Bon pour ton poil - Der Blog, der lolt

Concours hippique

Enfin. Enfin je fais mon entrée dans la cour des grands, dans le cercle très fermé des Blogueurs Influents.

On m’a en effet envoy√©, et je sens que √ßa va faire des jaloux, d’ailleurs je me demande si je fais bien d’en parler mais allons, soyons courageux, j’assumerai les cons√©quences, un lien me permettant de t√©l√©charger le kit de presse du film Le H√©risson, qui sortira sur vos √©crans la semaine prochaine.

“Nous pensons que ce film peut vous int√©resser”, me pr√©cise-t-on, non sans perspicacit√©.

Car, d’une part, j’adore le cin√©ma. L’autre jour, j’ai vu un film… ah non, c’√©tait Good morning England, pardon. D’autre part, j’aime bien les h√©rissons qui, bien qu’insectivores, sont des petits animaux trop mignons, une fois, on en avait eu un au jardin, mais apr√®s il est mort. Et, en dernier lieu, j’adore, et c’est un hobby trop peu r√©pandu de nos jours, dire du mal de nouveaux auteurs √† succ√®s dont je n’ai jamais rien lu : Marc L√©vy (l’inventeur des jeans), Guillaume Musso (l’auteur de Placid et Musso), Anna Gavalda (pourtant moi aussi, je voudrais que quelqu’un m’attende quelque part, genre √† la gare, mais pas ce soir, √ßa va aller), Bernard Werber (ah non, lui, j’ai lu pas mal de ses bouquins, je peux dire du mal en connaissance de cause)(pour r√©sumer bri√®vement l’oeuvre de Werber, on pourrait dire ceci : lol) . Et, donc, Muriel Barbery (rien √† voir avec la Barbarie) et son “√©l√©gance du h√©risson”.

Et voyez-vous, moi-m√™me, par moments, malgr√© cet humour piquant qui fait que l’on a trop longtemps h√©sit√© √† m’envoyer des kits de presse, croyant sans doute que j’allais me moquer, j’aimerais bien qu’on me caresse resse resse, mais on s’√©gare l√†.

“Le h√©risson”, c’est l’histoire de Ren√©e, qui bien que tr√®s dou√©e et d’une immense culture g√©n√©rale, a d√©cid√© de vivre cach√©e sous les dehors de la concierge niaise et inculte que les habitants du 7, rue de Grenelle croient conna√ģtre, j’ai piqu√© le r√©sum√© sur wikipedia, j’esp√®re que √ßa ne te h√©risse pas trop. Comme les h√©rissons, qui sont des animaux tr√®s cultiv√©s, mais pr√©f√®rent se faire √©craser comme des cons sur les routes pour passer pour des idiots et qu’on leur foute la paix, sinon tout le monde irait sans cesse leur demander de r√©soudre des √©quations √† 42 inconnues. C’est un film tr√®s beau et tr√®s sensible sur les gens qui ne sont pas ce qu’on pense qu’ils sont, √† l’image de Richard Gasquet, mais enfin l√† c’est pas lui, c’est Ren√©e, une concierge. A noter qu’Herrison Ford ne joue pas dans ce film.


– je voyais pas √ßa comme √ßa, un h√©risson, moi…
– Il ne faut pas juger √† l’apparence. On ne voit bien qu’avec le coeur.
– Oui mais moi j’ai eu un souffle au coeur quand j’√©tais petite alors bon. On dirait plut√īt un opossum.

leherisson11
– J’essaie de finir “Et si c’√©tait vrai, hein ? Eh ouais mais on n’y pense jamais, √† √ßa !”, mais impossible de me concentrer avec cette salet√© de h√©risson sur mes genoux, j’aurais d√Ľ √©couter ma m√®re et prendre un mari plut√īt. Ou un okapi.

leherisson06
– Pardon madame, mais votre h√©risson a mang√© Kiki, ma limace adoptive, √ßa m’emb√™te un peu.

leherisson1000
– C’√©tait une si gentille limace, je lui avais appris plein de tours g√©niaux.
– Oui bon √ßa va, chiale pas, je t’ach√®terai un koala pour te consoler.
– Ok, et une glace, sinon j’appelle les flics pour port d’animaux exotiques sans autorisation.

leherisson07
– Ah √ßa m’√©nerve ces animaleries ouvertes n’importe quand… Je vais plut√īt aller boire un verre avec Jean-Claude Brialy.

leherisson08
– Bonjour, je suis Jean-Claude Brialy, allons prendre un verre.

leherisson14
– Attendez, attendez, le film est bient√īt fini et je ne vous ai pas encore racont√© la blague de Chplaf le h√©risson


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Pondu par raph le Wednesday 24 June 2009 oui je sais la date est en anglais, c'est parce que je suis trop hype dans ma tÍte.

Meds alors

Aujourd’hui, c’est la f√™te de la musique : bonne f√™te √† toutes les musiques

√áa me fait justement penser que Placebo a sorti un nouvel album. Apr√®s avoir sorti trois fois le m√™me. √áa s’appelle “Battle for the Sun” et Brian Molko, tu sais, le chanteur qui ressemble un peu √† Soan de la Nouvelle Star, explique √† qui veut l’entendre (et comme il cause fran√ßais, tout le monde veut l’entendre, tu penses) que cet opus est celui de la maturit√© r√©demption, parce qu’avant ils se droguaient, maintenant plus.

Deux questions se posent donc : Peut-on faire du rock’n’roll sans drogues, peut-on encore troller sur Placebo de nos jours ou a-ce autant d’effets que des faux m√©dicaments, ah oui, tiens, j’avais jamais fait le rapprochement, et au fait, de quoi causent leurs nouvelles chansons, hein ? J’esp√®re que la traduction vous conviendra, m√™me si mon Japonais est meilleur.

I, I, I, will battle for the sun, sun, sun.

Je, je, je me battrai pour le soleil
Brian Molko reprend ici un th√®me tr√®s fort, celui du soleil, comme avant lui William Bald√© et Jenifer. Mais il ne faut pas voir cette bataille pour le soleil au sens premier : on ne peut pas vraiment se battre pour le soleil, on risque de se br√Ľler les doigts tr√®s fort. Non, il y a dans cette chanson un sens m√©taphorique.
Il s’agit en fait d’une dispute entre deux amis, l’un deux veut partir en vacances √† Douarnenez, l’autre pr√©f√©rerait une destination plus exotique et plus chaleureuse. C’est donc une chanson engag√©e, mais pas trop.

And I, I, I wont stop until I’m done, done, done.

et je, je, je ne m’arr√™terai pas avant d’avoir fini
Molko est bien décidé à exposer tous ses arguments.

You, you, you are getting in the way, way, way.

Tu, tu, tu es dans le chemin, min, min
Quand bien m√™me il doit pour cela se heurter √† l’opposition farouche de son interlocuteur.

And I, I, I have nothing left to say, say, say.

Et je, je, je n’ai rien d’autre √† dire, dire, dire.
Bon, finalement, il en avait pas des masses, d’arguments.

I, I, I, I, I will brush off all the dirt, dirt, dirt, dirt, dirt, dirt, dirt.

Je, je, je, je, je nettoierai toute la saleté, saleté, saleté, saleté, saleté
Un argument de son ami le f√Ęche : celui-ci affirme que dans les pays du sud, la propret√© des chambres d’h√ītel laisse souvent √† d√©sirer. Si tel est le cas, r√©torque ce bon Brian, je m’engage √† faire un brin de m√©nage.

And I, I, I, I, I will pretend it didn’t hurt, hurt, hurt, hurt, hurt, hurt, hurt, hurt.

Et je, je, je, je, je, prétendrai que ça ne fait pas mal, mal, mal, mal, mal, mal, mal, mal, mal, mal
M√™me si je n’aime vraiment pas le m√©nage, je le ferai avec le sourire, ajoute-t-il.

You, you, you, you, you, are a black and heavy weight, weight, weight, weight, weight, weight, weight.

Tu, tu, tu, tu, tu est un poids noir et lourd, poids, poids, poids, poids, poids, poids
La discussion s’envenime, le ton monte, les insultes fusent. La col√®re fait perdre tout discernement √† Molko, puisque tout le monde sait que les poids ne sont pas noirs, mais rouges.

And I, I, I, I, I, will not participate, pate, pate, pate, pate, pate, pate.

Et je, je, je, je, je ne vais pas participer, per, per, per, per, per
Il prévient : si Douarnenez il y a, ce sera sans lui.

Dream brother, my killer, my lover.
Dream brother, my killer, my lover.

Rêve frère, mon tueur, mon amant
Rêve frère, mon tueur, mon amant

Les relations qui lient les deux protagonistes sont troubles.

I, I, I will battle for the sun, sun, sun, sun.

Je, je, je me battrai pour le soleil, soleil, soleil

Cause I, I, I, have stared down the barrel of a gun, gun, gun, gun, gun, gun, gun.

Parce que j’, j’, j’ai regard√© √† travers le canon d’un pistolet, pistolet, pistolet, pistolet, pistolet.
L’ami de Molko le menace d’une arme, ce qui est tout de m√™me l√©g√®rement exag√©r√© vu le sujet de la dispute.

No fun, you, you, you, you, you are a cheap and nasty fake, fake, fake, fake, fake, fake, fake.

Sans blague, tu, tu, tu, tu es un bon marché et désagréable faux, faux, faux, faux, faux, faux
Brian Molko se rend alors compte que cette amiti√© n’√©tait pas d’une grande valeur. Et c’est vrai que, bien souvent, quand un ami vous brandit un barillet sous le nez, vos rapports sont ensuite √† jamais fauss√©s.

And I, I, I, I, I am the bones you couldnt break, break, break, break, break, break, break, break!

Et je, je, je, je, suis les os que tu ne pourras pas casser, casser, casser, casser, casser!
Brian Molko pr√©vient alors son d√©sormais ex-ami que, si d’aventure, ils devaient en venir aux mains, il ne faudrait pas se fier √† son apparence de freluquet et qu’il a l’os pour le moins solide. Je ne voudrais pas √©mettre de jugement, mais je crois qu’il se surestime un peu.

Dream brother, my killer, my lover.
Dream brother, my killer, my lover.

[Instrumental Solo]

Dream brother, my killer, my lover.
Dream brother, my killer, my lover.

Dream brother, my killer, my lover.
Dream brother, my killer, my lover.

I, I, I will battle for the sun.

Rêve frère, etc. etc. etc. etc.
C’est une chanson tr√®s dure sur un th√®me tr√®s fort, mais avec tout de m√™me quelques l√©g√®res r√©p√©titions.


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Pondu par raph le Sunday 21 June 2009 oui je sais la date est en anglais, c'est parce que je suis trop hype dans ma tÍte.

Un million, c’est cher pour une chute

Mêmes causes, mêmes conséquences :

Puisque tu aimes les √©l√©ments autobiographiques, je suis tomb√© dans une d√©pendance terrible. Questions pour un champion online. L’autre jour, alors qu’un Julien Lepers virtuel s’√©nervait, en finale, on m’a pos√© une question qui commen√ßait ainsi : Discipline scolaire, je suis une sp√©cificit√© fran√ßaise…

Alors j’ai commenc√© √† p√Ęlir, √† bl√™mir, √† me demander si vous aviez des cours de fromages, auquel cas je d√©m√©nage demain et repasse mon bac imm√©diatement, des cours d’oenologie, des cours d’andouilles… Mon adversaire, lui, s’est pos√© moins de questions et a r√©pondu “les maths”. C’est l√† que je me suis demand√© “ils parlent quand m√™me pas de la philo ?” Bon. La philo est une sp√©cificit√© fran√ßaise, Jean-Raymond Platon et Antonin Nietzsche vous le diront.

La sp√©cificit√© fran√ßaise, donc, ce n’est pas la philosophie en elle m√™me mais le fait que chaque ann√©e √ßa fait un sujet d’actualit√©. Cette ann√©e, √ßa risque de passer un peu au second plan, vu qu’il y a des √©v√©nements plus importants qui mobilisent les journalistes : Barack Obama a tu√© une mouche. Heureusement, je suis l√†.

Série L:

Le langage trahit-il la pensée ?

Bien s√Ľr. Par exemple quand une fille te demande “√† quoi tu penses ?” juste apr√®s l’amour, tu aimerais lui r√©pondre “Je pense que tu es comme un roseau qui ondule dans les champs de coquelicots, le soir, sous l’√©tendue intense de l’ell√©bore fragile, viens, partons, envolons-nous pour des mondes sans fronti√®res o√Ļ l’amour touche les ailes des oiseaux” et tout ce que tu arrives √† dire est “graaaouh”.

L’objectivit√© de l’histoire suppose-t-elle l’impartialit√© de l’historien ?

L’objectivit√© de l’histoire suppose surtout une machine √† remonter dans le temps.

Série ES :

Que gagne-t-on à échanger ?

L’intense satisfaction d’enfin arriver √† terminer un album Panini.

Le développement technique transforme-t-il les hommes ?

Pour le savoir, mettons-nous en situation et proposons √† UuuhGruhrrr d’ouvrir un compte twitter.
Apr√®s un premier temps d’adaptation, o√Ļ il tente de l’ouvrir √† coups de massue, qu’observons-nous :
Aujourd’hui on mange du mammouth LOL
RT @UuuhGruhr Aujourd’hui on mange du mammouth LOL
Bon il faut que j’aille chasser j’ai pas envie VDM
Trop dur la vie aujourd’hui je me suis coup√© avec un silex LOL
Donc oui, le d√©veloppement technique transforme les hommes, en leur permettant de manger plus √©quilibr√© et de se raser proprement gr√Ęce √† ses 21 lames.

Série S :

Est-il absurde de d√©sirer l’impossible ?

Ne me demande pas ça, je suis fan de Servette.

Y a-t-il des questions auxquelles aucune science ne répond ?

Celle là, par exemple. Et pourquoi Indochine, aussi.


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Pondu par raph le Thursday 18 June 2009 oui je sais la date est en anglais, c'est parce que je suis trop hype dans ma tÍte.

Amores Perrault

Petit pr√©ambule: Cette note est peut-√™tre un peu diff√©rente de ce que je fais d’habitude. Mais peut-√™tre pas. On peut pas savoir. Et c’est √ßa qui est fou

Il √©tait une fois des gens. Ils avaient d√©j√† sept enfants, Paul, Henri, Mathieu, Arnaud, Cl√©ment, Perkolator et Poucet, lorsqu’ils d√©cid√®rent de se laisser aller √† la contraception.
Or, il advint qu’une terrible crise √©conomique frappa le royaume. Les malheureux parents avaient de plus en plus de difficult√©s √† joindre les deux bouts (car leurs mains tremblaient √† cause de l’alcool) et, en plus, ils √©taient un peu serr√©s financi√®rement, autant te dire que c’√©tait pas choucroute tous les jours.

– Oh putain, j’ai une id√©e de ouf !
, dit un jour le père, que nous appellerons le père, à la mère, que nous appellerons la mère.
– Encore une de tes combines foireuses ?
, lui r√©pondit-elle, car son √©poux √©tait inventeur de profession. Brillant, mais pas du tout reconnu. Il avait en effet invent√© l’ouvre-bo√ģte, mais la bo√ģte de conserve mettrait encore plusieurs si√®cles avant de faire son apparition. De m√™me, il √©tait le cr√©ateur de la t√©l√©commande (longtemps avant la t√©l√©vision) et de la bi√®re (longtemps avant le football) et ses contemporains ne surent jamais relever tout le g√©nie de ses cr√©ations. (De la m√™me mani√®re et par la force des choses, il √©tait √©galement l’inventeur du r√©gime, mais l√† non plus, personne n’en comprit l’int√©r√™t, les magazines f√©minins √©tant encore bien loin de faire leur apparition).

– Laisse-moi raconter… Je me disais, vu que pour nourrir les m√īmes, c’est plus trop √ßa, on pourrait les paumer dans la for√™t, ni vu ni connu.
– Ah ben pour une fois, je dois le reconna√ģtre, c’est g√©nial.

Mais Poucet avait dissimul√© des micros sous le lit de ses parents, car il se destinait √† une carri√®re de paparazzi. Il d√©couvrit ainsi ce plan machiav√©lique et dissimula dans ses poches des petits cailloux, qu’il l√Ęcha le long du chemin afin de le retrouver. Alors tu vas me demander, mais comment ils ont reconnu leurs cailloux au milieu de tous les autres cailloux ? Mais √† l’√©poque, les chemins √©taient fort peu caillouteux et il √©tait tout √† fait possible de faire usage de cet habile subterfuge, h√©las fortement d√©conseill√© aujourd’hui, si tes parents t’abandonnent dans la for√™t, je te conseille plut√īt de te servir de ton iPhone pour retrouver ton chemin, et n’oublie pas de live blogger toute l’aventure.

Quelle ne fut pas la surprise des parents quand leurs sept enfants frappèrent à la porte comme un seul homme !

РEt voilà, encore une de tes idées foireuses qui a foiré !
РNon mais attends, demain, on recommence, mais ce coup-ci on vend tous les cailloux du pays à une usine de cailloux !

Aussit√īt dit, le lendemain fait. Mais Poucet, qui n’√©tait pas la moiti√© d’un imb√©cile, mais un imb√©cile tout court, avait garni ses poches de boulettes de pain. Alors tu vas me dire, o√Ļ avait-il trouv√© du pain ? et je vais te r√©pondre non mais arr√™te avec tes questions, je raconte, l√†.

Mais tu peux t’en douter, les oiseaux, qui sont de v√©ritables rapaces, mang√®rent tout le pain, et Poucet et ses six grands fr√®res, soit dit en passant encore plus b√™tes que lui, se retrouv√®rent plant√©s comme des buses au-milieu de la for√™t.

РAh ben là, on est mal

, dirent-ils d’une seule voix.

Comme le sens de l’orientation n’√©tait pas leur fort, ils se perdirent compl√®tement. Or, en ce temps-l√†, un ogre vivait dans la for√™t (ils ont depuis tous √©t√© interdits par le gouvernement et se sont tourn√©s vers des professions moins scabreuses, comme avocats, traders ou charpentiers).
– Bonjour, on pourrait dormir ici ?
, demand√®rent-ils d’une seule voix √† l’√©pouse de l’ogre, qui √©tait palefreni√®re sur licornes, mais √ßa n’est pas d’une importance fondamentale pour la suite de l’histoire.
РBen si vous voulez, mais il faut savoir que mon époux mange des enfants, car il est communiste.
РCommuniste ? Il a voté pour le NPA ?
– Oui da.
РGénial, on adore Antoine de Caunes.

Puis Poucet relut le scénario du conte dans lequel il était embringué.
– Attends, attends. Bon. On se d√©guise en filles, l’ogre mange ses propres filles, on lui vole ses bottes, on retourne chez nos parents et tout le monde danse la ronde de l’amiti√© ?
, demanda-t-il à madame Ogre.
– C’est un peu √ßa, ouais.
– C’est compl√®tement idiot, √ßa marchera jamais.
– Moi j’aime bien le passage o√Ļ mon mari dit “√ßa sent la chair fra√ģche”
– Ouais c’est classe, √ßa, on garde.

Puis l’ogre rentra.
– √áa sent la chair fra√ģche.
– Tu m’√©tonnes, choupinou, j’ai fait du gigot.
– C’est pas de la bouffe de capitaliste, √ßa ?
– Bah y avait une promo.
– Ok lol.

Puis les sept gar√ßons se mari√®rent avec les sept filles de l’ogre, fond√®rent le Nouveau Nouveau Parti Anticapitaliste, Antiabandons et Antioiseaux, intent√®rent un proc√®s retentissant √† leurs parents, et √©crivirent sur leur aventure un roman qu’Eric Naulleau jugea particuli√®rement mal √©crit.
Puis tout le monde dansa la ronde de l’amiti√©.


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Pondu par raph le Sunday 14 June 2009 oui je sais la date est en anglais, c'est parce que je suis trop hype dans ma tÍte.

Walzer f√ľr Niemand

Petit pr√©ambule: Cette note est peut-√™tre un peu diff√©rente de ce que je fais d’habitude. C’est une nouvelle qui me tra√ģnait dans un coin de la t√™te et que je n’avais pas envie de laisser prendre la poussi√®re toute seule dans un Moleskine.

Elle monta les escaliers bien plus lentement que d’habitude, en fouillant son sac. Elle ne retrouvait pas ses cl√©s. Elle aurait aim√© que quelqu’un se foute d’elle. C’est la dixi√®me fois que tu les perds cette semaine, record battu. Elle aurait peut-√™tre m√™me aim√© une r√©action courrouc√©e. Bien s√Ľr qu’elles sont l√†, tes cl√©s, tu les perds tous les jours et, au final, elles sont toujours dans ton sac.
Cela faisait longtemps que cela ne lui avait pas fait aussi mal. Entrer, trouver la lumi√®re √©teinte, adresser quelques mots au chat, manger devant la t√©l√©. En remettant la main sur son trousseau de cl√©s, elle d√©cida qu’elle appellerait une copine, histoire de se faire un cin√©ma ou une bonne vieille soir√©e √† dire du mal autour d’une bi√®re.
C’√©tait peut-√™tre l’approche de ses trente ans. On a beau se dire qu’on s’en fout, il y a toujours un moment o√Ļ on se laisse rattraper par les “une belle jeune fille comme vous, c√©libataire ?” qui se font plus compatissants et moins rieurs, les “vous savez, l’horloge biologique…”, les “mais tu leur fais quoi pour pas r√©ussir √† en garder un ?”, souvent assortis de bons conseils, tous les articles de magazine f√©minins qui expliquent comment √™tre heureuse quand m√™me quand on est c√©libataire.
C’√©tait peut-√™tre la conversation du week-end dernier, les retrouvailles avec quelques amies du lyc√©e. Pas parce qu’elles √©taient quasi toutes mari√©es jusqu’aux yeux, pas parce qu’elles insistaient lourdement sur sa chance d’√™tre libre, mais √† cause de cette remarque, l’air pourtant banale, l√Ęch√©e par sa vieille copine Maria : “T’as quand m√™me vraiment pas de chance avec les mecs”.
√áa l’avait plomb√©e. Parce que mine de rien, elle avait fini par se convaincre qu’elle √©tait seule par choix, qu’elle aimait √ßa, et n’avait m√™me jamais song√© √† se plaindre de cette s√©rie de coups du destin qui faisait que cet √©t√©, elle partirait trois semaines en trakking plut√īt que “quelques jours au camping parce que tu comprends, avec les gosses…”
Mais pourtant, en y r√©fl√©chissant bien… Il y avait eu cet artiste d√©pressif il y a quoi ? sept ans ? L√†, ok, elle √©tait partie, m√™me si √ßa avait √©t√© un d√©chirement. Juste avant de devenir folle.
Puis celui qui avait d√©croch√© une bourse, de fa√ßon totalement inesp√©r√©e, et avait pu partir √©tudier √† New York. Leur relation √©pistolaire avait dur√© au moins un mois. Il n’√©tait jamais revenu et elle repoussait chaque √©t√© d’une ann√©e l’id√©e de lui rendre visite.
Celui qui avait eu une r√©v√©lation mystique. Elle aurait pr√©f√©r√© qu’il la quitte pour une fille plus jolie qu’elle plut√īt que pour un grand gourou. Il lui r√©pondait qu’il n’y avait pas de filles plus jolies qu’elle, et qu’il ne fallait pas appeler Wikram gourou, qu’il √©tait √† la fois bien plus et bien moins que √ßa, mais qu’elle ne pouvait pas comprendre. Aux derni√®res nouvelles, son ex s’appelait d√©sormais Oiseau de Lumi√®re, √©tait plus heureux qu’il ne l’avait jamais √©t√© et vivait en un lieu qu’il ne pouvait r√©v√©ler.
Celui qui avait recroisé, complètement par hasard, une ex qui vivait pourtant à plus de sept mille kilomètres. Il avait fait des aller-retour émotionnels pendant quelques mois avant de se faire jeter, quasi simultanément, par les deux.
Et puis le dernier en date. Adrien. Ni sa carri√®re, ni sa foi, ni sa bite ne semblaient vouloir les s√©parer. Ils as’√©taient plus ou moins mis d’accord sur des pr√©noms et avaient d√©cid√© d’o√Ļ ils se marieraient s’ils se mariaient. Quand il avait eu ce terrible accident de ski. Elle aurait pr√©f√©r√© qu’il la quitte pour une fille plus jolie que pour cette salope de faucheuse.
Elle √©tait de ces gens √† qui on dit “je sais pas comment tu fais, √† ta place je serais au quatri√®me dessous”. Elle ne pleurait qu’en cachette. Elle avait m√™me rencontr√© quelques mecs, mais ne les laissait jamais entrer dans sa vie.
Mais l√†, ce soir, elle se sentait vraiment seule. Au point de d√©lirer, ou alors il y avait quelqu’un assis juste devant son appartement ?

***

– Tu fais quoi ici ?
– Je viens pour ton anniversaire.
– C’est dans un mois.
– Je sais.
РJe ne comprends pas, là.
– Si √† trente ans, tu n’es pas mari√©e, alors tu m’√©pouses. Tu me l’avais promis. Il n’y a que ton nom sur la sonnette, j’ai v√©rifi√©.
– Mon dieu, tu te souviens de √ßa ? C’est fou comme le romantisme peut avoir l’air effrayant, par moments.
– Tout est pr√™t. L’√©glise, les faire-parts, le repas, la musique. Tout est pr√™t.
– Je… Enfin c’est un peu √©trange, l√†, on ne s’est pas vu depuis, quoi, sept ans ?
– Cinq ans et demi. La soir√©e chez Micha√ęl. Je t’avais ramen√©e.
– Ah oui, j’avais oubli√©. Enfin, tu veux entrer, boire un caf√© ? Tout est pr√™t, tu dis ?
– Tout. J’ai eu du temps, en cinq ans et demi…
– Tu comprends, j’ai pas eu d’histoire s√©rieuse depuis deux ans et l√†.
РUne année et demi, en fait.
– Je… Oui, c’est juste, une ann√©e et demi.
– L’accident de ski.


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Pondu par raph le Friday 12 June 2009 oui je sais la date est en anglais, c'est parce que je suis trop hype dans ma tÍte.

John Connor, c’√©tait les Corons

La sortie cin√© de la semaine, c’est Terminator Renaissance.

Je sais pas si tu te souviens de Terminator. C’√©tait un film avec plein de robots du futurs un peu idiots qui revenaient dans le pass√© pour tuer Sarah Connor. Quand tu sortais du cin√©ma, tu disais des trucs genre “trop bien, la sc√®ne avec l’explosion ! Et la poursuite, g√©niale ! Et le moment o√Ļ le m√©chant dit “Sarah Connor ?”, excellent !”
Mais y avait toujours un pote qui douchait ton enthousiasme avec des questions √† la con genre “mais pourquoi les robots du futur ils ont pas juste essay√© de tuer la grand-m√®re √† Sarah Connor, tranquille ?”, s’ensuivait un d√©bat passionn√© sur les probl√®mes inh√©rents aux voyages dans le temps encore plus absurde que quand tu avais revu “Retour vers le futur” en suisse allemand. A la fin, un mec mettait tout le monde d’accord en disant “Non mais c’est un film, c’est trop pas possible les voyages dans le temps, sinon on le saurait, les mecs du futurs seraient venus nous le dire, on va boire une tisane ?”

Des ann√©es plus tard, tu te rends compte que c’est grave possible, ces histoires. Le mec qui a √©limin√© Nadal √† Roland Garros, c’est grave un robot du futur. Et √† force de manipuler le continuum espace temps, les mecs ils ont tout d√©r√©gl√©. Comment tu expliques, sinon, que Schwarzie soit devenu gouverneur de Californie ? Comment tu expliques Rachida Dati ?
M√™me que s’ils continuent √† faire n’importe quoi, les cons de robots du futur, on va finir par se retrouver avec un pr√©sent ant√©rieur o√Ļ Schwarzenegger et Rachida Dati sont tous deux pr√©sidents et se lancent dans une guerre sanglante suite √† un l√©ger d√©saccord sur la solution √† apporter quant √† la question afghane (je cite, “et ta m√®re, elle s’int√©resse √† l’Afghanistan ? LOL”)

Or donc, dans Terminator Renaissance, les robots du futur d√©cident carr√©ment de remonter jusqu’au XVe si√®cle et d’aller en Italie buter L√©onard de Vinci, Rapha√ęl et m√™me le Caravage (tudu tudu, tudu tudu), car leurs calculs indiquent que si on emp√™che la Renaissance, John Connor ne sera pas h√©ros de la r√©volution mais champion de k√©no.

Des gentils du futur observent un sch√©ma de Da Vinci un peu compliqu√©. Et se disent que c’est trop de la balle.

On ne le sait que trop peu, mais c’est cette sc√®ne de fusillade qui a inspir√© √† Michel-Ange la c√©l√®bre Cr√©ation de l’Homme visible sur le plafond de la Chapelle sixteen.

Un mur. Avec des trous dedans.

On ne le sait que trop peu, mais c’est ce m√©chant robot du futur qui a inspir√© √† L√©onard de Vinci son c√©l√®bre homme de Vitruve.


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Pondu par raph le Thursday 4 June 2009 oui je sais la date est en anglais, c'est parce que je suis trop hype dans ma tÍte.
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