĂ©quente les manèges ? Les enfants. De lĂ  Ă  soupçonner l’Ă©quidĂ© de tenter de pervertir notre jeunesse, il n’y a qu’un pas.

Oui, oh, riez. Mais quand ils auront fermé toutes les boucheries chevalines pour les remplacer par des foineries, vous ne viendrez pas dire que vous ne saviez pas.


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Pondu par raph le Wednesday 25 May 2011 oui je sais la date est en anglais, c'est parce que je suis trop hype dans ma tęte.

Dormir Sans Kimono

Le film du moment, c’est “De l’eau pour les Ă©lĂ©phants”, un drame jungulaire bouleversant :

Les Ă©lĂ©phants se rĂ©unissent pour dĂ©signer leur nouveau chef. Un moment important, car l’Ă©lu pourra mener la parade au printemps prochain. Mais Dodo, le vieux mâle, donnĂ© favori par les spĂ©cialistes en pachydermologie malgrĂ© son goĂ»t trop prononcĂ© pour les dĂ©fenses en ivoire massif, devient fou. En rut, il tente de s’accoupler avec tout ce qui bouge, y compris un meuble de jardin. Un ancien vampire abstinent est alors dĂ©pĂŞchĂ© sur place pour tenter de lui donner une bonne douche froide, seul moyen de calmer Dodo. Mais tout cela ne cacherait-il pas un sordide complot des hippopotames, toujours aussi dĂ©sireux de prouver qui c’est le plus fort ?

Dans le cadre du programme de soutien aux noms pénibles à porter, Reese Witherspoon et Christopher Waltz jouent dans ce film.

(Images allociné)


La jeune journaliste dĂ©pĂŞchĂ©e sur place prouve bien vite son incompĂ©tence en matière d’Ă©lĂ©phants.


DĂ©pĂŞchĂ© sur place, un cĂ©lèbre chasseur d’Ă©lĂ©phants s’Ă©quipe du matĂ©riel traditionnel nĂ©cessaire pour capturer le pachyderme selon les rites musulmans : un lion et un vĂ©hicule ornĂ© du numĂ©ro 83.


Pendant ce temps, la jeune journaliste continue d’interroger les Ă©lĂ©phants selon les rites amĂ©ricains.


FascinĂ© par les gens qui n’y connaissent rien en Ă©lĂ©phants, l’ex-vampire tombe immĂ©diatement amoureux de l’ex-journaliste.


Ils dĂ©cident de protĂ©ger l’Ă©lĂ©phant du chasseur. Bien mal leur en prend.


Car l’Ă©lĂ©phant, qui est fourbe, glisse alors du GHB dans le verre de la jeune fille.


Elle tombe alors immĂ©diatement amoureuse de lui (c’est du GHB double-effet, très pratique). L’ex-vampire est déçu Ă  juste titre.


Il dĂ©cide de la dĂ©fier dans un duel d’ultimate je te tiens par la barbichette.


Battu, il tente alors de s’immoler par accident de personnes


Mais Dodo lui redonne goĂ»t Ă  la vie, Ă  l’aide de la cĂ©lèbre blague “Coucou, tu veux voir ma trompe ?”


Ils tombent immédiatement amoureux.


Une trépidante scène de restaurant, pour le marché français.


Je voudrais pas avoir l’air de critiquer, mais ils picolent quand mĂŞme pas mal dans ce film.


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Pondu par raph le Monday 16 May 2011 oui je sais la date est en anglais, c'est parce que je suis trop hype dans ma tęte.

Hotel California

Ça fait longtemps que j’ai pas parlĂ© musique ici, non ?
J’ai longuement hĂ©sitĂ© entre MĂ©lanie Laurent et Bertrand Cantat, avant de finalement opter pour une petite jeune qui se lance.

Barbara
L’AIGLE NOIR
paroles et musique: Barbara

En plus, j’ai toujours bien aimĂ© les aigles. Mon cĂ´tĂ© genevois.

Un beau jour ou peut-ĂŞtre une nuit

L’autre truc que j’aime bien, Ă  cause de mon cĂ´tĂ© genevois, c’est la prĂ©cision. Pour confondre le jour et la nuit, faut pas ĂŞtre très ponctuel. Ni très observateur, d’ailleurs, y a d’excellents indices pour distinguer les deux. Les programmes tĂ©lĂ©, par exemple.

Près d’un lac je m’Ă©tais endormie

Hippie !

Quand soudain, semblant crever le ciel
Et venant de nulle part,

Mais si, du ciel !

Surgit un aigle noir.

L’aigle Ă©tant un rapace diurne (qui glapit ou trompette)(ça n’a rien Ă  voir avec la chanson, mais bon, c’est toujours utile Ă  savoir)(par exemple en cas d’invasion du monde par des terroristes trivialpursuitiques), ça devait ĂŞtre un beau jour. On a rĂ©solu un mystère, je suis rassurĂ©.

Lentement, les ailes déployées,
Lentement, je le vis tournoyer

Justement, Ă  la strophe d’avant, ça me dĂ©rangeait un peu : l’aigle est un oiseau plus tournoyeur que surgisseur (c’est connu).

Près de moi, dans un bruissement d’ailes,
Comme tombé du ciel

Non mais non, c’est normal, c’est parce que c’est un oiseau.

L’oiseau vint se poser.
Il avait les yeux couleur rubis

Je sais pas vous, mais je trouve ça super flippant.

Et des plumes couleur de la nuit

Ça non, ça va, un aigle noir aux plumes noires, je peux tolérer.

Ă€ son front, brillant de mille feux,
L’oiseau roi couronnĂ©
Portait un diamant bleu.

Je m’excuse d’insister sur des dĂ©tails ornithologiques, mais Ă  ce stade de la chanson, il faudrait qu’on sache si on a affaire Ă  un aigle noir ou Ă  un aigle royal. Alors bien sĂ»r, certains diront “non mais noir, royal, c’est pareil, les aigles, de toutes façons, ils se ressemblent tous (mais quel sens du rythme)”, mais ils feront moins les malins quand Michel Noir sera candidate Ă  l’investiture socialiste.

De son bec, il a touché ma joue

Il est quand mĂŞme hyper-familier, comme aigle.

Dans ma main, il a glissé son cou

MĂŞme mon chat se permet pas des trucs pareils.

C’est alors que je l’ai reconnu

Ah mais c’Ă©tait un aigle de ses amis ? Très bien, je suis pas sectaire, je trouve que comme animal domestique, un furet ou un ragondin, c’est plus facile Ă  ranger, mais bon, chacun son truc. Par contre, sans vouloir jouer les trouble-fĂŞte parce que je ne saurais pas l’accorder sans regarder, j’ai envie d’insister sur le fait que la narratrice n’est pas très observatrice. Je veux dire, si mon wombat qui s’Ă©tait enfui revenait en tournoyant lentement, je le reconnaĂ®trais sĂ»rement avant la dernière minute, quoi.

Surgissant du passé

Mais non, du ciel.

Il m’Ă©tait revenu.

Bon en mĂŞme temps, je critique, je critique, mais c’est toujours Ă©mouvant, les histoires de retrouvailles qui impliquent des animaux domestiques exotiques.

Dis l’oiseau,

Non par contre, ce ne sont pas les aigles qui parlent, mais les mainates. Mais les gens confondent souvent.

o dis, emmène-moi

et ce truc d’aigles qui enlèvent des gens, c’est une lĂ©gende, une rumeur colportĂ©e par ces sales jaloux de milans.

Retournons au pays d’autrefois

Le pays d’autrefois, je pense que c’est une mĂ©taphore pour parler du Jura, parce que soi-disant on aurait 25 ans de retard dans la rĂ©gion (vous ferez moins les malins en 2013).

Comme avant, dans mes rĂŞves d’enfant,

Ah non, ça doit ĂŞtre un autre pays d’autrefois, aucun enfant ne rĂŞve de ça.

Pour cueillir en tremblant
Des Ă©toiles, des Ă©toiles.

Par contre, dans le Jura, y a des coins oĂą on voit super bien les Ă©toiles, et c’est joli. Mais les gens viennent plutĂ´t cueillir des champignons, en gĂ©nĂ©ral.

Comme avant, dans mes rĂŞves d’enfant,
Comme avant, sur un nuage blanc,
Comme avant, allumer le soleil,
ĂŠtre faiseur de pluie

C’est mĂ©tĂ©orologiquement confus, comme situation.

Et faire des merveilles.

Allumer le soleil, la pluie en volant sur un nuage, dans 5 minutes, ça finit en double arc-en-ciel et en licorne, tout ça.

L’aigle noir dans un bruissement d’ailes
Prit son vol pour regagner le ciel

En mĂŞme temps, t’es en train de te balader Ă  dos de nuage, t’as plus besoin de lui alors quoi ? tu voudrais qu’il reste lĂ  Ă  faire le poirier ? C’est un aigle, il est supposĂ© ĂŞtre fier et altier, le mec. Il va pas attendre stoĂŻquement que tu aies fini de gambader sur les nuages pour pouvoir faire taxi.

Quatre plumes, couleur de la nuit,
Une larme, ou peut-ĂŞtre un rubis

Ses larmes ressemblent Ă  des rubis ? J’espère que tu as appelĂ© les services vĂ©tĂ©rinaires, tu sais que les gens ne rigolent pas avec la maltraitance animale, de nos jours.

J’avais froid,

Oui ben c’est ça d’aller vadrouiller dans la stratosphère

il ne me restait rien
L’oiseau m’avait laissĂ©e
Seule avec mon chagrin

En laissant ses affaires sous la surveillance d’un aigle. Je suis pas ornithophobe, j’ai pas mal d’oiseaux de proie parmi mes amis, mais quand mĂŞme, on sait bien comment ils sont. On peut pas leur faire confiance. C’est culturel, chez eux : les oiseaux, ça vole, on le sait bien.

Un beau jour, ou Ă©tait-ce une nuit

Sinon moi pour repĂ©rer, j’ai un truc : s’il fait jour, c’est que ce n’est pas la nuit.

Près d’un lac je m’Ă©tais endormie
Quand soudain, semblant crever le ciel,
Et venant de nulle part
Surgit un aigle noir.

C’est une très belle chanson, porteuse d’espoir et d’un message fort : mĂ©fiez-vous des oiseaux surgis du passĂ©, n’acceptez pas leur demande d’amis Facebook ni de faire du nuage avec eux. Et puis arrĂŞtez de vous endormir n’importe oĂą, ça fait clodo.


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Pondu par raph le Friday 13 May 2011 oui je sais la date est en anglais, c'est parce que je suis trop hype dans ma tęte.

Quote d’alerte

« Les citations, c’est comme le sel dans la soupe de nos existences. » Marc LĂ©vi-Strauss de Toulouse-Lautrec.

Bienvenue dans cet atelier de fausses citations.

Une citation, ça fait toujours prestigieux. Jadis, nous Ă©maillions nos dissertations de quelque trait d’esprit trouvĂ© en ouvrant le dictionnaire au hasard, parce que nous Ă©tions persuadĂ©s que le prof allait trouver ça hyper classe mais surtout, parce que ça faisait toujours trois lignes de gagnĂ©es. Aujourd’hui, nous nous en servons pour de plus nobles desseins, faire le cool sur Facebook et appuyer nos dires car, comme le disait souvent Voltaire, « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais comme un mec mort cĂ©lèbre a dit la mĂŞme chose que moi, c’est bien la preuve que j’ai raison. »

Une fausse citation, ou citation apocryphe , c’est plus ou moins la mĂŞme chose, mais en mieux. Bien rĂ©alisĂ©e, elle vous permettra de surfer sur la vague du buzz. « Pour faire de la bonne purĂ©e, il faut de bonnes patates. » (Mark Twain) aura en effet, statistiquement, bien plus de chances d’ĂŞtre relayĂ©e que « Pour faire de la bonne purĂ©e, il faut de bonnes patates. » (Jean-Robert Tranchu). Bien entendu, la durĂ©e de vie de la supercherie sera inversement proportionnelle Ă  son succès (voir figure b). Mais il faudra, pour vous dĂ©masquer, qu’un web-journaliste fournisse une enquĂŞte minutieuse : vous aurez ainsi l’impression d’avoir Ă©tĂ© un chaĂ®non essentiel de l’Ă©volution des mĂ©dias modernes, un rouage, mĂŞme, de la libertĂ© d’expression. Puis, finalement, elle vous permettra de soigner votre ego meurtri depuis l’histoire avec le sac de couchage : quand mĂŞme, cette histoire de Mark Twain, on y a cru, quand ceux qui se moquaient de vous en 5e b vont savoir que l’on vous a confondu avec le compositeur du gĂ©nĂ©rique de Tom Sawyer, ils feront moins les malins !

Il existe cinq sortes de fausses citations.
La fausse citation par glissade, qui intervient quand un mec moyennement prestigieux a dit un truc tellement bien qu’il ne peut ĂŞtre que de quelqu’un d’autre. « Quand j’entends le mot culture, je sors mon revolver », par exemple, Ă©tait une phrase tellement rigolote qu’on a prĂ©fĂ©rĂ© faire croire aux gens qu’elle Ă©tait de Göring plutĂ´t que de Balladur von Chirac.
La fausse citation Ă  titre posthume, utilisĂ©e quand un personnage illustre, dans un moment illustre, a dit un truc nul. Par exemple, GalilĂ©e n’a jamais dit « Et pourtant elle tourne. » Il a dit « Ouais, ouais, c’est ça, je me rĂ©tracte, et ta mère non plus, elle tourne pas », ce qui ne veut pas dire grand chose.
La fausse citation par simplification : quand quelqu’un dit un truc de 17 pages et que l’Histoire n’en retient que trois mots, parce que l’Histoire n’a plus si bonne mĂ©moire, a son âge. « Longtemps, je » (Proust). Souvent, ces trois mots rĂ©ussissent Ă  dire sans la moindre nuance ce que les 17 pages ne sous-entendaient pas vraiment, ce qui est quand mĂŞme bien mieux, pour une citation efficace.
La fausse citation par coquille. Marx, par exemple, n’a pas dit « La religion est l’opium du peuple », mais bien « la religion est l’opossum du peuple », parce qu’il la trouvait bizarre et velue. De mĂŞme, Marie-Antoinette n’a pas dit « Ils n’ont plus de pain ? Qu’ils mangent de la brioche ! » mais « Je mets mes pains oĂą je veux, et c’est souvent dans la gueule ». Une malencontreuse erreur du traducteur, peu rouĂ© aux subtilitĂ©s autrichiennes, a peut-ĂŞtre changĂ© le cours de l’histoire.
Et, enfin, celle qui nous intĂ©resse ce soir, l’invention complète : « Aimer, c’est comme un cheval Ă  bascules dans le dĂ©sespoir de l’infini » (Lamartine).

Pour rĂ©aliser une bonne citation apocryphe il te faudra un auteur mort. Attention, il faut savoir doser le prestige (figure c) : trop connu, et il y aura immĂ©diatement un petit malin pour te contredire, pas assez et c’est la catastrophe. En cas de doute, Alphonse Allais, Oscar Wilde ou Sacha Guitry font toujours l’affaire. Evite Lao Tseu, en revanche : ça commence Ă  se voir. Renseigne-toi aussi un peu sur l’auteur mort, son Ă©poque, son contexte. Par exemple, Ă©vite « Si tu n’as pas une Rolex Ă  50 ans, mange de la brioche » (Descartes) : il Ă©tait allergique au gluten.
Il te faudra ensuite un bon sujet, si possible en phase avec l’actualitĂ©, pour que ta fausse citation semble comme en rĂ©sonance. Par exemple, certains Ă©lĂ©ments de l’actualitĂ© rĂ©cente te semblent obscurs. Essaie avec un « Le doute, c’est tout ce qui nous reste quand on sait mĂŞme pas si que ben Laden il est vraiment mort » (Sidney Beckett).
Puis il te faudra enfin une excuse : « On a mal interprĂ©tĂ© mes paroles », « Non mais ce que je voulais dire, c’est qu’il aurait très bien pu dire ça, un soir de grande solitude » ou, toujours efficace, « C’est pas de ma faute, les guillemets sont partis tout seul ».

« Et que la force soit avec toi ! » (Confucius)


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Pondu par raph le Tuesday 10 May 2011 oui je sais la date est en anglais, c'est parce que je suis trop hype dans ma tęte.

Impressum

Il Ă©tait une fois trois petits oursons, qui s’appelaient Ours, Pompon et Flannagan. Leur vie n’Ă©tait que joie, farandoles, et cabrioles. Ours allait chercher du miel dans les ruches alentours, Pompon ramenait quelques pommes des vergers alentours, et Flannagan dĂ©capitait quelques morses* parce qu’on a beau dire, c’est quand mĂŞme ce qui passe le mieux avec le miel, les pommes et les farandoles.

Il n’y avait qu’une seule ombre sur le tableau chamarrĂ© du bonheur champĂŞtre de nos trois compères : le croque-mitaine. Le croque-mitaine Ă©tait mĂ©chant. la cause de tous leurs soucis. Il faisait pleuvoir, il faisait pourrir les fruits, on dit mĂŞme que c’Ă©tait lui qui s’Ă©tait arrangĂ© pour Ă©quiper les abeilles de dards. Il Ă©tait Ă©galement le principal responsable de la dĂ©forestation et l’agent artistique d’HĂ©lène SĂ©gara, dont les trois ours avaient malencontreusement entendu parler lors d’une expĂ©rience d’occupation de maison qui avait mal tournĂ©.

Le trois oursons Ă©taient bien tristes que le croque-mitaine soit si mĂ©chant, ils dĂ©cidèrent qu’il fallait lui jouer un tour pendable pour lui apprendre Ă  faire des blagues si vilaines. C’est Flannagan, toujours le plus vif, qui eut l’idĂ©e gĂ©niale : « et si on lui lacĂ©rait le visage Ă  coups de griffes, et après on lui mangerait le foie avec du miel, pour lui apprendre Ă  faire le coquin ?”

Alors Ours, Pompon et Flannagan partirent afin de débusquer le croque-mitaine. Pendant des années, ils le cherchèrent. Mais nulle part ils ne le trouvèrent. Combien amère était leur déception, surtout que les mauvais tours continuaient de se succéder dru.

Mais Pompon eut une idĂ©e gĂ©niale : “On a qu’Ă  regarder sur Google !” C’est lĂ  qu’ils dĂ©couvrirent qu’en fait le croque-mitaine Ă©tait une invention des ours adultes pour faire peur aux oursons. Ils en conçurent bien de la dĂ©ception, perdirent leurs repères et leur foi en la plantigraditĂ©. Aujourd’hui, ils dĂ©pensent une fortune en psys et en thĂ©rapies diverses et font bien peine Ă  voir.

MoralitĂ© : c’est quand mĂŞme con d’appeler un ours Ours.

* Je sais bien ce que tu vas dire, mais il s’agit ici d’ours mi-polaires.


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Pondu par raph le Friday 6 May 2011 oui je sais la date est en anglais, c'est parce que je suis trop hype dans ma tęte.

Blanc, blanc, blanc le goéland

Il y a, parfois, dans la vie, des jours oĂą, comme on dit dans le jargon, ça veut pas. Quand ces jours arrivent prĂ©cisĂ©ment alors qu’on est blogueur, journaliste, Ă©crivain ou Ă©lève dans la classe 5b du Collège Ted Robert de Moudon seul face Ă  une dissertation sur le thème “Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais j’aime beaucoup ce que vous avez fait de cet appartement”, on peut parler de syndrome de la page blanche. Alors que dans le langage fleuri du garagisme, on dirait plutĂ´t “ah ben non, on va pas pouvoir la rĂ©parer, lĂ , mais c’est pas grave, justement, je viens d’avoir un nouvel arrivage, vous m’en direz des nouvelles”.

Connaissant très mal le domaine du garagisme, quand bien mĂŞme j’ai un jour dĂ» changer moi-mĂŞme, alors que les frimas hivernaux menaçaient de me transformer en statue de glace, mon cric, je ne me hasarderai pas sur ce terrain glissant (sans doute Ă  cause de l’huile). En revanche, je puis, dans la grande lignĂ©e de ces sites de dĂ©veloppement personnel qui sont un peu ce qu’on a fait de mieux sur internet depuis les blogs de tricot, vous donner des conseils dans le domaine scriptural.

Car je suis moi-mĂŞme, vois-tu, bien souvent confrontĂ© au syndrome de la page blanche. Et j’ai trouvĂ© le moyen infaillible d’y remĂ©dier. Non, il ne s’agit pas de peindre la page en fuchsia, encore que ce soit une couleur très printanière.

Vous avez remarquĂ© que, dans la grande lignĂ©e de ces sites de dĂ©veloppement personnel qui sont un peu ce qu’on a fait de mieux sur internet depuis les blogs de tricot, ça fait pas mal de paragraphes que je parle pour rien dire. Mais venons-en au fait.

La première chose Ă  faire est de hiĂ©rarchiser son travail. Sinon, c’est l’escalade infernale : hĂ©sitant entre se mettre immĂ©diatement Ă  rĂ©diger son article sur les furets, quand bien mĂŞme il n’est que pour le 21, mettre Ă  jour son blog sur l’architecture en Patagonie ou soigner son personal branding par le biais de quelques saillies drolatiques sur les morts du jour sur les rĂ©seaux sociaux, on tergiverse, on perd du temps et on se retrouve, quelques heures et une vingtaine d’onglets plus tard, Ă  lire un passionnante Ă©tude scientifique qui prouve que les personnes qui jouent du djembĂ© ont plus de chances de mourir assassinĂ©es que les possesseurs d’une roulette Ă  pizza.
Il faut donc soigneusement lister les tâches en cours et les classer sur une Ă©chelle de extrĂŞmement urgent Ă  oh merde j’ai complètement oubliĂ© ce truc c’Ă©tait pour hier. Une fois ceci fait, on peut commencer Ă  classer ses diffĂ©rentes notes dans lesquelles on avait listĂ© ses tâches par ordre de couleur. Puis, après une petite vidĂ©o de chat pour se dĂ©tendre, Ă  liquider les dossiers moins urgents mais rigolos. Dans le cas des dossiers dĂ©pourvus de deadline, le mieux est encore de les classer dans “Ă  classer”.

Quant au syndrome de la page blanche proprement dit, en rĂ©alitĂ©, il est assez simple Ă  rĂ©soudre. Il suffit d’Ă©crire n’importe quelle phrase banale, “Longtemps, je me suis couchĂ© de bonne heure”, “Aujourd’hui, maman est morte”, “Avec Carla, c’est du sĂ©rieux” ou encore “Il reste encore un peu de purĂ©e” puis de laisser couler. C’est donc ce que les Anglais appellent un faux problème. Trop souvent, nous nous retranchons derrière de faux problèmes, alors qu’on pourrait très bien se coucher de bonne heure.


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Pondu par raph le Thursday 5 May 2011 oui je sais la date est en anglais, c'est parce que je suis trop hype dans ma tęte.
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